France tribunes

Est-ce qu’il existe d’autres pays que la France où on publie autant de tribunes collectives ? J’ai l’impression que ce type de contenu a connu une prolifération incontrôlable au cours des deux dernières décennies. Bien entendu, ce n’est pas neuf, et il y a des tribunes collectives qui sont restées dans l’Histoire, comme le manifeste des 121 (1960), contre la guerre d’Algérie, ou le manifeste des 343 (1971), qui portait sur l’Interruption volontaire de grossesse. Mais aujourd’hui les tribunes collectives sont devenues quotidiennes et, du simple fait de leur banalité, semblent avoir un peu changé de fonction.

Les tribunes collectives actuelles, de la même manière, réunissent un groupe autour d’une position politique ou philosophique et tentent de faire l’événement, mais leur relative banalité semble quelque peu décaler leur réception. Ce qu’on regarde avant tout, c’est le titre de la tribune, le support de presse qui l’accueille, et les noms des deux ou trois premiers signataires. Le public jugera ensuite, selon ses attentes et ses préjugés, de ce qu’il faut en penser et dans quel camp ranger les signataires. Le but, me semble-t-il, est rarement d’influer sur l’opinion, il est de fédérer, de définir des camps.

Puisque j’ai mauvais esprit je suppose que la manie des tribunes est liée à la crise de la presse. Une tribune collective est en effet un contenu gratuit (pas de salarié, pas de pigistes1, je parie que certains paieraient même pour voir leurs tribunes publiées — j’espère que ça ne se fait pas !) qui en plus de sa gratuité a pour vertu de constituer un événement d’actualité en soi-même (pas besoin de cellule d’enquête), et permet de voir citer le quotidien ou le magazine dans de nombreux articles d’autres journaux : un événement, une publicité, et tout ça sans payer un feuillet (enfin à ma connaissance ça n’arrive jamais). C’est tout bénéf’, mais à employer avec parcimonie et sélectivité, car indépendamment de l’intérêt du manifeste signé ou du sujet traité, pour qu’une tribune collective constitue un sujet, il faut qu’elle tombe au bon moment, qu’elle ait quelques signataires notables et qu’elle ne fasse pas doublon avec d’autres textes du même genre. Trop de tribunes tue les tribunes.

De ma modeste expérience, voici comment les choses se déroulent : un ami ou une amie de confiance nous annonce, en nous demandant de ne surtout pas ébruiter la chose, qu’une tribune va sortir le lendemain dans Libération ou dans Le Monde au sujet d’une cause majeure. Parfois on sait qu’une personne qu’on admire fera partie des rédacteurs ou des premiers signataires du texte. On lit le texte rapidement — pas forcément en diagonale, hein, mais comme il faut répondre vite, on recherche surtout les éventuels points avec lesquels on n’est pas d’accord. Et on en trouve, mais on se dit qu’ils ne sont pas si importants que ça, que la noble cause nous cause suffisamment pour qu’on passe outre une partie des propositions, qu’on pardonne une formulation, on se dit qu’on est d’accord sur l’essentiel, qu’on est d’accord sur le titre de la tribune, et qu’on discutera le reste plus tard.
Et puis le lendemain, le texte n’est finalement pas publié par Le Monde ou Libé, qui subissent un embouteillage — trop de bonnes tribunes sur le feu en même temps —, qui n’avaient rien promis, il sort trois jours après sur un blog de Médiapart (ou il est refusé partout, ça arrive aussi). On relit, on découvre que telle ou telle signature pressentie n’est finalement pas là, mais qu’il y a en revanche plusieurs personnes qu’on n’aime pas trop. En relisant le texte on se dit qu’il est en fait un peu moyen et on est heureux de ne pas être suffisamment connu pour faire partie des signataires notables écrits en gras et dont le nom sera systématiquement rappelé à chaque fois que quelqu’un évoquera le texte pour le déprécier, en n’en retenant que les points sur lesquels on avait tiqué soi-même. On se félicite d’être noyé dans le queue de peloton, associé à un qualificatif légitimant mais quelque peu banal (« universitaire », « enseignant », « artiste », « auteur »…). Et on se promet de ne plus signer ce genre de texte à l’avenir. Et on gomme tout ça de son esprit : je n’ai aucun souvenir des quelques tribunes que j’ai co-signées, je me souviens juste d’avoir toujours plus ou moins regretté de l’avoir fait, souvent poussé par la vanité : être sollicité est valorisant, être associé à telle ou telle personnalité qu’on admire est valorisant, trouver son nom dans un grand quotidien est valorisant. Alors que publier un billet de blog dans lequel on est d’accord avec soi-même (et encore) et qui sera lu par quinze personnes est bien moins valorisant. Et puis il y a la question de la loyauté : on aime la personne qui nous a invité, on fait ça pour elle.

Bon, et Barbara Butch, alors ?

Je ne pensais pas avoir à écrire à son sujet, tant il me semblait évident qu’il n’y avait pas de sujet : un élu local grenoblois2, récemment contesté par ses camarades d’engagement pour ses méthodes brutales et ses propos homophobes ou sexistes, qui se trouve plus ou moins en rupture (si j’ai tout compris) avec la coalition de gauche qui a fait de lui un conseiller municipal, a organisé un happening contre une artiste accueillie par la ville et qui fait l’objet d’accusations vagues sur lesquelles je vais revenir plus loin. Les visuels par lesquels cet élu a rassemblé ses troupes sont un peu embarrassants, montrant le drapeau de la Pride israélienne maculé de sang…

Le résultat de cette campagne a été une interruption du concert, obtenue à coup de huées, d’insultes, de jets de graviers, de bouteilles, et du sectionnement d’un câble électrique. Barbara Butch a quitté la scène en diffusant le pascifistissime Imagine de John Lennon, ce qui constitue une prise de position politique assez limpide, pour le coup, et même un geste d’espérance.
Tout ici me semblait suffisamment excessif pour qu’il n’y ait rien à en dire qui ne soit évident : entraînés par leur très compréhensible indignation face au sort des gazaouis, des militants se sont fourvoyés dans une action plutôt violente (violence qu’ils ont ensuite niée, mais qui est bien documentée par une enquête de Médiapart) visant une cible pour le moins douteuse, tellement douteuse que beaucoup ont immédiatement supposé que si Barbara Butch s’est vue accusée de tous les malheurs des gazaouis, c’est en raison de quatre de ses identités : femme, lesbienne, grosse et juive
Les militants LFI se défendent bien heureusement d’être animés par de pareilles arrières-pensées, mais leur action est soutenue par tout un tas de gens qui ont ce genre d’opinions, à commencer par le raciste, homophobe, sexiste, chauve3 et négationniste Alain Soral, actuellement réfugié politique dans la Russie de Poutine, qu’il soutient bien évidemment :

La suite logique aurait dû être un embarras général, c’est d’ailleurs un peu de qui s’est passé à la tête de LFI, qui n’a soutenu l’action que du bout des lèvres4, parlant euphémistiquement d’un « boycott » pacifique5 et évoquant surtout un attachement à la cause défendue, à savoir les Palestiniens, plus qu’une fixation sur la dee-jay de la cérémonie d’ouverture de Jeux Olympiques de 20246.
Il faut dire qu’utiliser Barbara Butch pour incarner l’action du gouvernement Netanyahou tombe visiblement à côté : elle ne soutient pas la guerre contre Gaza, qu’elle qualifie d’« ignoble » et d’« horrible ». Elle a eu le malheur de signer un texte intitulé Soutien à la proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme. Sans en préciser le contenu, le texte défend le projet de loi dit Yadan, qui a été accusé de limiter le droit à critiquer la politique israélienne au nom de la lutte contre l’antisémitisme, et d’introduire dans le droit (notamment dans le droit de la presse) des éléments assez vagues et donc, aptes à provoquer des condamnations arbitraires. J’avais personnellement fait partie des 700 000 signataires de la pétition citoyenne qui réclamait le retrait de cette loi évidemment dangereuse et malhonnête. Le texte signé par Barbara Butch, en revanche, était plutôt général et évasif pour quelqu’un qui n’aurait pas suivi le débat sur cette loi, ce qui est le cas de la dee-jay qui, une fois informée, a dit regretter d’avoir signé, expliquant qu’elle n’avait pas su lire entre les lignes. On pourrait se demander l’intérêt de prendre à partie quelqu’un pour avoir soutenu un texte dont elle a admis ne pas avoir compris les tenants et aboutissants à l’époque, qu’elle a ensuite regretté avoir soutenu, texte qui lui-même soutenait un projet de loi mal branlé qui a été retiré il y a des mois. Puisque l’accusation de soutien au génocide à Gaza tenait difficilement sur ce seul élément de dossier, il fallait ajouter des couches au mille-feuille argumentatif :
— Barbara Butch a passé des disques pendant une soirée privée chez l’ambassadeur de France à Tel Aviv. Effectivement. Mais eût-ce été une soirée officielle, et alors ? Les ambassadeurs de France des 150 pays avec lesquels nous entretenons des relations diplomatiques sont la voix de la France des pays dans lesquels ils sont établis, pas le contraire ! Mixer pour l’ambassadeur français c’est tout comme mixer pour le président de la République.
— Barbara Butch se plaint d’être victime d’insultes antisémites (elle en a reproduit quelques échantillons gratinés). Or l’accusation d’antisémitisme est (effectivement) utilisé comme argument pour silencier les voix pro-palestiniennes. Donc elle est anti-palestinienne (avec ce genre de logique circulaire, Christopher Nolan peut faire un film de trois heures).
— Le régime israélien recourt au « pink-washing » pour donner une image moderne à Israël, or Barbara Butch est une icône LGBT donc elle soutient implicitement Netanyahou et ses colons juifs orthodoxes zinzins. Hmmmm…
— Tout récemment enfin, j’ai vu passer une nouvelle couche : Barbara Butch et son avocate auraient eu recours à une start-up israélienne spécialisée dans le renseignement pour identifier les auteurs de menaces et d’insultes en ligne (je ne sais pas si La Jeune Garde aurait proposé son aide pour ça), et l’avocate en question travaille aussi avec la rabbine Delphine Horvilleur, qui a plusieurs fois dit son opposition à LFI.

Je passe sur l’accusation d’un deux-poids-deux-mesures : « où étiez-vous quand des villes ont reçu des pressions pour déprogrammer le rappeur Médine, Judith Butler, Blanche Gardin ou une exposition en soutien à la Palestine ? ». Ce genre de question n’est pas sans pertinence, mais est-ce que la réponse à une action injuste doit être une autre action injuste ? Et au fait, où était LFI quand Vladimir Poutine a lancé une guerre aux 500 000 morts ?

Je me disais qu’il n’y avait pas d’histoire, que les gens qui soutiennent LFI allaient, en bloc, admettre a minima une erreur de cible, une erreur tactique et philosophique due à une section locale turbulente assoiffée de vengeance plus que de justice, et pensant que la vérité ne peut s’imposer que par la force et pas par le dialogue. Et beaucoup l’ont fait. Mais une quantité non-négligeable d’autres personnes ont persévéré et renchéri, en laissant affleurer des impensés essentialistes divers et un sexisme crasse qui en dit infiniment plus sur eux que sur ce qu’ils pensent défendre.
Quant aux personnes qui n’ont au fond pas de mauvaises intentions, il me semble qu’elles devraient se poser la question de ce qu’elles défendent : rallier l’autre à leur combat, le convaincre, ou au contraire couper toute sorte de ponts, et ne convaincre que soi-même ?

Enfin, n’en demandons-nous pas trop aux artistes ? Pourquoi s’attendre à ce qu’ils soient informés, idéologiquement orthodoxes, pointus, et qu’en plus ils pensent exactement comme nous sur les sujets qui nous importent ? Pourquoi leur demandons-nous de prendre sans cesse position, d’être intelligents et pertinents alors que nous ne demandons ça ni à notre boulanger avant de lui acheter du pain… Ni à nous-mêmes. Surtout pas à nous-mêmes.
N’y a-t-il pas ici une forme un peu folle de transfert, le même genre de processus que ce qui fait que quelqu’un qui vient de regarder le match assis dans un canapé dit « on a gagné ! » comme s’il s’était trouvé sur le terrain ? Ce besoin d’incarner des questions qui échappent totalement à notre contrôle dans des personnes que nous admirons hors de toute raison ou que nous détestons de manière aussi déraisonnable.
Pourquoi reprochons-nous plus facilement aux autres ce qu’ils n’ont pas dit que ce qu’ils ont effectivement dit ? Pourquoi critiquons-nous le positionnement politique d’artistes sans même leur demander s’il est ce que nous projetons à leur sujet (qui comme toute projection parle plus de nous que de l’objet sur lequel nous projetons) ? Il existe, certes, des artistes qui affirment une forme de combat politique, comme J.K. Rowlings et sa lutte obsessionnelle contre les personnes transgenres, ou, pour revenir à Gaza, l’acteur Jerry Seinfield qui a très clairement exprimé son dédain pour les vies palestiniennes et son soutien au pire de la politique israélienne. Il existe des artistes qui ont un poids sur l’opinion. Mais ce n’est pas le cas de Barbara Butch, qui est essentiellement connue comme artiste ou pour son engagement envers des sujets comme le féminisme, l’homophobie, l’antisémitisme et la grossophobie.

Se défouler sur une femme seule, sur la foi d’un dossier assez mince, ne sauvera ni Gaza ni la gauche française. Comme tous les défoulements il convertit juste une frustration en action. C’est peu défendable, et surtout, complètement contre-productif.

Lire ailleurs : Pour une pratique queer-féministe-antiraciste de l’adversité politique (Cléo Cohen, Alexia Levy-Chekroun, Juliette Rousseau) ; Les dix fautes de LFI Grenoble et d’Allan Brunon, par Pascal Maillard ; L’affaire Barbara Butch, ou la généralisation de l’assignation identitaire des juifs, par NessiGerson ; Sur Facebook, André Markowicz a publié un bon post (peut-être pas accessible pour les gens qui ne sont pas inscrits)

  1. J’apprends en commentaire que les pigistes sont des salariés, mais salariés à la tâche, en opposition aux journalistes en poste qui sont salariés régulièrement. []
  2. Allan Brunon, champion d’arts martiaux qui a dû abandonner une carrière dans le MMA à la suite d’une blessure, réputé « proche de la jeune garde », quoique je ne trouve pas vraiment d’éléments à ce sujet, c’est toujours un tic journalistique un rien suspect de « proche de ». []
  3. Oh ça va, on peut rigoler ! (la vérité est que ma propre perte de cheveux m’angoisse. Mais si Soral s’en prend à Barbara Butch en mentionnant sa corpulence, on peut bien s’en prendre à Alein Soral en mentionnant sa calvitie). []
  4. Selon un article de Libération, en coulisses, le représentant Grenoblois de LFI se serait vertement fait recadrer. Mais pas publiquement, car on lave son linge sale en famille. []
  5. De mon temps le boycott consistait à ne pas acheter un produit, pas à lui envoyer des projectiles ! []
  6. On se rappellera au passage que Jean-Luc Mélenchon avait déploré à l’époque la référence à la Cène de Léonard de Vinci, où Barbara Butch apparaissait à la place de Jésus : « Je n’ai pas aimé la moquerie sur la Cène chrétienne, dernier repas du Christ et de ses disciples, fondatrice du culte dominical. Je n’entre pas bien sûr dans la critique du « blasphème ». Cela ne concerne pas tout le monde. Mais je demande : à quoi bon risquer de blesser les croyants ? Même quand on est anticlérical ! Nous parlions au monde ce soir-là. Dans le milliard de chrétiens du monde, combien de braves et honnêtes personnes à qui la foi donne de l’aide pour vivre et savoir participer à la vie de tous, sans gêner personne ? ». Il n’est pas le seul, mais comme d’autres (Onfray…) il se garde d’expliquer en quoi il y a moquerie. Parce que Jésus est une femme ? []

16 réflexions sur « France tribunes »

  1. Uthagey

    Barba butch
    Ou l’on se dit quand même à la fin que si BB avait signé la même période un tribune contre le génocide des palestiniens a Gaza et la colonisation des territoires occupés par Israel la programmation des J.O ou de lavNuit blanche (included « invitation à l’ambassade decFrance en ) auraient peut-être pris une toute autre tournure, parce que #SoutienInconditionnel, toussa….. Et qu’après tout remplir son assiette pour un.e artiste peut nécessiter de ne pas trop regarder avec qui on dîne, si on ne veut pas être privé.e de dessert.

    Le truc navrant c’est que, peut-être (je souligne le peut-être), BB revendiquant sa tradition juive, s’est juste laissée embarquer dans un truc orienté par des motivations d’abord confessionnelles. Réflexe purement pavlovien, en quelque sorte, qui expliquerait bien en tout cas le retour de flamme du moment.

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    1. J.-N. Auteur de l’article

      Le texte signé par Barbara Butch est clairement lié à la question de l’antisémitisme, qui est une question qui touche la deejay à titre aussi personnel que ses autres engagements (homophobie, sexisme, grossophobie), c’est clair. Et en même temps, logique, non ? J’ai déjà soutenu des initiatives liées à ce qui me touche assez intimement comme la question des écoles d’art. C’était peut-être un réflexe corporatiste, c’était aussi par conscience personnelle des enjeux, due à l’expérience.
      Note que dans le cas du judaïsme il est plus logique de parler de motivations communautaires que de motivations confessionnelles : la religion est rarement la question.

      Sur les pétitions en soutien à Gaza, je crois que ça ne suffit pas pour montrer patte-blanche, car ça sera toujours trop tard ou pas avec les bons termes,… Quand Delphine Horvilleur (que je ne peux plus voir en photo depuis sa réponse à Blanche Gardin) a publié un texte en soutien aux Gazaouis, condamnant leur massacre, c’était très mal passé, parce que bon, elle s’était avant ça concentrée sur le 7 octobre et blablabla… Et puis c’est une rabbine et donc, donc, elle peut dire ce qu’elle veut, ça ne sera jamais entendu sans réserves.

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  2. Uthagey

    Je ne dois pas être le seul qui, depuis le 7 octobre, essaie de clarifier les notions et les termes autour du judaisme, pour mieux percevoir les sujets politiques à propos d’Israel. Et je ne suis donc pas exempt, , « ma foi », d’ accidents sémantiques dans les discussions…

    Je n’ai aucun avis sur BB en général par contre, sinon que je croise parfois les affiches des événements culturo-mediatiques auxquels elle participe. Alors, bon, même en réagissant d’un point de communautaire, il fallait vraiment avoir mis des œillères sur le sujet pour ne pas savoir que le projet de loi Yadan était très problématique. Surtout en ne s’informant qu’avec les médias officiels (main stream).

    Et après tout, peut-être que Bb n’utilise les RS que pour sa promo perso.

    Je ne sais pas.

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    1. J.-N. Auteur de l’article

      @uthagey Ben je sais pas trop… le texte signé par Barbara Butch ne dit pas clairement « soutien à la loi Yadan », il dit qu’il soutient une loi contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », il ne parle même pas de l’accusation d’un glissement de « antisionisme » vers « antisémitisme », il dit juste qu’on ne doit pas laisser appeler à la disparition d’un État (sans spécifier lequel mais là je pense que Barbara Butch avait compris)… Je peux tout à fait croire que de bonne foi elle a signé un texte qu’elle n’aurait pas signé si elle en avait compris ce qui n’y est pas écrit. Après je ne suis pas dans sa tête. Et puis et alors, au fait ? Le projet de loi est défendu dans le cadre démocratique par une députée élue, soutenu par des personnalités diverses, on peut dire à ces personnes qu’elles se trompent sans harceler les salles de spectacle pour interdire à l’une de ces personnes d’avoir du boulot (tout comme il était ignoble de priver Blanche Gardin d’emploi au motif de sa défense des gazaouis). On est dans l’espèce humaine, on peut se parler.

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  3. Uthagey

    On se réveille un dimanche matin, et le « concernisme » déboule dans mon fil Bluesky….

    Bref, en lien, un texte utile pour percevoir comment Barbara Butch a été initialement sollicitée (un peu instrumentalisée ?) pour signer cette pétition en tant que personnalité médiatique (et en y apportant incidemment sa caution « en tant que juive »), et comment finalement c’est la personne privée (juive, supposée sioniste) qui est mise en avant pour servir sa défense quand ça tourne mal. Plutôt que d’assumer, en continuité et en conséquence la résonance de sa position sociale. Tant qu’à dire je me suis subjectivement trompée tins own bad …) pourquoi ne pas prolonger en affirmant politiquement, depuis sa position sociale médiatique, ce projet de loi ne visait qu’à blanchir Israël de ces actes.

    Je veux bien te rejoindre sur le rapprochement avec Blanche Gardin (ou d’autres que je connais moins) mais, elle, elle n’a pas été black-listée parce qu’elle serait végé en plus de critiquer Israël. Non, juste parce qu’elle met en cause le sionisme et défend la cause palestinienne.

    Si BB avait été une juive lambda de Sarcelles ou du 19ème ardt, peut-être aurait-elle eut la velléité de signer en ligne à sa seule initiative ? Mais serait-on venue la chercher juste parce qu’elle faisait danser ses ami.es en soirée autour d’une bibine ?

    Bon, voilà… ça va dans le sens de ton texte je crois. L’ego, ça fait faire n’importe quoi, parfois.

    (Tout le reste du texte attaque les anti coloniaux… ça va sans dire)

    https://blogs.mediapart.fr/nessigerson/blog/260726/laffaire-barbara-butch-ou-la-generalisation-de-lassignation-identitaire-des-juifs

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    1. J.-N. Auteur de l’article

      Je souscris largement à ce texte, qui met le doigt sur un point : selon une certaine ligne politique actuelle, les seuls bons juifs sont les juifs qui martèlent leur refus d’une quelconque forme de fidélité envers Israël (le pays, pas forcément sa politique). C’est ironique venant de LFI où on déteste (à raison) les injonctions autoritaires à condamner ceci ou cela (« madame Rima Hassan, condamnez-vous les viols et la torture d’otages du 7 octobre ? »), injonctions aux sous-entendus accusatoires qui viennent de bords politiques aux arrières-pensées bien connues.

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      1. Uthagey

        Sans du tout demander à personne de se soumettre à une alya à l’envers, les propositions de Michel Feher et Sophie Bessis (pour ce que j’en comprends à ce moment) me semblent plus porteuses de possibilités d’évolution positive qu’une incessante convocation de la mémoire de l’extermination des juifs d’Europe.. (soutien inconditionnel, toussa..).

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  4. Nora Bouazzouni

    Bonjour, une erreur s’est glissée dans votre billet : « Une tribune collective est en effet un contenu gratuit (pas de salarié, pas de pigistes, je parie que certains paieraient même pour voir leurs tribunes publiées — j’espère que ça ne se fait pas !) »

    Les pigistes étant des salariés, la distinction se fait plutôt entre postés et pigistes.

    Répondre
    1. J.-N. Auteur de l’article

      @Nora : Au temps pour moi, je croyais que « salarié » était synonyme de « posté ». Ça m’apprendra à faire mon spécialiste ! J’ai ajouté une note en bas de post.

      Répondre
    1. J.-N. Auteur de l’article

      @Uthagey article un peu bizarre, il dit que Barbara Butch était annoncée pour la Pride de Tel Aviv et, pour preuve, montre une bande annonce Youtube sans lien avec Barbara Butch… Je crois qu’ils la confondent avec l’israélienne Netta Barzilai, qui a remporté l’Eurovision il y a quelques années et qui est brune et en net surpoids, j’imagine que c’est ce qui explique la méprise. Et ce n’est pas une artiste intéressante. Bon, ok.
      Je n’ai plus l’article sous la main mais j’ai lu un papier plutôt intéressant qui rapprochait le traitement des juifs du traitement des arabes-et-assimilés à qui on demande de se désolidariser de leur religion, leur famille, leur culture, à chaque attentat commis par Daech. C’est une injonction ciblée, on ne demande pas à tout le monde de se désolidariser de Daech… De la même manière, si les seuls juifs acceptables sont ceux qui condamnent Israël, il y a plusieurs problèmes : 1) le soupçon automatique qui vise spécifiquement les gens d’ascendance juive et 2) la très curieuse injonction à renier sa famille, sa culture, sa race (au sens ancien du mot)… En gros on demande aux juifs de ne pas avoir de sentiment particulier vis-à-vis du 7 octobre 2023, ou alors ce sont de mauvais juifs.
      Bof.

      Répondre
  5. Uthagey

    Ok.

    Après ça, tout ceux / celles qui, ayant acquis une notoriété par leur activité, affirment et que leur position est politique quand on les flatte et se renient (sans expier) à la moindre difficulté arrêtent de se croire plus malins /malignes qu’ils/elles ne sont en réalité.

    Ce qui éviterait à BB cette assez lamentable infantilisation devant la caméra de le parisien en compagnie son avocate Audrey Msellati,, à laquelle elle se prête d’ailleurs très bien…

    Etc.

    Oú « la lutte contre l’antisémitisme » (expression à mettre entre guillemets désormais au même titre que « les années sombres de notre histoire » selon qui l’utilise), a un peu trop le beau rôle (à nouveau) dans cette mise en histoires, très médiatique. Au profit des mêmes.

    Pas glorieux.

    (Bref, j’aurais été éclairé sur un truc : BB est une DJ de discothèque qui s’est retrouvée à faire « techno » en bonne société pour briller et se retrouve finalement bien embarrassée une fois le vent retourné contre elle. Et tout ça sans me taper une seule scène du genre..

    Place au prochain.e candidat.e.
    [Hélios est en pleine forme et Éole rit sous cape, ça promet pour la suite]

    Répondre
    1. J.-N. Auteur de l’article

      Pour moi, il est surtout clair qu’on fait peser un peu trop de choses sur les artistes, on leur demande d’avoir un avis, d’être cohérents, d’être vertueux selon les valeurs du moment du champ politique ou culturel auquel ils sont censées être affiliés… Nous sommes rarement aussi exigeants envers nous-mêmes.

      Répondre

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