
Une amicale de toutologues, de politiques, de philosophes et d’humoristes (dont on peine parfois à savoir qui fait quoi) publie une tribune contre Wikipédia, dans l’hebdomadaire Le Point. Je veux croire que ceux que j’apprécie (il y en a trois ou peut-être quatre) ont été bêtement piégés et ignorent dans quelle séquence s’inscrit cette nouvelle charge contre l’Encyclopédie contributive, qui après les attaques de Donald Trump et Elon Musk fait face à une campagne de dénigrement par le newsmag sus-cité, qui n’aime pas l’article qui lui est consacré et veut, au nom de « l’information libre »1 bien entendu, décider de son contenu, quitte à pratiquer l’intimidation personnelle, comme l’a fait un journaliste du Point qui a écrit à un contributeur de Wikipédia : « Nous allons faire un article sur vous, sur notre site, en donnant votre identité, votre fonction, en sollicitant une réaction officielle de [l’employeur supposé du contributeur en question]. »2
Dans un article de décembre dernier, le journaliste en question avait déjà pointé du doigt nommément tel ou tel contributeur ou contributrice à Wikipédia. Cet article était assez curieux, puisque, comme exemple d’une information biaisée d’inspiration abominablement gauchiste, il contient cette perle :
La page en français (…) assène d’emblée que le glyphosate est classé comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) — un avis pourtant isolé —, développant avec un luxe de détails extravagants les suspicions terribles qui pèsent sur le produit.

…Or si la question du glyphosate est loin de faire consensus, considérer que l’avis rendu par le Centre International de recherche sur le cancer ne devrait pas être mentionné est un peu léger, si on se rappelle que cette institution est tout simplement la section dédiée au cancer de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé.
Ce petit détail devrait faire réfléchir : n’est-ce pas Le Point qui a choisi un parti et considère comme « partisan » ou « militant » ce qui contredit sa ligne… Quand bien même cette contradiction émane d’une très officielle et respectable division de l’ONU ?
L’article contenait aussi des éléments franchement infondés, diffamatoires, ignobles, même, comme un chapeau (certes, ce ne sont pas les journalistes qui les rédigent) disant : Parler de l’attentat du Bataclan ? « Islamophobe »… La page de Wikipédia consacrée aux attentats de 2015 est extrêmement complète, et il en existe dans quatre-vingt onze langues, alors de quoi parle-t-on ? Si le Point voit qualifier sa ligne d’islamophobe, ce n’est pas parce qu’il parle du Bataclan, c’est parce qu’il publie régulièrement des « unes » qui dénotent une obnubilation envers les musulmans.
L’article du Point prend aussi l’exemple de Philip Roth, qui ne comprenait pas qu’on présente une autre analyse de son œuvre que celle qu’il fait lui-même. Cette question a toujours été un peu ridicule, les intentions d’un écrivain ne sont pas forcément ce qu’en percevront les critiques ou le public. Chaque semaine sur Wikipédia, des peintres ou des poètes du dimanche viennent écrire le bien qu’ils pensent d’eux-mêmes et expliquer l’importance de leur œuvre inconnue. Et ça arrive aussi à quelques grands artistes. Et ça arrive à bien des personnes publiques, qui aimeraient maîtriser jusqu’à l’image qu’elles renvoient. Si c’était Vladimir Poutine qui rédigeait l’article qui le concerne, ce dernier serait-il plus fiable et plus exact ?

Je comprends très bien que la différence de temporalité qui sépare un média de presse d’une encyclopédie soit un point de tension, même si pour le coup ce sont les médias qui se trompent lourdement sur le monde dans lequel ils évoluent, car celui-ci a radicalement changé en vingt ans : aujourd’hui, un article de l’an passé n’est pas un vague souvenir, une archive enfouie, il reste accessible en trois clics. Le Point peut faire semblant d’avoir oublié l’existence d’Idriss Aberkane, mais il est facile à qui le veut de montrer à quel degré le newsmag des salles d’attente a participé à établir la crédibilité de celui qui aime s’appeler lui-même « l’hyperdocteur ». En rappelant au Point, de manière sourcée, les polémiques passées, les actions en justice, les sujets redondants, Wikipédia ne commet pas de faute, et seule peut être (et doit être) questionnée l’emphase avec laquelle tel ou tel fait avéré est traité.

Dans son excellent article Une bien curieuse vision de la fiabilité scientifique et du travail universitaire, David Monniaux3 s’interroge sur le deux-poids-deux-mesures (pour reprendre un terme populaire à droite) qui distingue le traitement de Wikipédia de celui de l’Intelligence Artificielle. En effet, l’Encyclopédie a été désignée avec constance par des médias tels Le Point comme un danger pour la connaissance, tandis que « l’IA » est désormais présentée par les mêmes comme l’avenir de l’éducation4. Et comme le fait remarquer David, la critique porte en filigrane une vision des études supérieures particulièrement inquiétante (allez lire l’article). Son hypothèse quant à la différence de traitement est la suivante :
Wikipédia est portée par des structures à but non lucratif ; ce n’est ni un grand groupe introduit en politique, ni un annonceur. En revanche, les initiatives concernant l’intelligence artificielle sont portées par de grands groupes et par le pouvoir politique.

Caricatural ?
Je ne sais dire, mais cet article m’a donné une forme d’espoir : la charge contre Wikipédia par le Point, les signatures des grincheux, la charge de Trump et de Musk, sont au fond autant de preuves que malgré toutes ses fragilités (à commencer par l’entrisme des agences de relations publiques), Wikipédia, par ses principes, par l’engagement de sa communauté de contributeurs, tient tête à des personnalités ou des intérêts puissants et établis, et constitue, par la recherche d’exactitude et la diffusion de l’information, une précieuse forme de contre-pouvoir. Quoi de plus inquiétant, quoi de plus subversif, dans un monde marchand, que ce qui ne peut être acheté ?
Si Wikipédia est politique, ce n’est pas par je ne sais quel tropisme « woke » (je connais plus d’un wikipédien clairement d’extrême-droite), c’est par sa résistance aux intérêts mercantiles, par sa défense de la connaissance, et par la solidité ses principes fondateurs. Et si les gens qui ont leur rond de serviette sur tous les plateaux de télévision et de radio s’affligent que l’article qui leur est consacré garde mention d’une affaire qui leur déplaît, rappelle une horreur qu’ils ont dite un jour devant des millions de téléspectateurs, eh bien tant pis pour eux.
Je ne sais pas pour vous, mais tous les mois, je donne un euro à Wikipédia.
Et je suis allé signer la lettre contre l’intimidation des contributeurs à l’Encyclopédie libre.
Lire ailleurs : World Wide Wikipedia. Pourquoi il faut à tout prix défendre Wikipedia, par Olivier Ertzscheid ; Wikipédia, leur mauvaise conscience, par Daniel Schneidermann ; Le Point et l’éditocratie contre Wikipédia, par Maxime Friot (Acrimed) ; et sur la présumée orientation politique de l’encyclopédie participative : Wikipédia est-il de gauche ? par Autheuil, auteur aussi de Le Point vs Wikipédia, autopsie d’un loupé journalistique.
- L’en-tête de la lettre publiée par le Point est : Pour une encyclopédie vraiment participative, responsable, transparente, neutre et équitable. Je ne vois pas quel système au monde serait plus participatif et plus transparent que Wikipédia. Participatif, puisqu’on peut y contribuer sans même s’identifier. Transparent, car on peut accéder d’un clic à l’historique complet des modifications apportées à chaque article ! [↩]
- Notons que Le Point ne se limite pas à l’intimidation des personnes mais s’en prend à Wikipédia par voie de justice, en mettant la fondation Wikimedia en demeure d’adapter le contenu de Wikipédia à ce que Le Point juge bon pour son image. Au nom de la liberté d’expression bien entendu. [↩]
- Du même auteur, à lire aussi : On peut tout critiquer, mais pas avec n’importe qui [↩]
- Notons que les Intelligences Artificielles génératives type GPT ou Mistral recourent largement à Wikipédia, que les gens qui compilent des données voient comme un corpus fourni, original (au sens où il n’est pas issu d’IA ou de copier-coller) et de qualité. [↩]
je suis heureux de lire tout ceci. Voilà qui fait un complément d’un autre niveau et sur un autre registre que le billet que j’ai personnellement rapidement consacré à cette affaire qui n’est après tout qu’une tribune d’appelistes qu’on oubliera bien vite. Reste que, comme le dit Nicolas Hénin (que je suppose tu respectes aussi), elle tombe fort mal à point sans mauvais jeu de mots…. En tous cas, Merci pour ça. Je vais également faire un lien sur mon article vers ton billet ici, fort utile. https://forgedelopinion.blogspot.com/2025/02/pourquoi-les-republicanistes.html
La liste des signataires vaut son pesant de cacahuètes !
Beaucoup de signataires appartiennent à une même galaxie de médiacrates, mais il y a des noms qui détonnent et qui étonnent. Sur BlueSky, François Gemenne (du Giec) a expliqué être d’accord avec le contenu du texte, mais ne pas vouloir de mal à Wikipédia, ne pas avoir été spécialement informé de la polémique qui le précède, et ne pas avoir connu par avance la liste des signatures qui entourent la sienne. J’imagine qu’il peut être circonspect, car puisqu’un des griefs du Point est d’avoir été partiellement associé au climato-scepticisme par l’article de Wikipédia, avoir un membre du Giec parmi ses défenseurs ressemble à une belle prise, d’autant qu’il y a parmi les signataires des gens qui l’ont (c’est lui qui le dit) pris à partie par le passé.
Merci JeanNo et David pour vos articles de blogs sur ce sujet… et vive l’époque du Net 2.0 où l’on écrivait sur les blogs et les forums, dont subsiste encore l’encyclopédie Wikipédia qui a réussi à passer le temps, tandis qu’un Quid ou une Universalis ont périclité, et sur laquelle j’aimerais arriver à être plus actif, depuis que j’ai commencé – pendant le confinement – à y commettre qq articles… à la retraite, j’espère!
@Olivtree C’est très clairement à cause de Wikipédia que je sus devenu blogueur 🙂
En effet, le fonctionnement même de Wikipédia, que je soutiens, me bridait : ce n’est pas un lieu où donner son avis, où être péremptoire, caricatural, etc., et tout en continuant à alimenter l’encyclopédie, je suis content d’avoir d’autres lieux pour m’exprimer.
« je connais plus d’un wikipédien clairement d’extrême-droite »
Ça, ça ne veut rien dire : je connais aussi des gens d’extrême gauche sur X… Et l’article d’Authueil passe àmha à côté d’un point important : le « wokisme », si on en juge par les mots et les actes de ceux qui le combattent, et qui sont, depuis des années, ceux qui le définissent, ça dépasse largement la question de l’écriture inclusive pour englober le féminisme, l’antiracisme, la lutte pour les droits des minorités en général, l’écologie… et la « wokipedia ». Wikipédia est woke, par définition du wokisme, comme est woke à peu près tout ce qui n’est pas d’extrême droite.
@adrien Quand l’Association (et la Fondation) promeuvent la diversité (de genre notamment) des contributeurs et des sujets de Wikipédia, quand les wikipédistes croient que la connaissance libre est un bien humain, on n’est pas dans le « wokisme » mais dans une idée progressiste, positive, humaniste, qui peut du reste tout à fait exister à droite. Le « wokisme » selon ceux qui ont inventé le mot (et se désignent sous ce nom, aux US), c’est l’idée d’avoir une conscience aiguë des différentes oppressions (sociales, sexuelles, raciales), et notamment celles auxquelles on est soumis. En France c’est un peu moins défini, parce que comme les français parlent mal anglais ils ne comprennent pas l’origine du mot.
Ensuite, tout ce que je dis c’est qu’il y a des gens de plein de sensibilités au sein de la communauté wikipédienne, il est possible d’être d’extrême-droite/gauche/centre et honnête dans sa manière de contribuer. Et chaque sensibilité a une vertu, elle amène à aller chercher des infos, des références, qui ont toute légitimité à être mentionnées, mais que des adversaires politiques n’iraient pas chercher spontanément. Imaginons au hasard qu’un économiste adulé par les gens qui sont tributaires d’une certaine sensibilité politique s’avère avoir été condamné pour violences conjugales… Ses détracteurs auront peut-être moins de difficultés à mentionner ce fait que ses adorateurs.
Non, en France on connaît assez bien l’étymologie de woke, si c’est plus confus, c’est parce que le sens a changé, comme il a changé aux États-Unis — et c’est même *parce* qu’il avait changé, parce qu’il avait commencé à être employé comme une insulte par la droite conservatrice (pour ne pas dire l’extrême-droite) américaine, qu’il est arrivé chez nous.
C’est même encore plus clair en France, où le mot woke est largement supplanté par wokisme et wokiste, créations 100% françaises qui en font une idéologie. Faire comme si le wokisme n’était que le fait d’avoir une conscience aiguë machin, c’est comme dire que le gauchisme, c’est l’idéologie des gens qui s’assoient à gauche dans l’hémicycle — soit tout ce qui va de la FI au MoDem. Et répondre à des accusations de wokisme (venues du Figaro, en plus, qui est tout à fait clair sur le sens qu’il donne au mot, puisqu’) en faisant comme s’il s’agissait du point médian, ou en disant que des gens de droite contribuent aussi, c’est àmha vraiment passer à côté du sujet.
Si Wikipedia est accusée de wokisme, c’est *précisément* parce qu’elle « promeut la diversité (de genre notamment) des contributeurs et des sujets de Wikipédia » et que les wikipédistes « croient que la connaissance libre est un bien humain ». Il faut comprendre que c’est ça, qui lui est reproché.
@adrien promouvoir la diversité des contributeurs ne me semble pas être un grief très fréquent ici !
Les articles du Point parlent de tout autre chose a priori.
Euh… Si ? C’est même un des principaux reproches ? Une des preuves du Wokisme de Wikipédia, selon Le Point (voir par exemple ici : https://www.lepoint.fr/societe/wikipedia-plongee-dans-la-fabrique-d-une-manipulation-13-12-2024-2577881_23.php ) et le Figaro (l’article cité par Autheuil reproduit ici : https://artofuss.blog/2025/01/22/la-majorite-des-contributeurs-sont-de-gauche-comment-wikipedia-a-cesse-detre-neutre/ ), c’est « les liens troubles » (sic) qui existent entre la fondation et le projet / asso Les Sans PagEs (qui « combat les inégalités de genre sur Wikipédia et les autres projets Wikimédia, en cherchant à la fois à augmenter la part de contributrices et personnes appartenant à des minorités sous représentées et à améliorer le contenu autour des femmes et des minorités de genre sur les différents projets Wikimédia francophones. » https://sanspages.org/2024/08/21/sur-wikipedia-un-homme-sur-cinq-est-une-femme/)
On est dans la veine des critiques de la droite / extrême droite US contre les programmes « DEI » que s’est empressé de démanteler Trump : luter contre les inégalités, c’est « politique », il faudrait surtout ne rien faire pour préserver la « neutralité ». On est au cœur du problème.
@adrien : le Point parle surtout d’une supposée orientation politique du contenu des articles, leur critique à eux (en tout cas) ne me semble pas s’axer beaucoup sur la volonté d’une meilleure représentation féminine parmi les contributeurs ! La France, même de droite, même d’extrême-droite, est vraiment loin de la panique anti-diversité de Trump.
Du reste, il n’y a pas si longtemps, Le Point se plaignait… Du manque de représentation féminine sur Wikipédia.
Loin ? J’ai du mal à partager cet optimisme. La politique anti-diversité de Trump paraissait aussi « loin » il y a quelques années — son premier mandat a l’air presque soft en comparaison avec ces dernières semaines. En France, c’est moins intense (pour l’instant ?), et puis ça passe par d’autres canaux (la « laïcité ») mais nos réacs les suivent de près. Et pour en revenir à mon point initial, c’est bien comme ça, à mon avis, qu’il faut lire les accusations de « wokisme » à l’encontre de l’encyclopédie : comme des attaques contre la diversité (et un papier de 2016, de ce point de vue, c’est déjà ancien : ça date même d’avant l’arrivée du mot « woke » dans le débat français…), et plus généralement contre la neutralité et l’indépendance de l’encyclopédie. (Attaques menées au nom d’une défense de la neutralité, mais de la même manière que les attaques contre la laïcité sont menées au nom de la laïcité…)
Enfin bref. On verra bien, mais à mon avis : restons vigilants — pour ne pas dire woke 😉
Preuve que Le Point, ses patrons, ses scribouillards valets du patron ont peur de Wikipédia et de tout moyen par lequel le peuple puisse trouver de vraies infos.
Les attaques concernant Le Point me semblent déplacées. Abonné depuis des années, cet hebdomadaire n’est en aucune façon proche de l’extrême droite, ni climatoseptique, ni islamophobe.
Quant au glyphosate, Le Point ne conteste pas l’avis du CIRC. Mais ne confondons pas danger (tout est dangereux) et risque. Nous baignons dans un monde où les sources cancérigènes sont très nombreuses : ultra-violets du soleil, alcool des boissons, Hydrocarbures Polycycliques Aromatiques, radioactivités naturelle et médicale, acrylamide lors de cuisson, …
@Cochelin le Point se bat pour faire enlever à Wikipédia des informations tout à fait factuelles et sourcées, et souhaite visiblement que ce soit Le Point qui décide ce qu’on dit sur Le Point. Ensuite, sur la pente générale du journal, j’ai peu d’avis, je passe pas assez de temps en salle d’attente de dentiste. Enfin si on considère que le premier contenu d’un journal ce sont ses couvertures et ses titres (ça je les vois), la fixette du Point sur l’Islam et contre l’écologie semble difficilement contestable.
Mais oui, tout donne le cancer, c’est vrai, et il faut le dire, et en dire les limites et la réalité.
Un article un peu vachard mais sans doute pas volé sur la manière dont Géraldine Woessner se réclame de la science lorsqu’il s’agit de noyer la France dans les pesticides : https://www.blast-info.fr/articles/2025/chere-geraldine-woessner-boxing-day-41–cWEnkYlTbOsPW6KL4yJmw
Un tweet d’Erwan Seznec (Le Point) récemment : « Loi Duplomb. A un moment, il faut être clair. Je suis pour des substances qui tuent des insectes. Parce que sinon des insectes profitent du travail des humains, mangent leurs récoltes et les affament. Ca a duré des siècles en Europe. Ca dure encore en Afrique. ».
Je trouve cette présentation des choses très intéressante, car elle montre d’une part un dédain total pour la biodiversité, mais aussi un fort anthropocentrisme (on pourrait dire que les humains profitent du travail des abeilles et des papillons qui pollinisent !) et une appréhension assez vieillotte de l’écologie, car on considère désormais, non par idéologie mais parce que l’observation scientifique s’affine, que les notions d’utilité ou de parasitisme sont un peu plus complexes que prévu, et que la remise en question brutale d’équilibres patiemment construits par l’évolution cause des problèmes qui n’existent qu’en cas de catastrophes. Les hardes de 150 sangliers qui ravagent les cultures et qui n’ont jamais existé auparavant, par exemple, sont la conséquence directe de déséquilibres et d’aménagements directement provoqués par l’activité humaine. Etc.