Après que Christiane Taubira a affirmé qu’elle n’était pas hostile à l’accueil de Julian Assange sur le sol français, ce dernier a publié une tribune dans Le Monde, pour demander explicitement à notre pays de lui offrir l’asile :
Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni.
Je suis le fondateur de WikiLeaks.
(…) Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir.
La réponse de l’Élysée est arrivée une heure plus tard :
«La France a bien reçu la lettre de M. Assange. Un examen approfondi fait apparaître que compte-tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen.»
Cette réponse est un peu courte et mérite d’être traduite.
Voici la version que je propose :
Par le biais de Wikileaks, Julian Assange nous a vexés en prouvant que la France était traitée avec méfiance et mépris par l’Empire dont elle se veut la plus minable vassale. La soumission entraîne l’avilissement, sans doute, mais c’est encore pire si ça se voit.
Par ailleurs, dans le cadre de sa maladive absence d’estime de soi, la France souhaite obéir aux États-Unis y compris lorsque ce pays ne lui a rien demandé explicitement, comme lorsqu’elle a traité le président bolivien Evo Morales comme un voyou, par crainte que ce dernier n’ait emmené Edward Snowden dans ses bagages et que cela ait déplu à l’Amérique.
La France émettra bien évidemment un communiqué officiel déplorant la violence terroriste le jour où Julian Assange, qui aura regardé à la fenêtre une fois de trop, recevra une balle fatale entre les deux yeux. Mais elle estime, en l’absence de son décès confirmé, que l’existence de cet activiste n’est pas en danger immédiat. De plus, ce dernier est recherché par la justice de nombreux pays, même si ces derniers n’ont toujours pas déterminé de raison à leurs mandats d’arrêts.
Quant à la garde des Sceaux Christiane Taubira, merci de ne plus l’écouter dorénavant, elle est cultivée, morale et de gauche et n’a par conséquent rien à faire dans ce gouvernement moderne dont elle sera spectaculairement évincée le jour où ça sera politiquement payant.





