Sécurité routière

20% de morts en plus sur les routes pour juillet 2015. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui juge ce chiffre inadmissible, annonce qu’il va sévir et se montrer plus répressif envers les mauvais conducteurs.
Une fois de plus, on fait un exemple en punissant injustement ceux qui ne sont pas morts sur les routes ! Ne serait-il pas plus équitable de s’en prendre aux morts, par exemple en revendant leurs organes à des sociétés d’alimentation pour chiens et chats, en éparpillant leurs restes, en les enterrant dans des fosses communes ou avec une pierre tombale qui signale qu’ils étaient de mauvais conducteurs ?
Je propose, hein, j’ai pas la solution à tout.

La nuit porte conseil

Je suis toujours étonné par l’extraordinaire capacité du rêve à résoudre des problèmes de la journée. C’est par exemple en rêvant que j’ai compris comment on laçait ses chaussures et comment fonctionnaient les notions de programmation sur lesquelles je buttais.
La nuit dernière, typiquement, c’est un rêve qui m’a averti que des photos absolument géniales dont j’avais oublié l’existence se trouvaient dans l’autre appareil photo. Néanmoins, une fois bien réveillé, il m’a fallu admettre que cet « autre » appareil photo n’avait jamais existé.

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VOTRE COLIS EST EN COURS DE LIVRAISON DANS VOTRE RELAIS COLIS

En lisant ça sur le site qui me permet de vérifier l’état de l’acheminement de mon nouveau clavier, je visualise un livreur en train de passer la porte de mon épicerie à l’instant même.
Mais une partie de moi sait que le message véritable est :

MEC, ON EST SAMEDI, C’EST PAS ENCORE LIVRÉ, ALORS ÇA SERA LUNDI, ET ENCORE, SI TU AS DE LA CHANCE

Séjour du roi d’Arabie saoudite en France : la piste de l’escroquerie

La polémique n’a fait qu’enfler : le tout nouveau roi d’Arabie Saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, n’aura passé en tout et pour tout que huit jours à Vallauris (Alpes Maritimes), mais on n’oubliera pas de sitôt son passage dans la ville favorite de Jean Marais !
Le roi a tout d’abord obtenu de faire privatiser une plage, puis de faire licencier les femmes CRS chargées de surveiller sa villa, puis de faire fouetter le mari d’une de ces femmes CRS qui avait raconté l’histoire à un pigiste d’un quotidien régional gratuit,  créant des remous bien inutiles dans la si paisible mer Méditerranée.
Vexé de ne pas avoir obtenu d’interdire de baignade les plagistes de la côte d’Azur aux heures où lui-même trempait ses pieds dans l’eau, le roi a plié bagage sans prévenir hier.
Les commerçants se désolent de ce départ : « on n’a râlé qu’une semaine, pourquoi s’est-il vexé si vite, on a à peine eu le temps de se connaître ! ». On imagine leur déception : le manque à gagner, pour l’économie locale, est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, au bas mot. « C’était un homme très aimable, qui parlait d’ailleurs un français parfait, sans accent et qui acceptait sans rechigner d’acheter les produits au double ou au triple du prix »1, observe un horloger qui s’inquiète des effets de ce départ : « je lui ai vendu de nombreuses montres, mais il est parti sans avoir eu le temps de payer. Je ne voulais pas lui causer d’embarras en parlant d’argent, mais il faut me comprendre, j’ai des frais ! ».
Le loyer à six chiffres de la villa de Golfe Juan n’a pas encore été payé non plus, pas plus que les frais de l’installation d’un escalator entre cette villa de rêve et la plage. Le consulat ne veut rien savoir, expliquant que « le roi se trouve au Maroc, il n’a jamais passé ses vacances en France, les journalistes qui colportent cette rumeur malveillante auront la langue coupée, car celui qui dit une chose fausse est un hypocrite et doit être puni ainsi qu’il a fauté ».

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La police s’oriente désormais sur la piste de Christophe Rocancourt. En effet, certaines photographies du roi prises récemment font apparaître une troublante ressemblance entre l’homme qui s’est présenté aux commerçants de Vallauris en tant que monarque wahhabite, et le playboy-escroc célèbre pour avoir ruiné Mickey Rourke, Jean-Claude Van Damme et Catherine Breillat. L’urgentiste Patrick Pelloux, célèbre pour avoir tiré la sonnette d’alarme lors de la canicule de 2003 tire à nouveau la sonnette d’alarme : « Ce type doit trois millions sept cent mille euros aux hôpitaux de Paris ! ». Il se garde toutefois d’expliquer le montant annoncé et n’explique pas non plus pourquoi cette somme serait due aux hôpitaux de Paris plutôt qu’à la clinique de Vallauris où, effectivement, le souverain s’était fait retirer une épine d’oursin. Le chef du service de chirurgie de cette clinique conteste d’ailleurs les révélations de Patrick Pelloux : « certes, nous avons un peu gonflé la facture, tarif touriste, quoi, mais trois millions, pas du tout, c’est du grand n’importe quoi ».
L’industriel Serge Dassault, qui passe lui-même ses vacances sur la Côte d’Azur2, est un peu inquiet mais refuse de se laisser abattre : « pendant un cocktail, le roi bidule m’a commandé vingt Rafale (…) alors hein moi je veux bien qu’il était saoul, je veux bien que c’était un imposteur, ce type, mais il faudra que la France règle l’ardoise ! Pays d’assistés ! ». Espérons que, depuis le fort de Brégançon, à quelques kilomètres de là, François Hollande aura reçu le message.

  1. Il existe en effet chez les commerçants français une tradition bien ancrée qui consiste à faire payer plus cher les étrangers. Cette coutume bon-enfant est malheureusement victime des tracasseries de l’administration, direction des fraudes et compagnie. [↩]
  2. Victime des tracasseries de fonctionnaires zélés, Serge Dassault se trouve actuellement interdit de sortie du territoire. Il est révolté par cette situation de « deux poids deux mesures » qui le frappe, constatant, en tant que sénateur « qu’il y a en France de nombreux étrangers en situation irrégulière à qui l’on n’interdit pas de quitter le territoire, et à qui on paie même le voyage pour quitter la France ! ». [↩]

Twitter, on comprend rien

On me dit souvent :
« Twitter, j’ai essayé, mais j’ai arrêté tout de suite, on comprend rien ! ».
À quoi je réponds que si, si, on comprend, que tout est une question d’habitude, voilà tout, c’est un peu déroutant, tous ces messages de partout, au début, mais on s’oriente rapidement.

onComprendRien

Néanmoins, je souhaite bonne chance au lycéen de 2035 qui devra faire une explication de tweet (cette discipline, proche de l’explication de texte, n’existe pas encore à l’école) du post ci-dessus pour le baccalauréat.

Bubulle est parti

Ce n’est qu’à l’âge de vingt ans que Jésus de Nazareth a su que si « Bubulle » flottait le ventre en l’air, ce n’était pas parce qu’il avait « besoin de vacances », et que, le lendemain, lorsqu’il ne l’a plus trouvé dans l’aquarium, ce n’était pas parce que son meilleur ami était « parti en voyage ».

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C’est à ce moment-là qu’il a commencé à se douter que ses parents lui avaient menti sur pas mal de choses, et qu’il a ressenti l’urgence de répondre à la question de la vie après la mort de « Bubulle » et, par extension, de toutes les autres personnes.

Et si la politique existait encore ?

Les libertaires ou les révolutionnaires jugent que les élections représentatives ne peuvent qu’être détournées. Les libertariens considèrent la démocratie comme archaïque et nuisible à la fluidité d’une économie saine. Le citoyen lambda est pour sa part désespéré. J’ai peur que nous ayons presque tous, à un niveau ou à un autre, la sensation plus ou moins diffuse que notre représentation politique ne représente guère qu’elle-même, qu’elle constitue surtout le spectacle médiocre et coûteux d’un petit nombre de carriéristes qui passent le temps en s’affrontant sur des symboles, des petites phrases, et qui encombrent le code civil de textes inutiles, improvisés, néfastes ou inapplicables, textes qui vont presque invariablement dans le sens d’un transfert du pouvoir de l’État vers les bienveillantes sociétés privées qui savent ce qui est bon pour nous et qui veulent organiser nos services, notre système social, éducatif, etc. Et lorsqu’un parti ou une personnalité persiste à affirme que l’on peut vraiment changer des choses par la loi, par la négociation, par les urnes, par la politique, donc, il se voit qualifier de rêveur, d’utopiste, de naïf, de démagogue, et même, de danger pour la démocratie, qui, comme chacun sait, est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des citoyens : laissez faire les pros !

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L’Acropole d’Athènes, photo A. Savin.

La grande presse autant que des décideurs européens (élus ou désignés) sont assez unanimes à dénoncer « l’irresponsabilité » du gouvernement Tsipras1 puisque ce dernier a le culot de poser une question aux citoyens de son pays, par voie démocratique, sur leur avenir économique proche. La violence de la réaction est peut-être un indice rassurant, peut-être que ça signifie que la démocratie peut encore avoir un effet, qu’une décision politique peut changer le futur. Peut-être même que ça démontrera que l’économie n’est pas un phénomène naturel, qu’elle n’opère pas de manière autonome et immanente, mais que, au contraire, on peut décider d’agir dessus.
C’est peut-être cette idée qui donne tant le vertige aux uns et aux autres que l’on préfère voir la Grèce s’enfoncer dans une spirale sans fin de surendettement, et qu’on leur promet mille morts (sortie de l’euro, sortie de l’union européenne, banqueroute, extrémisme, etc.), s’ils cherchent une autre solution à leurs problèmes que celles qu’on leur impose.

La peur de découvrir que la politique existe encore.

  1. Voir les articles consacrés à la situation grecque sur le site Acrimed. [↩]