Ma voisine L*, âgée de dix ans, a reçu une mauvaise appréciation pour un exercice de langue française. Il lui fallait placer les verbes correctement conjugués sur des pointillés dans un texte. Le polycopié lui est revenu raturé de rouge pour chaque verbe. Sa mère ne voyait pas quelles fautes sa fille avait commises, elle a demandé à Nathalie de le lui confirmer, et j’ai regardé aussi : L* avait en fait totalement réussi l’exercice, et ce sont les correction de son institutrice qui étaient toutes fausses et qui composaient un texte écrit dans un français incompréhensible.
La mère de L* n’a pas osé faire remarquer à l’institutrice ses manquements, qui ne sont pas les premiers, mais L* l’a fait, et sa professeure lui a répondu : « c’est à discuter ». En croisant L* ce matin, allant acheter le pain, je lui ai dit que j’aurais adoré scanner son exercice raturé et mettre l’image sur Internet.
La fillette m’a regardé d’un air soucieux et m’a dit : « Oh non, il ne faut pas, je me sentirais trop coupable ».