juillet 27th, 2013 Posted in Fictionosphère, Sciences | 29 Comments »
Lors du colloque Sciences et Fictions, qui s’est tenu le 21 mai dernier, j’ai parlé de la figure du scientifique comme personnage de fiction. Le sujet était un peu copieux et j’ai énuméré, au pas de course, des archétypes de scientifiques de fiction, en évoquant les œuvres littéraires ou cinématographiques où ils apparaissent : le distrait, l’aventurier, le Cassandre, l’apprenti-sorcier, etc.

Le génie commercial américain de Thomas Alva Edison (gauche) opposé aux prodiges de l’inquiétant européen Nikola Tesla (droite). Magie blanche contre magie noire.
Ma conférence n’était pas rédigée, donc je ne l’ai pas recopiée ici et je ne sais pas si j’aurai le courage d’en faire quelque chose de construit, mais j’ai tout de même envie d’écrire ce qui a clos mon intervention, à savoir les cas de deux grandes figures de la mythologie scientifique : Thomas Alva Edison et Nikola Tesla.
Thomas Edison (1847-1931), né à Milan dans l’Ohio, est retenu par l’histoire comme l’inventeur du phonographe ou de la lampe à incandescence. Il a déposé plus de mille brevets et fondé la compagnie Edison, devenue General Electric, que le classement Forbes Global considère de nos jours comme la troisième société la plus importante au monde après ExxonMobil (pétrole) et JP Morgan Chase (finance). Pour les américains, il incarne le génie. En France aussi, sans doute : dans ma (petite) ville, par exemple, il y a une rue Edison. Il incarne aussi le mythe de l’Amérique où tout est possible, puisque sa famille était modeste, qu’il n’est allé à l’école que quelques mois, qu’il était presque sourd et qu’il a exercé une foule de petits métiers, comme celui de télégraphiste, avant de connaître la réussite que l’on sait, en 1877, avec l’invention du Phonographe.

Edison et son phonogrqphe.
La force d’Edison réside pourtant moins dans ses inventions — qui sont toujours précédées par d’autres très proches — que dans les moyens qu’il a déployés pour les mettre au point sérieusement, les breveter et les commercialiser. Sa devise était : « ne jamais inventer quelque chose dont le public n’a pas envie ». Il s’appropriait des inventions de concurrents moins agressifs ou bien sûr de ses milliers d’employés. Parmi ses employés se trouvait un jeune homme très doué, Nikola Tesla.
Nikola Tesla (1856-1943) est né dans l’Empire d’Autriche, à Smiljan, qui a fait partie de l’Autriche-Hongrie puis de la Yougoslavie et qui se trouve actuellement située en Croatie. Son père était le pope orthodoxe du village, ce qui fait de lui un serbe, nationalité qu’il revendiquait. Son patronyme n’est typique ni de la Serbie ni de la Croatie. Aujourd’hui, Serbes et Croates se disputent l’appartenance nationale de Tesla, mais à sa mort, ce dernier était étasunien.
Bon élève, Nikola Tesla a fini par étudier à l’école Polytechnique de Graz. Il a d’abord été un étudiant assidu, maîtrisant suffisamment ses matières pour se permettre de contredire ses professeurs. Mais après avoir perdu sa bourse d’études, il s’est mis à jouer et est même devenu dépendant au jeu. Il n’a jamais obtenu son diplôme, a tenté d’intégrer l’université quelques mois avant d’abandonner aussi pour devenir ingénieur, à l’office central du télégraphe de Budapest. Il avait une mémoire exceptionnelle et parlait serbo-croate, tchèque, anglais, français, allemand, hongrois, italien et latin. On sait qu’il s’est aussi intéressé au sanskrit. Tesla aimait soigner sa légende et prétendait ne jamais dormir plus de deux heures et avoir des visions, notamment des flashbacks précis d’événements qu’il avait vécus.
Matérialiste, sans doute plus ou moins athée, il s’est intéressé au christianisme (mais a réussi à échapper à la prêtrise, qui est la carrière que son père avait prévu pour lui), au bouddhisme et à l’Hindouisme.
Bien plus qu’Edison, Tesla était un théoricien, et son travail a pesé sur la compréhension scientifique de diverses manifestations énergétiques : électricité, magnétisme, ondes radio, rayons X. Le radar, le téléviseur, les communications sans fil ou la télécommande lui doivent beaucoup. On lui doit aussi la construction de la première centrale hydro-électrique.

Nikola Tesla dans son laboratoire de Colorado Springs, lisant paisiblement alors que des arcs électriques se forment au dessus de lui.
Employé par Continental Edison à Paris en 1882, Tesla est remarqué par Charles Batchelor, ami et collaborateur de Thomas Edison, et part rencontrer ce dernier à New York en 1884. Pendant la traversée, il a perdu son argent et ses bagages, il ne lui reste plus en poche que quatre cents, quelques poèmes et la lettre de recommandation de Batchelor qui, selon la légende, disait : « Je connais deux grands hommes, tu es l’un d’entre eux et l’autre est ce jeune homme ». Edison, bien sûr, a pris Tesla sous son aile. Mais l’année suivante, c’est la rupture : Edison avait promis cinquante mille dollars à Tesla si ce dernier, comme il s’était vanté de pouvoir le faire, parvenait à améliorer son système de distribution de courant continu. Tesla a travaillé jour et nuit, et résolu le problème sur lequel butaient Edison et ses ingénieurs. Mais lorsque Tesla a réclamé son dû, Edison lui a expliqué que sa proposition n’était pas sérieuse et relevait de l’«humour américain». Il a malgré tout proposé d’ajouter dix dollars sur la feuille de paie de Tesla qui a immédiatement donné sa démission.
La Guerre des courants
On retrouve Tesla et Edison à la fin des années 1880, lors de la « guerre des courants », un épisode de l’histoire industrielle mondiale pendant lequel deux formats se sont retrouvés en compétition pour l’alimentation des foyers en courant électrique : le courant continu, promu par Thomas Edison, et le courant alternatif, promu par son concurrent George Westinghouse, avec qui collaborait étroitement Nikola Tesla. La plupart des acteurs du domaine, notamment en Europe, penchaient pour le courant alternatif, car le courant continu imposait une distance très courte entre le producteur d’énergie et ses consommateurs : il aurait fallu une centrale électrique tous les deux kilomètres, ce qui rendait la technologie totalement inadaptée aux lieux de faible densité, notamment. Cette bataille acharnée a amené Edison et Westinghouse au bord de la faillite. Edison préférait la victoire d’un mauvais système breveté par lui-même que celle d’un bon système qui appartenait à un autre, au contraire de Tesla qui a tout simplement abandonné ses brevets à Westinghouse pour que ce dernier puisse survivre à cette bataille industrielle.
C’est ici qu’Edison montre sa face sombre : une grande partie de l’opinion scientifique et politique était contre lui, il a donc décidé — comme le font aujourd’hui Monsanto, Exxon, Philips Morris, etc. — de s’en tenir à convaincre l’opinion publique américaine puisque c’est ce qui se déciderait aux États-Unis qui deviendrait le standard mondial.

William Kemmler, premier homme à être exécuté sur la chaise électrique, en 1890, pour avoir assassiné sa concubine à l’aide d’une hache. Ses avocats avaient fait appel au prétexte que cette manière de donner la mort était cruelle et inhabituelle. George Westinghouse, le principal promoteur du courant alternatif, utilisé pour la chaise électrique, s’était publiquement opposé à cette exécution qui a pourtant bien eu lieu, sans doute grâce à l’appui de Thomas Edison qui voyait là un excellent moyen pour discréditer le courant alternatif et convaincre le public qu’il était dangereux.
Edison s’est lancé dans ce qui ressemble à une campagne de terreur, avec un mot d’ordre simple : le courant alternatif est dangereux, il tue. En fait, si il faut effectivement un ampérage plus important à du courant continu pour être potentiellement mortel, les deux types de courant peuvent tuer.
Pour démontrer la létalité du courant alternatif, Thomas Edison a électrocuté une grande quantité d’animaux et on dit que les chats et les chiens des voisins de ses laboratoires avaient tendance à disparaître mystérieusement. C’est pour marquer l’esprit du public qu’Edison a demandé à ses employés Harold Brown et Arthur Kennely d’utiliser le courant alternatif pour leur invention, la chaise électrique. En 1881, l’État de New York avait lancé un appel d’offres pour trouver un moyen d’exécution à mort plus humain que la pendaison. Edison, qui avait généralement l’habitude de signer les brevets des inventions de ses employés, a préféré faire le contraire, cette fois, et laisser Brown et Kennely breveter l’invention : il refusait de voir son nom associé à un outil destiné à tuer. En 1892, voyant que le combat du courant continu était perdu, Edison a commencé à investir dans le courant alternatif qu’il avait si ardemment combattu, mais il n’a pas abandonné sa campagne contre ses concurrents. Il a notamment tenté de populariser le verbe « westinghouser » pour dire « électrocuter ».
Le prix Nobel
En 1915, une rumeur lancée par l’agence Reuters a affirmé que le Prix Nobel de physique allait être remis conjointement à Edison et à Tesla. Le prix a finalement été remis à William Henri Bragg et à son fils William Lawrence Bragg pour leurs travaux sur l’étude de la structure des cristaux. Une seconde rumeur a alors affirmé que le comité Nobel avait été contraint d’abandonner son projet d’honorer les travaux de Tesla et d’Edison face au refus affirmé d’un des deux ou peut-être des deux, de partager la réception du prestigieux prix. À ce jour on ignore ce qui peut être exact dans cet histoire, mais il reste certain qu’Edison et Tesla ne s’aimaient pas beaucoup.
Au cours de ses dernières années, Edison a plusieurs fois fait savoir qu’il regrettait de ne pas avoir eu plus de respect pour la personne et le travail de Tesla.

Une carte présentant la « Tesla Company », établie sur la 40e rue en 1915 et 1924. Au centre, on voit la tour de Wardenclyffe, dite « tour Tesla », construite en 1901 à Long Island dans le but de transmettre des communications transatlantiques sans fil (on peut lire « World wireless telephone transmitter »), et de transmettre de l’énergie à distance. Le lieu rappelle les laboratoires de savants fous des fictions populaires, et je suppose même qu’il a eu une influence sur ce type de lieu de fiction. Effrayés par les dépassements des coûts de construction, les investisseurs ont abandonné Tesla : au moment où cette carte a été éditée, la tour n’était plus utilisée. Elle a été abandonnée, puis détruite par l’armée américaine le 4 juillet 1917, car le gouvernement craignait qu’elle ne soit utilisée par les Allemands. Mais en 2012, plus d’un million de dollars ont été récoltés sur Internet par un auteur de bande dessinée, TheOatmeal, pour racheter le lieu et y fonder un Tesla Science center.
Lorsqu’Edison est mort, le 18 octobre 1931, Tesla a dit de lui qu’il n’avait pas de vie, pas de distraction, qu’il n’avait pas la plus élémentaire forme d’hygiène et que sa méthode de travail était totalement inefficace, qu’il aurait eu dix fois moins de travail s’il avait eu recours à un peu de théorie et de calculs, mais il méprisait l’apprentissage par les livres et le savoir mathématique, ne se fiant qu’à son instinct d’inventeur et à son sens pratique américain.
Edison et le cinéma
Le 4 janvier 1903, alors que la guerre des courants était terminée depuis longtemps, Edison et son équipe ont réalisé un film terrible dans lequel on voit l’éléphante de cirque Topsy, âgée de vingt-huit ans, mourir électrocutée par leurs soins devant mille cinq cent badauds au célèbre parc d’attraction Luna Park, à Coney Island. Il s’agissait d’une énième démonstration des dangers du courant alternatif, mais aussi d’une punition pour l’éléphante, qui avait tué trois hommes, dont un dresseur cruel qui l’avait nourrie avec une cigarette allumée.
Quinze ans plus tôt, Edison avait rencontré Eadwaerd Muybridge, le pionnier du cinéma que l’on sait, et avait compris tout le potentiel de l’image en mouvement. Il a alors déposé un brevet préliminaire, avant même d’avoir mis au point l’invention, puis chargé son employé le britannique William Kennedy Laurie Dickson de développer un système permettant de réaliser et de diffuser des films. En 1894, Edison a dévoilé au public le Kinétoscope, une boite de plus d’un mètre de haut surplombée d’une optique binoculaire au travers de laquelle on pouvait voir des films très courts (l’éternuement d’une personne, par exemple), réalisés à l’aide d’un second appareil, le Kinétographe. Edison ne s’est pas contenté d’être le propriétaire du premier brevet d’une technologie cinématographique, il a accompagné cette création d’un système de production de films, avec le premier studio de cinéma, la « black Maria », et d’un modèle économique véritable : il fallait dépenser vingt-cinq cents pour regarder les films tournés avec le Kinétographe.

La Black Maria, premier studio de cinéma au monde, qui pouvait pivoter afin d’adapter son orientation à la direction de la lumière du Soleil.
Le Kinétoscope a été montré à Paris en 1894 et a profondément impressionné Auguste et Louis Lumière, qui se sont lancés dans leur propre invention, le cinématographe, qui a été présenté au public dès 1895 et dont les atouts ont aussitôt rendu caduc le Kinétographe d’Edison. D’une part, la durée d’exposition des images était ajustable, ce qui permettait de s’adapter à des conditions d’éclairage plus variées. Ensuite, la caméra et le système de projection étaient un seul et même appareil. Pour finir, l’atout majeur du cinématographe est justement la projection : les films peuvent être montrés à plus d’une personne, et même à des dizaines ou à des centaines de personnes à la fois, pour un tarif individuel modique. C’est bien le cinématographe qui a permis de faire naître le cinéma comme un mass-media. Plus tard, Edison adaptera son Kinétoscope à la projection publique.

À gauche, un salon de Kinétoscopes à San Francisco. À droite, une variante du Kinétoscope, le kinétophone, ou phonokinétoscope (1895), qui associe le Kinétoscope au Phonographe et constitue donc le premier exemple de cinéma sonore.
Edison, bien entendu, n’a pas voulu se laisser faire, et a mené une guerre des brevets acharnée, tout particulièrement aux États-Unis où toute personne qui souhaitait réaliser des films sans passer par Edison était attaquée par une organisation qu’il avait créé, le Motion Picture Patents Company. De plus, Edison avait passé un accord avec Kodak ce qui lui permettait d’empêcher l’achat de pellicule par toute personne qui ne lui payait pas sa dîme mais aussi d’imposer la marque Kodak à toute personne qui voulait réaliser des films. L’organisation imposait aussi un unique distributeur, qui était une de ses filiales, la General Film Company. Edison avait recours à des détectives pour faire des inspections sur les plateaux de tournage et vérifier que tout s’y passait selon les règles imposées par le « Edison Trust », comme on surnommait la Motion Picture Patents Company.
L’épilogue de cette affaire est assez intéressant : pour échapper à l’avidité et aux tracasseries juridiques d’Edison, des producteurs de cinéma se sont réfugiés sur la côte Ouest où ils ont ont créé Hollywood : le berceau des grands studios de cinéma s’est donc construit pour contre un usage abusif du droit d’auteur.
L’abus de monopole a été reconnu en 1915 par la cour suprême et le « Edison Trust » a alors cessé ses activités.
Des héros de fiction
Un trait particulier d’Edison et de Tesla est qu’ils ont été très tôt, de leur vivant, même, des personnages de fiction. Le phonographe d’Edison avait été un véritable choc dans l’esprit du public, un choc plus profond peut-être que l’invention de la photographie, quarante ans auparavant. Presque aussitôt, Edison est devenu un objet de fantasmes, et on a fait de lui un inventeur de génie, capable de prodiges aux limites de la magie. Il est, par exemple, le héros de L’Éve future, par Villiers de l’Isle Adam, où il crée un robot gynoïde autonome qui, on l’apprend plus tard, est animé par l’esprit de Sowana, l’assistante indienne d’Edison.

Deux exemples de « dime novels » (romans à dix cents, ou dans ce cas, à cinq cents). Celui de gauche, très populaire; met en scène un robot à vapeur, le Steam Man of the Prairies. Bien qu’on le catégorise comme « édisonade », il ne fait pas référence à Edison, du moins à ses débuts, puisque ses aventures sont publiés à partir de 1868, époque à laquelle Edison n’était que spécialiste en télégraphie employé par la Western Union. À droite, on voit que le héros est Tom Edison Jr., fils de Tomas Edison.
Ce n’est qu’une référence parmi d’autres et de nombreux romans populaires américains ont pour héros un personnage inspiré de Thomas Edison, portant son nom, ou portant le nom de Tom Edison Jr. — le fils de l’auteur. Les historiens appellent les romans de cette période des Edisonades (comme Robinsonades pour les récits imités de Robinson Crusoë). Dans ces fictions, Edison ou ses alter-ego vivent des aventures extraordinaires et se tirent de tous les mauvais pas grâce à leurs inventions.
De manière assez piquante, Edison est présenté par les récits qui le mettent en scène comme un génie solitaire, ce qui était à l’opposé de sa méthode de travail, puisqu’il avait des milliers de collaborateurs.
En 1898, Edison est le héros de Edison’s Conquest of Mars, un roman de Garrett P. Serviss, une sorte de suite non-officielle et plutôt fantaisiste à la Guerre des mondes d’H.G. Wells, sauf qu’ici, suivant une certaine idéologie étasunienne, les Américains attaquent les martiens les premiers afin d’éviter d’être attaqués.

Deux récits concurrents qui envoient sur Mars les deux antagonistes de la Guerre des courants…
Trois ans plus tard, en 1901, J. Weldon Cobb publie un roman nommé To Mars With Tesla, dans lequel le savant serbo-américain cherche à entrer en contact avec la planète Mars, curieusement assisté par Young Edison, le neveu (inventé) de Thomas Edison.
On trouve des récits plus récents qui mettent en scène Tesla, Edison, ou les deux, comme The Prestige (1995), de Christopher Priest, adapté au cinéma par Christopher Nolan en 2006, qui présente Tesla (David Bowie, dans le film) comme un presque-sorcier, et Edison (qu’on ne voit pas) comme un escroc mesquin.

Dans « Les Quatre Fantastiques » (1961) Jack Kirby et Stan Lee font s’affronter deux savants : Reed Richards (gauche), inventeur de génie américain dont le train de vie est assuré par les revenus perçus grâce à ses brevets. Son ennemi, le doctor Von Doom (en France : docteur Fatalis) est un inquiétant européen venu d’un petit pays inconnu, la Latvérie. Von Doom est un personnage tragique, atrabilaire, pétri de culture classique et de bonnes manières (imaginez qu’il mange à table, le monstre !), qui n’est pas spécialement sensible à l’humour américain. Je ne dispose pas d’indices pour le prouver mais ils me semblent faire écho à l’opposition Edison/Tesla.
Edison est parvenu à s’imposer dans les mémoires comme un représentant de la science positive, de l’esprit d’entreprise et comme un modèle d’astuce et d’inventivité. Il semble pourtant avoir été une personne plutôt antipathique.
Tesla quant à lui, est bien moins célèbre malgré son importante contribution à la science, mais il est lui aussi parvenu à imposer l’image qu’il voulait, grâce à son sens de la mise en scène et son goût pour les annonces mystérieuses. Il prétendait en effet régulièrement être sur le point de révéler une invention qui allait changer la face du monde, telle une source d’énergie illimitée et gratuite, ou une « arme à énergie dirigée » qui permettrait de frapper n’importe où sur Terre à distance et qui serait si puissante qu’elle rendrait la guerre inutile.
La maîtrise civile et militaire de l’énergie atomique après guerre a un peu détourné le public de ces fantasmes de puissance à base de rayons énergétiques, mais sur le web « complotiste », aujourd’hui, on trouve de nombreuses personnes pour affirmer que les inventions révolutionnaires ont bien été mises au point par Tesla et sont dissimulées au public par les gouvernements.