Le Silence de la mer

André m’a raconté que, pendant la guerre, il avait clandestinement diffusé Le silence de la mer, signé Vercors, un texte qui présentait les Allemands comme des êtres humains sans pour autant céder une once d’opposition au nazisme : il ne s’agissait pas juste d’être contre les « shleus », mais bien de chercher leur humanité pour mieux rejeter le système. André avait fait partie du journal pacifiste intégral La Patrie Humaine et cette vision des choses s’accordait à sa vision politique humaniste. Vercors, qui était adolescent pendant la Grande Guerre était pacifiste aussi. Ce n’est qu’après guerre qu’il a découvert que l’auteur n’était autre que son ami Jean Bruller : « nous habitions ensemble et aucun ne savait que l’autre était dans la Résistance ! ».

À ce sujet, j’ai un jour parlé à André du dogme de l’organisation de la Résistance qui voulait que chaque agent de l’armée secrète n’était connu (en tout cas sous son vrai nom) que par un ou deux contacts (j’ai oublié), afin de limiter les dégâts s’il venait à être pris et se mettait à parler. Il m’a répondu que c’était la théorie, mais que la Résistance n’aurait pas existé si cette théorie avait été respectée à la lettre.

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