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Dernière lettre

Lettre de Jean-Baptiste Goursaud, seigneur de Merlis (Rochechouart, le 15 janvier 1745 – Paris le 18 mars 1794), à son épouse Marie Radegonde Moreau de Villejalet, quelques heures avant de monter à l’échafaud.
Abbé Duléry, Rochechouart: histoire, légendes, archéologie, Limoges 1855

Jean-Baptiste Gourdaud était le frère de mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère Jeanne Goursaud de la Jousselenie (†1779)

27 ventôse onze h. du soir, l’an II de la république.

Voici bientôt le moment où mon sort sera décidé  ; demain est le jour de notre jugement. Si j’en crois ma conscience et même les apparences il ne doit pas être sinistre. Cependant en pareille circonstance on ne peut assurer le résultat. Quel qu’il puisse être, je serais en état d’en raisonner froidement si c’était avec tout autre qu’avec mon amie. Mes trop fréquents retours vers elle ou mes enfants diminueraient de mon sang froid, mais ne l’anéantiraient pas. Tout sera décidé lorsque tu recevras cette lettre. Si c’était la dernière… je te plaindrais bien plus que moi… Et mes enfants, mes chers enfants ! Dans tout autre temps si, cédant à une maladie, il fallait nous séparer, tu aurais au moins la perspective de trouver des secours, des sentiments ; actuellement tous fuiraient les malheureux, tous s’isoleraient de toi. Que ferais tu ? que pourrais-tu faire au travers des suites de cet événement ? Oh ! pour le coup, ce serait alors que la plus forte comme la plus difficile preuve que tu puisses me donner de ton attachement, ce serait de prendre le dessus avec force, de sentir que tu restes seule avec des êtres perdus sur la surface de la république. Si je venais à leur manquer ! ce serait alors qu’ il faudrait m’oublier, si je puis m’exprimer ainsi, pour songer à ces malheureux enfants, pourvoir à leur éducation, et à leur conserver une bien faible subsistance. Après avoir vécu pour moi, il faudrait vivre pour eux, et rendre à ma mémoire le seul souvenir auquel elle puisse être sensible… Mais j’ai bien tort de te suggérer ce que tu devrais faire alors ; ton attachement pour eux ne m’est-il pas connu et ne dois-je pas m’en rapporter à tout ce que t’inspire ce sentiment. Je me laisse entraîner à une idée qui vous identifie tous ensemble, et n’ai pas pensé que mes exhortations ne sont pas nécessaires.

Dis à cet aîné que j’aimai, que j’aime toujours, combien il a besoin d’ acquérir, combien il lui manque de connaissances, et qu’il sache qu’il ne pourra jamais mieux honorer ma mémoire qu’en respectant sa mère, qu’en lui étant toujours soumis — Dis à Adrien que ses dispositions lui imposent de plus grandes obligations qu’aux autres ; qu’il aura plus que jamais besoin d’en tirer parti ; qu’il te le doit, qu’il le doit à lui-même, qu’il le doit à son père qui l’a toujours chéri — Dis à Charles que l’annonce de ses succès me présage que s’il veut il te donnera autant de satisfaction que les autres que je l’y exhorte, l’embrasse et l’aime bien tendrement — Quant à mes deux aînées dont les caractères quoique constants me faisaient un égal plaisir, dis-leur, mais tu n’as pas besoin de le leur dire, que c’est à elles principalement, puisqu’elles sont plus souvent avec toi, que je m’adresse pour te prévenir en tout, te secourir, et ne se conduire jamais que d’après tes conseils et tes instructions ; leurs exemples, leurs avis, y porteront les deux plus jeunes, et si mes désirs à cet égard succèdent suivant mes espérances, tu seras au moins heureuse mère !… Embrasse-les pour moi, ou du moins qu’elles t’embrassent chaque jour pour leur père. Si les uns savent combien je les chéris les autres sauront un jour qu’elles ne m’étaient pas moins chères.

Dis à ma sœur que si les circonstances ne m’ont pas mis à même de la voir longtemps, cela ajoute à mes autres privations. Elle s’affligera avec toi, je le sens, et ne pourra de longtemps jeter dans ton cœur le baume de la consolation. Je vous plains l’une et l’autre en proportion de mon affection ; juge donc jusqu’à quel degré ! Dis à mon oncle, et à sa maison à chacun en détail, ce que mon cœur dicte pour chacun ; ils le sentiront mieux que tu ne pourrais l exprimer et que je ne pourrais le rendre moi même.

Dis à tous mes amis que je ne fus jamais indigne des sentiments qu’ils m’accordèrent ; qu’ils me le devaient à titre de retour, et que jamais je ne ressentis plus vivement la peine qu’en songeant à celle qu’ils ont éprouvée et qu’ils éprouvent à mon sujet. — Dis à Marguy, à Françoise et Jean, que jamais le souvenir de leurs bons services ne s’effacera de mon âme.

N’oublie pas surtout ces pauvres malheureux qui m’ont si souvent souhaité la prospérité ; c’est sûrement à leurs prières que je dois le calme parfait dans lequel je suis et serai jusqu’à la fin ; Dis-leur que si dans d’autres temps je me trouvais heureux de pouvoir venir à leur secours, la plus grande privation que j’aie éprouvée lors du revers, a été de ne pouvoir me livrer aux sentiments de mon cœur pour eux.

N’oublie pas mes métayers ; dis-leur que s’ils me trouvèrent bon maître je leur étais et leur suis tendrement attaché par d’autres sentiments que ceux d’ordinaire, les croyant de bien honnêtes gens. Dis-en un mot à tous ceux qui prennent quelque intérêt à mon sort, que j’avais des droits à ces sentiments de leur part, attendu la vive sensibilité que m’ont toujours fait les malheurs d’autrui… Enfin recommande à mes enfants que, comme j’ai oublié et pardonné depuis longtemps les traverses qu’on a pu me faire éprouver, je demande et j’exige qu’ils n’en aient non plus que moi aucun souvenir. Au surplus, les causes de mon arrestation et de mon jugement n’y ont aucun trait ; mon défenseur à mon défaut en donnera par la suite les détails.

Voilà bien des commissions et bien des choses, ma chère amie ; tu ne seras pas en état peut être d’y faire attention de longtemps ; mais après un certain terme tu retrouveras avec un plaisir réel, quoique mêlé de douleur, les sentiments qui m’ont animé, et qui m animent encore. Mon âme se peint avec plaisir à tes yeux, quoique tu la connaisses mieux que personne, et je ne finirais pas si je me livrais à mon penchant. Je te quitte pour travailler à ma défense ; tu me le pardonneras… Adieu donc ! Adieu ! Puissé-je te le dire encore une fois, ô la plus accomplie des femmes, comme la plus chérie de ton trop affectionné

Merlis

Une autre généalogie

Mon nom figure dans la base de données Wikidata, et on m’y attribue (à raison) trois « maîtres » qui sont les artistes et enseignants Pierre Carron (dont j’ai fréquenté l’atelier aux Beaux-Arts de Paris), Jean-François Debord (dont j’ai passionnément suivi les cours de morphologie au même endroit) et Jean-Louis Boissier, que j’ai eu comme directeur à l’université Paris 8 et avec qui j’ai collaboré sur de nombreux projets. Parmi les gens dont j’ai fortement subi l’influence directe, ont pourrait ajouter Jürg Kreienbühl, que j’ai bien connu et dont je me suis littéralement senti un disciple à une période de mon existence, ou encore le philosophe sinophile Kyril Rijik, dont je découvre avec surprise qu’il a eu le peintre néo-post-impressionniste Henri Martin comme grand-père.

(un grand merci à Alexander Doria qui a utilisé Wikidata pour produire ce graphe)

Tout ça est très anecdotique, mais il est amusant de constater que, en faisant des sauts de « maître » en « maître », on parvienne à dresser ma généalogie d’élève jusqu’au maître de Giotto, Cimabue, en passant par Pontormo et Léonard de Vinci !
Tout comme c’est le cas avec chacun de nos ancêtres lointains, il ne reste sans doute rien des maîtres du passé dans mon propre travail, et ce d’autant plus qu’on ne peut pas dire que j’aie véritablement tenté de mener une carrière d’artiste.

Votre serviteur (1) a fréquenté l’atelier de Pierre Carron (2) Qui a fréquenté l’atelier de Gustave Corlin (3) élève de Jean-Léon Gérôme (4) qui a étudié auprès de Delaroche (5), issu de l’atelier d’Antoine-Jean Gros (6), élève de Gleyre (7), formé par Hersent (8), issu de l’atelier de Régnault (9), formé par Nicolas Bernard Lépicié (10) puis Charles-André Van Loo (11), Benedetto Luti (12), Anton Domenico Gabbiani (13), Vincenzo Dandini (14), Cesare Dandini (15), Francesco Curradi (16), Giovanni Battistat Naldini (17), Pontormo (18), Léonardo (19), Verrochio (20), Donatello (21), Bicci di Lorenzo (22), Lorenzo di Bicci (23), Spinello Aretino (24), Jacopo del Casntino (25), Taddeo Gaddi (26), Giotto (27) et enfn Cimabue (28). Par d’autres branches, je peux me relier à l’affichiste Cassandre, à Jean-Dominique Ingres et Jacques-Louis David, Andrea del Sarto, Fillipo Lippi, Masaccio, mais aussi des flamands tels que Jan Gossaert (« Mabuse »), Frans Floris et toute la famille Pourbus.

Comme toute généalogie, celle-ci est essentiellement une fiction, mais elle me plait bien !
Et les centaines d’étudiants que j’ai suivis au cours des vingt-huit dernières années peuvent à leur tour s’inscrire dans ce fil de près de huit-cent ans !

Annie Gilchrist

La mère de mon arrière-grand’mère Florence Chamier est morte subitement, d’une congestion cérébrale alors que sa fille n’avait que douze ans. J’ai longtemps eu du mal à l’identifier. L’arbre généalogique de la famille Chamier que nous nous transmettons et qui nous amène au théologien Daniel Chamier, lui donne le nom Annie Gilchrist, mais ne signale ni sa date de naissance ni aucun détail quant à ses origines. Je savais juste, par les mémoires de sa fille, qu’elle était morte en 1896. En fouillant les bases généalogiques australiennes, je suis tombé sur un mystère : sur sa tombe, elle est nommée Annie Chamier et est réputée âgée de 53 ans, mais lors de son mariage avec Anthony Frederick Chamier le 29 mai 1878 à Melbourne, elle s’appelait Annie Close.


En me procurant l’acte de mariage, je vois qu’Anthony Frederick Chamier n’a pas de profession, mais un état, « bachelor » (célibataire), tandis qu’Annie Close est notée « widow » (veuve) depuis le 26 novembre 1865. Ce mariage était donc son second.
J’ai retrouvé son époux, Charles Samuel Clowes, né en janvier 1832 dans le Gloucestershire, et mort le 26 novembre 1865 à Carlisle, en Angleterre.

Avant d’être veuve, Annie/Anne Gilchrist a eu deux fils, Charles Alexander Granville Close et Francis Archibald Close. Je découvre donc avec surprise que Florence a eu deux frères (dont elle ne parlait jamais), deux demi-frères par sa mère, et deux demi-frères du côté de son père, dont Francis Arden, « l’oncle Arden », dont on disait qu’il avait fait partie de l’Intelligence service pendant la guerre, et pour qui Florence avait beaucoup d’affection.

L’église Kilarrow, à Argyll, construite en 1767 et connue pour son étrange plan circulaire, qui interdisait au diable de trouver des recoins où se tapir.

Grâce à l’acte de premier mariage d’Annie Gilchrist, j’apprends que son père se prénommait James et était brasseur, et que son épouse s’appelait Barbara McNab. L’un et l’autre étaient écossais et s’étaient mariés en 1837 dans la paroisse Kilarrow, à Argyll.
De manière assez inexplicable, l’acte de mariage de Florence (1909) indique que sa mère s’appelait Annie McKinnon, nom dont j’ai du mal à comprendre l’apparition !

Francis Close (1797-1882)

On apprend par ailleurs que Charles Samuel Close, éleveur de moutons et premier époux d’Annie, était le fils du révérend Francis Close, un religieux anglican célèbre pour ses pamphlets contre l’alcool, le tabac et le jeu.

(merci à Gwendal Rannou qui m’a aidé à relier des points)

Ajout du 28/12/2023 : Le nom McKinnon s’explique, car c’est celui du second époux de Barbara McNabb, une fois celle-ci devenue veuve de James Gilchrist. McKinnon était marchand de vêtements. Je n’ai pas trouvé son acte de décès, mais par les recensements successifs, je constate qu’il a disparu de la vie de Barbara, après lui avoir fait sept enfants. Barbara est devenue logeuse et commerçante.
Sur le site Findagrave, j’ai demandé si quelqu’un qui passait à côté du cimetière de Rookwood en Nouvelle Galle du Sud pouvait photographier la tombe d’Annie Gilchrist/McKinnon/Close/Chamier, et ça a été fait par « alisonc1109 ♣ » que je remercie !

Le fils débauché

Acte de notaire concernant Daniel de Marcillac, lointain ancêtre du XVIIe siècle.
Un vrai roman !

1621 Fèvre, notaire royal à Angoulême Plainte portée par Daniel de Marcillac, naguère conseiller élu pour le Roi en l’élection d’Angoulême, et dame Marie de Montalembert, sa femme, contre Jean de Marcillac (alias Demarcillac), leur fils, lequel, sept ans auparavant, agé alors de seize ans, s’étant allé promener à Montignac-Charente, distant d’Angoulême de trois grandes lieues, « y auroit pris congnoissance et familiarité avec la nommée Jeanne Rousseau, pauvre femme « nécessitée, agée de trante-cinq à quarante ans, faisant « du pain et des patetz d’anguille, qu’elle porte d’ordinaire aux foires et marchés des lieux circonvoizins du dit Montignac, pour vendre, afin de subvenyr à ses nécessités; par le moyen de laquelle fréquantation, celle Rousseau, par ses apas pipeux, auroit tellement « pratiqué, céduit et desbauché ledit Jehan Demarcillac à « l’espouzer, afin de mieux et avec plus de liberté continuer la jouissance dudit Jehan, qui est un pur et punissable rapt. De quoy adverty, ledit Daniel de Marcillac « se seroit acheminé audit lieu de Montignac, aconpagné « de ces amis, afin de asaizir son dit ûlz et empeseher tel « malheur et honte en sa famille; de quoy ladite Rousseau advertie, auroit fait esvader ledit Jehan, et tous « deux ensamble se seroient cachés par les bledz, qui estoient pour lhors grands, en sorte que ledit plaignant, ses parans et amis, ne l’auroient peu rancontrer. Et prévoyant icelle Rousseau qu’il ne ce trouveroit point de prêtre proche dudit Montignad qui les voulust espouzer, à heure indue, sans y aporter et observer les formes requizes, atandu mesme le bas age dudit Jehan Demarcillac, qui n’avoit encore seize ans acomplis, et le peu d’honneur et mizérable condition et extraction de ladite Rousseau, auroit icelle Rousseau mené et conduit ledit Jehan Demarcillac à la coumanderie de Vouton, près la ville de Montberon , distant dudit Montignac de cinq ou six lieues, où ilz auroient esté espouzés… par un prestre soy disant avoir prévillêge spécial audit lieu, ancores qu’il n’y eust aucuns parans dudit Jehan présans pour autorizer et consantir ledit mariage; depuis lequel temps ledit Jehan, à l’instigation de ladite Rousseau, a exercé à l’encontre de ses dits pêre et mère une infinité de cruaultês plus que barbares, jusques à poursuivre ledit plaignant, son pêre, l’espée à la main, prês sa maison du Petit-Vouillac… se « tenant… nuit et jour autour d’icelle pour y entrer, afin « de leur méfaire et prandre leurs chevaux et jumans; « et auroit à diférens fois poursuivy ses petits frères, ausquelz il auroit hostê à plusieurs fois leur manteau, de sorte que lesdits plaignans, puis ledit temps de sept ans à tout le moins, jusques en l’année 1620 [au« roient été] sans ozer que bien peu sortir de leur maison, ni leurs petitz enfants et serviteurs… Après toutes lesquelles cruaultês, au mois d’avril de ladite année 1620, icelluy Jehan se seroit retiré en la maison du sieur de Marchequinan, son cousin, par lequel il auroit fait porter parolle audit plaignant, son père, qu’il estoit grandement desplaizant de ses faultes, et désiroit que, â cause des piperies de ladite Rousseau… il fût fait poursuitte de faire déclarer son prétandu mariage clandestin et nul, supliant sondit pêre le secourir de quelques moyens pour aller servir le Roy… à quoy obtempérant, ledit Demarcillac plaignant luy auroit fait fournir argent… et s’en seroit allé. en la ville de Mais (Metz?), soubz la compaignèe de M. do Réal, où ayant demeuré quelque temps, icelluy Jehan, au mandement de ladite Rousseau… ce seroit encore retiré par devers elle et continué les mesmes viollances a l’encontre de sesdits père et mêre que cy-devant, et continuant de mal en pis, se seroit acheminé en la ville de La Rochelle pour porter les armes contre le service du Roy… C’est pourquoy lesdits Demarcillac et De montalembert… désirans, à cause de telles faultes par trop énormes, exéréder et frustrer ledit Jehan Demarcillac de tous leurs biens, ce qu’il n’a fait sans le consantement de ladite Rousseau, dézireuse de l’expozer à toute sorte de suplice, pour avoir du bien, etc.. » (2 octobre).

Je note quelques mots fleurs, comme « circonvoizin », « apas pipeux » et « bledz » (blés).

L’élégant

Jusqu’à sa mort, il aura été un homme d’une grande élégance, « tiré à quatre épingles », comme on dit, portant un costume impeccablement repassé. J’ai appris récemment qu’il n’en avait pas toujours été ainsi, et qu’il avait en fait longtemps été indifférent aux questions vestimentaires, voire complètement négligent en la matière. C’est sa seconde épouse, Monique, qui a pris en main son apparence.
Quarante ans après la sortie de La Fièvre du Samedi Soir, André parvenait à se procurer des chemises avec cols pelle-à-tarte.

People

André a interviewé Walt Disney et Alfred Hitchcock, mais ce qui m’a le plus impressionné de toutes ses anecdotes « people », c’est de savoir qu’il a un jour raccompagné Audrey Hepburn dans sa 4L ; qu’il a été bon camarade d’Alain Saint-Ogan (dont il avait lu, enfant, les bandes dessinées, et qu’il a retrouvé plus tard au Parisien) ; et enfin, qu’il a côtoyé Henri Jeanson1 lorsque tous deux collaboraient, avant-guerre, au journal pacifiste La Patrie Humaine.

  1. Henri Jeanson est un des deux grands dialoguistes du « Réalisme poétique », l’autre étant Jacques Prévert. On doit à Henri Jeanson les dialogues d’Entrée des artistes, Hôtel du Nord ou encore Pépé le Moko. []

Prénoms

Après sa mort, j’ai appris qu’André Lafargue se prénommait en fait Jean Lafargue, comme son père, sauf que son père s’appelait en réalité Pierre Lafargue. L’un comme l’autre avait préféré employer son dernier prénom au lieu du premier.
Comme résistant, André Lafargue s’était donné le nom Robert Desniaux.

Quand à ma grand-mère, elle se faisait appeler Amena ou Aménaïde, mais sur le livret de famille de mes parents, ses deux seuls prénoms  sont Marie et Andrée — d’autres papiers m’ont permis de vérifier qu’Aménaïde était bel et bien son premier prénom. Sa fausse identité pendant la guerre était Arouet, en hommage à Voltaire, mais je ne me souviens plus de son prénom.