Mon nom figure dans la base de données Wikidata, et on m’y attribue (à raison) trois « maîtres » qui sont les artistes et enseignants Pierre Carron (dont j’ai fréquenté l’atelier aux Beaux-Arts de Paris), Jean-François Debord (dont j’ai passionnément suivi les cours de morphologie au même endroit) et Jean-Louis Boissier, que j’ai eu comme directeur à l’université Paris 8 et avec qui j’ai collaboré sur de nombreux projets. Parmi les gens dont j’ai fortement subi l’influence directe, ont pourrait ajouter Jürg Kreienbühl, que j’ai bien connu et dont je me suis littéralement senti un disciple à une période de mon existence, ou encore le philosophe sinophile Kyril Rijik, dont je découvre avec surprise qu’il a eu le peintre néo-post-impressionniste Henri Martin comme grand-père.

Tout ça est très anecdotique, mais il est amusant de constater que, en faisant des sauts de « maître » en « maître », on parvienne à dresser ma généalogie d’élève jusqu’au maître de Giotto, Cimabue, en passant par Pontormo et Léonard de Vinci !
Tout comme c’est le cas avec chacun de nos ancêtres lointains, il ne reste sans doute rien des maîtres du passé dans mon propre travail, et ce d’autant plus qu’on ne peut pas dire que j’aie véritablement tenté de mener une carrière d’artiste.

Comme toute généalogie, celle-ci est essentiellement une fiction, mais elle me plait bien !
Et les centaines d’étudiants que j’ai suivis au cours des vingt-huit dernières années peuvent à leur tour s’inscrire dans ce fil de près de huit-cent ans !