Pendant la guerre, un des hommes les plus riches et puissants de Paris (que l’Occupation n’avait pas empêché de faire des affaires, au contraire) a proposé d’offrir des moyens à la Résistance. Je suppose qu’il serait imprudent de le nommer ici puisque la mémoire de ce personnage est complaisamment entretenue par ceux qui veulent ne voir en lui qu’un personnage ambigu et paradoxal qui aurait joué sur tous les tableaux en même temps.
L’homme d’affaires a en tout cas bien financé des réseaux de la Résistance.
Un certain temps après être rentré de déportation, André a été contacté par « les Américains » (le contre-espionnage ?), qui lui ont appris que le bienfaiteur de la Résistance évoqué plus haut était le responsable de la chute de son réseau, et donc de la mort directe de dizaines de personnes : il n’avait donc financé les Résistants que pour mieux les trahir
André m’a raconté que les Américains, après lui avoir prouvé la culpabilité de l’homme d’affaire, lui ont donné tous les renseignements pour l’atteindre physiquement et lui ont proposé une arme, et peut-être de l’aide, pour partir zigouiller le personnage. Mais André ne se voyait pas en meurtrier, la guerre était finie, il était journaliste. Il a décliné l’offre.
Est-ce que les Américains l’avaient informé de manière désintéressée ou est-ce qu’ils cherchaient une main déterminée par la vengeance pour les aider à se débarrasser d’un personnage qui, pour une raison ou une autre, leur posait problème ? Difficile à dire.