Jusqu’au 21 décembre prochain, de nombreuses chaînes vont proposer des programmes liés à la fin du monde, notamment les différents canaux de CanalSat (Frisson, National Geographic,…), et sourtout SyFy, qui crée même une chaîne éphémère sur le sujet. Pour ne pas rater les chefs d’oeuvre, je propose une petite liste de vingt films qui méritent à mon avis d’être vus.

J’ignore lesquels seront diffusés à la télévision dans les semaines à venir.
Ma liste est subjective et partielle — je n’ai pas vu Take Shelter, par exemple, dont on m’a dit beaucoup de bien, et je n’ai pas inclus des films que j’adore pourtant et qui peuvent être rattachés au thème tels que Alphaville, Farenheit 451, Rollerball, La Planète des singes, The Omega Man, New York 1997… J’aurais aussi pu évoquer les films de Miyazaki, bien sûr.
Histoire de ne pas avoir l’air de faire un « top » censé donner mes préférences dans l’ordre, je me contente de classer ces films par date de sortie.
Le dernier rivage (On the Beach), Stanley Kramer, 1959.
L’Australie est le dernier endroit au monde où il reste des survivants à une catastrophe nucléaire totale. Mais un nuage radioactif se rapproche, bientôt, chacun devra choisir entre une mort douloureuse et le suicide. Le gouvernement distribue des doses de cyanure.

Beau film mélancolique et désespérant, emblématique des peurs de la guerre froide, avec Gregory Peck, Fred Astaire, Ava Gardner et Anthony Perkins.
Le Monde, la chair et le diable (The World, the flesh and the devil), Ranald MacDougall, 1959.
Un mineur victime d’un effondrement parvient à sortir à l’air libre et découvre que l’humanité a disparu de la surface de la Terre. Il ne tarde pas à rencontrer une jeune femme, elle aussi épargnée. Tout se passe bien jusqu’à l’arrivée d’un troisième survivant…

Un huis-clos qui a pour cadre la ville de New York et qui traite du racisme et du rapport à soi-même et à autrui. Le personnage principal est interprété par Harry Belafonte.
La jetée, Chris Marker, 1962. Court-métrage
Pour échapper à un futur sans espoir, les survivants d’une guerre sont forcés d’aller chercher de l’aide dans le passé et dans le futur.

Ce grand classique a la forme d’un diaporama commenté par une voix-off.
La trame a été reprise par Terry Gilliam pour son Armée des 12 singes.
Docteur Folamour (Dr. Strangelove), Stanley Kubrick, 1964
Un militaire schizophrène déclenche la troisième guerre mondiale entre les pays de l’Otan et l’URSS. Malgré la volonté de paix de presque tous les autres protagonistes, la machine est impossible à arrêter.

Comédie grinçante dans laquelle Peter Sellers, complètement survolté, interprète plusieurs rôles dont celui du docteur Folamour, un scientifique nazi récupéré par les États-Unis.
Point Limite (Fail-Safe), Sidney Lumet 1964
À la suite d’une erreur, un bombardier atomique américain se dirige vers l’Union soviétique. Le président américain doit convaincre son homologue soviétique qu’il ne cherche pas à déclencher une guerre, peut-être au prix du sacrifice de New York.

Semblable à Dr. Strangelove par sa trame, Fail-Safe est un film bien plus sombre, servi notamment par le jeu de Henry Fonda, Larry Hagman et Walter Matthau.
Le cerveau d’acier (Colossus: The Forbin Project), Joseph Sargent, 1970
Le scientifique Charles Forbin met en place un nouveau système automatisé de défense des États-Unis : l’ordinateur Colossus. Quelques minutes après sa mise en service, cet ordinateur surpuissant se met en contact avec Guardian, son homologue soviétique. Pour remplir leur mission, qui est de protéger l’homme de lui-même, les deux machines fusionnent et asservissent l’espèce humaine.

Cette fable assez drôle pointe du doigt l’orgueil de l’homme, persuadé de tout maîtriser malgré l’absurdité de ses actions.
Silent Running, Douglas Trumbull, 1972
Freeman Lowell a la charge d’un vaisseau spatial qui contient les derniers végétaux terrestres. Le jour où, pour réduire les coûts, on lui demande de détruire ce trésor, il décide de s’enfuir, aux commandes de sa serre. Ses seuls compagnons sont des robots à qui il essaie d’apprendre à s’occuper des plantes et à jouer au poker.

Joli conte écologique partiellement inspiré de 2001: l’Odyssée de l’espace, notamment pour son rythme un peu soporifique.
Soleil Vert (Soylent Green), Richard Fleischer, 1973
La surpopulation est devenue un problème insoluble et la famine n’est évitée que grâce à une nourriture synthétisée à base de plancton, de soja et de lentilles, le Soylent. Un policier (Charlton Heston) enquête sur le meurtre d’un administrateur de Soylent.

Dans la droite ligne des inquiétudes du « club de Rome », un des premiers classiques du film d’angoisse écologique, avec Silent Running, déjà cité, et Zero Population Growth (1972).
Stalker, Andrei Tarkovsky, 1979
Les Stalker sont des hommes qui peuvent guider les curieux dans la « zone », un endroit mystérieux aux règles incompréhensibles mais où, dit-on, se trouve une chambre capable d’exaucer les rêves de celui qui y accède.

Sept ans après la sortie de Stalker avait lieu l’accident nucléaire de Tchernobyl, lieu dont les images actuelles rappellent furieusement celles du film de Tarkovsky.
Malevil, Christian De Chalonge, 1981
Quelques habitants d’un petit village français survivent à une explosion atomique. Ils s’organisent comme ils peuvent et doivent se défendre de survivants pillards puis d’une troupe d’homme et de femmes qui se trouvaient dans un tunnel et dans un train au moment de l’explosion et qui sont dirigés par deux hommes à moitié fous.

Rarissime exemple de science-fiction post-apocalyptique française, d’après un roman de Robert Merle et avec des acteurs tels que Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant et Jacques Villeret.
Le dernier survivant (The Quiet Earth), Geoff Murphy, 1985
Un homme se réveille, seul au monde. Il rencontre ensuite une femme, puis un homme. Peu à peu, les trois comprennent qu’ils ont un point commun : ils devraient tous être morts — et peut-être le sont-ils, d’ailleurs. L’un d’eux a peut-être une solution : chercheur, il pense que ce qui arrive est lié à une expérience scientifique à laquelle il est lié.

Film néo-zélandais complètement atypique, inspiré de The World, the flesh and the devil, valable entre autres pour les scènes de solitude du personnage principal.
Jusqu’au bout du monde (Bis ans Ende der Welt), Wim Wenders, 1991
En 1999, poursuivi par la CIA et accompagné d’une fugitive, un homme parcourt le monde avec une machine capable de capter les souvenirs visuels, dans le but de les transmettre à sa mère, aveugle, qui se trouve en Australie, autant dire au bout du monde. Au même moment, un satellite indien s’apprête à tomber sur la Terre.

Jolie réflexion de Wim Wenders sur le souvenir et l’image, avec William Hurt, Solveig Dommartin, Max Von Sydow, Jeanne Moreau, et une foule de visages familiers comme ceux d’Eddy Mitchell, Chick Ortega, David Byrne ou Tom Waits.
Dernier Sacrifice (The Rapture), Michael Tolkin, 1991
Une jeune femme quitte son existence hédoniste et son compagnon échangiste après avoir rencontré la religion, qui lui semble donner un sens à sa vie en lui annonçant que le jour du jugement est imminent. Mariée et mère de famille, sa vie bascule une nouvelle fois lorsque son époux est assassiné. Elle décide de partir avec sa fille attendre leur « rapture », leur enlèvement par Jésus. Fatiguée d’entendre sa fille la supplier de l’emmener vite voir son père, elle la tue, mais n’arrive pas à se tuer à son tour. Lorsque résonnent enfin les trompettes du jugement dernier, elle n’est plus prête à accepter le Dieu qui l’a laissée abattre sa propre fille.

Film servi par le jeu intense de Mimi Rogers. Avec Patrick Bauchau et David Duchovny. Il est intéressant de noter que l’auteur de cette immersion dans la psyché des « born-again christians » obsédés par l’Apocalypse a ensuite été co-scénariste de Deep Impact et de Dawn of the Dead.
L’armée des douze singes (Twelve monkeys), Terry Gilliam, 1995
Un homme est envoyé dans le passé pour enquêter sur la naissance d’une épidémie qui a ravagé l’espèce humaine et contraint les survivants à vivre sous terre. Il s’oriente sur la piste d’un groupuscule de terroristes écologistes, l’armée des douze singes.

Habile reprise du scénario de La Jetée, ce film est servi par les performances de Bruce Willis et de Brad Pitt, notamment.
Last Night, Don McKellar, 1998
La fin du monde, prévue depuis des mois, aura lieu à minuit. Dans la ville de Toronto, diverses personnes se croisent et tentent de faire quelque chose de satisfaisant de cette toute dernière journée qui leur reste à vivre. L’un cherche à épuiser la liste de toutes les personnes à qui il voudrait faire l’amour, d’autres cherchent le grand amour, ou la paix, ou l’affrontement, ou continuent à travailler jusqu’à la dernière minute…

Film canadien au budget modeste, Last Night n’en est pas moins une œuvre très attachante et profonde sur ce que chacun d’entre nous peut essayer de grapiller au cours de sa vie. Pour l’anecdote, on y voit David Cronenberg en homme d’affaires obsédé par l’idée que ses clients soient tous avertis qu’ils seront approvisionnés en gaz jusqu’à la dernière minute.
Les Fils de l’homme (Children of men), Alfonso Cuarón, 2006
L’humanité entière vit dans un profond désespoir : aucun enfant n’est né sur Terre depuis dix-huit ans. L’Angleterre est devenue une dictature militaire obsédée par la régulation de l’immigration. Theo Faron se voit confier une mission : protéger la première femme à être tombée enceinte depuis près de deux décennies.

Adaptation du roman très sombre de P.D. James avec Clive Owen, Julianne Moore et Michael Caine.
Sunshine, Danny Boyle, 2007
Le Soleil s’éteint, la Terre refroidit et va mourir à son tour. L’unique solution est de redémarrer la combustion de l’astre à l’aide d’une bombe. Une première mission a échoué, une seconde expédition est envoyée, elle est la dernière chance de l’humanité. Même en cas de succès, ses chances de pouvoir revenir sur Terre sont minces.

Le film est parcouru par une fascination pour le Soleil, qui représente à la fois la vie pour les habitants de la Terre et une mort presque certaine pour ceux qui tentent de le sauver.
La Route (The Road), John Hillcoat, 2009
Un père et son fils errent dans un monde en train de mourir et dont les survivants pratiquent le cannibalisme. On ignore la nature du cataclysme qui cause la situation : hiver nucléaire, super-volcan ? On devine en tout cas à peine le soleil au travers d’une atmosphère de cendres.

Adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy, avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall et Charlize Theron.
Les Derniers jours du monde, Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu, 2009
À Biarritz, Robinson (Mathieu Amalric) assiste passivement à la fin du monde. Il finit par tenter de rejoindre Paris où se trouve celle qu’il aime, dans une France totalement désorganisée et où ses compagnons de route cherchent tous et toutes à profiter de lui.

Un film à la fois bouffon et grave, apprécié par la critique mais boudé par le public et qui mérite une nouvelle chance, notamment pour les performances de l’acteur principal, de Catherine Frot, Karin Viard et Sergi López, et pour quelques séquences difficilement oubliables.
Melancholia, Lars von Trier, 2011
Une nouvelle planète, Melancholia, s’approche dangereusement de la terre. Chacun se découvre un nouveau visage en faisant face à la situation : une jeune femme dépressive reprend des forces, sa sœur bien plus solide s’effondre et le mari de cette dernière, un scientifique sûr de lui, perd tout courage lorsqu’il s’aperçoit que sa connaissance ne lui donne aucun contrôle sur les évènements.

Un film d’ambiance visuellement somptueux, avec Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst et Kiefer Sutherland, mais aussi Stellan Skarsgård, Charlotte Rampling ou encore John Hurt.