Profitez-en, après celui là c'est fini

La peur du noir

décembre 5th, 2012 Posted in Les pros, stationspotting | 18 Comments »

J’avais déjà évoqué la question dans un vieil article intitulé Écrans pour ne rien dire : non seulement l’espace public est saturé d’afficheurs divers et variés, mais ceux-ci, bien souvent, ne servent à rien car ils sont en panne ou diffusent des messages sans intérêt.
Une petite collection.

9:00, mon train arrive au Havre. À l’intérieur, une rangée de diodes rouges fait défiler un message qui prétend que le prochain arrêt sera la gare Rouen Rive-Droite, à 8:05.

Toujours dans un train, un panneau de diodes qui fait défiler un message totalement incompréhensible. Au moins c’est joli.

Gare Saint-Lazare. Au dessus des panneaux qui indiquent les prochains trains, un écran affiche des messages informatifs divers. La plupart sont lisibles mais pour celui sur la vigilance envers le terrorisme, vu la hauteur et le corps des caractères utilisés, il faut avoir d’excellents yeux pour lire véritablement ce qui est écrit. Quand aux pictogrammes, ils ne sont pas spécialement clairs.

L’écran affiche un message qui nous informe de la panne et de sa cause. La plupart du temps, ces afficheurs servent à afficher des informations sur les pannes ou sur les grèves survenues sur telle ou telle ligne.

Là encore, le dispositif est hors-service, mais on n’éteint pas l’écran, on lui demande d’afficher qu’il ne fonctionne pas. Le chaland a quelque chose à lire.

À la place de l’horaire et de la liste des arrêts du prochain train du quai 26, un texte rebondit sur les bords de l’écran, à la manière d’une balle dans le jeu Pong ou d’un économiseur d’écran.

Une partie sombre de la gare Montparnasse est éclairée par des panneaux Numériflash qui nous apprennent qu’il ne faut pas jeter de papiers par terre. Je me demande si ça marche et si les centaines de milliers d’euros dépensés annuellement pour ces campagnes permettent de faire des économies sur le personnel d’entretien de la gare…

Pourquoi saturer l’espace de tous ces écrans qui coûtent cher, qu’il faut entretenir, mais qui semblent si souvent n’avoir aucune utilité, ne remplir efficacement aucune mission, et que l’on tient en activité même lorsqu’ils n’ont rien à afficher et qu’ils sont en panne ?
Je me demande s’il n’y a pas là une tentative de conjurer la peur du noir et la peur de la solitude. Où que le regard porte dans les lieux de flux urbains, quelque chose émet de la lumière et du mouvement. De l’électricité est dépensée, donc il y a de la vie, il ne se passe pas rien, quelque chose fonctionne, même si ce quelque chose n’a aucun sens et même s’il faut activer une centrale électrique au gaz ou au pétrole quelque part pour pouvoir s’offrir cette apparence de fonctionnement.

Je me souviens d’une expérience vécue dans un hypermarché : à la suite d’une panne générale d’électricité, simplement éclairés par un peu de lumière naturelle, les lieux me sont apparus tels qu’ils sont vraiment, sans néons, sans panneaux luminescents, sans affiches criardes qui étourdissent le regard. L’endroit m’a subitement semblé étranger, je me suis vu dans un sinistre et immense entrepôt,  où curieusement la démesure des rayons était bien plus évidente que sous la lumière artificielle, et où j’avais le sentiment d’être entouré de centaines de tonnes de nourriture. J’aurais voulu photographier ça.

Toujours disponible

décembre 1st, 2012 Posted in Interactivité au cinéma, Série | 11 Comments »

Luc Besson est un personnage attendrissant qui semble passer son temps à jouer, non pas jouer comme un flambeur de casino, mais comme un enfant dans la cour de récréation. Il joue à créer son Hollywood en Seine-Saint-Denis, il joue à faire du social en banlieue, il joue à faire du cinéma d’animation (Arthur et les minimoys, qui mélange la légende arthurienne et Dark Crystal), il joue à faire un mashup kitsch et idiot de It’s a beautiful life et des Ailes du désir (Angel-A), il joue aux voitures qui font vroum (Taxi, Michel Vaillant), il produit sans complexes des pastiches de New York 1997 (Banlieue 13, Lock Out) ou, si je me fie au synopsis, de Mon voisin le tueur (Malavita), et tout ça, il le fait avec une sincérité désarmante. Et puisqu’il a le cœur pur et un vrai sens de l’image, ça marche, et malgré une critique généralement négative, les films qu’il produit attirent souvent le public et parviennent, dans les meilleurs jours, à créer des mythes populaires : Subway, Nikita, Leon, Le Grand Bleu, Le Cinquième élément,…

«Ouais ?» — «Qu’est-ce que t’as foutu ? T’es où là ?»

No Limit, première tentative d’Europacorp/Besson dans le domaine de la série télévisée est un vrai festival de références : Alias, 24 heures Chrono, Jason Bourne, la saison 2 de The Wire,… et le tout est réalisé avec une « french touch » qui évoque plus facilement des séries telles que P.J. ou Julie Lescaut qu’autre chose. Les scénarios sont souvent un peu bouffons : le super-espion Vincent Libérati (Vincent Elbaz) accepte d’effectuer des missions pour une agence gouvernementale secrète, Hydra, en échange d’un traitement expérimental contre la tumeur au cerveau qui doit le tuer incessamment. Mais par malheur, chaque fois qu’il mène une enquête, il tombe sur sa sœur commissaire de police à Marseille qui est invariablement affectée aux mêmes affaires, et croit que son frère est un simple informaticien spécialisé dans la sécurité. Notre espion tente par ailleurs de se rapprocher de sa fille (régulièrement enlevée par des malfrats) et de reconquérir son ex-épouse bien que celle-ci vive avec un avocat fiscaliste qui, encore une coïncidence, blanchit de l’argent pour les truands que Vincent Libérati essaie justement d’envoyer en prison ou, quand il manque de temps, au cimetière. Entre autres ingrédients, il faut ajouter la présence d’une collègue espionne délurée, Marie, et une improbable accumulation de contingences rocambolesques, vaudevillesques ou comiques. L’ensemble est plutôt réjouissant et (puisque ?) parfaitement idiot.

Positionné en surplomb et capable d’avoir une vision complète des lieux où cette dernière se trouve, Vincent donne des instructions à sa fille Lola par SMS, pour que celle-ci puisse échapper à ses ravisseurs sans que ces derniers s’en aperçoivent. «Escalade le hangar derrière la caravane». «Tu peux y aller, la voie est libre»

L’espion est souvent perturbé par deux choses, notamment lorsqu’il se cache ou qu’il est en train de se battre : soit il est victime d’un vertige dû à sa tumeur, soit, on en reparlera plus loin, il reçoit un appel téléphonique. Parfois, les deux nuisances sont cumulées.

Ce qui m’intéresse ici, c’est le rapport que le personnage de Vincent entretient avec son téléphone portable. Tout d’abord, dans l’ultime épisode de la série, il y a une longue séquence pendant laquelle l’espion, qui communique par SMS avec sa fille, guide cette dernière (qui ignore l’identité de son interlocuteur) à l’intérieur d’une casse de voitures où elle est retenue prisonnière par des mafieux qui tentent de faire chanter son beau-père. La scène fonctionne assez bien et rappelle un jeu vidéo.

«J’te dérange ?» — «Euh, non, non»

Mais je suis surtout frappé par toutes les autres interventions du téléphone portable : qu’il soit en train de conduire, en embuscade, caché ou au beau milieu d’un combat, le héros de No Limit reçoit en permanence des appels, et il y répond aussitôt, même lorsque les communications n’ont aucun intérêt objectif ou que la situation rend la conversation difficile. Mais entre l’urgence de sa mission et l’urgence qu’il ressent à mettre en ordre sa vie privée pendant le peu de temps qu’il lui reste à vivre, le moindre coup de fil lui semble important. Ses communications sont presque exclusivement insincères, c’est à dire qu’il ment à son ex-femme, à sa sœur, à sa fille ou à son employeur sur le lieu où il se trouve, sur son activité réelle, sur son état d’esprit ou sur ses intentions au moment de l’appel.

«Mais t’es où ? Ça fait des heures que je t’appelle, là»

À la fin de la première saison, un traitement médical lui fait éprouver une perte de conscience et de mémoire d’une demi-journée, alors que sa fille a disparu sans explications et qu’on tente de le joindre. Ce sera la cause majeure d’une rupture avec son ex-épouse : elle ne veut plus lui adresser la parole parce qu’il a été indisponible au téléphone pendant quelques heures, et que cela (ainsi que ses cachotteries) est la preuve de son manque de fiabilité. En fait, elle est si fâchée qu’elle décide d’accepter la demande en mariage de l’homme avec qui elle vit, ce qui fait perdre à son ex-mari tout espoir de retrouver son ancienne vie de couple, projet qui était pourtant en bonne voie jusqu’alors.

«Une journée entière ! [Sans répondre au téléphone] (…) quel genre de père tu es, Vincent ?»

Je n’ai pas de téléphone mobile. Je me demande comment les gens qui vivent avec cet objet perçoivent ces séquences du film : le téléphone y est-il vu par eux aussi comme un élément aliénant qui réclame de manière impérieuse une disponibilité de chaque instants, ou est-ce qu’il leur semble normal que le héros réponde à chaque fois qu’on le sonne, parfois en prenant des risques vitaux ? Et au fait, sa tumeur au cerveau, elle ne serait pas lié à cette utilisation intensive du téléphone mobile ? On va finir par se poser des questions.

Rien à voir : je regardais tout à l’heure les bonus du film Divide (2011), huis-clos post-apocalyptique médiocre. Les réalisateurs du making-of demandaient à chaque acteur de dire ce qu’il emmènerait absolument avec lui s’il devait être enfermé dans un abri anti-atomique. Un des acteurs, Courtney B. Vance, a répondu « I’d bring my bible, I’ll be all right. It’s all I need ». Réponse très américaine, mais le traducteur français n’a pas compris « my bible » mais vraisemblablement « mobile », et a donc traduit la phrase par : « Je prendrais mon portable. Tout irait bien. Ça me suffit ».

Salon des ouvrages sur la bande dessinée

décembre 1st, 2012 Posted in Bande dessinée, Brève, Personnel | 1 Comment »

Demain dimanche 2 décembre je serai présent au premier Salon des ouvrages sur la bande dessinée pour signer mon livre Entre la plèbe et l’élite : les ambitions contraires de la bande dessinée, qui traite de l’histoire culturelle de la bande dessinée : hostilité, censure, légitimation, rapports avec d’autres formes artistiques,…
Normalement, le livre sera vendu sur place. Je ne sais pas exactement à quelle heure j’arriverai ni combien de temps je resterai sur place. Le salon sera ouvert de 10 heures à 17 heures 30. Outre un choix de livres et de dvds, on pourra visiter une exposition consacrée à l’auteur Bajram et assister à trois conférences, où interviendront Jeanne Puchol, Harry Morgan, Thierry Smolderen, Jean-Pierre Dionnet, Renaud Chavanne, Matteo Stefanelli, Manuel Hirtz et Philippe Morin.

Pour entrer, il faut disposer d’une invitation, ce qui s’obtient automatiquement sur simple demande à l’aide du formulaire dédié.
Le salon se déroule dans la galerie Oblique, village Saint-Paul, 17 rue Saint-Paul, dans le marais à Paris (métro Saint-Paul, par exemple).

Campagne anti-pub à la gare Saint-Lazare

novembre 26th, 2012 Posted in Brève, Écrans et pouvoir, stationspotting | 22 Comments »

Samedi dernier, les « anti-pub » se sont déchaînés sur les panneaux Numériflash à la gare Saint-Lazare1. Je passais par là le jour suivant, et j’ai pu remarquer que rares étaient les écrans du niveau supérieur à avoir été épargnés. En constatant le résultat, je suppose que les militants barbouilleurs étaient très nombreux.

En cherchant des articles sur le sujet, je ne trouve rien, ou plutôt, tous les articles disponibles parlent de la condamnation, mardi dernier, à des peines de prison avec sursis et à de lourdes amendes de trois « casseurs » de panneaux publicitaires. Est-ce que les actions spectaculaires de ce genre sont devenues si fréquentes qu’elles ne méritent plus une ligne dans la presse, ou bien est-ce qu’on évite de donner des idées aux graffiteurs en mal de grandes causes à défendre2 ?

Au niveau inférieur de la gare, je me suis fait accoster par une femme en panique, qui avait un train à prendre et qui me demandait où se trouvait la gare, car rien de ce qui l’entourait ne ressemblait à l’idée qu’elle s’en faisait :  « parce que là on est dans un espèce de centre commercial… ».
Je n’ai pas osé faire son portrait ou la filmer en lui demandant de me répéter ses propos candides mais je le regrette.

J’ai mis d’autres photographies sur FlickR. On pourra par ailleurs lire quelques anciens articles consacrés à la gare Saint-Lazare ou aux les panneaux Numériflash : La nouvelle Gare Saint-Lazare ; La nouvelle gare Saint-Lazare (complément) ; Bris de verre ; Néo-luddisme ; Publicité animée ; Ordinateur raciste.

  1. Les panneaux Numériflash appartiennent à Metrobus, filiale de Publicis qui dispose du monopole de l’affichage publicitaire dans le métro et dans les gares. Ces écrans de près d’un mètre quatre vingt de hauteur diffusent des publicités animées et sont équipés de caméras capables de filmer les passants et de vérifier en « temps réel » l’impact des campagnes. On ignore si ces caméras sont utilisés ou non. [↩]
  2. La dernière fois que j’ai écrit sur les panneaux vandalisés, quelqu’un qui se disait journaliste pour France 24 m’a contacté pour que je l’introduise dans le « milieu » des personnes qui maltraitent les écrans Numériflash, mais quand je lui ai dit que je n’avais personne de ce genre dans mon entourage, l’échange a tourné court. J’ai toujours imaginé qu’il s’agissait d’un policier ou assimilé. Paranoïaque ? [↩]

Recode project

novembre 26th, 2012 Posted in Images, Processing | 1 Comment »

Belle idée, le ReCode Project, initié par Matthew Epler, qui consiste à rassembler des programmes réalisés avec Processing et reprenant des œuvres de pionniers de la création visuelle informatique comme Manfred Mohr, Vera Molnar, Roger Coqart, Herbert Franke, Peter Milojevic, Aaron Marcus, Klaus Basset, William Kolomyjec, Manuel Barbadillo et bien d’autres. On peut voir là une intéressante réponse aux problèmes de conservation des œuvres numérique.

Les travaux choisis pour l’instant sont extraits de Computer Graphics and Art, une revue publiée entre 1976 et 1978, dont tous les numéros, à l’exception du premier, sont diffusés au format pdf sur le site. Près d’une quarantaine d’œuvres ont déjà été « traduites » en langage Processing par divers auteurs. Ces rééditions ou réinterprétations sont diffusés sous licence libre.

Session « Upgrade! Paris » hors-série #3 à la Gaîté Lyrique

novembre 19th, 2012 Posted in Conférences | 1 Comment »

Demain mardi 20 novembre se tiendra, à partir de 19h30, une session Upgrade! Paris intitulée Littérature SF/Art numérique : de l’invasion du fantastique dans la vie réelle, qui a été organisée par l’excellente Julie Morel, avec une modeste assistance de ma part. L’évènement se déroulera dans l’auditorium de la Gaîté Lyrique (3 bis rue Papin, Paris 3e, métro Réaumur-Sébastopol) et est en accès libre.
Le programme sera le suivant :

19h30 : nous assisterons à la performance Le cri de Godzilla, par Christophe Fiat.
Un mois après la catastrophe du 11 mars 2011 au Japon, Christophe Fiat s’est rendu à Iwaki, à 40 kilomètres de la Centrale nucléaire de Fukushima, et a tiré de cette expérience un livre, Retour d’Iwaki (éd. Gallimard, 2011) et une pièce, Daikaiju Eiga – films de monstres japonais. Il prépare aussi une fiction radiophonique pour France Culture.

Le Cri de Godzilla condense cette  expérience bouleversante dans une lecture électrique à mi-chemin entre la poésie sonore et la rock attitude. Godzilla, monstre de cinéma japonais né des essais atomiques américains dans l’océan Pacifique en 1954, incarne l’horreur provoquée par la pollution nucléaire.
Le public est invité à se montrer particulièrement ponctuel car la performance de Christophe Fiat débutera à 19h30 précises.

20h15 : Je donnerai une conférence sur L’Homme le plus doué du monde, une nouvelle de science-fiction méconnue de 1879, écrite par Edward Page Mitchell (1852-1927), chaînon manquant de la science-fiction américaine entre Edgar Allan Poe et Isaac Asimov.

Dans L’homme le plus doué du monde (The Ablest man in the world), l’auteur, qui extrapole les inventions de Charles Babbage, imagine l’intelligence artificielle et le cyborg. Si le but premier de la science-fiction n’est pas de prédire le futur, les intuitions d’Edward Page Mitchell n’en sont pas moins passionnantes. La conférence sera consacrée à expliquer en quoi.
Je publierai ma traduction de cette nouvelle, augmentée d’une longue postface, chez les éditions Franciscopolis début 2013.

21h : Nous assisterons à une projection de Living in the Ice Age, film de Thomas Léon.

Cette vidéo est une invitation à traverser une idée. Un bâtiment utilitaire à l’abandon, souvenir fantomatique des flux de marchandises qui l’ont traversé, cohabite avec une architecture verticale de verre et d’acier évoquant la gestion de flux financiers présents, tout aussi invisibles.

21h40 : nous assisterons à une conférence de Damien Simon, De Masticatione mortuorum in tumilis.

Les différentes inventions ayant trait aux télécommunications, qui émaillèrent la seconde moitié du XIXème siècle, nourrirent largement l’imagination des contemporains de Thomas Alva Edison et d’Alexander Graham Bell. En effet, télégraphes, téléphones, radios et autres appareils nourris d’électricité, donnèrent aux vivants un privilège jusqu’alors réservé aux défunts : faire entendre sa voix en l’absence de tout corps physique. Les littérateurs, par leurs écrits à la charnière de la fiction et du récit scientifique, se sont faits les témoins de ces progrès et des croyances qu’ils ont générées ou revitalisées.

22h30 : l’artiste Adelin Schweitzer donnera une conférence, Du Cyberpunk à l’Iphone5 (le réel de la fiction.).

L’artiste présentera ses travaux, notamment le dispositif A-reality, qui s’inspire de la culture de la Science-Fiction. Il abordera ces liens qui ont influencés sa démarche et continuent d’alimenter son univers artistique.

On trouvera plus d’informations sur le site de la Gaîté Lyrique et sur le site d’Upgrade! Paris.
Upgrade! Paris une plateforme de documentation artistique, un rendez-vous mensuel, public et itinérant et une série d’événements bisannuels, qui s’insère dans le réseau Upgrade! International composé de plus de trente structures culturelles autonomes se réunissant autour des arts numériques depuis 1999. Upgrade! Paris est organisé par Marika Dermineur, Julie Morel, Incident.net et RYBN.

Littératures graphiques contemporaines #2.2 : Nine Antico

novembre 16th, 2012 Posted in Bande dessinée, Conférences | No Comments »

Dans le cadre du cycle de conférences « Littératures graphiques contemporaines » que je propose ce semestre à l’Université Paris 8, nous rencontrerons Nine Antico, illustratrice et auteur de bande dessinée.

La rencontre aura lieu à l’Université Paris 8 (Métro Saint-Denis Université), le mercredi 28 novembre à 18 heures, dans la salle A1-175. La séance est ouverte au public dans la limite des places disponibles.

Le soir ou jamais de la promotion de la fin du monde

novembre 15th, 2012 Posted in Dans le poste, médiatisation | 16 Comments »

En croisant mes collègues de Paris 8, je frime : « Ce soir, je passe à Ce Soir Ou Jamais ». Je m’attends à faire mon petit effet, mais pas trop : « Ah? C’est quoi ? » — « Quoi, tu vois pas ? C’est l’émission de Taddéï, c’est la seule émission de télé que je regarde, en fait… » — « Ah… Mais je n’ai pas la télé, tu sais ». Avec les étudiants, à peine plus de réactions, mais une voix admet, dans un souffle fragile, et peut-être juste pour me faire plaisir : « ah oui, oui, cette émission… ». À tous les gens que j’ai croisés dans la journée, je donnais un avertissement : j’allais être très mauvais, j’allais regarder mes pieds, ne pas trouver mes mots. On me rassure en m’apprenant que Frédéric Taddeï aussi regarde ses pieds car toutes ses notes se trouvent devant lui, au sol.
Vêtu d’un tee-shirt d’ambiance1, bien nourri, aviné (modérément) et soutenu par mon éditrice Amélie toute la soirée, « coaché » par cette dernière et par Sophie, la chef de fabrication du livre, remonté à bloc, quoi, j’arrive dans les locaux de France Télévision étonnamment détendu. La dernière fois que je suis passé à la télévision, ça devait être il y a exactement vingt-cinq ans. J’y faisais des graffitis avec Megaton2 pour Les Enfants du Rock, puis pour une émission musicale sur FR3 Rennes. Avant cela, avec mon ami Arnaud Desjardin, nous étions passé sur France 3 dans une émission qui donnait cinq minutes à des inconnus pour parler de leur passion. C’était à une époque où la minute de télévision valait un peu moins cher. On nous avait alors maquillés avec une plâtrée verte qui nous donnait des airs de vampires, car la vidéo de l’époque avait tendance à tirer vers le magenta, il fallait rééquilibrer.

La télévision a pas mal changé, en vingt-cinq ans. Le bâtiment est bien gardé, notamment. Le dispositif de l’émission m’a impressionné : on se fait maquiller quasiment sur le plateau — un maquillage rapide et discret destiné à égaliser le teint et à empêcher la peau de briller —, on se fait poser un micro, on attend trois secondes et hop, pendant la diffusion d’une séquence vidéo, les invités se font tasser sur leur banc pour accueillir les nouveaux venus, en l’occurrence le philosophe Michaël Foessel et moi-même, pour parler de la fin du monde. La prise de son est extrêmement bien fichue, les invités n’ont pas de mal à s’entendre les uns les autres alors qu’autour du plateau, les gens peuvent parler à voix basse sans que ça pose vraiment problème. Rien de commun avec les tournages de cinéma dont j’ai le souvenir et où les sons inattendus étaient une hantise.
Mon éditeur François Bourin m’avait bien dit, quelques heures plus tôt, qu’il fallait que je fasse passer mon message dès qu’on me donnerait la parole, sans me laisser trop perturber par la question qu’on me pose. C’est un bon conseil, car quand on me pose une question, j’ai tendance à y réfléchir, et parfois, je n’ai une réponse à faire que le lendemain, par e-mail. Ce qui n’est pas vraiment adapté à la télévision. Frédéric Taddeï, lui, m’avait donné un coup de fil pour me dire de quoi il voulait parler, me demander de quoi je voulais parler, et me dire que la séquence « fin du monde » durerait une bonne vingtaine de minutes, qu’il y aurait tout le temps d’en parler. Ce qui eût été vrai si j’avais été capable de m’imposer face à tous les autres invités, nettement plus rompus à la communication que moi : écrivains, journalistes, acteurs, humoristes.

(photos prises sur le plateau par Amélie)

C’est à moi que la parole a été donnée en premier, sur la question « pourquoi aime-t-on l’idée de fin du monde, qu’est-ce qui est excitant là-dedans ? ». Très bonne question, en fait, parce qu’on le note assez peu souvent, il y a quelque chose de stimulant dans le thème de la catastrophe. Bougeant la tête de droite à gauche, montant ou baissant les yeux sans logique, plein de tics, j’ai tenté une réponse en me servant de ma métaphore des jeux de construction ou des châteaux de sable : on a parfois besoin de détruire pour parvenir à imaginer quelque chose de neuf, parce que sinon on se sent contraint par ce qui a déjà été construit. Fantasmer sur l’idée de la catastrophe serait une manière pour désencombrer symboliquement le monde. On le voit bien avec les « survivalistes » qui se préparent au désastre et qui espèrent que cela leur permettra de devenir enfin quelqu’un. Ce n’est pas pour rien que l’on entend si souvent les Révolutions — des destructions pas du tout symboliques de l’ordre établi — comparées à des fins du monde. J’aurais pu dire aussi que penser à la fin du monde, c’est aussi penser à notre fragilité, un peu comme les peintres du XVIIe siècle utilisaient leurs « vanités », tableaux aux thèmes macabres, pour rappeler à quel point la vie était quelque chose de précieux. Et puis pour parler de fin du monde, il aurait été intéressant de réfléchir à ce que nous entendons par « monde ». C’est un peu ce que j’aurais dit si j’avais fait partie de ces gens qui répondent toujours vivement et intelligemment, mais même si l’intention était là, je pense que je me suis montré un peu vaseux, notamment sur la question, que je n’attendais pas, des extra-terrestres : il y avait beaucoup trop à dire, alors je n’ai pas dit grand chose. L’autre « eschatologue » invité, Michaël Foessel, était plus à l’aise, ou mieux préparé, même si je n’ai pas vraiment retenu le contenu de son intervention, concentré que j’étais sur ce que j’allais dire lorsque l’on me redonnerait la parole.

Les commentaires sur Twitter…

Ensuite, chaque invité y est allé de sa petite remarque, parfois intéressante, parfois complètement inutile, mais en tout cas, fluide, fluide comme il faut à la télévision. Lorsque l’un des intervenants3 a lancé le nom « Auschwitz », lorsque Colombe Schneck a embrayé sur les souvenirs de sa famille décimée, lorsque le paria Renaud Camus a redit ses lubies de voir la population de son pays tel qu’il le rêve disparaître, escamotée par l’immigration4, lorsqu’un des invités a brusquement quitté le plateau pour protester contre ces propos paranoïaques. Chaque fois, malgré les apparentes tensions, tout ce monde restait dans la fluidité médiatique, bien à sa place, dans son rôle. Et je ne pense pas que le spectateur (et je m’inclus bien évidemment dans cette catégorie, puisque je regarde cette émission et que même sur le plateau, je la regardais) puisse supporter beaucoup plus d’intensité, d’hésitations, d’accrocs ou plus généralement, d’anomalie. J’ai toujours été un peu envieux, ou en tout cas admiratif, de cette capacité à occuper son rôle, j’en parlais au sujet de Pierre Assouline une autre fois, car il est frustrant d’avoir du mal à être pertinent et vif devant une caméra ou un micro. Mais en même temps, je trouve dommage que ça se passe comme ça, même dans une émission extrêmement respectueuse de la parole de chaque invité comme Ce soir ou jamais, car il me semble que ça aboutit forcément à des discours mécaniques, auto-caricaturaux, dont il ne reste finalement pas grand chose. Une fluidité rassurante, mais qui exclut la surprise et l’échange véritable. Je préfère de loin les conditions de conférences5 ou de tables-rondes.

Petit à petit, je progresse, tout de même. Je ne me trouve pas formidable, mais je suis sorti vivant de mon heure d’émission sur Europe 1 il y a quinze jours, et de mes cinq minutes de gloire chez Taddeï avant-hier. Et ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Dit-on. Et puis ma nièce est fière comme Artaban et rêve à présent de se voir un jour elle aussi dans le poste.
Reste une question : qu’est-ce qu’il y avait dans le verre qu’on a mis devant moi ? Ce n’était pas de l’eau, pas de l’alcool, c’était doux mais pas sucré, plutôt adapté à garder une voix claire pour parler, mais je n’ai aucune idée de ce que c’était.

  1. Il s’agissait du modèle Blackilluminati, par Frankie Doguet. En cas de malheur, j’avais aussi amené le tee-shirt dessiné par David Lynch pour l’exposition Mathématiques un dépaysement soudain. [↩]
  2. Olivier Megaton, dont le film Taken 2 vient de battre le record du film français le plus rentable dans le monde, devant Amélie Poulain, la Marche de l’Empereur, The Artist, etc. Bravo Olivier. [↩]
  3. Juan Asensio, si je ne dis pas de bêtises, dont le blog Stalker regorge de ressources sur la littérature de « fin du monde ». [↩]
  4. C’était le moment où il aurait fallu parler de classiques de la science fiction comme Body Snatchers, The Invaders ou encore They Live. [↩]
  5. Je donnerai une conférence le 15 décembre à 15h30 aux Champs libres à Rennes. [↩]

Flatland

novembre 5th, 2012 Posted in Lecture, Sciences | 6 Comments »

Le britannique Edwin Abbott Abbott (1838-1926) était célèbre en son temps comme directeur d’école et comme théologien, mais son Flatland: a romance of many dimensions (1884), d’abord publié sous pseudonyme, a dû attendre des années avant de devenir le classique qu’il est à présent. On peut dire qu’il s’agit d’un conte de science-fiction ou plus exactement d’une fiction scientifique, voire même d’une fiction géométrique, puisqu’il décrit un monde à zéro, une et deux dimensions, où les points, les lignes et les polygones vivent leur petite vie sur un plan, sans être le moins du monde capables de concevoir l’existence d’une troisième dimension, le volume.
Mais un simple carré finit par en avoir l’intuition…

En plus d’être une réflexion sur les dimensions, Flatland est une satire sur l’autorité hiérarchique en tant que frein à l’imagination et à l’intelligence, puisque les dirigeants de Flatland, qui se prétendent géométriquement parfaits, n’hésitent pas à tuer ceux qui portent des idées inédites. Flatland peut donc sans doute être aussi rattaché à la tradition dystopique.

Enfin je raconte le livre, mais je ne l’ai pas encore lu1, je sais que c’est un grand classique, souvent rapporté à l’allégorie de la caverne, de Platon, autant qu’à la théorie de la Relativité, d’Albert Einstein, mais je n’en avais jamais vu d’édition jusque aujourd’hui2.
Le jeune éditeur bruxellois Zones Sensibles, dont j’avais déjà salué l’excellent Yucca Mountain, vient de publier Flatland, traduit en français par Philippe Blanchard et sous-titré Fantaisie en plusieurs dimensions. Les dernières éditions en français de Flatland, chez 10/18 ou chez Denoël/Présence du Futur, datent respectivement de quinze et vingt-cinq ans, et sont totalement épuisées. La traduction retenue ici est celle qu’avait publié 10/18.

Le livre est doté d’une mise en page variée mais cohérente, en adéquation avec le propos puisque la composition du texte joue sur les formes géométriques et que l’ouvrage est illustré avec de nombreux schémas. La couverture est elle-même travaillée de manière plutôt sophistiquée, avec des découpes et du vernis. En ouverture, juste après une préface de Ray Bradbury, on trouve un portrait d’Edwin Abbott réalisé par le studio The Theater of operations en utilisant un logiciel que j’ai eu le plaisir de programmer à l’aide du langage Processing. Il y a donc un tout petit peu de moi dans cet ouvrage.

  1. On peut lire ce que dit Gulzar Joby de Flatland sur son blog, 36 quai du futur. [↩]
  2. Je n’ai pas lu non plus un autre classique du registre, plus fantaisiste sans doute en termes de vulgarisation scientifique, le Voyage au pays de la quatrième dimension (1912) de Gaston de Pawlowski (1874-1933). En revanche, j’ai lu, apprécié, et je conseille l’Origine, une bande dessinée de Marc-Antoine Mathieu dont le protagoniste principal découvre l’existence de la troisième dimension. [↩]

Une histoire vraie, des images fausses

octobre 31st, 2012 Posted in Fictionosphère, Images | 18 Comments »

L’ouragan Sandy, rapidement rebaptisé Frankenstorm, a atteint NewYork avant-hier, y causant aussitôt une dizaine de morts. Le quotidien Libération a alors publié un article titré Sandy touche terre et fait ses premières victimes, ce qui semble un peu léger, puisqu’avant d’atteindre la côte Est des États-Unis, le cyclone a tout de même fait au moins soixante-quinze morts dans les caraïbes, dont cinquante sur la seule île d’Haïti1.

Frankenstorm menaçant New York / une tempête dans le Nebraska, photographiée par Mike Hollingshead.

Le cliché ci-dessus à gauche, qui représente l’ouragan en train de menacer New York a été partagé plus d’un demi-million de fois sur Facebook. Beaucoup, y compris parmi ceux qui ont diffusé cette image, ont eu des doutes sur sa véracité, notamment puisqu’il anticipait sur les évènements. Vérification faite, il s’agissait bien d’un montage entre une vue classique de la statue de la liberté et une tempête de 2004 dans le Nebraska.

Cela m’a rappelé un cas sur lequel je suis tombé en préparant mon livre. Une banque d’images sérieuse proposait à la vente une photographie impressionnante censément prise à Haïti il y a deux ans, où l’on voyait des palmiers noyés par une vague géante. Jolie image, mais qui me posait un problème car il n’y a pas eu de tsunami en Haïti en 2010. Alors j’ai fait quelques recherches…

Vérification faite, la photographie en question s’avère être un recadrage et une colorisation d’un cliché pris à Hawaï en 1946 par  Rod Mason, un simple amateur qui se trouvait alors directement menacé par le tsunami Hilo, qui a causé en son temps la mort de cent soixante personnes. Un photographe indélicat avait vendu à l’agence cette image ancienne, qui ne lui appartenait pas, remixée en tant que photographie d’actualité récente.

Revenons à Sandy. Plusieurs montages faciles à identifier ont été réalisés en incrustant des titres d’actualité à des captures issues des films-catastrophe de Roland Emmerich comme Independance Day (1996), The Day After Tomorrow (2004) et 2012 (2009), ou encore en utilisant des images du film coréen The Last Day (2009).

Les titres d’actualité de Fox News incrustés sur une image issue du film The Day After Tomorrow.

Parmi les images qui ont beaucoup circulé, on a aussi pu voir un certain nombre de photographies de requins circulant dans les villes inondées. Je ne suis pas certain qu’il y ait beaucoup de requins aussi haut qu’à New York à la fin du mois d’octobre, ces animaux n’aimant pas les eaux froides2, mais l’idée du requin qui se balade dans le jardin est évidemment délicieusement effrayante.

Parmi les images très populaires, il y a aussi eu celle de ce restaurant McDonald’s inondé :

…qui est en fait un photogramme extrait d’un film réalisé en 2009 par les artistes danois Superflex et intitulé Flooded McDonald’s, c’est à dire littéralement McDonald’s inondé.

Toutes ces images, déjà factices ou sorties de leur contexte ont assez rapidement suscité des parodies, bien sûr.

L’image ci-dessus à gauche cumule diverses menaces de cinéma : Godzilla, le requin géant des dents de la mer ou de Shark Attack, des soucoupes volantes, le marshmallow man du film Ghostbusters et une créature d’Alien.
On retrouve aussi Godzilla derrière la statue de Neptune de Virginia Beach.

Dès que l’on parle de catastrophe à New York, comment se retenir de penser au cinéma ? Le problème s’était déjà posé le 11 septembre 2001. Nous avons vu cette ville si souvent détruite : Godzilla (1998), La guerre des mondes (2005)3, Cloverfield (2008), Avengers (2012),… La liste est longue.

Parmi les images de reportage qui ont été produite par des photographes professionnels pour des médias d’information, on en trouve beaucoup qui elles aussi semblent s’adresser à notre imaginaire de cinéphile plus qu’autre chose. Ce sont aussi les images qui sont le plus volontiers et le plus souvent diffusées sur les réseaux sociaux :

Haut : Bebeto Matthews. Bas : Andrew Burton.

…Composition soignée, éclairage dramatique, couleurs étudiées, ces photos sont belles avant d’être informatives, et ont sans doute été retouchées dans ce but.

Quand aux photos d’amateurs, elles sont encore plus troublantes, car beaucoup de particuliers ont envoyé sur Facebook ou Twitter des témoignages de la réalité parfois dramatique à laquelle ils assistaient, mais modifiés par les filtres fantaisistes d’Instagram :

Des reportages amateurs publiés à l’aide d’Instagram par (de haut en bas et de gauche à droite) Caroline Winslow, @le_libron, @bonjomo et Jared Greenstein.

Ces images prises avec des téléphones portables se voient donc appliquer des couleurs rétro, passées, ou d’autres effets censés rappeler la photographie argentique.

Finalement, les seules images qui semblent un tant soit peu objectives, ce sont celles qui sont prises par des caméras de surveillance ou des webcams :

Je ne suis pas sûr qu’il rimerait à quelque chose de faire des statistiques pour le vérifier, mais il semble que la très grande majorité des images que nous recevons de l’ouragan Sandy et de ses effets sur la côte Est des États-Unis — une histoire « vraie » —, sont des images « fausses », c’est à dire qui s’écartent sciemment de l’illusion du témoignage objectif : montages, retouches, images d’archives, images d’actualité ayant l’apparence de photos d’archives, pastiches, images extraites de films. Et il n’est pas forcément question de tromperie, puisque c’est le public, par les réseaux sociaux, qui sélectionne les images qui circulent, qui les diffuse et, parfois, qui les crée. C’est le public aussi qui effectue des enquêtes sur les images et qui fait ensuite circuler en pagaille des avertissements et des démentis (parfois douteux eux-mêmes ou incomplets) pour signaler que telle image est ancienne et que telle autre est falsifiée. Le public n’est pas forcément désorienté, pas dupe de la confusion, il y participe volontairement, peut-être suivant l’adage italien se non è vero è bene trovato : si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé. La question n’est donc peut-être pas de chercher à transmettre une vérité sur ce qu’il se passe à New York, mais juste de répondre à un évènement par des images et donc, par un imaginaire.

Lire ailleurs : Sandy sur Instagram : du “ça a été” au “j’y ai été” ! (voyez par vous-mêmes), par Olivier Beuvelet. Relire aussi Cachez ce contrechamp, par André Gunthert.

  1. Rien à voir, mais j’ai appris aujourd’hui que la dette publique d’Haïti (10 millions d’habitants) était un peu inférieure à la dette de la ville de Levallois-Perret (26 000 habitants). Comme dit le proverbe, on ne prête qu’aux riches. [↩]
  2. Mise à jour 1/11 : il semble que les requins ne soient pas cantonnés aux eaux chaudes. Ce qui ne change rien au fait que les photographies en question n’ont pas été prises à New York cette semaine. [↩]
  3. On me fait remarquer ailleurs que cette mention est inexacte, car même s’il s’agit du film post 11/09 de Spielberg et qu’une grande partie du tournage a eu lieu à New York, l’action est censée se passer entre le New Jersey et Boston. Dont acte. [↩]