T’as voulu voir Facebook

T’as voulu voir Facebook et on a vu Facebook
T’as voulu voir Twitter et on a vu Twitter
T’as voulu voir Insta et on a vu insta
T’as voulu voir BlueSky et on a vu BlueSky
J’ai voulu voir TikTok, on a revu Facebook
J’ai voulu voir Threads et on a vu whatsapp, comme toujours…

T’as plus aimé Facebook, on a quitté Facebook
T’as plus aimé Twitter, on a quitté X
T’as plus aimé Insta on a quitté Insta
T’as plus aimé BlueSky on a quitté BlueSky
T’as voulu voir TikTok, on n’a vu que Snapchat
T’as plus aimé Messenger, on à quitté Mastodon, comme toujours…

Mais je te le dis, je n’irai pas plus loin
Mais je te préviens, j’irai pas sur Cara,
D’ailleurs j’ai horreur de son interface immonde
Et peut-être encore plus de faire comme tout le monde.

T’as voulu voir Cara et on a vu Cara…

(par Erwan Obion, sur Facebook, évidemment librement inspiré de Jacques Brel)

Pas de portable, pas de table

Je passe devant un restaurant à 19h30. Je demande si on peut me réserver une table pour 20h00. Bien sûr qu’on peut ! On me montre une table pour deux qui touche la porte. Pas le meilleur endroit mais d’accord. On me demande mon nom de famille. Je le donne. Mon prénom. Mon prénom aussi ? Eh oui. Je le donne aussi. Et mon numéro de mobile.

« — Ah, mais je n’ai pas de mobile, vous savez.
— Pas du tout ?
— Eh non.
— Mais il me faut un numéro ! Sinon le programme n’accepte pas la réservation. »

J’ai donné mon numéro de fixe, qui si on l’appelait, sonnerait dans le vide à deux-cent kilomètres de là.

On voit tout !

Qui a dit que le code créatif n’était pas sexy ?
Instagram a bloqué (complètement !) mon compte pendant deux heures, en représailles d’un post du jour précédent qui était constitué d’une série d’effets de moirages codés avec Processing, accompagnés du code qui avait servi à les construire1.

Le motif avancé est : « représentation d’actes sexuels ou nudité ».
Quelque part, « nudité », pourquoi pas, puisque je montre tout le programme qui cache derrière les images. Pornographique !

J’ai protesté, donc, et quelqu’un, sans doute une brave travailleuse du clic philippine payée un dollar de l’heure, a passé en revue ma publication obscène et considéré que, même selon les standards de sa culture catholique2, ma publication n’était pas si pornographique, et que donc l’algorithme avait eu un peu la main lourde.

  1. float angle=0;int ecart=12;
    void setup() {size(1000, 1000);noFill();strokeWeight(3); }
    void draw() {background(255);float an=map(frameCount%500,0,500,0,TAU);
    serieDeTriangles(width/3,height/3,an,frameCount%ecart);
    serieDeTriangles(width/32,height/2,PI+an,frameCount%ecart); serieDeTriangles(width/32,height/3*2,-an,frameCount%ecart);}
    void serieDeTriangles(float x, float y, float angle, int offset) {
    push();translate(x, y);rotate(angle);
    for (int a=0; a<200; a++) {
    float r=aecart+offset; triangle(cos(0)r, sin(0)r, cos(TAU/3)r, sin(TAU/3)r, cos(TAU/32)r, sin(TAU/32)*r);
    } pop();
    }
    [↩]
  2. C’est souvent aux Philippines que les modérateurs (et surtout modératrices) de contenu travaillent pour la société Meta, enfin travaillaient : c’était le cas il y a quelques années en tout cas, mais le PIB du pays a progressé et il est possible que d’autres pays soient plus à la mode. Il y a plusieurs raisons : les Philippines sont un pays est-asiatique pauvre, dont l’anglais est une des deux langues véhiculaires officielles (il y a beaucoup de langues vernaculaires liées à des archipels et ayant peu de locuteurs) et dont la culture catholique traditionnelle bien établie amène une vision de la morale et de la pudeur censément proche de celle des Étasuniens. [↩]