Vidéo publiée par Volodymyr Zelensky le 4 août 2026 sur le réseau social X : dans la ville de Kherson, qui n’est séparée des troupes russes que par le Dniepr, un drone russe « joue » avec un marchand ambulant de primeurs avant d’exploser. L’épouse du marchand était parvenue à se mettre à l’abri. Lui a été sérieusement blessé mais a survécu.
Un rapport de l’ONU de 2025 comptabilisait près de 150 civils tués par des drones à Kherson, des centaines de blessés, mais aussi de véhicules civils détruits, notamment des ambulances. Ce n’est pas le cas ici, mais souvent les vidéos sont publiées par les auteurs des attaques eux-mêmes.
On peut imaginer que ce genre de drone a une autonomie trop faible pour rentrer au bercail. Puisque l’on ne récupère jamais un engin équipé d’une charge explosive, il fallait sans doute qu’il explose. Et ici, en ciblant un civil. Comme si c’était un jeu.
Qui pilote le drone ? Quel genre de personne fait ça ?
Le robot assassin Mark 13 dans le film Hardware (Richard Stanley, 1990), film d’horreur post-apocalyptique et cyberpunk où jouent Iggy Pop et Lemmy de Motörhead, et où on entend de la musique de Public Image Limited, entre autres. Le nom du robot est une allusion aux Évangiles (Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis — Marc 13:20)
La société Anthropic, qui développe l’IA Claude, affirme être opposée à ce qu’on utilise ses produits :
Pour des armes autonomes; du fait du manque de fiabilité des IAs actuelles, qui pourraient mettre en danger les soldats et les civils étasuniens.
Pour la surveillance de masse des Étasuniens, car cela va à l’encontre des droits fondamentaux de ces derniers.
Ces principes (limités à la sécurité et à la liberté des seuls étasuniens, donc) semblent de bon sens et pourraient même être considérés comme une façade responsable, vertueuse, du peace-washing de bon ton, en somme, mais ce n’est pas la vision de Pete Hegseth, ministre de la guerre des États-Unis, ni de Donald Trump, le président, que cette position de principe ulcèrent :
…Disant implicitement qu’ils se moquent des questions de fiabilité, de sécurité et des droits fondamentaux de leurs concitoyens.
Katie Waldman Miller, podcasteuse MAGA, ancienne conseillère du vice président Mike Pence, ancienne porte-parole du DOGE d’Elon Musk et épouse de Sephen Miller (chef de cabinet adjoint de la présidence), a choisi son camp : la bonne IA est celle qui répond par Oui ou par Non, et surtout par Oui, à la question de savoir si Donald Trump a eu raison de déclencher une guerre en Iran.
Le technosolutionnisme comme méthode de communication : la décision n’est pas déléguée à une IA, on choisit l’IA qui est d’accord avec soi.
En janvier dernier, Pete Hegseth avait annoncé que l’IA Grok serait utilisée par le ministère de la guerre pour tous les usages imaginables. Une étude du King’s College de Londres montre que, dans des jeux de simulation de guerre, les IAs recommandent le recours à l’arme nucléaire quatre-vingt quinze fois sur cent.