L’arrière petit fils d’un agriculteur et forain de Pennsylvanie a donné à la librairie du congrès la pellicule d’un film de Georges Méliès que l’on pensait perdu et que personne n’avait vu depuis un siècle, Gugusse et l’automate.
La découverte, annoncée le 26 février 2026, date de septembre 2025. Ce film perdu était connu de réputation par les amateurs de science-fiction, qui le considéraient comme la première apparition d’un « robot » dans un film.
Le 11 septembre 2026, Edi Rama, premier ministre albanais, a annoncé nommer une IA ministre d’État pour l’Intelligence Artificielle, censément incapable de corruption.
Cette IA nommée Diella (Soleil) emprunte sa voix et son apparence à l’actrice Anila Bisha, laquelle n’était pas prévenue de la manière dont son image allait être utilisée : elle avait accepté de prêter son apparence à un assistant virtuel sur le site du service publie, e-Albania. De plus, son contrat était censé s’arrêter en 2025.
L’actrice saisit la justice pour échapper à cet alter-ego encombrant : « L’utilisation de mon image et de ma voix à des fins politiques est quelque chose de très grave pour moi, les gens qui n’aiment pas le Premier ministre me détestent et cela me fait tellement mal».
note : pour une raison incompréhensible, les articles qui traitent ce sujet confèrent à Diella le portefeuille de ministre des marchés publics, alors qu’il existe une ministre de l’administration publique et de la lutte contre la corruption, Adea Pirdeni.
On parle pas mal de la communication à base d’IA de Sarah Knafo, mais l’IA est aussi une partie de son programme.
Sarah Knafo, candidate d’extrême-droite à la mairie de Paris, diffuse sur les réseaux-sociaux une vidéo dans laquelle elle annonce combattre l’insécurité grâce à l’Intelligence Artificielle. Face caméra, elle commence : « Tant de femmes ont peur de sortir le soir aujourd’hui en plein cœur de Paris… ». Mais subitement, un hurlement l’interrompt, la caméra tremble, et, en alerte, la députée européenne souverainiste se retourne…
On note la performance d’actrice de Sarah Knafo, d’abord grave et concentrée, puis véritablement inquiète lorsqu’elle se retourne pour voir ce qui se passe derrière elle.
…Une femme se fait agresser dans une sombre rue pavée. Une légende incrustée dans l’image nous avertit que la séquence a été réalisée par Intelligence artificielle. Pourtant, lorsque la caméra revient sur elle, Sarah Knafo nous explique que « ce n’est pas une fiction. C’est la réalité que vivent des milliers de parisiennes chaque soir dans notre ville ».
Je ne peux pas décrocher mes yeux du fait que la rue « parisienne » imaginée par l’IA contient deux systèmes d’éclairage l’un sur l’autre. En bas, un lampadaire de modèle un peu ancien à lampe sodium, et au dessus, un lumineux lampadaire à LED.
Pour remédier à ce problème, la candidate a imaginé quelque chose. Elle propose de déployer dans Paris des réverbères intelligents équipés de capteurs1 et d’intelligence artificielle, « entraînés des millions de fois » [sur quoi exactement ?] à reconnaître les sons caractéristiques d’une agression : « le cri d’une femme ou le bris d’un verre [?] sur une voiture ». Alerté, le réverbère se mettra alors à éclairer le malfrat, ce qui, si on en croit l’image, le paralysera le temps que la maréchaussée arrive.
Je trouve amusante la manière dont le réverbère oriente sa lumière pour capturer le malfaiteur, avec une image qui hésite entre deux iconographies du cinéma, celle du mirador depuis lequel on braque un projecteur sur le prisonnier qui cherche à s’évader (ce qui l’arrête net puisqu’il s’expose aux tirs des gardiens), et celle de l’enlèvement extra-terrestre à l’aide d’un rayon tracteur. Je remarque que les policiers laissent la victime quitter le lieu de l’agression, tout sourire, sans lui demander de faire une déposition, et qu’à leur arrivée, une trouée fait subitement apparaître un grand ciel bleu.
Je ne vais pas chercher à retrouver ce que j’ai lu sur le sujet mais de mémoire, la question de la lumière est controversée : on sait que dans certains endroits très spécifiques (sous un pont où les joggeuses se font systématiquement agresser par exemple) l’installation d’un éclairage change la donne, mais on sait aussi qu’il y a nettement plus d’agressions qui ont lieu l’après-midi qu’en pleine nuit, et que la première cause des agressions qui ont lieu la nuit n’est pas le manque d’éclairage mais le degré d’alcoolémie des agresseurs. Le sentiment d’insécurité, effectivement, est plus fort dans une rue déserte la nuit que dans un lieu passant en pleine journée. Et c’est bien le sentiment d’insécurité que Sarah Knafo entend combattre.
L’IA sécuritaire est à la mode et semble être devenue une proposition courante dans les programmes des candidats aux élections municipales. Ci-dessus, une liste d’opposition de ma ville (20e ville la plus sûre de France) propose de l’IA dans les bois…
L’IA fait des progrès saisissants, mais son premier effet est et reste celui du techno-solutionnisme : on délègue une tâche à la machine, et peu importe si elle s’en charge mal, ce qui compte c’est la fiction d’une solution automatisée. Dans son propre film Sarah Knafo se retourne lorsqu’elle entend crier une femme dans la nuit, mais elle revient aussitôt nous parler sans chercher à secourir la victime, et c’est au fond exactement ce que propose sa solution miracle : un outil permettant aux passants de ne pas se sentir concernés par les cris d’une inconnue… Il y aura bien un réverbère pour faire le job.
Sarah Knafo utilise le mot « capteur » pour évoquer un dispositif capable de percevoir les sons. « Capteur » ça fait sérieux, ça fait j’ai-bossé-mon-dossier. Mais on peut aussi dire « microphone », pour évoquer un capteur sonore. [↩]