La preuve par ChatGPT

Magalie Vicente, dirigeante d’une entreprise de communication politique, ancienne élue LR. France-info, le 16/02/2025.

« — Oui il y a une instrumentalisation politique, il faut le dire. Même si vous demandez aujourd’hui à l’Intelligence Artificielle son avis sur le sujet…
Vous avez essayé ?
— Voilà j’ai essayé hier soir, je me suis dit tiens, voilà, on va voir ce qu’il en pense… Sur tous les réseaux que j’ai testé, même l’Intelligence Artificielle exprime qu’il y a une récupération et une instrumentalisation politique de l’affaire Bétharram, voilà. »

L’idée de l’ordinateur-oracle n’est pas vraiment neuve, on peut se rappeler par exemple de l’élection présidentielle de 1952 aux États-Unis. Contre tous les sondages, l’ordinateur UNIVAC I avait prédit la victoire de Dwight Eisenhower avec une certaine précision sur le network CBS. La méthode, consistant à pondérer les intentions de vote en fonction de la sociologie des électeurs, nous semble aujourd’hui banale, mais l’exactitude du résultat avait frappé l’imagination du grand public, d’autant que la description du fonctionnement de l’ordinateur comme une machine déterministe (à paramètres donnés, la réponse sera toujours la même) a souvent été entendue comme « l’ordinateur ne se trompe jamais ». On peut relier cette réputation à des sujets plus anciens que l’ordinateur (tête parlantes au Moyen-âge, automates voyants,…), et à toute une science-fiction…

Lorsque le grand public a commencé à s’équiper d’ordinateurs et a commencé à développer une familiarité avec leur fonctionnement, l’idée de la machine-qui-sait-tout a fait long-feu.
Il semble qu’elle revienne avec l’IA. Il est vrai que, comme les diseurs de bonne-aventure, chatGPT nous dit ce que nous sommes prêts à entendre.

Le dossier 51

La séquence d’ouverture (et générique) de ce film de Michel Deville et Gilles Perrault, sorti en 1978, est exempte d’êtres humains.

Après le titre et le nom des auteurs, sur fond de musique classique au piano, on passe à un cliquetis mécanique qui accompagne l’apparition à l’écran d’un télex. Une voix off lit le texte au fur et à mesure.

Le reste de la bande son n’est constitué que de bruitages mécaniques, tandis que la caméra circule parmi les appareillages informatiques : terminaux, dérouleurs de bande, imprimantes…

Le film fait le récit du traitement inhumain et cynique d’un haut-fonctionnaire (et de son entourage) par des « services » qui cherchent des éléments pour le contrôler.

Libérons la culture (des algorithmes)

Une publicité en ligne pour la Fnac (vue le 25/5/2023).
Le spot s’ouvre avec le visage d’une jeune femme décidée, face caméra, qui nous dit que « Petit à petit les algorithmes nous enferment dans une bulle ».

Elle conclut en nous disant qu’« il est temps à nouveau de s’ouvrir ». Puis se met subitement à chanter le refrain d’une chanson de Jean-Louis Aubert, Il est temps à nouveau.

Des employés de la Fnac, reconnaissables à leurs gilets (et désignés ici comme « conseillers passionnés » et non comme « vendeurs »), sont alors montrés dans la rue, dans le bus, dans une bibliothèque, veillant comme des anges invisibles sur toutes sortes de gens, leur suggérant une lecture, un morceau de musique, un concert…

…Avant de former une troupe victorieuse marchant vers la gauche (le passé, selon notre sens de lecture !) qui entonne le refrain en chœur : « Il est temps à nouveau, Il est temps à nouveau, de nous jeter à l’eau ».

Alors que je venais juste de voir cette publicité qui tente de me vendre l’élément humain, opposé aux vilains algorithmes, j’ai reçu cet e-mail de la Fnac :

On y voit la couverture du dernier album d’Héloïse Chochois, que je viens d’acheter à la Fnac Saint-Lazare quelques jours plus tôt.
Il est clair qu’avec un système qui cherche constamment à me vendre ce que j’ai déjà acheté, on peut dire que l’algorithme de la Fnac « nous enferme dans une bulle » et que, même s’ils sont les premiers à dire que leur pouvoir de prescription et de sélection a beaucoup baissé en trente ans, les vendeurs peuvent amener aux clients des références qu’ils n’ont pas déjà !

De mon côté, je recommande l’album d’Hélo¨ïse, qui est très réussi.