
Auteur/autrice : J.-N.
Le match des intelligences (suite)
Donc la copie victorieuse est celle de Raphaël Enthoven, qui reçoit la note de 20/20.

(on ne connaît que cette page du texte de Raphaël Enthoven)
Mais si la copie de ChatGPT est un peu plus scolaire, elle récolte tout de même la note de 11/20, qui n’est pas exactement nul : beaucoup de lycéens se contenteraient d’une prudente moyenne.
Le texte rédigé par ChatGPT est assez sage :

Le prompt mis au point pour amener ChatGPT à produire sa copie est particulièrement précis :

On notera pour l’anecdote que dans son introduction, Raphaël Enthoven commet un auto-plagiat, elle est en effet présente dans le texte d’introduction pour un audiobook intitulé « Le bonheur » !

Le jury qui devait noter les copies était prévenu de l’identité et de la nature des deux « concurrents », ce qui ne rend pas son évaluation totalement impartiale, puisqu’il s’agissait aussi d’une forme de « test de Turing » où il en allait de l’honneur des évaluateurs de distinguer l’humain du robot.
On peut se demander quel aurait été le résultat si les deux textes avaient été glissés parmi soixante copies et soumis à des professeurs de philosophie ignorant l’enjeu : la copie un peu scolaire aurait-elle été mieux notée ? La copie au style plus enlevée aurait-elle été prise pour une fumisterie d’ado poseur ?…
Nous ne le saurons jamais.
Un espion dans la poche ou sur son bureau
Le match des intelligences

Dehors l’IA !

IA « éthique » et « inclusive » : ne plus payer d’illustrateurs car ça coûte de l’argent
Un éditeur explique cesser de rémunérer des illustrateurs afin de mieux payer les auteurs. Les illustrateurs ne sont pas auteurs ?
Autres arguments : la facilité et la vitesse, et puis le fait que l’IA est « un outil presque partout ».






Notons que l’invitation à commenter n’est pas très sérieuse, car la possibilité de déposer des commentaires n’est pas activée.
Cette maison d’édition dont le nom désigne littéralement un serpent qui se mord la queue, créée en 2022, a huit références à son catalogue et s’engage à promouvoir une littérature « inclusive » et « identitaire » (?), attachée à, je cite : « Présenter des héros issus de minorités (quelles qu’elles soient) et banaliser leurs situations (que leurs « différences » ne soient pas le centre névralgique de l’œuvre) permet d’ouvrir, en douceur, de nouveaux horizons pour le lecteur ».
Le tout en impression à la demande.
L’identité, c’est le smartphone

Libérons la culture (des algorithmes)
Une publicité en ligne pour la Fnac (vue le 25/5/2023).
Le spot s’ouvre avec le visage d’une jeune femme décidée, face caméra, qui nous dit que « Petit à petit les algorithmes nous enferment dans une bulle ».

Elle conclut en nous disant qu’« il est temps à nouveau de s’ouvrir ». Puis se met subitement à chanter le refrain d’une chanson de Jean-Louis Aubert, Il est temps à nouveau.
Des employés de la Fnac, reconnaissables à leurs gilets (et désignés ici comme « conseillers passionnés » et non comme « vendeurs »), sont alors montrés dans la rue, dans le bus, dans une bibliothèque, veillant comme des anges invisibles sur toutes sortes de gens, leur suggérant une lecture, un morceau de musique, un concert…

…Avant de former une troupe victorieuse marchant vers la gauche (le passé, selon notre sens de lecture !) qui entonne le refrain en chœur : « Il est temps à nouveau, Il est temps à nouveau, de nous jeter à l’eau ».

Alors que je venais juste de voir cette publicité qui tente de me vendre l’élément humain, opposé aux vilains algorithmes, j’ai reçu cet e-mail de la Fnac :

On y voit la couverture du dernier album d’Héloïse Chochois, que je viens d’acheter à la Fnac Saint-Lazare quelques jours plus tôt.
Il est clair qu’avec un système qui cherche constamment à me vendre ce que j’ai déjà acheté, on peut dire que l’algorithme de la Fnac « nous enferme dans une bulle » et que, même s’ils sont les premiers à dire que leur pouvoir de prescription et de sélection a beaucoup baissé en trente ans, les vendeurs peuvent amener aux clients des références qu’ils n’ont pas déjà !
De mon côté, je recommande l’album d’Hélo¨ïse, qui est très réussi.



