Profitez-en, après celui là c'est fini

Le retour de la fin du monde

mars 14th, 2011 Posted in Au cinéma, Bande dessinée, Images, Pas gai | 25 Comments »

Ce qui me fascine en voyant défiler les tristes images du Japon dévasté par une catastrophe naturelle et menacé par un accident nucléaire, c’est à quel point elles me semblent familières. Malgré leur envergure exceptionnelle et leur brutalité, ces évènements, j’y avais déjà assisté, et les japonais, plus encore que moi, tant les fictions qu’ils consomment regorgent de catastrophes de ce genre.

Katsuhiro Ōtomo, "Akira" (1982). La destruction de Neo-Tōkyō.

Nos journaux télévisés montrent à quel point les écoliers japonais sont entraînés à s’abriter sous leurs tables de classe dès qu’une secousse s’annonce. Ils évoquent aussi l’excellence des constructions anti-sismiques, en nous disant que les japonais sont toujours prêts à l’éventualité d’un tremblement de terre majeur ou d’un monstrueux tsunami. Mais cela va plus loin à mon avis. Par des récits de science-fiction surtout, les Japonais se sont aussi préparés psychologiquement. Et cette préparation par l’imaginaire fantastique n’a pas de destination pragmatique, elle ne dit pas comment se comporter pendant une catastrophe, elle établit la fatalité de la catastrophe.

"Godzilla vs Megalon" (1973), film de Jun Fukuda. Dans les films de la série Godzilla, le lézard géant et ses homologues Kaijūs (Gamera, Mothra, Rodan, Guidorah, Ebirah, Yonggary,...) incarnent souvent la vengeance de la nature malmenée par l'homme.

Bien entendu, pour produire des catastrophes crédibles, des récits « habités », il faut aussi que l’idée de l’éventualité d’une fin du monde soit bien ancrée dans l’esprit des auteurs de ces récits, ils faut qu’ils y croient eux-mêmes pour y faire croire.
Marshall McLuhan disait que la bande dessinée est un média « froid », c’est à dire un média qui réclame un effort conscient à son public et implique, en contrepartie, une certaine distanciation. Et ce n’est pas faux. J’ai pourtant connu un authentique sentiment d’effroi à la lecture de deux bandes dessinées, Dragon Head, par Minetarō Mochizuki et Ardeur (1980), par Alex et Daniel Varenne. Or ces deux séries sont des récits de fin du monde. Ardeur est un effrayant voyage dans une Europe ravagée par l’hiver nucléaire, écrit en plein « réchauffement » de la guerre froide. Je reparlerais peut-être un jour de cette série que je tiens pour un chef d’œuvre, du moins pour ses premiers tomes.

Minetarō Mochizuki, "Dragon Head" (1995)

Dans Dragon Head, un train se retrouve prisonnier d’un tunnel à la suite d’un séisme. Trois collégiens — deux garçons et une fille — survivent et essaient de quitter l’endroit et de comprendre ce qui est arrivé au Japon, apparemment victime d’une catastrophe majeure. Les divers protagonistes rencontrés au cours du récit connaissent tous les états de la peur : les uns se montrent pragmatiques, les autres basculent dans la folie complète. Personne ne sait rien, le pays entier est plongé dans les ténèbres, isolé du reste du monde.

"Ponyo sur la Falaise" (Hayao Miyazaki, 2009)

Même Ponyo sur la falaise (2009), de Hayao Miyazaki, qui a les apparences d’un conte pour enfants inspiré de la petite sirène d’Andersen, et qui est souvent présenté comme un des films les plus légers de son auteur, constitue à mon avis une lugubre évocation de l’absence, de la mort, du désastre, et de la violence du rapport de l’homme à la nature. L’héroïne qui donne son titre au film est la cause d’un tsunami qui noie une petite ville côtière. Si le spectateur choisira de croire que les pensionnaires d’une maison de retraite immergée sont sauvés de la noyade par un abri sous-marin plus ou moins magique, il n’est pas interdit de ne voir dans cette intervention qu’une fantaisie consolatrice.

Je trouve intéressante l’image qui suit, enregistrée sur une chaîne d’informations en continu il y a quelques heures. Confronté à l’impensable, le témoin des effets du désastre se sent projeté dans la fiction :

"Est-ce que c'est un rêve ? J'ai l'impression d'être dans un film ou quelque chose comme ça. Quand je suis seul je dois me pincer la joue pour vérifier si c'est bien réel" (un habitant de la ville de Rikuzentakata.

On pourrait bien sûr parler aussi de la manière dont les américains, autres familiers des catastrophes (tornades, séismes, inondations), ont toute une production cinématographique notamment, autour de ce thème. Ce qui ne concerne pas que les désastres naturels, d’ailleurs : l’accident de la centrale de Three Miles Island avait été décrit par avance dans le film Le Syndrome Chinois, et on aurait du mal à dénombrer toutes les images prémonitoires des attentats du onze septembre 2011 qui ont été inventées pour des fictions.

Et ici, en France, au fait ? À quoi nous préparons-nous ?
À quoi ne nous préparons-nous pas ?

(article que je dédie à Julien, Claude et Hajime)

Virtual Sexuality

mars 14th, 2011 Posted in Ordinateur au cinéma, Programmeur au cinéma | No Comments »

Sorti en 1999, et réalisé par Nick Hurran, Virtual Sexuality est un film britannique ostensiblement inspiré par le célèbre Weird Science (1985) de John Hughes. Le film de John Hughes utilisait avec brio et modestie le thème de la créature virtuelle pour traiter de la rêverie adolescente et montrer que l’on grandit non pas en réalisant tous ses rêves mais en apprenant à aimer la réalité, à l’accepter, à en tirer ce qu’elle a à offrir. Enfin quelque chose comme ça. Weird Science était doté d’un casting impeccable, avec, notamment, des adolescents qui ressemblaient à des adolescents. Ce n’est pas le cas dans Virtual Sexuality, dont l’actrice principale semble dix ans plus âgée que les dix-sept que lui attribue le scénario.

Cette adolescente qui n’a pas vraiment l’air d’une adolescente se prénomme Justine. Décidée à perdre sa virginité, elle écoute sa meilleure amie, Fran, qui est un peu plus expérimentée qu’elle. Quel garçon doit-elle viser pour que l’expérience soit parfaite, inoubliable et romantique ? Comment doit-elle s’y prendre pour le séduire ? Ayant décidé de jeter son dévolu sur un bellâtre nommé Alex, elle réquisitionne Chas, qui est à la fois l’ami et surtout souffre-douleur d’Alex, et l’éternel soupirant de Justine. Jeune homme complexé, vêtu de sweat-shirts informes et d’un vieil anorak, passionné d’ordinateurs, Chas n’est pas un garçon désirable, et Justine ne se soucie pas de connaître ses sentiments, elle veut juste l’utiliser pour provoquer une rencontre avec Alex dans un lieu de loisirs numériques qui vient d’ouvrir sous le nom Virtual Reality 2000.

Mais voilà, le jour du rendez-vous, Alex n’est pas là, alors Justine et Chas se retrouvent tous deux à essayer diverses attractions virtuelles, notamment un jeu de course d’aéronefs. Enfin, Justine est intriguée par un procédé expérimental : une cabine où son corps et son visage sont numérisés et où elle peut ensuite les remodeler à sa guise, afin de simuler sa beauté idéale. Justine s’amuse à modifier son corps en se donnant de grosses lèvres, par exemple, puis transforme son double virtuel en un homme grand et blond.

Au moment où Justine appuie sur le bouton « enregistrer », un chauffeur de taxi jette un mégot dans la rue à une centaine de mètres de là. Ce mégot atterrit dans une tranchée où deux ouvriers sont en train de s’occuper d’une conduite de gaz. L’explosion qui suit secoue violemment tout le centre de loisirs numériques dont les visiteurs sont projetés au sol. Lorsque Justine sort de la cabine, hébétée, elle découvre un spectacle de désolation et tente de rejoindre Chas qui, lui, la fuit comme si elle était devenue un monstre. Face à un miroir, elle comprend : elle est devenue le jeune homme dont elle avait modélisé l’image sur ordinateur. Et ce jeune homme porte des vêtements de fille beaucoup trop serrés pour lui.

L’explosion a donné une existence tangible à un personnage virtuel. On n’est pas loin de Weird Science, qui, en référence évidente à Frankenstein, utilisait la foudre comme énergie « donneuse de vie ». On voit le même genre d’évènement appliqué aux intelligences artificielles informatiques dans L’Ordinateur en folie (1969), Ghost in the machine (1993) ou encore Furtif (2005).

Justine parvient à convaincre Chas de son identité véritable. Elle ne peut pas rentrer chez elle et il est donc convenu qu’elle prendra le prénom Jake et s’installera chez Chas, qui lui prêtera ses vêtements. La mère de Chas semble vaguement espérer que son fils soit homosexuel et héberge le beau Jake de très bonne grâce. L’acteur qui interprète Jake prend des attitudes un peu efféminées et son personnage a du mal à se débarrasser de ses habitudes de filles (la tenue pour sortir du bain,…) mais parvient à exprimer tout ça sans pour autant tomber dans un registre caricatural trop bouffon, et c’est une des vraies réussites du film.

Jake découvre avec autant d’effroi que d’émerveillement le monde des garçons. Il découvre, entre autres, que le « beau » Alex est un mufle médiocre et vantard. Il découvre aussi rapidement l’effet que les jeunes filles peuvent avoir sur un garçon, et il se découvre une attirance irrésistible pour la « bimbo » de l’école, une blonde plantureuse et aguichante surnommée Hoover. Lui-même plait énormément à toutes les filles.

Alors qu’il tente d’expliquer à Fran qu’il est une incarnation masculine de sa meilleure amie, Jake tombe nez à nez avec celle qu’il croyait être : Justine.
Cela change tout. S’il n’est pas Justine transformée, alors qui est-il ? Une créature virtuelle, un produit de l’imagination, devenu réel. Existe-t-il seulement ?

Pendant ce temps, Jason et Monica, les créateurs du système qui a donné naissance à Jake et qui ont tout compris, projettent d’enlever le jeune homme pour effectuer des tests sur lui et commercialiser le produit qui fabrique des fiancés idéaux.  Ces personnages forment un couple professionnel étrange : lui, plutôt bel homme, est cupide et passablement idiot ; elle, ingénieur de génie, n’est pas vraiment la fille qui attire les regards — encore un cliché déjà rencontré, l’interdiction pour une femme scientifique d’être désirable.

Sensible au charme de Jake, qu’elle voit comme l’homme parfait, Justine décidé qu’il sera son premier amour. Mais Jake, de son côté, s’intéresse bien plus à Hoover. Désespérée de cet état de fait, Justine revient vers le mufle Alex, ce qui inquiète Chas. D’autant plus décidée à perdre son pucelage qu’elle a perdu tout espoir de trouver l’homme idéal, Justine entre dans un sex-shop et y achète, entre autres objets dont elle ne connaît que vaguement l’usage, des dizaines de préservatifs aux couleurs et aux parfums variés.

Chas parvient à convaincre Jake d’empêcher que Justine ne passe la soirée avec Alex. Au moment où Jake parvient à expliquer à Justine qui il est, il est brutalement enlevé par Monica et Jason, de la société Narcissus, propriétaire du système d’où il est né. Chas et Justine partent donc à la rescousse de Jake, qui a entre temps été plongé dans un sommeil hypnotique et est soumis à des tests dont la destination exacte reste confuse pour moi — mon DVD n’avait pas de sous-titres français et je dois admettre que l’anglais britannique ne m’est pas toujours le plus aisé à comprendre.

Reste que Chas et Justine parviennent à leurs fins. Une fois rentrés chez Chas, il est décidé de tout reprendre à zéro afin que Jake retourne dans les limbes dont il n’aurait jamais dû sortir.
Chas se révèle alors un excellent informaticien, capable d’inverser un processus aux limites de la magie… On retrouve ici un poncif habituel des fictions populaires, la figure du passionné d’informatique capable de réaliser de véritables miracles, allant de l’utilisation de logiciels aux branchements électroniques.
Comme prévu, Jake disparaît, définitivement.

Quelques jours plus tard, Justine embrasse Chas qui sera, finalement, son premier amant, mais pas son dernier. Décomplexé lui aussi, Chas fera quelques conquêtes. Moralité : tout est bien qui finit bien, les oisillons ont grandi et la perturbation de la réalité n’a été que temporaire.

Adapté de Dans la peau d’un garçon, roman pour ados de Chloë Rayban1, Virtual Sexuality est un petit film dénué de grandes prétentions qui traite sans tact inutile des vrais problèmes des adolescents et, notamment, de la différence qui sépare l’approche des filles et celles des garçons sur la question de l’amour et des rapports sexuels.
La réalisation, bourrée d’effets de montage virtuel, manque un peu de rigueur et de naturel, beaucoup de détails sont bâclés.
Pour autant, ce film léger n’a rien de honteux et le fait qu’il soit britannique lui permet d’être plus original, moins codé, moins mécaniquement déterministe que les teenage-movies hollywoodiens habituels. On appréciera entre autres les portrait de la mère et du beau-père de Chas.

  1. Les aventures de Justine Duval constituent une série souvent liée à des thématiques de science-fiction cybernétique dont Dans la peau d’un garçon est le second tome. Les autres sont L’effet Justine, Justine sérieusement amoureuse et Les Futures vies de Justine []

Suivre la balle (philosophie basket-ball)

mars 12th, 2011 Posted in Mémoire | 10 Comments »

Quand j’étais au Lycée, j’avais une prof de sport, madame Testaud, qui n’avait pas totalement perdu espoir en moi dans certaines disciplines, et notamment, le basket-ball — il faut dire que sans être un géant, je faisais plutôt partie des « grands ». J’arrivais régulièrement à prendre la balle, à m’approcher du panier et à lancer, mais je marquais plutôt rarement. En fait je m’arrêtais, je visais avec concentration et je tirais, sans trop de résultat. Et cette madame Testaud me disait chaque fois « Tu dois suivre la balle ! ». Je n’y ai d’abord pas prêté attention, mais elle insistait, « suis la balle ! ». J’ai essayé de comprendre ce qu’elle voulait dire par là mais l’injonction, plutôt simple en apparence, me semblait finalement un peu absurde à la réflexion : comment ça, suivre la balle ? Pourquoi faire ? On marque ou on ne marque pas, non ? Une fois le lancer exécuté, à quoi bon continuer à courir ?
Mais j’ai fini par faire ce qu’on me demandait en abandonnant l’ambition de comprendre, j’ai suivi la balle. Et j’ai commencé à marquer.

« Suivre la balle », dans mon cas, ça a signifié, très concrètement, que je n’ai pas abandonné le ballon après l’avoir lancé mais que mon geste s’est inscrit dans une continuité cinétique : courir, envoyer, continuer à courir, rattraper la balle si le coup est manqué,… Au fond ça ne s’explique pas très bien, ça ne s’argumente pas, ça s’expérimente, comme toutes les actions qui engagent le corps et son intelligence spécifique1.
Mais au delà du basket-ball, de la balistique et du sport en général, j’ai conservé cette idée de « suivre la balle » que j’essaie de m’astreindre à appliquer à un certain nombre des choses que je fais. Je dis que j’essaie, parce que ce n’est pas forcément ma pente naturelle. « Suivre la balle » signifie alors être vraiment dans ce qu’on fait, ne pas faire les choses à moitié, ne pas croire qu’il suffit de lancer une idée, mais accompagner son évolution, ne pas seulement produire une œuvre (artistique ou autre — dans mon cas un site internet ou un livre sur le langage Processing, par exemple), mais la rendre publique, puis s’intéresser à la manière dont elle sera reçue, l’archiver ou documenter son existence, etc.

(image : photogramme extrait du neuvième épisode de la belle et terrible série The Wire)

  1. Les grands sportifs ont souvent des phrases obscures qui, si on les applique, fonctionnent. Par exemple Bruce Lee : « Le bon praticien d’arts martiaux n’est pas tendu, mais prêt », « Je ne crois pas en Dieu, je crois au sommeil », « Les pensées sont des objets », « Ce qu’on cherche, ce ne sont pas les branches, ce sont les racines », « Il faut suivre le flux, s’écouler dedans (…) rien n’est fixe », etc. []

Trois ans

mars 8th, 2011 Posted in Le dernier des blogs ?, Personnel | 15 Comments »

Ce blog, ouvert le 8 mars 2008, fête son troisième anniversaire. L’air de rien, il s’en est passé, des choses, en trois ans, et le projet a beaucoup évolué puisqu’il s’agissait au départ de continuer mes cours à l’école d’art du Havre en fournissant aux étudiants des liens ou des documents iconographiques pour compléter mon propos, y compris le plus anecdotique. Peu à peu, j’ai commencé à avoir d’autres lecteurs que ceux pour lesquels ces pages étaient prévues et, avec Nathalie qui avait le même besoin avec ses étudiants à ce moment-là, j’ai ouvert un nouveau blog plus spécifiquement destiné à accueillir des compléments de cours.

Je racontais l’an passé tous les articles publiés pendant les deux premières années. Depuis, j’ai parlé télévision (2), chatroulette, mémoires universitaires, Science-fiction, j’ai tapé sur la psychanalyse, j’ai parlé du financement de la musique numérique, j’ai invité des amis à raconter leurs jeux vidéo, je me suis penché sur la question des Rroms, j’ai épluché la revue Planète à la recherche de mentions de la cybernétique, j’ai raconté les transplanteurs, j’ai livré ma vision subjective de Wikipédia, je me suis intéressé aux frères Bogdanoff (2) (3), j’ai parlé de mes rapports avec Facebook (2) et avec le téléphone portable, avec ce que j’appelle la « société savonnette » (2),… Bref, il y a à présent six-cent trente huit billets à lire ici, auxquels il faut ajouter quatre-vingt quinze articles à l’état de brouillon plus ou moins avancé. Malgré des thématiques disparates, je commence à voir où je veux en venir avec ce blog. Pas trop tôt.

À côté de ça, j’ai continué à collaborer régulièrement avec le magazine Amusement, plusieurs de mes articles ont été repris par Culturevisuelle et par Owni, plate-forme journalistique à qui j’ai aussi soumis des articles inédits sur des sujets plus directement politiques ou plus engagés que ceux traités ici : la question de la burqa et celle des rroms, notamment.
Avec mon excellent collègue Jean-Michel Géridan, j’ai publié un livre sur le langage Processing, mais ça ne s’arrête pas là puisque je dois remettre incessamment le manuscrit d’un autre livre à un autre éditeur, ce à quoi je dois ajouter quelques projets plus ou moins concrets avec d’autres co-auteurs ou tout seul, mais je préfère n’en rien dire avant que quoi ce soit ait sérieusement pris forme. Je dois ajouter le lancement, à l’école d’art du Havre, d’une revue (la date du premier numéro n’est pas fixée).
Bref, une année plutôt remplie, finalement.

En passant, un bon anniversaire à Graphism.fr (trois ans pile aujourd’hui aussi),  et à Olympe et le plafond de verre, qui nous a précédé de quelques jours dans le même âge.

(illustration : Les Tracts, par Kao Cha et Houa San-tchouan, publié en français par la maison du livre de Shanghai en 1965)

The terminal man

mars 4th, 2011 Posted in Ordinateur au cinéma | 5 Comments »

J’avais déjà parlé ici du roman L’Homme terminal, par Michael Crichton, ce Jules Verne moderne et américain décédé en 2008.
J’ai enfin pu me procurer l’adaptation filmée, édité en DVD aux États-Unis1.
Sorti en 1974, The Terminal man est réalisé par Mike Hodges, à qui on doit Get Carter, Pulp, et surtout le réjouissant Flash Gordon de 1980.

Harry Benson (George Segal) est un programmeur informatique d’une intelligence supérieure qui, depuis un traumatisme crânien, souffre d’une forme atypique d’épilepsie le plonge régulièrement dans un état de rage incontrôlable, ce qui a fini par faire de lui un homme très dangereux, notamment pour sa famille. Il accepte de devenir le cobaye d’une expérience inédite : son cerveau va être relié en permanence à une interface informatique de la taille d’un timbre poste, alimentée par une pile atomique, qui permettra de stabiliser son humeur, un peu comme un pacemaker réguler le rythme cardiaque.

Pour corser un peu l’affaire, Benson a développé une psychose : il est convaincu que les ordinateurs sont les ennemis de l’espèce humaine et planifient sa destruction ou son contrôle. Il n’était peut-être pas le candidat idéal pour subir la première transplantation neuronale d’un ordinateur.

Pour être précis, ce n’est pas exactement un ordinateur qui est implanté dans le cerveau de Benson, mais une connexion à un ordinateur extérieur. C’est ce qui explique que le récit se nomme L’Homme terminal.

Un peu comme dans The Andromeda Strain (1971), le scénario insiste sur le protocole scientifique : conférence préparatoire, opération, tests, etc. L’opération est interminable, mais filmée de manière suffisamment précise pour rester regardable. On n’éprouve pas de peine à imaginer que l’auteur est aussi celui qui allait créer la série Urgences vingt ans plus tard.
On pense beaucoup à l’imagerie de la conquête spatiale, d’autant que les médecins sont équipés de véritables scaphandres.

Un travail intéressant est fait sur le son de cette séquence : on n’entend presque rien sauf lorsque les chirurgiens parlent. Puisqu’ils portent des masques étanches, leurs conversations doivent être amplifiées et leur parole est couverte par un bruit blanc, comme avec un talkie-walkie. De temps à autres, un instrument fait un bruit surprenant en étant posé ou manipulé. À un moment, une alarme électronique retentit avec violence pour signaler un problème potentiel.

Une fois l’opération effectuée, les scientifiques testent leur gadget. Depuis une console, ils s’amusent à stimuler une des quarante connexions placées dans le cerveau de Benson. Lorsque l’on appuie sur un premier bouton, le cobaye pense à un sandwich au jambon. Il n’a pas faim, ni envie de quoi que ce soit mais c’est cette pensée qui lui vient spontanément.

Chaque fois qu’ils appuient sur un nouveau bouton, les médecins provoquent des réactions diverses chez le patient : fou-rire, régression,… Ils parviennent notamment à rendre Benson dégoulinant de lascivité, au grand embarras de Janet Ross, la psychiatre qui se trouve avec lui dans la salle pour l’interroger sur ses sensations. Il y a un peu de perversité, ou en tout cas de potacherie un rien phallocrate, chez ces scientifiques qui attendent que la situation ne soit pas loin de dégénérer pour faire passer Benson à d’autres idées.

Le dispositif est en tout cas un succès : lorsque la première crise de démence s’annonce, l’ordinateur la détecte et y remédie en envoyant d’autres stimulations à Benson.

Le soir qui suit les premiers essais, alors que tout le monde célèbre ce succès en tenue de soirée, l’informaticien qui surveille le système est inquiet : les crises sont bien neutralisées, mais depuis l’implant, le délai qui les sépare ne cesse de raccourcir. Ce même soir, Benson échappe à la surveillance du policier qui était en faction devant sa porte. Aidé par sa maîtresse, une danseuse, il s’enfuit en voiture, livré à lui-même.

Lorsqu’une nouvelle crise survient, Benson assassine sa maîtresse et continue à poignarder son lit de manière compulsive et obsessionnelle.

Les médecins et la sécurité tentent d’abord de retrouver Benson sans déclarer son absence à la police. Il y a une assez bonne scène où on les voit tous, dans l’hôpital, chuchotant en tenue de soirée et tentant calmement de reconstituer les évènements.

Lorsque l’on découvre la corps de la danseuse, il est clair que Benson est plus que dangereux et toutes les forces de police sont mobilisées pour retrouver. Après avoir tué un prêtre à qui il était venu se confesser, et après avoir démoli un robot dont il avait écrit le programme, Benson se rend chez Janet, avec de mauvaises intentions.

Sans paniquer, Janet tente de se servir de son téléphone, puis se défend de son assaillant à l’aide d’un couteau de cuisine. Blessé, Benson parviendra à démolir en partie la porte de la salle de bains où s’est réfugiée sa psychiatre, mais finira par s’en aller.

On ne connaît pas son projet exact, mais il atteint finalement un cimetière. Retrouvé dans une excavation prévue pour accueillir une tombe, Benson est finalement abattu depuis un hélicoptère malgré la tentative de médiation de Janet.

Comme souvent chez Crichton (Jurassic Park,  Mondwest, Looker, Runnaway, etc.), le récit suit un fil tragique et sans surprise : des scientifiques ou des ingénieurs commencent par se lancer dans une expérience. L’expérience réussit parfaitement, mais ses conséquences mal anticipées provoquent une catastrophe qu’il convient ensuite de gérer au mieux. Même s’il pointe du doigt une certaine inconséquence de la science triomphante, Crichton n’a rien d’un néo-luddite et il me semble que sa philosophie de la science peut être résumée à « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».

The Terminal Man a été un échec commercial retentissant, et une expérience sans doute frustrante pour son scénariste, éjecté du projet en cours de production parce qu’il n’avait pas suivi le roman d’assez près, roman dont il était pourtant lui-même l’auteur. Les plans sont assez beaux, et tout est bien fait, mais l’ensemble est un peu morne. Je retiendrais surtout le rôle cérébral et sensible de Janet Ross, tenu par Joan Hackett, actrice disparue prématurément en 1983 à l’âge de quarante-neuf ans.

  1. Mon édition de ce film ne comporte pas de sous-titres, même pas en anglais. En revanche elle est équipée d’un système anti-piratage pénible qui a failli m’empêcher de réaliser des captures de photogrammes. En essayant plusieurs ordinateurs et plusieurs logiciels je m’en suis tiré, mais il n’en reste pas moins scandaleux que les éditeurs pénalisent régulièrement leur clientèle en fournissant des produits ostensiblement soupçonneux : les questions de Zones ou les insupportables clips de propagande contre le piratage ne touchent que ceux qui ont dûment acquis les DVSs. []

La Gaîté Lyrique

mars 3rd, 2011 Posted in Cimaises, Interactivité | 11 Comments »

La Gaîté Lyrique se situe à un jet de pierre de la sortie du métro Réaumur-Sébastopol, côté Square Chautemps. Après un certain nombre de péripéties, la ville de Paris y inaugurait hier un centre d’art dédié aux arts numériques et aux musiques actuelles.

Une billetterie a été installée sur le boulevard Sébastopol. Il fallait avoir réservé par Internet. Un couple âgé demande avec raison comment faire, si l’on n’est pas connecté. Aucune solution mais : « ne vous inquiétez pas, ce n’est que pour l’ouverture, ensuite il y aura une billetterie normale à l’intérieur,… ». Eh oui, mais à ce moment-là, l’entrée sera payante !

Pour ces journées inaugurales, l’encadrement est très important : des gardiens filtrent l’entrée de la rue Papin, puis l’entrée du théâtre, et à l’intérieur, une foule de jeunes médiateurs accostent le chaland pour lui dire qu’il faut commencer par ceci ou par cela, prendre tel escalier dans tel sens et pas dans tel autre, ne surtout pas passer par là parce qu’il y a des artistes qui répètent, etc.

À l’entrée, un panneau nous informe que nous sommes susceptibles d’être filmés par les œuvres. On comprend vite pourquoi devant le dispositif Assembly où les visages des visiteurs sont exposés en une gigantesque mosaïque. Le son qui accompagne ces portraits est un peu cliché, un peu gratuit. En fait il provient d’une autre installation.

Au niveau -1, se trouvent deux (je pense) œuvres basées sur la lumière et le son dont je n’ai pas vraiment compris quel était leur degré d’interactivité exact, mais c’est plutôt beau à voir.
Un groupe est formé devant une porte : les gens veulent voir Room 101, œuvre spécialement créée pour cette exposition. On entre par dix pour trois minutes de spectacle. La file est longue, tant pis pour cette fois. Ce n’est pas tant d’attendre qui m’embête, que la promesse d’être enfermé pendant trois minutes. J’éprouve de plus en plus de déplaisir lorsque je me sens piégé ou puni par des œuvres. Peut-être que celle-ci est très bien.

Tout est dû à United Visual Artists, un collectif britannique connu entre autres pour son travail avec Massive Attack. Comme souvent avec les arts numériques et a fortiori avec les installations qui reposent sur la lumière, les œuvres sont montrées dans le noir. Du coup on ne trouve pas bien les informations que l’on aimerait trouver : titre et date des œuvres notamment. Peut-être que ce n’est pas important. Le thème général est censé être celui du panoptique.
Au rez-de-chaussée se trouve Dans la chambre sonore, une petite pièce capitonnée où les United Visual Artists présentaient un système d’éclairage génératif répondant à une œuvre sonore du britannique Scanner, qui s’est inspiré des poésies de Charles Baudelaire. Premier contact un peu stroboscopique et irritant, j’en suis sorti assez vite tout en me disant malgré tout que ça n’avait pas l’air mal.

Gros succès pour l’installation située au second étage, un écran qui se fait passer pour un miroir où l’on voit émerger doucement notre image, avec un certain délai, comme s’il s’agissait d’une autre personne. Le public est plutôt fasciné et y reste un certain temps. La salle est lumineuse et agréable. On y voit aussi un écran géant où défilent les noms des partenaires du lieu et un bar constitué de modules lumineux assez jolis que l’on retrouve à plusieurs autres endroits dans le bâtiment. Derrière le bar, on aperçoit juste des robinets à bière-pression et des canettes de Red-Bull dans un frigo dont la porte est transparente.
Les modules lumineux sont une excellente idée, ils permettent d’éclairer sans violence certains lieux plongés dans la pénombre.

Très généralement, je trouve l’aménagement du lieu vraiment réussi, et l’accord entre les parties historiques sauvegardées et les éléments architecturaux plus récents fonctionne très bien. L’ensemble a un aspect science-fiction seventies revisité, on pense à 2001, Demon Seed, Solaris, Logan’s Run, Cosmos 1999, etc.
Je verrais bien un uniforme rétro-futuriste pour le personnel du lieu.

En passant, j’entends des petites dames qui tentent de se souvenir : « ça avait duré combien de temps, Planète Magique ? ». Elles doivent être du quartier, pour se souvenir du nom. Planète Magique, c’était ce parc à thèmes installé dans le théâtre il y a vingt ans par Jean Chalopin, le Walt Disney français des années 1980 (Inspecteur Gadget, Cités d’or, Ulysse 31, etc.).

Je dois être honnête, je me suis senti un peu indifférent aux œuvres présentées. Pas hostile, car rien n’est mauvais, mais indifférent car rien ne me surprend particulièrement. Mais ce n’est pas très important. Ce qui compte, c’est que le lieu promette, et il promet beaucoup.

J’ai beaucoup apprécié l’espace documentaire, situé au premier étage. On peut venir y lire des revues et des livres relatifs aux arts numériques dans des domaines pointus : le paysage, le corps, la lumière, les données, le code,… J’ai repéré du coin de l’œil quelques livres que je sais devenus un peu rares. Il y a une section de bandes dessinées.

Toujours au même étage se trouve un espace enfants où l’on trouve des livres précieux destinés au plus jeune public et qui jouxte une salle dédiée aux jeux vidéos.

Personnellement, je parie sur la réussite de ce lieu. Je n’ai aucun doute sur le fait que j’y reviendrai. Je suis curieux de voir à quoi ressemble la grande salle de spectacle, inaccessible pour cause de répétition lorsque je suis passé à côté. Vue du dehors, elle semble très impressionnante.

La boutique de la Gaîté Lyrique est située à côté de l’entrée. Elle est donc accessible indépendamment. Elle est tenue par l’équipe du magazine Amusement. Outre la littérature et les objets directement liés aux expositions, on trouve des livres sur les arts numériques et des objets très divers relatifs à cette culture, allant des geekeries un rien régressives (peluche Mogwai de Gremlins, modèle réduit de la DeLorean de Back to the future) à des objets rares ou beaux.

Jade 108U

mars 2nd, 2011 Posted in Bande dessinée | No Comments »

Jade, que j’ai connu il y a près de vingt ans et qui était un fanzine, puis un magazine distribué en kiosques, puis un webzine, est à présent une revue de seize centimètres par vingt-deux, au dos carré, dont chaque numéro traite du monde de la bande dessinée : rapport des auteurs à leur œuvre ou à leur public et vice-versa.
Jade 456u parlait par exemple du premier livre ; Jade 200u, des médias ; Jade 606u, du festival d’Angoulême ; etc. La numérotation étrange ne suit pas un ordre chronologique, mais désigne en fait la valeur Pantone de la couleur utilisée en couverture.

Le dernier numéro, Jade 108U, qui sort tout juste des presses d’impression et devrait être disponible partout dès le 3 mars, traite du rapport entre la bande dessinée et le « numérique ». Les blogs, les blogueurs, Facebook, les forums, la critique, et divers sujets liés sont abordés par des textes et (surtout), par des bandes dessinées.
Au sommaire :  La révolution numérique par Maël Rannou & Yvang, Tout nouveau, tout beau, toi-même ! par Wilizecat, Le numérique, c’est facile par Anthony Rageul, Une histoire vraie par Pascal Jousselin, Pourquoi je n’aime pas Facebook par Obion, Bastien Vivès vu par Thibaut Soulcié, Changement d’adresse par Pierre Druilhe, Une partouze avec des schtroumpfs allemands par Rémy Cattelain, Romuald par Jean-Baptiste Blandin, La critique d’une critique par BSK, Hello Dave ! par Terreur Graphique (qui plagie de manière hilarante 2001: a space odyssey), Un langage à la mode par James, Étude de mœurs par Émilie Plateau, un entretien avec Thomas Cadène par James à propos de Les autres gens, Si loin, si proche par Pochep, Jean de la lune raconte la bande dessinée numérique par Fabrice Erre, Blog-man par Archie, Scènes quotidiennes de la vie ordinaire par Fabcaro, Entre les mains des winners par Pascal Jousselin, Puissance maximum par Cubi, Technologies par Fifi, L’enfer des forums par James et Sylvain Ricard, le dernier épisodes des Correspondances par Guillaume Guerse & Marc Pichelin, À confesse par Nicolas Moog.
J’y ai pour ma part écrit quelques pages sur le rapport entre bande dessinée et Internet.

Sauvés (Fabcaro, "Scènes quotidiennes de la vie ordinaire")

L’ensemble constitue un instantané du rapport entre des auteurs de bande dessinée dite « indépendante » et cet objet tellement à la mode actuellement qu’est le monde numérique. Il y a les blasés, les enthousiastes, les prudents, les eschatologues, et ceux qui s’amusent d’eux-mêmes et des autres en attendant de voir.
On pourra sans doute regretter le caractère extrêmement franco-français du contenu des interventions, et notamment la mienne, qui ambitionnait de donner une perspective historique au sujet et qui aurait donc pu ou dû être un peu plus ouverte sur le monde.
Certaines observations me semblent en tout cas extrêmement pertinentes.

Quatre-vingt huit pages pour seulement sept euros et cinquante centimes !

Portes ouvertes à l’École Supérieure d’Art du Havre

mars 1st, 2011 Posted in Après-cours, Dans la boite-aux-lettres | 34 Comments »

Les samedi 12, lundi 14 mars, mardi 15 et mercredi 16 mars 2011 se tiennent les portes ouvertes à l’École Supérieure d’Arts du Havre, 65 rue Demidoff.
L’ouverture des portes de l’école aura lieu samedi 12 mars à 14h00.
L’affiche est de Laura Bruneau, 2e année communication.

Deux expositions seront inaugurées samedi : Villa des oiseaux (atelier Territoires singuliers), au 20 rue Massillon, à 15h00 ; Espagnolades et autres pièces (François Martin) dans la galerie de l’Esah, à 17h00.
Le jour de l’ouverture, Céline Pollet réalisera des portraits des visiteurs et, de 14h à 18h, l’atelier se sérigraphie fonctionnera sans interruption.
Tous les jours, les étudiants guideront les visiteurs parmi les divers ateliers de l’école. De nombreuses expositions seront proposées au public, dont une exposition-vente de multiples d’étudiants.

Pour en savoir plus et se renseigner sur les dates de concours et les modalités d’inscription à l’école : esah-lehavre.fr.

Processing World Tour, première étape

mars 1st, 2011 Posted in Processing | 2 Comments »

Le jeudi 24 mars à 19h30 à la bibliothèque universitaire centrale du Havre, Jean-Michel Géridan et moi-même présenterons le langage Processing et notre livre, Processing : le code informatique comme outil de création.

La rencontre sera animée par Damien Olivier, professeur d’informatique à l’Université du Havre et membre du laboratoire LITIS. L’affiche est de Virgile Laguin.
La bibliothèque universitaire centrale se situe au 25, rue Philippe Lebon, 76600 Le Havre. Entrée libre.

En parlant du livre, j’en ai aperçu deux exemplaires, bien en vue, à la Fnac des Halles :

Cette fois, ce n’est pas moi qui leur ai demandé de l’acheter ! (promis, après ça, je cesse de photographier ce malheureux livre dès que je le croise quelque part).

Atelier VGhAck

mars 1st, 2011 Posted in Dans la boite-aux-lettres | No Comments »

Organisé par le département informatique et par le département arts de l’Université Paris 8, l’atelier VGhAck sera consacré à expérimenter et à détourner le signal vidéo.

« En expérimentant nous verrons comment prendre le contrôle et détourner le signal vidéo passant de l’ordinateur à un écran, jouer entre soudures, interrupteurs, programmes informatiques et regarder l’image comme un signal électrique. Novice ou expérimenté, vous êtes bienvenus à cet après-midi de découverte et partage ».

L’atelier se tiendra au « bocal » (Salle A187), le jeudi 3 mars 2011, de 15h à 19h.
Université Paris 8 : 2, rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis.
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13).
Contact : edouard1983 (chez) gmail (point) com et hugo (point) deo (chez) gmail (point) com.