Profitez-en, après celui là c'est fini

Recadrage intelligent

octobre 31st, 2009 Posted in Images | 23 Comments »

En commentaire à mon récent billet sur les formats d’écran, Erwan (Iconique.net) évoque les technologies de redimensionnement intelligent que l’on développe depuis quelques années et qui permettent de compacter une image après analyse de son contenu. Les éléments jugés importants ne sont pas ou pas trop déformés tandis que les autres le sont.
C’était l’occasion de tester cette technologie…

fewdollars

Pour effectuer mes tests, j’ai repris un plan tiré de Pour quelques dollars de plus, de Sergio Leone, dont la proportion 2.36:1 pose des problèmes lorsqu’on souhaite le diffuser sur un téléviseur standard, dont le rapport est de 1.33:1.

seamcarving1

Les opérations sont plus ou moins automatisées puisque l’on peut, de manière optionnelle, décider quelles zones on veut épargner et quelles zones on accepte de sacrifier.

seamcarving4
J’ai testé plusieurs logiciels librement utilisables : Seam Carving GuiLiquid resize retargetIntuimage et Le logiciel rsizr (en ligne). Il semble que cette technologie ait été intégrée à Adobe Photoshop CS4 sous le nom « échelle basée sur le contenu » — traduction douteuse de « Content Aware Scaling » (mise à l’échelle consciente du contenu), mais je n’ai pas Photoshop CS4 sous la main pour faire des essais.

seamcarving2

Les résultats obtenus sont plus ou moins heureux (et jamais supérieurs à ce que ferait un bon retoucheur photo à mon avis), mais l’opération peut être quasi-invisible si le changement d’échelle est raisonnable ou si l’image est vraiment adaptée (mer, ciel). Les rendus les plus outrées, qui tassent visuellement les éléments de l’image comme on range une valise mais sans compréhension de leur sens ou de leur hiérarchie, peuvent être assez amusants.

seamcarving3

Les inventeurs du principe, Shai Avidan et Ariel Shamir (Mitsubishi Electric Research Labs ; Interdisciplinary Center) ont présenté au Siggraph 2008 une implémentation du Seam Carving pour le traitement vidéo. Le travail du programme sur les images animées peut être facilité par leur nature puisque le mouvement permet de mieux comprendre les contours des objets et de mieux les distinguer du décor.

Terminaux portables

octobre 31st, 2009 Posted in Filmer autrement, Parano | 7 Comments »

Il y a quelques jours je m’interrogeais sur les capacités des terminaux portables qu’emploient les contrôleurs de la SNCF : il m’avait clairement semblé voir une caméra là où le contrôleur m’assurait qu’il n’y avait, je le cite, que « de l’infra-rouge », technologie dont l’évocation me semblait absurde, bien que l’hypothèse d’une confusion entre laser et infra-rouge soit plus que plausible : ces terminaux servent bien souvent à scanner les codes-barres et il y a peu de raisons de penser que l’optique que j’ai aperçue sur celui-ci ait un autre usage.

psionlirelasuite

Parmi les commentateurs du billet, qui ont émis des hypothèses diverses, Wood a mené une enquête fructueuse au terme de laquelle il apparaît que depuis deux ans, les contrôleurs SNCF sont équipés de terminaux « Workabout pro » de marque Psion Teklogix, terminaux qui embarquent une application développée sur mesure par la société Unilog Management et sont reliés par liaison radio bluetooth, à une petite imprimante. Les contrôleurs ont troqué les six kilos de documentation qu’ils devaient avoir sur eux en permanence contre quelques centaines de grammes d’informatique portable. Avec ces terminaux, ils peuvent notamment scanner les puces RFID des « pass Navigo », lire les billets virtuels achetés par téléphonie mobile, consulter en temps-réel sur Internet le trafic du réseau SNCF et en connaître tous les horaires, émettre des procès-verbaux d’infraction,… Tout ça pour aboutir à une « Rénovation du métier de contrôle et de service à bord : la relation commerciale avec les voyageurs est améliorée, et les remontées commerciales générées par les contrôleurs sont plus rapides et plus fiables »1. Décors et costumes par Christian Lacroix.

Sur Internet, on peut trouver toutes les spécifications des terminaux « Workabout pro » ainsi que celles de leurs modules optionnels — l’intérêt de ces machines, outre leur robustesse, réside en effet en partie dans leur capacité à être améliorés par l’ajout de périphériques divers2.
Il s’agit en fait de véritables petits ordinateurs dotés d’un écran VGA (640×480 pixels), de 128M de mémoire vive et d’un processeur intel PXA270 (typiquement utilisé pour les dispositifs mobiles) cadencé à 520 MHz. Ces terminaux communiquent en WiFi 2,4Ghz, Bluetooth, GSM/GRPS quadri-bande et UMTS/3G+ tri-bande — autant dire qu’il vaut mieux ne pas être « électro-sensible » pour exercer le métier de contrôleur. À tout cela s’ajoute un module d’identification radio qui peut lire une puce RFID passive (comme celle des cartes Navigo) située à une distance qui, selon l’option choisie, va de quelques centimètres à près de deux mètres cinquante. Il n’y a en revanche pas de module GPS, mais puisqu’il est possible d’ajouter des cartes d’extension « PC Card », une telle extension est envisageable facilement.

2DslimpodMais la caméra ?
On peut en option ajouter à ces terminaux divers « modules imageurs » pour la lecture de codes-barre à une dimension (les bons vieux codes-barres, quoi), mais aussi de modules destinés à la lecture de codes-barres à deux dimensions — qu’on ne devrait pas appeler codes-barres du coup, mais de QR code, DataMatrix, etc. Si les lecteurs de codes 1D peuvent reposer sur une technologie laser, ceux qui traitent les codes 2D sont en revanche de bêtes caméras CMOS (d’une résolution de 1 Mégapixels dans le cas de celles-ci, ce qui est plutôt mieux que les caméras qui équipent la plupart des dispositifs d’espionnage). L’interprétation du code est ensuite effectuée par traitement logiciel.
Je ne vois pas quel titre de transport avec code 2D est utilisé sur le réseau Transilien (banlieue) mais on peut raisonnablement supposer que c’est en prévision d’une telle utilisation que les terminaux « Accelio » sont équipés de ces caméras. Néanmoins, il suffit d’adapter le logiciel pour faire de ces terminaux non seulement des caméras mais même des webcams. Précisons pour finir que ces terminaux sont équipés d’un microphone.

Un peu de science-fiction

Avec un tel terminal, on pourrait par exemple réaliser le portrait des personnes verbalisées (car quand le contrôleur rédige son procès-verbal, la caméra se trouve précisément face au voyageur verbalisé), et transmettre ce portrait via Internet, par exemple, à des logiciels d’identification par les traits du visage, technologie dont le développement s’accélère et dont l’utilisation future est clairement prévue par les autorités, ainsi qu’en attestent les instructions qui nous sont données pour les photographies d’identité (lire le précédent article Ne souriez plus, le petit oiseau va sortir).
En dehors de l’image et du son, les codes d’identification RFID situés dans un rayon de 2,5 mètres peuvent aussi être scannés et transmis à ceux que cela intéresse. Actuellement, l’identification des individus par puce RFID ne semble appliquée qu’à certains animaux dont la traçabilité est importante ainsi qu’aux titulaires de pass « Navigo » et de passeports biométriques mais avec la baisse du coût de cette technologie et sa miniaturisation extrème, on peut imaginer une extension aux cartes d’identité nationale et aux cartes « vitale », en attendant le jour où il sera jugé plus pratique et plus sûr de les installer sous l’épiderme de chacun. Si «l’homme est un document comme les autres» (Olivier Ertzscheid), il est aussi en passe de devenir un objet comme les autres dans les mailles du fameux « Internet des objets ».

Toutes les transmissions entre le terminal et des services situés sur le réseau peuvent se faire à l’insu de l’agent de contrôle (transformé en scanneur mobile) et ne réclament aucune prouesse technologique puisque ces terminaux tournent sous système Windows CE et se programment notamment en C++ ou en Java, on peut difficilement imaginer un matériel plus standard.

identificationcontrole

J’ignore si ces possibilités sont d’ores et déjà mises en œuvre mais en tout cas, elles sont du domaine du faisable.
On va me dire que je donne des idées à nos autorités de contrôle et de surveillance, mais je doute que celles-ci aient besoin de moi pour avoir de l’imagination en la matière car comme en attestent de nombreux indices, la tentation du contrôle est irrésistible dès lors que la technologie est disponible, et elle devient même une évidence si cette technologie est discrète et quasiment intraçable3.
Paranoïaque, moi ? Sûrement.
De nos jours on aurait tort de se retenir de l’être car la technologie progresse à pas de géants et personne ne peut se vanter d’avoir une vision complète de son usage actuel, potentiel ou futur.

  1. Lire : 10.000 contrôleurs SNCF roulent avec un WORKABOUT PRO, sur le site lirelasuite.com et ACCELIO : une nouvelle ère à bord des trains sur le site infolignes. []
  2. Voir la liste des accessoires sur le site de Psion. []
  3. Je m’attends à ce qu’on me dise que la même chose est aussi aisée avec n’importe quel téléphone portable. J’en conviens. []

La qualité d’image : formats

octobre 29th, 2009 Posted in Dans le poste, Images | 7 Comments »

Forcé un beau jour de patienter une heure avant un train, je me suis installé dans un café où j’ai alterné ma lecture avec le visionnage de clips diffusés sur un téléviseur géant. L’écran était plutôt beau et de bonne qualité, mais la chanteuse Beyoncé qui se dandinait était terriblement tassée. C’est un classique : l’image, d’un format panoramique à l’origine, avait été inscrite dans un écran 4/3 (avec des bandes noires en haut et en bas pour meubler) pour être ensuite étirée au format physique 16/9 de l’écran. Cet écran, de plus d’un mètre de diagonale, était d’une marque réputée et notamment réputée pour sa chèreté : je crois bien qu’il a dû coûter pas loin de 2000 euros.
Voilà l’affaire en résumé : un cafetier a dépensé 2000 euros pour que ses consommateurs subissent (dans une certaine indifférence) des clips qui montrent la chanteuse Beyoncé Knowles applatie.

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J’ignore le format de l’image au départ, et c’est bien le problème que l’on rencontre actuellement : les téléviseurs ont un certain format physique, mais ils doivent s’adapter à des images prévues pour être diffusées dans d’autres formats. Pour bien faire, il faudrait modifier constamment les réglages des téléviseurs.

beyonce_single_ladies2

Le problème n’est pas tout à fait neuf, il existe dans l’autre sens depuis que la télévision diffuse des films de cinéma. En effet, si le format cinéma 16mm a bien une proportion de 4 x 3 (ou 1,33:1) comme la télévision (ce qui explique que les séries TV aient traditionnellement été tournées en 16), le format 32mm est déjà légèrement plus allongé (1,375:1), et les formats plus larges le sont évidemment encore plus : c’est le cas du 1,66:1 (ou 5×3) et du 1,85:1, qui sont les formats les plus courants (respectivement européen et nord-américain) du long-métrage.
Ne parlons pas du fameux cinémascope (2,36:1) et des nombreux formats extra-larges comparables.

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La multiplicité de ces standards est due à des impératifs industriels : comment, avec des films de même largeur (16, 35 ou 70mm) perforés de manière normalisée (et révélant les images en fonction des dites perforations) obtenir le meilleur compromis entre qualité visuelle et économie de pellicule, tout en conservant de la place pour la ou les bandes magnétiques sonores ? Des solutions arithmétiques et/ou optiques (l’image est écrasée à la prise de vue et étirée à la projection, comme en Cinemascope par ex.) diverses ont été brevetées, avec une incidence non-négligeable sur la diffusion des films puisque chaque procédé impose un matériel de projection adapté.

Il est intéressant de savoir que le passage des films de cinéma à la télévision induit aussi une distorsion temporelle. En effet, les films de cinéma sont généralement tournés à 24 images par seconde mais sont diffusés à la télévision à une cadence 25 images par seconde. Un film de 90 minutes au cinéma fera seulement 86 minutes et 15 secondes, c’est à dire qu’il aura perdu 3 minutes et 45 secondes. Pour la même raison, le son sera parfois rendu légèrement plus aigu qu’à l’origine.

La nouveauté, avec la diffusion télévisuelle, c’est que ces problèmes ne concernent plus le projectionniste mais seulement le propriétaire du téléviseur et du lecteur de DVD, invité à se débrouiller sans y connaître grand chose et, bien souvent, sur la base d’informations très incomplètes car les DVDs, notamment, sont souvent très mal documentés sur ces sujets.

Lire ailleurs : Aimez-vous l’image télévisée en haute déformation ? (Iconique.net) Les formats de projection (Wikipedia).

Écrans pour ne rien dire

octobre 28th, 2009 Posted in Dans le poste, Images | 10 Comments »

Je m’interroge sur le besoin constant de meubler l’espace d’un point de vue visuel et parfois sonore : est-ce que les cafés de gare seraient si tristes sans de grands écrans braillards ? Est-ce que l’on refuserait de manger dans certains restaurants si l’on n’était pas accaparés par des programmes musicaux ou visuels non-sollicités ?
On nous parle actuellement du coût écologique d’une requête effectuée avec Google (0,0003 kw/h), mais que penser des millions ou des milliards de kilowatts/heure qui sont dépensés par des écrans 35″ ou 46″ disposés dans l’espace public ?
Je ne parle pas des écrans effectivement regardés, mais de ceux qui affichent une image illisible ou un message sans intérêt. Florilège :

ecrans_pour_rien

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tntzadrou1

tntzadrou2

Parfois aussi, on préférerait que rien ne soit affiché plutôt que d’apprendre qu’on se trouve dans un ascenseur géré par un programme défectueux (merci Christian pour la photo) :

ascenseur

Aventure et énigme

octobre 27th, 2009 Posted in Images, Personnel | 30 Comments »

trainParis-Conflans-Sainte-Honorine, pas plus tard que tout à l’heure : contrôle. Je sors un billet, ce n’est pas le bon, un second, ce n’est pas le bon, au quatrième il était clair que j’avais composté un vieux billet et que j’étais en fraude. Enfin plus ou moins clair car le contrôleur me parle sur un ton ironique, persuadé de ma culpabilité et persuadé aussi que je m’apprête à lui raconter une longue histoire (à quoi bon ?), à protester (je suis en tort) ou à l’insulter — chose que je ne ferais jamais car j’ai une commisération infinie pour ce genre de profession franchement ingrate où l’on est haï par les uns et méprisé par les autres et où il n’existe plus la moindre place pour une quelconque action positive.
Je ne resquille jamais sciemment (ou du moins la dernière fois remonte à vraiment longtemps) mais ça m’arrive, je manque un peu d’organisation il faut croire. Et puis surtout je ne sais pas lire les tickets : comment savoir si le billet composté dans le métro est celui que je viens d’utiliser (et avec lequel je peux continuer mon trajet) ou un ancien ?
Les indications ne sont claires que pour les contrôleurs. D’ailleurs j’aurais bien pu être dans mon bon droit sans le savoir, je n’ai pas de moyen de le dire : un compostage clair (« Gare Saint-Lazare le 27/10/09 à 16h10 », par ex.) arrangerait tout le monde, enfin presque puisque les fautifs de bonne foi seraient en moins grand nombre.

terminalcontroleurs

Peu importe : j’ai tort, je paie — et il faut se dépêcher, ma gare arrive.

Le contrôleur a sorti son terminal portable et prend ma carte-bleue : 25 euros « seulement » — trois heures de smic tout de même — car j’ai sur moi, entre mes billets mal compostés, d’autres qui ne le sont pas.
En regardant le terminal du type je me suis aperçu d’un détail étrange, un œilleton qui ressemblait furieusement à un objectif de mini-caméra.
Je lui demande : « c’est une caméra ? À quoi ça sert ? »
Sa réponse me plonge rétrospectivement dans une certaine perplexité : « Ah ça monsieur, ça n’a rien à voir avec une caméra, c’est pour l’infrarouge ». Il a ajouté quelque chose du genre « Il y a des caméras partout mais pas encore là-dedans ».

Outre le fait que ça ne ressemblait pas à un dispositif infrarouge (ni émetteur ni lecteur), je ne vois pas vraiment à quoi un « infrarouge » peut servir sur un terminal de ce genre (échanger des données, oui, mais n’est-ce pas un peu ringard et lent pour ce genre d’appareil ?), et puis il me semble avoir distinctement vu qu’il s’agissait d’une optique, donc même si c’était de l’infrarouge, ç’aurait été une caméra infrarouge. Je n’ai pas remarqué de mince trou qui signalerait un microphone, mais les choses sont allées un peu vite.
En tout cas, ça ressemblait à n’importe quel objectif de caméra numérique de ce genre :

cameras_numeriques

Je suis vraiment curieux de savoir de quoi il s’agit. Si vous êtes contrôleur, si vous fréquentez un contrôleur, si vous travaillez chez Sagem, Thalès, ou autres constructeurs de ce genre de terminaux et que vous pouvez m’en parler, m’envoyer une photo ou de la doc, n’hésitez pas (lafargue chez cegetel point net). On croise ces engins tous les jours mais au fond comment fonctionnent-ils, que contiennent-ils exactement (lecteur RFID, lecteur de puces, lecteur de carte-bleue, mais encore ?), sont-ils en réseau ? Ceux qui les manipulent savent-ils eux-mêmes exactement ce qu’il y a dedans ?

Mauvaise journée en train pour moi… Le matin j’ai dû attendre vingt minutes et sauter mon repas avant le cours car j’avais raté mon train : celui-ci était parti avec trois minutes d’avance.  « Normal » m’a expliqué la jeune fille du guichet « les horaires sont en temps réel maintenant ». Horaires en temps réel ça signifie qu’il ne faut surtout pas avoir confiance dans les horaires !

L’ordinateur des pompes funèbres

octobre 26th, 2009 Posted in Lecture | 2 Comments »

ordinateur_pompes_funebresÀ nouveau en série-noire, mais cette fois il ne s’agit pas de Science-Fiction, L’Ordinateur des pompes funebres (1973), par Walter Kempley. Publié en anglais en 1972 sous le titre The Probability Factor, le livre a connu un certain succès en France puisque l’on continue à le rééditer ici et qu’il a même eu les honneurs d’une adaptation au cinéma par Gérard Pirès en 1976, avec Jean-Louis Trintignant, Bernadette Lafont , Mireille Darc, Lea Massari et Claude Piéplu, notamment.
L’auteur, un américain né en 1927 et décédé en 2001 s’est principalement illustré comme scénariste pour la télévision (The tonight show, Saturday night live, Happy days).

Le héros du roman, Frederick Benson, est un perpétuel insatisfait : son mariage avec une femme acariâtre qui le nourrit de foie et de gruau d’avoine, Gloria, le rend malade et il décide de la tuer pour vivre sa liaison avec sa secrétaire délurée, Miss Howell. Mais sa secrétaire s’avère moins intéressante que Verna, l’épouse de son collègue de bureau, si douce et attentionnée. Fred se débarrasse du mari avec l’aide indirecte de Miss Howell qui quitte la ville et son emploi. Mais voilà, si Verna cuisine bien, si elle lave et repasse parfaitement les chemises, elle s’avère être une amante glaciale : est-il possible de vivre avec elle une moitié du temps tout en séduisant une charmante professeur de danse ? Et que faire de Turner, un de ses chefs qu’il trouve particulièrement horripilant ? Fred est lâche au dernier degré, comme on le voit, et incapable de résoudre le moindre de ses problèmes relationnels autrement que par le meurtre, activité qui lui semble plutôt naturelle une fois qu’il y a eu pris goût.
Ce qui est intéressant ici c’est le mode opératoire de l’assassin : il utilise les probabilités pour commettre ses meurtres. Notant très précautionneusement les moindres habitudes de ses futures victimes, il effectue des recherches dans la base de données de sa société (d’assurances) et y trouve les détails statistiques qui mènent droit à l’accident : absence de tapis de bain, ampoule trop faible, bain moussant trop glissant, conditions d’énervement, etc. Chaque meurtre est réalisé sur mesure et sans intervention directe de l’assassin qui, finalement, ne fait jamais que créer les conditions de la mort accidentelle de ses victimes.

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Dans le roman d’origine, l’ordinateur n’est pas décrit mais on suppose un gros système tel que ceux de la série IBM 370, qui avait cours à l’époque, programmable par cartes perforées. Dans le film, quatre ans plus tard, c’est la célèbre calculatrice programmable HP65 qui est l’arme du crime : l’objet était non seulement à la mode à l’époque mais il s’avère nettement plus filmogénique. En revanche ces calculatrices servaient précisément à calculer ne pouvaient avoir aucune utilité pour des études de probabilités statistiques.
Enfin, sur la couverture de mon édition du livre (1985), la machine montrée est basée sur les micro-ordinateurs de marque Amstrad.

Débâcle à Cybernia

octobre 26th, 2009 Posted in Lecture | No Comments »

cybernia_1973J’ignorais que la célèbre « Série Noire » de Gallimard contenait des ouvrages de science-fiction en dehors des Racines du mal, de Maurice G. Dantec. Débacle à Cybernia, paru en 1973, (Série noire n°1578, sorti en anglais un an plus tôt sous le titre Cybernia), peut d’ailleurs être qualifié de roman « noir » autant que de roman de science-fiction, de la même manière que l’on peut dire du Alphaville de Godard qu’il est autant un film de science-fiction qu’un « film noir » — genre dont il emprunte du reste les codes et l’esthétique. Aux États-Unis, Cybernia a été publié comme roman de science-fiction.
L’auteur, Lou Cameron, a eu une carrière discrète mais bien remplie : né en 1924, il a été journaliste de faits-divers, auteur de plus d’une soixantaine de romans sous divers noms, mais aussi dessinateur de bande dessinée et illustrateur. Son roman Un furet dans le métro a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky sous le titre Le Furet.

Le début du récit nous plonge dans les histoires d’ordinateurs tueurs et despotes qui étaient alors en vogue (2001: a space odysseyColossus, l’épisode Killer de la série The Avengers, etc.).
Le héros du récit, Ross Mac Lean, informaticien, est appelé à l’aide par un l’ancien mari d’une de ses amies à l’école, Ed Morton, qui se trouve aux prises avec l’ordinateur central de la petite ville dont il est le maire. Cette ville, Cybernia, fondée en 1950 est assez particulière puisque tout y est géré par la machine. J’ignore  quel nom est donné à cet ordinateur en anglais mais dans la version française, il prend le savoureux nom de « bidule à gamberge » — sobriquet qui fait très « Série noire » pour le coup.
L’ordinateur semble avoir des mouvements d’humeur, certaines de ses réponses paraissent insolentes, ce qui est inquiétant. Plus grave, une vague de décès accidentels endeuille la communauté et même si personne n’ose le dire, c’est bien l’ordinateur qui est soupçonné par chacyb car à chaque fois, des systèmes automatisés sont en cause. Je ne vais pas raconter le dénouement du livre (inspiré par Un bonheur insoutenable d’Ira Levin ?), mais je note deux détails intéressants. Tout d’abord la présence d’un robot féminin dédié au plaisir de son concepteur — un ingénieur sans vie sociale — qui fait penser à Stepford Wives, toujours d’Ira Levin, sorti la même année ; Ensuite, la mention de la responsabilité informatique et la résignation face aux pannes : Qu’un boucher triche sur le poids avec une balance mal réglée et il n’a pas la moindre chance d’invoquer une erreur mécanique que l’esprit humain n’aurait pu corriger. Mais qu’on supprime le crédit de quelqu’un ou qu’on lui lessive son compte en banque à cause d’une erreur d’ordinateur, tout le monde a l’air de prendre ça pour une visite du bon dieu.
On ne peut pas dire que Débâcle à Cybernia soit un chef d’œuvre de la littérature de science fiction ni de la littérature policière. C’est juste une pièce à ajouter au dossier des fictions dont l’action se situe dans une ville cybernétique contrôlée par un ordinateur despote.

Le buzz, le bourdon

octobre 25th, 2009 Posted in Interactivité, Personnel | 4 Comments »

Bourdon_wolfpixIl y a deux semaines, j’ai écrit à chaud un billet dans lequel je racontais la genèse du site jeansarkozypartout.com et son surprenant  succès, qui s’inscrivait dans un large mouvement d’hilarité générale autour de la question de la simili élection annoncée de Jean Sarkozy à la tête de l’établissement public d’aménagement du quartier de la Défense.
Le succès du site a été tel, la journée du lundi 12 octobre, que j’ai été forcé de louer un second serveur en catastrophe pour ne le consacrer qu’au fonctionnement de ce site. Je l’ai loué pour un mois seulement, plutôt conscient du caractère éphémère de l’évènement.

On peut consulter ci-dessous les statistiques de ce second serveur. Puisqu’il n’a commencé à être accessible que le 12 un peu avant minuit, on ne voit pas les connexions qui précèdent ce moment et qui sont encore supérieures à celles des journées suivantes. Les statistiques du 13 sont incomplètes aussi, car les noms de domaine mettent un petit temps à être parfaitement diffusés et, selon les personnes, c’est un serveur ou l’autre qui ont été accessibles.

Au total, j’ai calculé que jeansarkozypartout.com avait eu plus de 150 000 visiteurs uniques en deux semaines, dont les trois quarts au cours des deux ou trois premiers jours du « buzz ». Pour donner un ordre de comparaison, c’est deux fois plus que l’audience qu’a eu le présent blog depuis son lancement, il y a un an et demie. 150 000 personnes, c’est aussi deux fois la capacité du Stade de France.
Pour un vague site réalisé en deux jours, c’est un chiffre conséquent.

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La première leçon qui en découle est relativement évidente : la durée de vie d’un « buzz » est courte, et je parie que plus le mouvement est intense et plus c’est vrai, la lassitude étant proportionnée à l’intensité de l’évènement.

Dans le cas très précis de ce site, la brièveté de l’intérêt du buzz s’explique par la baisse de qualité du rapport signal/bruit. En effet, les premiers tweets qui ont été recensés (de manière automatisée) par le site étaient authentiquement absurdes et souvent drôles : « Jean Sarkozy sait faire une omelette avec des œufs Kinder », « Jean Sarkozy élu à l’Académie Française », « Danette se lève pour Jean Sarkozy », « La Suisse est un pays limitrophe de Jean Sarkozy », « Papa, c’est un iPod que je voulais, pas un epad ! », etc.
Mais très rapidement (et notamment, je le crains, à cause de mon site et de la publicité qu’il pouvait apporter à certains), le mot-clé #jeansarkozypartout a été associé à des messages à caractère promotionnel et souvent hors sujet, tels que « vous ne trouverez pas Jean Sarkozy sur http://viens-voir-monsite.com » (la première fois c’est amusant, mais des centaines d’auteurs de sites sur des sujets divers ont eu ensemble cette « idée ») ou « Jean Sarkozy joue aux jeux en ligne sur http://webmaster-aux-abois.com ». Ce parasitage intéressé d’un mouvement populaire et spontané a à mon avis beaucoup joué dans l’effondrement du soufflé.
D’autres auteurs de « tweets » ont écrit, avec plus de pertinence sans doute mais avec le même effet fatal, des messages dénués d’humour : imprécations politiques, slogans mobilisateurs, insultes diverses.

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Seconde leçon, le buzz dépasse ceux qui y participent.

Certains ont rappelé la responsabilité de Florent Latrive (Libération), qui a lancé le tag #jeansarkozypartout sur Twitter, mais ce rappel a toujours été fait à titre purement anecdotique : c’était l’étincelle, rien de plus.
Quant à mon site, son succès m’a tout autant dépassé : il ne fonctionnait pas encore complètement et je ne l’avais annoncé à personne quand la presse a commencé à me contacter et m’a appris que plusieurs dépêches d’agences internationales avaient été émises. On m’a rapporté une dizaine de passages à la télévision (LCI, TF1, France 2, Canal+), j’ai pu lire des dizaines d’articles de supports de presse majeurs (Le Monde, Libération, Le nouvel observateur, le Times), de sites d’information généralistes (Mediapart) ou spécialisés (01, PCimpact). Or à quelques rares exceptions près, je n’ai reçu aucune demande d’autorisation de publication ou de reproduction d’images, même pas du journal Le Monde qui a carrément reproduit in exenso dans sa newsletter un de mes posts publiés sur le présent blog.
Mon invisibilité dans l’affaire ne me dérange pas du tout (au contraire, à vrai dire), mais elle démontre à elle seule que ce qui compte ici, ce n’étaient ni les auteurs du buzz, ni même la forme du buzz (un site qui collecte des tweets contenant le hashtag #jeansarkozypartout, c’est tout de même un peu compliqué à expliquer à la plupart des gens, et dans l’absolu, ce n’est sans doute même pas réellement intéressant), mais le buzz lui-même.
Je dois par ailleurs créditer Nathalie de l’idée du mash-up visuel : mélanger Jean Sarkozy avec le graphisme moqué du site de Ségolène Royal, c’était à soi seul un gag extrêmement efficace, notamment pour une diffusion télévisuelle, car si le site Désirs d’avenir était de l’anti-Internet, c’est en revanche (et pour cause) un site visuellement adapté à être montré de loin.

Troisième leçon : le buzz se passe de précision, de justice ou de vérification.

On a ainsi pu voir une vidéo représentant un présentateur de la télévision allemande mort de rire en évoquant la nomination de Jean Sarkozy à l’Epad, or cette vidéo, même si elle a été montrée par Canal+ ou M6, est un pastiche grossier ainsi que tout germanophone aura pu le vérifier puisque ce que dit le présentateur n’a aucun lien avec le sujet (n’étant pas germanophone moi-même, j’ai pris les images pour argent comptant). Un extrait du journal télévisé chinois a aussi fait le tour du web sans que personne fasse remarquer que le portrait qui illustrait le propos était un cliché « people »  pris il y a des années et qui exagérait nettement la jeunesse du sujet.
Ainsi, tant que dure le scandale, tout peut être dit de n’importe quelle manière en toute impunité, notamment dans la presse ayant pignon sur rue. Le buzz, ce n’est donc pas de l’information, c’est de l’émotion, de l’humeur.

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Quatrième leçon : un buzz apparemment négatif peut brillament profiter à son sujet.

En effet, si Jean Sarkozy avait été élu en catimini à la tête de l’Epad, sa crédibilité aurait été extrêmement médiocre y compris au sein de son propre parti, et sa réputation serait restée désastreuse, il aurait été considéré comme un simple pion sur l’échiquier de son père. Au contraire, en étant au centre de toutes les attentions pendant dix jours, ce jeune homme — qui n’est jamais qu’un des quatre mille conseillers généraux français et qui briguait la présidence d’une institution certes importantes mais largement méconnue du public — a pu passer au journal télévisé national et être largement interviewé par Le Parisien/Aujourd’hui— le quotidien le plus vendu en France. Bon performer, bien conseillé, infiniment moins agité que son père, il en a profité pour remiser son image de gamin en jouant la carte de l’apaisement et de la responsabilité, jusqu’à renoncer à être élu au poste qui lui était reproché. D’un seul coup, tous ceux qui s’étaient engagés contre sa nomination à la présidence de l’Epad se sont retrouvés plus désarmés que victorieux, je pense que le jeune homme, en déclarant forfait, restera le grand vainqueur de l’affaire : il s’est subitement offert une existence médiatique nationale. Il devient évident que, comme le disait Siné, « il ira loin ce petit ».
Internet et les réseaux sociaux ont fait la preuve de leur puissance, bien sûr, mais pas tellement de leur pouvoir politique réel ou de leur intelligence : une caisse de résonance plus qu’un think tank. Non que les internautes soient bêtes — il y a eu des centaines d’analyses passionnantes et pertinentes de la question sur des blogs ou dans la presse « pure player »1 — mais le succès du buzz a reposé sur un mouvement essentiellement irréfléchi (auquel j’ai bien évidemment été le premier à participer).
Enfin, le président y a lui-même gagné, car malgré un interventionnisme minimal et pour le moins comique (un discours sur le mérite scolaire en pleine affaire Jean Sarkozy), il est apparu comme celui qui terrorise tellement ses propres alliés que ceux-ci ont été capables de dire, sans que ça leur ait été demandé sans doute, les pires bêtises pour défendre l’élection de Jean Sarkozy : entre la veulerie des uns qui prétendent qu’un gamin de vingt-trois ans est le plus compétent d’entre eux et le culot d’autres qui transforment le principe de la discrimination positive en une vaste blague2, on ne peut pas dire que beaucoup de personnalités majeures de l’UMP soient sorties grandies de l’affaire.

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J’ai eu l’idée (un peu tardive) de permettre aux visiteurs du site jeansarkozypartout de m’envoyer leurs commentaires par le biais d’un petit formulaire. Il y a du boire et du manger dans le résultat. Beaucoup de slogans, d’analyses superficielles ou d’insultes adressées à Jean Sarkozy — comme si ce formulaire était une sorte de dépôt d’aigreurs citoyennes diverses —, pas mal aussi de demandes de publicité (pouvez-vous parler de mon site car moi aussi je suis contre…) et puis au milieu de ça, quelques remarques en rapport avec le site lui-même.
Notamment :

On parle encore français en France SVP ! C’est quoi « tweet » à part « pas français » ? Est-il si scandaleux d’aimer la francophonie en France ??? Pour être compris et afin d’éviter la catastrophe identitaire, il faut utiliser des mots français SVP ! Merci d’avance.

… Si on laisse de côté ce que certaines formules (est-il scandaleux d’aimer la francophonie en France / Catastrophe identitaire) laissent supposer des opinions politiques de l’auteur du message, il y a bien un problème de vocabulaire : que faire de cet embarrassant mot « tweet » ?  J’ai peur que pour l’instant on risque tout de même moins d’être compris en parlant de gazouillis qu’en utilisant le mot tweet !
Enfin, cette triste réflexion d’une mère de famille, qui évoque le fait que je me présentais comme enseignant sur le site :

(…) bonne continuation et pourtant je n’aime pas les enseignants escusez ma franchise,ils ne m’ont jamais rien apportés dans la vie,ni a mes enfants,

… Triste pour tout ce que cela implique à un niveau fondamental du rapport entre le citoyen et la république, au niveau qui est peut-être le plus important de tous : l’éducation. La question entre bien évidemment en résonance avec l’affaire Jean Sarkozy et avec le discours du père de ce dernier à propos du lycée.
Je ne suis pas prof du secondaire, mais je dois dire que j’admire ceux qui tiennent le coup dans cette profession tant ils semblent aujourd’hui considérés comme incapables d’agir positivement sur le destin de leurs élèves : on leur reproche tous les échecs, mais on ne les crédite de rien de bon. Il est bien possible que toutes les institutions de la république, politiques compris, soit englobée dans ce ressentiment.

Derrière le « buzz », au delà de l’emballement médiatique éphémère, beaucoup de vraies questions, finalement.

  1. Pure Player : médias d’information qui ne sont diffusés que sur Internet, comme Rue89, Mediapart, Le Post ou Slate. []
  2. Luc Chatel : « On veut interdire l’élection à un candidat sur la base de son origine, de sa jeunesse, je ne sais pas ce qu’on va trouver la prochaine fois, la race? » (sic) ; Rachida Dati : « C’est comme le procès qu’on a fait pendant des années à des personnes qui n’habitaient pas forcément la bonne adresse, qui n’avaient pas forcément le bon patronyme, qui n’avaient pas forcément la bonne origine » []

Livret étudiant à l’Esad de Strasbourg

octobre 25th, 2009 Posted in Études | 2 Comments »

J’en ai vu des livrets de l’étudiant en école d’art, au fil des années, mais jamais aucun qui contienne trois-cent seize pages (dimensions : 26x15cm, plus d’1,5 cm d’épaisseur). Il ne s’agit que du livret d’étudiant en phase « programme » (les trois années qui mènent au DNAP).

LivretEtutdiantStrasbourg

Et encore, l’ouvrage ne contient pas l’emploi du temps qui fait l’objet d’une publication annexe. C’est à ça que ressemble le guide de l’étudiant des Arts décoratifs de Strasbourg — mon aînée, qui y étudie, est revenue visiter ses parents le temps du week-end.

Amusement 6

octobre 24th, 2009 Posted in Amusement, Brève, Interactivité | 1 Comment »

Le sixième numéro d’Amusement, le magazine hype des cultures interactives, est sorti en kiosque avec comme thème le bug. On notera entre autres des interviews de Gregory Chatonsky, Xavier Veilhan, Riad Sattouf, Étienne Mineur, et de divers créateurs issus du monde du jeu vidéo.
Le numéro est lui-même « buggué » (grande question, doit-on écrire bogué, bugé, buggé, buggué ?…), avec visuels et typographies altérés, pages renversées, etc. Il existe deux couvertures différentes :

Amusement6

Les rédacteurs de ce numéro sont Étienne Armand Amato, Oscar Barda, François Bliss de la Boissière, Alexis Blanchet, Abdel Bounane, Léo Bourdin, Vincent Brunner, Sarah Constantin, Sylvain Dermy, Antonin Gaultier, Jean-Noël Lafargue, Géraldine de Margerie, Sylvain Menètrey, Julien Morel, Philippe Nieuwbourg, Camille Paloque-Bergès, François Pannequin, Étienne Rouillon, Brice Roy, Éric Simonovici, Pierrick Thiébault, Rémi Vermont ; Les photos et les illustrations sont signées Sébastien Agnetti, Xavier Barrade, Isabelle Bonjean, Élodie Campéanu, Gregory Chantonsky, Barnaby Coote, Nicolas Coulomb, Creativesweatshop, Clément Dauvent, Danakil, Vincent Desailly, Matthieu Deluc, Éric Faivre, Théo Gennitsakis, ill Studio, Wataru Ishida, Guillaume Jolly, Khuong Nguyen, Fabrice Laroche, Romains Laurent, Marc Da Cunha Lopes, Florian Kleinefenn, Aurélien Marrel, Florian Marrel, Mathilde Nivet, Alexis Raimbault, Guillaume Trouvé, Quentin Vijoux, Grégoire Vieille et Pierre Vanni.