Un fil à la patte

Le secrétaire d’État au numérique Cédric O explique dans un article publié sur Medium comment traiter les réfractaire qui, comme moi, n’ont pas de téléphone mobile ou ne disposent que d’un téléphone pas très smart :

Pour ceux ne possédant pas de smartphone, une partie de l’équipe est dédié à essayer de trouver une autre solution — par exemple, un boitier ou un bracelet qui permettraient de se passer des téléphones

…Ce qui est admis implicitement ici ce n’est pas qu’un bracelet électronique est un substitut au téléphone mobile intelligent, c’est bien qu’un téléphone mobile est une forme de bracelet électronique1.

Bracelet électronique, photographie de Jérémy-Günther-Heinz Jähnick / Wikimedia Commons / Cc-by-sa 3.0

J’imagine que beaucoup de parents le savent déjà puisque c’est précisément pour avoir l’illusion de maîtriser les déplacements et de s’assurer de la disponibilité de leur progéniture adolescente qu’ils équipent leurs enfants de téléphones — beaucoup me l’ont très explicitement dit.
Mais ont-ils conscience d’être, eux aussi, en liberté conditionnelle ?

  1. Je ne comprends pas bien le « boitier » proposé comme piste de réflexion alternative au bracelet électronique : un boiter qu’on promène avec soi ? [↩]

Une fenêtre par écran (1999)

Dans « Angel », épisode 1 (1999)

Le héros fait des recherches sur Internet, en utilisant autant d’ordinateurs qu’il a de pages web ouvertes ! Est-ce que c’est pour faire comprendre l’activité au spectateur (comme on placerait plusieurs livres ouverts sur une table) ? Est-ce parce que les navigateurs et la connexion étaient lents ? Heureusement qu’on a inventé les onglets depuis !

Les recettes

Le Hollywood reporter signale le 8/1/2020 que Warner Bros compte s’équiper d’un système d’IA destiné à automatiser la prise de décisions. La machine donnera le feu vert à telle ou telle production de film en fonction de choix algorithmiques. On sait que les IAs peuvent produire des observations inattendues, comme c’est le cas d’un programme inventé pour prédire l’âge d’une personne sur une photographie, qui a « par lui-même » déterminé que le meilleur critère pour le faire était la forme du lobe de l’oreille, détail qui échappe à notre conscience.
Mais on sait aussi que les IAs qui prennent des décisions ne peuvent déduire le futur qu’en répétant le passé. Or les succès (critiques, publics, patrimoniaux) au cinéma ou en série télévisée concernent régulièrement des œuvres inattendues, tandis les choix trop rebattus, les académismes, les automatismes, finissent par lasser les spectateurs, qui, bien que cherchant souvent à retrouver des émotions passés, constatent par eux-mêmes que l’intensité du plaisir baisse avec la répétition.

Au fond ce choix de Warner (qu’il soit suivi d’effets ou pas) est surtout le symptôme d’une vieille ambition de l’industrie (culturelle ou non) : trouver des recettes, des choses qui fonctionnent à tous les coups… Ou encore faire croire aux investisseurs éventuels que l’on a trouvé une martingale. L’Intelligence artificielle n’est donc pas ici une menace pour la création artistique, c’est plutôt le support d’une rêverie, l’idée qu’il existe un moyen pour échapper à la versatilité du public.

Fibre et parasol

Cormeilles-en-Parisis, le 06/07/2019

Il paraît que la fibre ne progresse pas dans mon quartier car ce placard avait été oublié sur les plans de la ville, et les récentes vagues de travaux de réfection de la chaussée n’en ont pas tenu compte. La bonne nouvelle est que ce placard a été retrouvé. Ce matin, deux ouvriers y triaient des fils, sous un parasol à fleurs. Je leur ai demandé si je pouvais prendre une photo, mais il a fallu reformuler ma question en anglais car ils étaient lusophones.