Mes jeux (9) Myst, par Frédérique Santune
juillet 12th, 2010 Posted in Invité, Mes jeux | 8 Comments »(le dernier blog invite Frédérique Santune pour la série Mes jeux)
J’ai toujours très peu joué. En 1997, je lis et je fais de la photographie argentique. Du calme, du posé. J’étudie, entre autre, l’infographie, avec circonspection. Certains de mes amis, hors cours, sont plus impliqués : la machine, c’est tout un monde. Un monde en soi mais aussi un petit monde à créer. Je finis par entendre parler de Myst. Le jeu est sorti en 1991/93. Mon interlocuteur est enthousiaste, laudateur ; il dispose d’une connexion illimitée à internet, quelque chose de relativement enviable, il peut donc parcourir les forums à la recherche d’indices. Le principe d’une collecte de signes à recouper m’intrigue fortement ; on me prête donc le CD-ROM que je fais tourner sur mon 6400.

Le rythme du jeu est lent ce qui n’est pas un mal puisque celui de mon ordinateur l’est aussi. L’image est très belle, en 3D, 256 couleurs : « ce pourrait être mieux », me dit-on. Pour le moment, cela me suffit. J’aime la progression en vue subjective. Les paysages sont impressionnants et surtout, très vides — pas âme qui vive. Pas besoin de faire appel à des réflexes défensifs que je n’ai pas, ni d’ailleurs, besoin d’être un acrobate du joystick — je garde en effet le funeste souvenir du corps de Lara Croft, noyé quatre fois, abandonné dans une grotte sous-marine dont, bien-sûr, je n’avais pu l’extraire. Renoncement un petit peu coupable. Dans Myst, il y a seulement des énigmes à résoudre. Je n’ai pas la responsabilité d’un corps, juste celle d’un point de vue.
Dans un premier temps, je ne me lasse pas d’ouvrir et de refermer le livre bleu (rouge?) qui contient une petite vidéo. Je m’extasie devant tel ou tel mécanisme d’ascenseur, tout a été pensé dans le moindre détail, les machineries ont un bruit de métal et c’est très chouette. Je me promène beaucoup. Je progresse peu.
Je ne résous seule aucune énigme ; ce n’est ni par frustration ni par fainéantise, simplement, il est plus convivial de partager sa quête, de bénéficier de l’expérience des amateurs confirmés. L’intrigue elle-même passionne peu. C’est le challenge qui semble compter, avoir su voir ce que les autres n’ont pas vu, avoir été le plus observateur, le plus malin. Le bruit court, par ailleurs, qu’il existerait des raccourcis : la quête est à la fois dans le jeu et sur Internet. Là, je comprends que c’est quand même autre chose que de jouer à Pac-Man.
Je reste en possession du CD-ROM pendant un mois environ. Je le rends sans être arrivée au terme de l’aventure. Pour moi, le temps de ce jeu aura été comme de grandes vacances en apnée dans des fonds marins anachroniques.








J’avais sans doute autour de quatorze ans et j’étais chez un ami qui était très fier de me montrer son nouveau jouet, un Amiga dernière mouture : interface graphique, souris, véritable système multi-tâche, et guru meditations à la clef. C’était assez impressionnant même si, habitué à bidouiller sur des interfaces texte, je ne voyais pas trop ce que je pourrais faire de tout ça. Enfin, je ne garderais aucun souvenir de ceci si à ce moment mon ami n’avait pas lancé un jeu qui venait tout juste de sortir — et qui s’appelait SimCity.











