HAL9000
novembre 16th, 2010 Posted in Ordinateur au cinéma, Ordinateur célèbre | 31 Comments »
Depuis que j’ai créé une page intitulée Ordinateurs célèbres sur le présent blog, j’ai dû recevoir une bonne vingtaine d’e-mails de lecteurs qui tenaient à me faire remarquer que j’avais négligé de parler de HAL9000, l’ordinateur de bord de la mission Discovery One dans le film 2001 l’odyssée de l’espace (1968).
À dire vrai, je ne l’avais pas oublié, Hal est sans doute l’ordinateur « conscient » le plus célèbre et le plus évident de l’histoire du cinéma, mais puisque la page que j’ai dédiée aux ordinateurs de fiction se borne à faire la liste de ceux sur lesquels j’ai écrit un article, il n’y figurait pas jusqu’aujourd’hui.
J’ai un peu traîné des pieds avant de m’attaquer à un monument tel que 2001, car c’est un film dont les admirateurs — et ils sont nombreux — ne cherchent pas nécessairement à faire l’analyse, préférant, me semble-t-il, le traiter comme une œuvre perceptive, sensorielle, ce qui correspond d’ailleurs à ce que voulait Kubrick, qui disait de 2001 que c’était une expérience non-verbale, qui n’avait pas plus vocation à être expliquée qu’une symphonie de Beethoven1. Kubrick considérait par ailleurs que le scénario de 2001 était ouvert à l’interprétation subjective du spectateur.
Il y a pourtant bel et bien une trame précise dans le récit, trame que la lecture du roman d’Arthur C. Clarke, écrit en même temps que le scénario du film, permet d’appréhender un peu mieux. Le livre donne moins d’importance au personnage de HAL que le film mais permet malgré tout nettement mieux de comprendre ce qui motive ses actions.
La comparaison entre le film et le roman ou entre le film et sa suite (2010: Odyssey two, par Peter Hyams, 1984), est extrèmement éclairante pour qui veut comprendre le système de Stanley Kubrick. On constate en effet que les choix du cinéaste ne sont motivés ni par fidélité au texte existant ni par le souci d’être bien compris du spectateur, mais se font dans le respect exclusif de la logique interne du film. On peut tirer les mêmes conclusions d’autres adaptations par Kubrick de romans de ses contemporains, comme Lolita ou Shining, dont les auteurs respectifs, Vladimir Nabokov et Stephen King, ont jugé leurs œuvres trahies par des adaptations, tout en admettant que les films étaient bons.
L’histoire que raconte 2001 : L’Odyssée de l’espace commence il y a trois millions d’années, alors que l’espèce humaine n’existait pas encore en tant que telle. À cette période (nous dit-on) une intelligence extra-terrestre, représentée par un objet sans doute très sophistiqué mais qui a l’apparence austère d’un monolithe à la géométrie parfaite, a donné à l’homme-singe l’intelligence d’utiliser des outils, transformant cet hominidé herbivore en un animal savant, carnivore et finalement capable de commettre le meurtre de ses semblables.
Cette malédiction qui lie l’intelligence technologique à l’horreur de la guerre est sans doute une préoccupation typique de Kubrick autant que de l’époque toute entière, toujours sous le choc de l’invention de la bombe atomique. On se rappellera au passage que la course aux étoiles, sommet de l’histoire de la technologie humaine, culmine précisément à la fin des années 1960 et n’a sans doute été possible que dans le cadre de la guerre froide. On notera que pour Kubrick et Clarke, le monde de 2001 est toujours séparé en un bloc atlantiste et un bloc soviétique, qui entretiennent des rapports polis mais tendus.
Trois millions d’années après que l’histoire de l’espèce humaine a été transformée par le monolithe, des astronautes américains découvrent une anomalie du champ magnétique de la lune, dans le cratère de Tycho. Cette anomalie s’avère être causée par un monolithe noir enfoui sur le satellite naturel de la terre. De par son aspect, l’origine artificielle de cet objet ne peut faire de doute et il constitue par conséquent la première preuve de l’existence d’une autre espèce intelligente. Son ancienneté, trois millions d’années, est par ailleurs possible à estimer du fait de l’endroit où on l’a trouvé. Le gouvernement américain prend soin de cacher ce fait au reste du monde.
Alors qu’il est exposé à la lumière solaire pour la première fois depuis qu’il a été extrait du sol de la lune, le monolithe produit une émission radio en direction de la géante Saturne : le mystérieux objet était vraisemblablement une sorte d’alarme placée là pour indiquer à ses créateurs que l’homme est parvenu à l’âge spatial.

Une mission spatiale au long cours est envoyée vers Japet, le satellite de Saturne en direction duquel a été envoyé le signal. Le vaisseau contient cinq hommes et un sixième membre d’équipage, l’ordinateur de bord Hal, qui malgré sa nature informatique est doté d’une voix et d’une capacité au raisonnement. Trois des hommes sont placés en hibernation, les deux autres, David Bowman et Frank Poole, veillent sur eux. Afin que le secret de la mission soit parfaitement gardé, Poole et Bowman croient se rendre en direction de Jupiter et ignorent tout de l’excavation d’un mystérieux monolithe sur la lune. En revanche, Hal9000 est au courant de la nature véritable de sa mission. Forcé de se comporter avec duplicité vis à vis de Poole et Bowman, l’ordinateur va se montrer dissimulateur et même calculateur, au sens que l’on donne à ce mot en parlant d’humains. Il s’avérera même sans pitié : puisqu’il est persuadé de ne pas avoir besoin des humains pour mener à bien sa mission et qu’il craint que ses dysfonctionnements discrets n’aboutissent à sa désactivation, il n’hésitera pas à assassiner Poole en simulant un accident puis à tenter de faire subir un sort comparable à Bowman en laissant ce dernier à l’extérieur du vaisseau. Bowman parviendra malgré tout à survivre et à désactiver Hal.

Dans la dernière partie du récit, Bowman s’approche de la lune Japet2 et y découvre un monolithe aux proportions identiques à celui découvert en périphérie de la terre, mais cent fois plus grand. Il comprendra vite qu’il s’agit en fait d’un passage, d’une porte entre notre système solaire et d’autres mondes considérablement plus éloignés. Cet aspect est très clair dans le livre mais pas spécialement dans le film, où les explications sont remplacés par un déluge d’images, de sons et de musique, avec notamment l’emploi du choeur Lux Æterna de Gÿorgy Ligeti.

On notera que, comme c’est le cas de la plupart des personnages du cinéma de Kubrick, les décisions de Bowman sont généralement impossibles à prédire. On ne se dit pas sans cesse « il va faire ceci », « il faut qu’il fasse ceci » ni « ne fais pas ça ! ». Le spectateur ne lutte pas et n’est pas consulté, même en pensée, il est totalement passif et extérieur au récit, ce qui lui laisse tout loisir de se concentrer sur ce qu’il voit et ce qu’il ressent.
Au terme de son voyage, Bowman se retrouve à l’intérieur de ce qui ressemble à une suite d’hôtel. Dans le film, il se voit lui-même à plusieurs âges, jusqu’à son lit de mort où il semble veillé par le monolithe noir. Il est ensuite remplacé par un nouveau-né qui s’approche de la terre. Dans le livre, la pièce où Bowman atterrit est une sorte de décor manifestement inspiré par des images de télévision arrivées jusqu’à Jupiter. Le lieu, qui été conçu pour l’accueillir, contient une nourriture grisâtre à l’apparence de porridge et de l’eau. Il s’y endort puis, sous l’influence du monolithe, remonte le temps, retrouve ses sensations récentes, puis plus lointaines, jusqu’à atteindre le stade de nouveau-né. Cela l’amène à un état de conscience nouveau, il comprend plus de choses que jamais et peut se déplacer dans l’espace à sa guise.
Quand le livre se termine, il s’approche de la terre sans trop savoir ce qu’il veut faire.

Il y a peu de différences entre le film et le livre, si ce n’est dans la manière dont l’accent est porté sur tel ou tel aspect du récit. Kubrick a toujours travaillé à partir de romans ou de nouvelles, mais il ne s’est jamais astreint à respecter ses sources d’inspiration. On se souviendra de la réflexion de Vladimir Nabokov qui, à propos de l’adaptation au cinéma de son roman Lolita, avait dit que c’était un bon film mais qu’il n’y voyait aucun rapport avec son roman. L’écrivain avait même été un peu vexé non de la trahison que représentait cette adaptation, d’autant qu’il avait passé un temps considérable à écrire un scénario avec Stanley Kubrick et que ce scénario non plus n’avait pas été respecté. C’est que Kubrick, in fine, ne respecte que le film, et cela constitue à l’évidence une très grande leçon de cinéma.
Alors que le roman de Clarke relève du rationalisme et du positivisme — une intelligence extra-terrestre bienveillante aide l’espèce humaine dans son évolution vers l’âge cosmique et vers une forme de conscience supérieur3 —, le film de Kubrick est mystérieux et contemplatif, laissant le spectateur avec bien plus de questions que de réponses.
Si Kubrick n’a pas réalisé un film rationnel et aisément racontable comme l’a été le film suivant (2010: Odyssey two, par Peter Hyams, 1984), il s’est pourtant montré respectueux des faits scientifiques, ou en tout cas de l’opinion des scientifiques de son temps, et ce à un degré jamais atteint au cinéma ni avant, ni sans doute, depuis. Le réalisateur a tenu à se faire conseiller par les scientifiques qui se trouvaient au plus près des sujets traités et qui pouvaient en prédire les évolutions (Marvin Minsky pour l’intelligence artificielle, notamment — Minsky qui est d’ailleurs cité dans le livre, tout comme Alan Turing). Il était même prévu que la séance soit précédée par un petit documentaire dans lequel des chercheurs, des prospectivistes ou des auteurs de science-fiction dissertaient sur le futur, sur la question de la vie extra-terrestre et de la colonisation de la lune ou de Mars : Isaac Asimov, Margaret Mead, Jack Good,… Au total, vingt-et-une interviews qui ont malheureusement été égarées !

L’exemple le plus radical du souci d’exactitude de Kubrick est sans doute l’emploi du silence du vide spatial, ce que n’ont osé ni George Pal avec son Destination Moon (où les sons ne portent pas mais où le vide est comblé par le brouhaha d’un orchestre symphonique assommant), ni bien sûr George Lucas avec sa saga Star Wars, où les chasseurs « Tie » de l’Empire hurlent comme les avions Stukas de la seconde guerre mondiale et où la musique de John Williams, là encore, remplit le vide. Je cite ces deux films car ils entretiennent des rapports avec 2001. Le premier pour son souci de vérité scientifique affiché, et le second pour avoir marqué durablement l’histoire de la science fiction au cinéma. Destination Moon (1950) a été la première tentative de parler de manière vraisemblable du voyage spatial4, tandis que Star Wars partage avec 2001 la réputation d’avoir révolutionné les effets visuels au cinéma, d’avoir fait sortir ces derniers de l’âge du carton-pâte. Dans Destination Moon, des astronautes se plaignent des effets de l’accélération ou de la difficulté qu’il y a à avaler un cachet en gravité zéro. Dans 2001, le comique est plus discret : on voit par exemple Heywood Floyd, président du conseil astronautique, lire avec la plus grande attention les instructions des latrines pour gravité zéro de la station spatiale où il se trouve en transit : il existe dans l’espace des moments où la plus petite erreur peut coûter très cher.

Quelques reliques du film présentées dans le cadre de l'exposition Science (et) fiction à la Cité des Sciences et de l'industrie : des maquettes d'engins spatiaux et l'uniforme de David Bowman.
Quant à la comparaison avec Star Wars, elle donne à mon avis encore l’avantage à 2001 car si Lucas a soigné la logique interne de ses images presque autant que Kubrick, c’est sans tenir particulièrement compte des lois de la physique et surtout, c’est sans s’interroger sur les effets qu’une situation technologique peut avoir sur la psychologie humaine. Un vaisseau spatial dans Star Wars se conduit grosso-modo comme une voiture dans American Graffiti (du même auteur) et les voyages interstellaires ne sont pas bien différents des trajets autoroutiers californiens ; Dans 2001, se retrouver seul dans un vaisseau vide au large de Jupiter, c’est être réellement et absolument seul, seul avec le son de sa respiration, seul avec ses questions et seul avec son destin. Kubrick a démontré le premier que la science-fiction « extra-terrestre » était digne de respect5, Lucas a démontré quant à lui que la série B pouvait être digne d’attention, ouvrant la voie au cinéma actuel, qui donne les budgets les plus importants aux scénarios de films qu’on aurait jugés d’intérêt négligeable il y a quelques décennies.

Ceci dit les leçons de 2001 ont porté, par exemple avec le Silent Running (1972) de Douglas Trumbull (membre de l’équipe de 2001), le Solaris (1972) d’Andreï Tarkovski, puis avec le comique Dark Star (1974) de John Carpenter, qui a lui-même préfiguré au Alien (1979) de Ridley Scott et sans doute aussi au Outland (1981) de Peter Hyams. Des films plus récents tels que l’ennuyeux Supernova (2000) ou l’excellent Sunshine (2007) entretiennent à mon avis aussi une dette envers 2001.
Hal
Si on décale d’une lettre de l’alphabet le mot HAL, c’est bien connu, on obtient le nom IBM.
Arthur C Clarke et Stanley Kubrick ont toujours affirmé qu’il ne fallait pas y voir un clin d’œil, que c’était un pur hasard et qu’ils auraient changé le nom de la machine s’ils s’en étaient aperçus à temps.
HAL est l’acronyme de Heuristically programmed ALgorithmic Computer. Le nom a été traduit, dans l’édition française de 1968, par Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison (CARL). Les éditions françaises ultérieures, au livre de Poche, ont conservé ce nom CARL malgré la popularité du film. En revanche dans le roman 2010: Odyssée deux, HAL retrouve son nom d’origine.
Le statut exact de ce nom n’est pas clair : c’est à la fois le surnom de l’ordinateur en tant « qu’individu », c’est celui de la série à laquelle il appartient — les modèles HAL9000 —, c’est celui de la société qui l’a conçu et c’est celui de l’usine où il a été fabriqué. Dans 2001, l’existence de plusieurs ordinateurs HAL9000 est évoquée, tandis que dans 2010: Odyssée deux, l’ordinateur « jumeau » de HAL s’appelle SAL9000, dispose d’une voix féminine et d’un « œil » bleu et non rouge.
Dans le récit, on apprend que HAL a été mis en service le 12 janvier 1997, soit quatre ans avant l’expédition du vaisseau Discovery one, qui aboutit à sa mise hors-service. Dans le roman 2010: Odyssée deux, Hal est réactivé par son créateur, le docteur Chandra6, qui doit tout lui réapprendre.

La grande trouvaille de Kubrick, c’est d’avoir représenté HAL par un œil cyclope rouge et une voix calme et parfaitement équilibrée : ni suave, ni chaleureuse, elle est pourtant bien éloignée de la diction hachée et mécanique qu’avait proposé la science-fiction jusqu’alors pour ses ordinateurs « conscients ».
Souvent, les plans qui montrent l’œil sont totalement silencieux : il est alors clair que l’ordinateur réfléchit. On entend plus volontiers parler Hal lorsque l’on observe l’intérieur du vaisseau depuis son point de vue, c’est à dire sans le voir.
J’ai toujours été frappé du fait que le dysfonctionnement de Hal9000 soit lié à la représentation artistique. En effet si on est attentif, on s’apercevra que la première activité incongrue de Hal est la scène où il demande à Bowman de lui montrer ses dessins — des dessins assez morbides qui montrent les membres d’équipage en hibernation dans des sortes de sarcophages — et le félicite de ses progrès.
C’est aussi accompagné par l’art que Hal perd conscience, meurt : alors que Bowman désactive ses mémoires une par une, l’ordinateur se met à chanter la chanson Daisy Bell. Pour la petite histoire, cette balade surannée est la première chanson à avoir jamais été chantée par un ordinateur, un IBM 704, en 1961.
Les arts visuels sont donc associés à la conscience, à l’intelligence, à la quête de savoir, tandis que la musique est associée à la mémoire et, peut-être aussi, à la fuite du temps et à l’angoisse de la mort.

La nouvelle de Clarke, "The Sentinel", a été publiée en 1967 dans la revue Planète, qui précise qu'un film britannique inspiré de cette oeuvre est en cours de tournage et s'intitulera "Epic 2001". Les illustrations sont de Nicole Claveloux. Dans The Sentinel, un géologue lunaire découvre une structure mystérieuse en forme de pyramide, protégée par un champ de force. Pendant vingt ans, les humains ne savent que faire de l'objet et finissent par le détruire. Ils comprennent alors qu'il s'agissait d'une alarme laissée par un civilisation lointaine (dans le temps et l'espace) dont la destruction signifierait que les terriens ont atteint l'ère spatiale et l'ère atomique.
Il y a beaucoup de thèmes dans 2001 et dans les récits qui ont suivi : 2010: Odyssée deux ; 2061: Odyssée trois
; 3001: L’Odyssée finale (où Hal finit par fusionner avec Bowman !)
. Le présent article sert donc à poser quelques observations qui pourront être développées ultérieurement.
J’avais déjà mentionné tel ou tel aspect de 2001 dans des billets précédents, notamment : l’œil et l’ordinateur ; la presse électronique ; K2000.
- « Je n’ai jamais eu l’intention de véhiculer un message avec des mots. 2001 est une expérience non-verbale. Sur les deux heures et dix-neuf minutes de film, il y a un peu moins de quarante minutes de dialogue. J’ai tenté de créer une expérience visuelle qui dépasse les catégories verbalisées et qui pénètre directement le subconscient avec un contenu émotionnel et philosophique » — interview pour Playboy Magazine, 1968. [↩]
- Le résumé que je fais est celui du livre, car le film place le but de la mission entre les lunes de Jupiter Io et Europe. Je suppose que Kubrick a fait ce choix pour des raisons purement visuelles, l’apparence de Jupiter étant sans doute plus chaleureuse que celle de Saturne, qui est d’une grande beauté mais aussi d’un aspect froid et sans « vie » (au sens visuel). De plus, la physionomie unique de Japet, objet blanc maculé par une étrange tache noire, méconnu du public, contrairement à Io ou Europe, aurait peut-être été difficile à imposer sans autres explications que visuelles. [↩]
- Le 2001 d’Arthur C. Clarke est extrèmement proche, finalement, du Contact de Carl Sagan (excellemment adapté au cinéma par Robert Zemeckis en 1997), qui comme Clarke a été auteur de science-fiction, scientifique influent, athée convaincu mais aussi croyant prosélyte en l’existence d’intelligences extérieures à notre planète. Dans dans 2001 comme dans Contact, l’humanité doit atteindre le stade de maturité à partir duquel d’autres formes de vie intelligente accepteront d’entrer en contact avec elle. [↩]
- Sur la manière dont l’imaginaire de la conquête spatiale a influencé et peut-être même permis la conquête spatiale, je renvoie le lecteur à La lune est pour demain, par André Gunthert. [↩]
- Avant 2001, il a existé de la bonne science-fiction au cinéma, mais il s’est généralement agi de fables morales ou philosophiques : Metropolis (1927), Things to come (1936), The Day the earth stood still (1951), Invasion of the body snatchers (1956), The World, the Flesh and the Devil (1959), le série The Twilight Zone (1959-1964),… Même s’il leur arrive d’utiliser ces thématiques, aucune de ces fictions n’entendaient réellement parler d’intelligences extra-terrestres, de voyages spatiaux ou d’évènements fantasstiques. [↩]
- Chandra est le nom d’une divinité lunaire dans l’hindouisme mais qui est surtout le diminutif de Sivasubramanian Chandrasegarampillai. C’est le nom que la Nasa a donné à son observatoire spatial le plus à la pointe. [↩]






On notera la petite pique condescendante : « autant de titres de noblesse philosophique, bien sûr ». Associer ce qu’on a lu enfant à un « titre de noblesse philosophique », quoi de plus drôle en effet. On notera au passage de Benoît Peeters est crédité ici de « collaborations dans des BD ». Un peu léger, comme qualification, pour désigner le scénariste de la série des Cités obscures qui appartient sans conteste à l’histoire de la bande dessinée la plus ambitieuse.

















Continuons à explorer le mystère des terribles frères Bogdanoff en nous penchant sur leur production dans le domaine de la science-fiction.
De nombreux chapitres sont inutilement redondants et je n’ai pas été surpris d’apprendre que La mémoire double est en fait la version étendue d’une nouvelle issue du recueil 












Le cerveau de Bond enregistrait et bourdonnait,

