Profitez-en, après celui là c'est fini

Plus sulfureux qu’Onfray : Mickey, Popeye et Tintin ?

novembre 14th, 2010 Posted in Bande dessinée, indices, livre qu'il faudra que je lise

Michel Onfray n’a pas eu peur de se mettre à dos la puissante communauté des freudolâtres (Le crépuscule d’une idole : l’affabulation freudienne, 2009) ni de taper sur toutes les religions, notamment monothéistes (Traité d’athéologie, 2005). Il n’a pas eu peur non plus de bousculer les habitudes universitaires en faisant de la philosophie à la radio ou en s’engageant dans l’Université populaire de Caen. Enfin, il n’hésite pas à revendiquer une ascèse de l’hédonisme et du libertinage amoureux. Bref, quoique l’on pense de sa philosophie (dont j’ignore à peu près tout à vrai dire) et de ses positions politiques ou morales, on peut difficilement accuser le bonhomme de manquer de courage. Pourtant, son refus du conformisme trouve parfois ses limites.

Il vient de publier sur le site du Nouvel Observateur un article intitulé Pitié pour Derrida, qui s’attaque au livre Derrida, par Benoît Peeters, et à Trois ans avec Derrida, du même auteur, qui est la chronique de sa biographie du philosophe de la déconstruction. Je n’ai pas d’opinion sur le travail de biographe qu’a accompli Benoît Peeters, n’ayant lu aucun de ces deux livres. Peut-être a-t-il les défauts que lui prête Onfray et peut-être doit-on féliciter ce dernier d’être allé à contre-courant de l’opinion générale, qui se montre jusqu’ici dégoulinante de bienveillance : Libé, les Inrocks, et jusqu’à l’insupportable ennemie jurée d’Onfray, Élisabeth Roudinesco — ceci expliquant peut-être cela, d’ailleurs. Peu importe. Ce qui m’intéresse dans l’article, c’est la manière dont Onfray, qui ne donne quasiment aucun élément d’appréciation consistant, décrédibilise le projet — établir la première biographie d’un philosophe d’importance internationale récemment disparu —, en s’attaquant à son auteur et surtout, au rapport qu’entretient son auteur avec la bande dessinée.
Il était possible de présenter Peeters comme philosophe de formation, ancien étudiant à l’école des hautes études en sciences sociales sous la direction de Roland Barthes, habilité à diriger des recherches, auteur d’une biographie de Paul Valéry, d’un long (plus de six heures dans l’édition en DVD) entretien filmé avec Alain Robbe-Grillet et co-auteur d’un roman avec le cinéaste Raoul Ruiz.
Mais Onfray préfère résumer :

« Voilà un homme connu pour une biographie d’Hergé, des collaborations dans des BD et pour être un spécialiste de Tintin – autant de titres de noblesse philosophique, bien sûr – qui cherche à écrire une bio, mais sans savoir de qui ! Il se tâte : peut-être Magritte, peut-être Jérôme Lindon, pourquoi pas «une autre personnalité»… Puis il se laisse tâter par une éditrice et accepte la commande d’un Derrida… »

Beaucoup de choses dans ces lignes, non ? Hergé et Tintin sont l’emblème même de la bande dessinée, le sujet le plus banal du genre — à une certaine époque on disait qu’un essai consacré à la bande dessinée sur deux traitait d’Hergé ou de Tintin. Onfray n’a pas mentionné Chris Ware ou Rodolphe Töpffer, auteurs passionnants auxquels Benoît Peeters a aussi consacré des essais.

On notera la petite pique condescendante : « autant de titres de noblesse philosophique, bien sûr ». Associer ce qu’on a lu enfant à un « titre de noblesse philosophique », quoi de plus drôle en effet. On notera au passage de Benoît Peeters est crédité ici de « collaborations dans des BD ». Un peu léger, comme qualification, pour désigner le scénariste de la série des Cités obscures qui appartient sans conteste à l’histoire de la bande dessinée la plus ambitieuse.
Passons sur la passivité et l’indécision que le philosophe devine derrière le projet (« peut-être » ; « pourquoi pas » ; « cherche à écrire une bio » — Onfray nomme-t-il les biographies qu’il rédige des « bios », au fait ?). Pour finir, Peeters, dit Onfray, « se laisse tâter par une éditrice ». La tâteuse (?!) est une femme ! Un double déshonneur : faible devant le « sexe faible », Peeters « accepte la commande d’un Derrida »Un Derrida comme on dirait un chou-fleur, quoi. « Et un Derrida pour la p’tite dame, un ! »

En introduction, Onfray précise qu’il n’a rien contre le projet d’une biographie de philosophe, qu’il s’agit même d’une clé essentielle dans la compréhension de l’œuvre d’un penseur, opinion qu’il semble d’autant plus satisfait de brocarder qu’elle est, dit-il, « aux antipodes de l’académisme »… et qu’il est bien sûr lui-même l’auteur de plusieurs biographies de philosophes. Il reproche à Peeters d’admettre n’avoir eu qu’une « lecture flottante » (le terme est de Peeters) de l’œuvre de Derrida. Crime de lèse-académie s’il en est : si l’on n’a pas lu la totalité des livres de l’auteur dont on parle, on n’est pas censé l’avouer ! Onfray reproche aussi au livre d’aborder la vie privée de Derrida sans prendre de pincettes — et peu importe si l’histoire qui y est racontée est connue de tous et qu’il eut été ridicule de ne pas l’évoquer. Il accuse par ailleurs Peeters d’avoir effectué ses recherches sur Google…
Il conclut :

« En antidote à cette mauvaise action intellectuelle, on pourra soit lire et méditer Derrida, par exemple «Politiques de l’amitié» ou «Du droit à la philosophie» ; soit réfléchir à ce que serait une véritable biographie philosophique à même de rendre possible une philosophie de la biographie à laquelle s’essaie pitoyablement sur cinq pages le spécialiste de Tintin. Pareil chantier exige des ouvriers d’une autre trempe. »

Benoît Peeters, nous rappelle-t-on, est « le spécialiste de Tintin »1. Enfin, nous dit-on, ce chantier exige des ouvriers d’une autre trempe. Des Michel Onfray par exemple ?

Onfray est lui-même co-auteur (avec le jeune et talentueux Maximilien Le Roy) d’une bande dessinée, consacrée à Friederich Nietzsche, qui n’a pas fait autant de bruit qu’elle l’aurait pu à sa sortie, notamment parce qu’elle a paru quelques semaines avant sa biographie de Freud, mais aussi parce qu’il se publie à présent plus de dix albums de bande dessinée par jour et qu’il ne suffit plus de traiter un sujet inédit ni d’être un auteur réputé à contre-emploi et issu de la culture cultivée pour se faire vraiment remarquer dans ce domaine : de Dino Buzzati à Daniel Pennac en passant par Paul Auster, on peut dire que cela s’est déjà vu. Le livre s’est raisonnablement bien vendu, à ma connaissance, mais il n’y a pas eu de scandale.
Au chapitre de la philosophie en bande dessinée, on peut mentionner l’étonnant Logicomix, par Apostolos Doxiadis, Christos Papadimitriou, Alecos Papadatos et Annie Di Donna, copieux pavé graphique qui raconte la vie, le temps et la quête de Bertrand Russell, mais aussi de Ludwig Wittgenstein et de quelques autres philosophes ou mathématiciens liés à Russell, et auquel est associé un appareil de notes plutôt bienvenu : on y apprend ce qui relève des faits et ce qui a été uniquement imaginé par les auteurs pour les besoins du récit. On comparera cette méthode à celle d’Onfray qui semble connaître Nietzsche si intimement qu’il peut s’en faire le ventriloque : « De mon côté, je suis très respectueux de ce qu’a été Nietzsche. Il n’y a pas une bulle qui contient des mots qu’il n’aurait pas prononcés »2.

Je n’ai pas lu l’album, basé sur un scénario écrit par Onfray pour le cinéma, mais je le suppose digne d’intérêt. Bons ou mauvais, les dialogues pensés par le scénariste auront l’avantage de la parcimonie : ce que j’ai pu en apercevoir me semble avoir été inspiré, dans le découpage, par les pages les plus silencieuses de Cosey, Comès, ou même Pratt : on laisse parler le paysage. Peut-être est-ce une vision un peu kitsch du métier de philosophe ceci dit : le penseur pensif qui regarde passer des oiseaux… C’est bien, mais la bande dessinée fait de la philosophie depuis toujours, et mieux, elle le fait sans s’encombrer de la signature de philosophes patentés. Je citerais pèle-mêle Charles Schultz, Chris Ware, Nikita Mandryka, Joann Sfar, Tullio Altan, Bill Watterson, Daniel Goossens, Peyo, Raymond Macherot, David Vandermeulen, Osamu Tezuka, Lewis Trondheim, Will Eisner, Vaughn Bodé, Luciano Bottaro, Jean-Claude Forest, Fred, Al Capp, Frederik Peeters, Ibn al Rabin…

Onfray, toujours interviewé par Le Matin dimanche, semble s’excuser : « Ce qui m’intéresse, c’est de populariser la philosophie sans abaisser son contenu. Je me dis que tous les moyens sont bons : le théâtre, l’opéra, le cinéma, et pourquoi pas la BD? (…) Pour l’instant, dans le monde de la BD, je suis plutôt bien accueilli. Les gens considèrent que c’est bien que je fasse une intrusion dans cet univers-là. Mais pour la philo, à l’évidence, je vais être le pire personnage qui soit, parce que je vais prostituer la discipline, mais ça me paraît normal… (…) Pour les philosophes de profession… C’est un ghetto! Moi je transgresse ces lois en permanence, je ne fais pas partie de ce monde-là. Ça m’est absolument égal. En revanche, si quelqu’un me dit entrer dans la philo grâce à cette BD, je suis le plus heureux des hommes. (…) Je l’ai été [Lecteur de bd] comme tout le monde. Ça fait partie du patrimoine culturel d’avoir lu «Tintin» ou «Astérix». J’ai aussi aimé Reiser, Geluck… Mais je ne suis pas un grand lecteur de BD. J’ai toujours pensé que c’était une distraction, qu’une BD grâce à laquelle j’apprendrais des choses n’existait pas ». Il a dit peu ou prou les mêmes choses ailleurs, par exemple sur France Info.

Il se défend presque d’avoir lu de la bande dessinée : sur ce point il s’est contenté de faire « comme tout le monde ». S’il est séduit par l’idée d’un « cinéma du pauvre », conforme à sa vocation de philosophe populaire et s’il semble penser qu’il avait tort de croire jusqu’ici (jusqu’à ce qu’il y apporte sa touche ?) que la bande dessinée ne pouvait servir à rien d’autre qu’à distraire, on sent Onfray presque étonné de sa propre audace, persuadé qu’on voudra lui faire payer ce mélange des genres, qu’on l’accusera de « prostituer la discipline ». Mais cela ne s’est pas passé, je crois que même Alain Finkielkraut n’a pas relevé ce non-événement, c’est dire !

Il me semble que ce rapport à la bande dessinée, touchée du bout des doigts dans un projet éditorial subi avec ce que je perçois (suis-je le seul ?) comme un profond embarras, puis employée comme non-argument pour décrédibiliser un adversaire, montre de la part de Michel Onfray une mentalité infiniment plus conformiste qu’il ne pourra jamais l’imaginer.

(images : Onfray à France Info ; Benoît Peeters / Wikipédia ; le livre Derrida ; la bande dessinée Nietzsche)

  1. Pourquoi Peeters serait-il le spécialiste de Tintin, au fait ? Où sont passés Pierre Sterckx, Thierry Smolderen, Pierre Assouline, Michel Serres, Numa Sadoul, Serge Tisseron, Pierre Fresnault-Deruelle, Thierry Groensteen,… ? []
  2. Le Matin Dimanche : Onfray raconte Nietzsche dans une bande dessinée, 20 mars 2010. []
  1. 22 Responses to “Plus sulfureux qu’Onfray : Mickey, Popeye et Tintin ?”

  2. By beth on Nov 14, 2010

    Nec sutor ultra crepidam. qu’un philosophe fasse diantrement populaire soit. mais l’inverse …

  3. By Jean-no on Nov 14, 2010

    beth : Cordonnier, pas plus haut que le soulier : amusant, j’ai failli l’écrire dans l’article. C’est un peu la conclusion que je n’ai pas vraiment formulé dans l’article d’ailleurs : ce qu’on appelle « culture haute » (contre « culture populaire » ou « culture mineure »), ça peut être, comme ici, quand la circulation des idées est à sens unique : Onfray peut apporter le lumière philosophique aux amateurs de bande dessinée, mais un amateur de bandes dessinées n’a pas le droit de parler d’un philosophe.

  4. By Ksenija on Nov 14, 2010

    Ah ! si Monsieur Onfray n’apprend rien dans les BD, alors il n’y a rien à y apprendre ?
    Je ne sais pas s’il aura l’occasion de lire ce commentaire, mais je lui signale humblement que pour ma part, j’ai tout simplement appris le français dans les BD (Tintin et Astérix pour être précise) et que si je prends plaisir à lire Michel Rabagliati ou Tezamuka, je suis persuadée de n’avoir pas été la seule petite fille à prendre comme modèle Yoko Tsuno ou Natacha comme femme indépendante et déterminée.

  5. By Jean-no on Nov 14, 2010

    @Ksenija : je me demande pourquoi les jeunes filles ne s’identifient jamais à Bianca Castafiore, comme femme indépendante et déterminée :-)

  6. By david t on Nov 14, 2010

    justement, avant-hier je passe chez mon libraire et sur la caisse je vois une pile de cette biographie de derrida. je sais que peeters est à montréal ces jours-ci à cause d’une conférence qu’il doit donner cette semaine à l’atelier de bande dessinée de jimmy beaulieu (enfin bref). je fais donc remarquer la chose au libraire qui s’étonne que l’essayiste et le scénariste soient la même personne. d’ailleurs, il y a un an ou deux, je m’étais procuré un livre co-écrit par peeters (nous est un autre, assez passionnant par ailleurs) dont le sujet n’est pas la bande dessinée et, ne connaissant pas cette facette de son œuvre écrite, j’avais dû vérifier la notice biographique pour constater qu’il s’agissait bien de notre «spécialiste de la bande dessinée».

    je suppose que de telles présomptions d’homonymie doivent être courantes chez peeters et qu’onfray a tenu à éviter d’emblée toute confusion. (ahem.) blague à part, venant d’onfray, on dirait presque de la jalousie. surtout que dans son genre, peeters a bien un petit quelque chose de l’«intellectuel médiatique»: oups, on me vole ma place, ksss! kssss!

  7. By Patrice Létourneau on Nov 14, 2010

    Benoît Peeters a publié simultanément deux livres à propos de Derrida ( http://www.derridalabiographie.com/ ) : «Derrida» (Flammarion, collection «Grandes Biographies») et «Trois ans avec Derrida. Les carnets d’un biographe» (Flammarion).

    De ce que je peux comprendre de la rhétorique de Michel Onfray, s’il y a quelque chose à y comprendre, c’est qu’il s’appuie essentiellement sur le livre «Trois ans avec Derrida. Les carnets d’un biographe». D’ailleurs, c’est la (seule) référence qu’il indique au bas de son article.

    Par contre, c’est la couverture de «Derrida» (la biographie) qu’il utilise pour illustrer son article (un mauvais usage de Google images ? ;-)).

    Disons que c’est pour le moins paradoxal que Michel Onfray critique une biographie de Derrida sans même référer à des éléments de cette biographie, sans mettre un peu de chair autour de l’os.

    Pour ce qui est de sa charge contre le fait que Benoît Peeters entretient des liens avec la bande dessinée, c’est difficile de voir une quelconque pertinence dans son propos. Derrida, avec son travail de déconstruction, décloisonnait des disciplines et les cloisons mentales qui peuvent en découler. En ce sens, c’est d’autant plus ironique que Michel Onfray recommande une lecture attentive de l’œuvre de Derrida, tout en critiquant le travail biographique de Benoît Peeters parce qu’il entretient des liens avec la bande dessinée !

  8. By Jean-no on Nov 14, 2010

    @Patrice : Tu as bien raison de le faire remarquer, Onfray est extrêmement évasif sur ce qu’il a lu, car s’il ne parle que de « trois ans avec Derrida », c’est en laissant entendre (puisqu’il en évoque le contenu) qu’il parle aussi de la biographie elle-même.

    @David : En France en tout cas (je sais que c’est différent en Belgique, même s’il n’est pas Belge), Benoît Peeters n’est pas une personnalité médiatique comparable à Onfray qui est assez difficile à éviter à la radio, à la télévision ou dans la presse, car il fait partie de ces philosophes « bons clients » qui ont toujours quelque chose à dire sur tout – Peeters se limite, même s’ils couvrent un champ hétéroclite, à ses sujets.

  9. By Bishop on Nov 14, 2010

    Quel imbécile surtout. Condescendance qui dégouline, de quel droit parle-t-il de « titres de noblesse philosophique »? Justement on trouve bien plus de philosophie ailleurs qu’en philosophie (surtout dans beaucoup de piètres productions contemporaines…).

    Malgré ses postures intellectuelles on sent tout ce que fait le monde universitaire de la philosophie: prétention, condescendance, impression de tout connaître mieux que tout le monde (même des spécialistes… car justement ils sont spécialistes). Je repense à Revel et à son « pourquoi la philosophie? » et je me dis qu’Onfray démontre une nouvelle fois que les critiques de 1957 sont encore justes.

  10. By jyrille on Nov 14, 2010

    Je ne connais pas Onfray sauf à travers tes articles. Il m’a donc tout l’air d’être un type détestable, arrogant, prétentieux, tricheur, provocateur et bien-pensant, un arriviste en somme. J’adore : un philosophe qui émet des jugements de valeur sur des sujets qu’il ne connaît pas, plein d’a priori, et en plus condescendant, mérite-t-il d’être considéré comme un « sage » ? Avec ce genre de raisonnement, j’ai bien envie de jeter toute son oeuvre avec l’eau du bain…

    Quant à Logicomix, je l’ai trouvé très intéressante, mais assez moyenne dans la réalisation. J’y ai beaucoup appris, le lexique apporte énormément, mais le fil conducteur est trop flou et certains effets sont trop appuyés pour faire une bd totalement réussie.

  11. By Jean-no on Nov 15, 2010

    @jyrille : je ne peux pas être à cent pour cent convaincu par Logicomix, mais j’y ai appris pas mal de choses finalement (une assez bonne vulgarisation) et les choix me semblent respectables. D’autres, peut-être, l’auraient mieux fait mais je pense que ce livre fera date malgré un graphisme assez moyen.

  12. By Christian Fauré on Nov 15, 2010

    Je ne trouve pas Onfray particulièrement courageux. Il apparaît combatif, mais ses combats ne sont pas d’actualité. Par exemple, est-ce la religion le problème aujourd’hui ?

    Il se donne régulièrement des boucs-émissaires qui détournent son propos sur des problèmes qui ont peu d’enjeux.

    Mais il ne faut pas désespérer, un jour, peut-être, aura-t-on une bonne cuvée d’Onfray, sans paranoïa.

  13. By Jean-no on Nov 15, 2010

    @Christian : il est courageux pour moi au sens où il n’a pas peur de se se jeter dans la mêlée, et tout seul en plus. En revanche je ne pense pas que sa pensée soit particulièrement courageuse : il revendique son athéisme dans le pays le plus athée du monde (ou pas loin) ; il tape sur Freud-le-thérapeute au moment où un consensus scientifique remise la psychanalyse au registre de la philosophie ; il revendiquer son goût pour le libertinage à une époque qui en a vu d’autres ; il veut apporter la lumière aux masses par le biais de la radio et de livres qui se vendent apparemment très bien ; il bouscule l’université en fondant une université populaire dont tout le monde trouve l’existence sympathique ; etc. Tu parles d’un philosophe maudit, effectivement !

  14. By Ksenija on Nov 15, 2010

    @Jean-no : je ne me suis pas identifiée à Bianca Castafiore parce que Bianca c’est moi !
    J’ai été chanteuse lyrique et même Marguerite de Faust (je ris de me voir etc.) dans 3 productions différentes (si, si, si, ça ne s’invente pas).
    Et toc !

  15. By Jean-no on Nov 15, 2010

    @Ksenija : ok, tu m’as cueilli, là ! En général je vois les trucs venir mais je ne m’attendais pas à ce que tu sois Bianca Castafiore :-)

  16. By jyrille on Nov 15, 2010

    Oui Jean-no, la vulgarisation marche à fond, j’ai cru être logicien pendant une semaine après l’avoir lue :) Je te rejoins totalement mais je ne pense pas avoir envie de la relire un jour… sauf pour y chercher des informations historiques et mathématiques.

  17. By Stéphane Deschamps on Nov 15, 2010

    J’ai entendu Benoît Peeters discuter de Derrida dans un restaurant il y a pfou, pas loin de 20 ans déjà. Zut alors, ce n’est pas une bio improvisée au petit bonheur la chance, et Peeters saurait de quoi il retourne ?

    Jusque-là je trouvais intéressant Onfray, là je trouve qu’on commence à « voir l’appareil ».

    Qui offrira Contre la bande dessinée, de Jochen Gerner, à Onfray ?

  18. By Alain on Nov 16, 2010

    Vous ne pensez pas qu’Onfray avait un « projet Derrida » derrière la tete ?

  19. By Jean-no on Nov 16, 2010

    @Alain : certains ont avancé cette hypothèse…

  20. By Fabien on Nov 16, 2010

    Bonjour,

    Très bon post pertinent et équilibré comme d’hab. Merci.
    (inutile de publier ce commentaire ça fait crétin les remerciements non argumentés )

    ++

  21. By Jean-no on Nov 16, 2010

    Eh bien trop tard, c’est publié ! Je ne voudrais pas passer pour un censeur en supprimant un message, surtout s’il contient des compliments :-)

  22. By Alain on Nov 16, 2010

    Oui, beau billet ! Sur un sujet délicat en plus…

    Et désolé si j’ai paraphrasé d’autres commentaires avec ma suggestion. J’ai qu’un excuse : je fais toujours plusieurs choses à la fois…

  23. By Schtroumpf vagabond on Nov 17, 2010

    Ouh là là, beaucoup de bruit pour une pas belle bêtise.
    Plutôt que d’essayer d’élever le débat, je préfère m’enfoncer et me rappeler qu’adolescent j’avais fait d’Histoires de Schtroumpfs mon bréviaire de philosophie.

    Et tiens sur le site des éditions Dupuis, je trouve la planche de la première histoire :
    http://www.dupuis.com/Planches/X/SCHT-08-F-03.jpg
    J’y pense parfois à propos de cette étrange civilisation numérique dans laquelle nous entrons.

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