Profitez-en, après celui là c'est fini

Processing, second cours

novembre 26th, 2008 Posted in Processing | 4 Comments »

Voilà, vous avez installé processing. S’il fonctionne, lorsque vous double-cliquez sur l’icône du programme, une fenêtre qui ressemble à celle-ci doit s’ouvrir :

La zone blanche centrale est celle où doit être rédigé le programme.
Nous verrons plus tard à quoi servent les différents éléments de menus et les différentes icônes. 
Pour l’instant, nous nous contenterons de cliquer sur l’icône « play », qui devient jaune.
En cliquant sur ce bouton « play », on demande à processing d’exécuter le programme qui a été rédigé.
Dans notre cas, puisqu’aucun programme n’a été rédigé, processing se contente d’ouvrir la fenêtre par défaut. Il s’agit d’une fenêtre de 100 pixels de large et de de 100 pixels de haut, avec un fond gris.

Voici quelques lignes de programme à écrire dans la zone centrale.
Chaque fois que vous avez saisi une ligne, vous pouvez cliquer sur le bouton « play » (ou aller dans le menu « sketch » et sélectionner la commande « run » ou encore faire le raccourci-clavier Control.+.R.

size (500,500);

Cette fois-ci, une fenêtre s’est bien ouverte mais elle est nettement plus grande que la fois précédente, elle fait 500 pixels par 500 pixels. La commande « size » sert donc à définir la largeur et la hauteur de la « scène » d’affichage. La syntaxe de cette commande est celle-ci : size ( largeur, hauteur ); largeur et hauteur doivent être remplacés par les chiffres correspondants. Le mot size doit être en minuscules. La commande est terminée par un point-virgule (;). Vous pouvez essayer de modifier les chiffres (par exemple size(400,200);) pour voir le résultat.
Notre seconde commande concernera la couleur de fond de la fenêtre dans laquelle s’affiche le programme :

background(0);

Vous remarquez cette fois que notre fenêtre n’a plus un fond gris mais un fond noir. La commande background s’exécute avec un « argument » (le chiffre entre parenthèses) si l’on veut donner au fond de la fenêtre une valeur de gris (entre le noir (0) et le blanc (255)) ou bien trois, séparées par des virgules, si l’on désire d’autres couleurs que des valeurs de gris.
Vous pouvez essayer

background(255, 0, 0);

ou bien

background(0, 255, 0);

ou encore

background(0, 0, 255);

La première combinaison signifie que l’on veut une couleur RGB (rouge-vert-bleu) qui soit composée de la valeur maximum pour le rouge, de la valeur minimale pour le vert et de la valeur minimale pour le bleu. Cela nous donne du rouge.
La seconde combinaison donne du vert, et la troisième, du bleu.
Vous pouvez tester une combinaison de trois autres chiffres comme

background(170, 210, 210);

… qui nous donne un gris-vert.
Nous savons à présent utiliser deux commandes de base.
Finissons donc avec un tout petit programme, qui récapitule ces commandes très simples et qui en ajoute deux dont le sens sera très clair dès que vous en aurez lancé l’exécution :

size(530, 100);
background(250);
stroke(255, 0, 0);
line(10,10, 520,90);

Si tout fonctionne bien, le lancement de l’application fera apparaître une fenêtre de 530 pixels de large par 100 pixels de haut, avec un fond gris très clair (250), sur lequel est dessiné, en diagonale, un trait rouge (la commande stroke sert à décider de la couleur des traits), qui part du point (10, 10) et aboutit au point (520, 90).

Vous pouvez à présent essayer le même programme en modifiant les chiffres, et voir ce que cela donne. 
Nous avons donc appris que les commandes s’écrivent dans la fenêtre, qu’elles sont toujours suivies de parenthèses entre lesquelles se trouvent un certain nombre d’arguments (nombre qui est zéro dans le cas de certaines commandes ne réclamant pas de paramètres), séparés par des virgules.
Enfin nous avons appris qu’après chaque commande, on écrivait un point-virgule.
Si vous avez commis une faute quelconque (utilisation ou oubli de majuscules, oubli de point-virgule), vous aurez remarqué que processing n’exécute pas vos ordres mais vous adresse à la place un message plus ou moins compréhensible.

Processing, premier cours

novembre 26th, 2008 Posted in Processing | 9 Comments »

Je profite de l’annonce d’une version mûre (1.0) du logiciel Processing pour rédiger ici un très modeste cours de manipulation de ce système de programmation.
Je vais tenter de faire aussi court que possible, l’idée n’étant pas d’évoquer tous les aspects de Processing mais plutôt de donner aux curieux un aperçu de la puissance et de la simplicité de mise en œuvre de ce logiciel et de ce langage.
Premier épisode : Qu’est-ce que c’est, à quoi cela sert-il et comment l’installe-t-on ?

À quoi sert processing ?

Processing est un logiciel dédié à la programmation créative.
Il permet entre autres de créer des images fixes ou animées, éventuellement interactives. Il permet aussi de manipuler ou de générer des textes, des images vectorielles, des images en trois dimensions (OpenGL), du son, et de parser du XML (si vous ne comprenez pas ce que ça signifie, ce n’est pas grave).
Enfin, les capacités de Processing peuvent-être étendues à l’aide de librairies d’extensions et grâce à des projets jumeaux tels que Arduino et Wiring, qui permettent de piloter des appareils électroniques, ou Mobile Processing, qui est dédié à la création d’applications pour téléphones portables.

Processing a été créé par des artistes (Casey Reas et Ben Fry) pour des artistes.
Il s’appuie sur la technologie Java, ce qui lui permet de fonctionner sur trois plate-formes : Windows, MacOS X et Linux.
Ce système est une alternative gratuite et open-source à des logiciels auteur tels que Adobe Flash et Adobe Director. Malgré certaines lacunes qui en font un logiciel de production inadapté à de nombreux cas1 , Processing a de nombreux atouts. Je m’y intéresse pour ma part en tant qu’enseignant, car il me semble que Processing est extrêmement pédagogique de par sa simplicité de mise en œuvre.

Mais encore ?

Si vous êtes artiste ou graphiste et que vous désirez réaliser des installations numériques ou des créations visuelles à imprimer, processing est un outil à connaître.

On trouvera de nombreux exemples d’utilisation de processing depuis les pages « Exhibition » du site processing.org. Le site Flight404 contient de nombreuses animations qui bluffent généralement leurs spectateurs et qui constituent de ce fait une excellente publicité.
Bien plus modestement, j’ai réuni ici des animations réalisées à l’aide de processing pendant mon propre apprentissage (il y a donc beaucoup d’exercices sans intérêt, il faut que je range tout ça) puis d’autres réalisées par mes étudiants de l’École supérieure d’arts du Havre lors d’un workshop, ici.
Pour apprendre Processing, trois sources particulièrement intéressantes :
– Le site officiel, notamment pour ses pages Learning et Reference (en anglais)
– Le cours de programmation de Douglas Edric Stanley (en collaboration avec Jeff Guess) à l’école d’art d’Aix en Provence (en français)
– Le cours de Daniel Shiffman à l’Université de New York (en anglais)

Installation

Pour installer Processing, il faut tout d’abord se rendre sur la page de téléchargement du site processing.org et choisir la version qui est adaptée à sa configuration :

– Linux si vous êtes sous Linux
– MacOS X si vous êtes sous MacOS X
– Windows sans java si vous êtes sous Windows et que vous pensez être équipé de Java
– Windows (tout court) si la version précédente ne fonctionne pas.
Une fois le fichier téléchargé, l’installation se fait tout simplement en déplaçant manuellement le dossier (ou le fichier unique dans le cas de la version MacOS) vers le répertoire de son choix (applications sur mac ou program files sous Windows, typiquement). C’est pareil sous Linux, il n’y a rien de spécial à faire.
Ensuite on peut lancer le programme, c’est aussi simple que ça.
Enfin presque car il peut y avoir des problèmes qui seront relatifs à la version de Java. Les vieux systèmes MacOS X ne sauront pas exécuter les versions les plus récentes de processing, et plus généralement, si Java est incorrectement installé, Processing ne saura pas se lancer.
Si Processing refuse de démarrer, vous pouvez aller lire (en anglais) la liste des raisons possibles et le moyen de les contourner sur cette page. 

Voilà, c’était la partie ardue.
Installez processing sur votre ordinateur, le prochain article sera consacré à la rédaction d’un tout premier programme.

  1. pour répondre par avance à une question fréquemment posée, la réalisation d’un site web n’est pas du tout ce à quoi Processing peut typiquement servir [↩]

Processing 1.0

novembre 25th, 2008 Posted in Brève, logiciels | 4 Comments »

Depuis hier, 24 novembre 2008, le logiciel de programmation créative Processing n’est plus en version Beta. Sept ans après le début de son développement, il était temps. Nous passons donc à la version 1.0. Comme le dit l’écrivain Bruce Sterling sur son blog, Processing 1.0! Legendary artists’ software approaches the exalted state of being a no-kidding finished package.
Je dois partir, je n’ai pas le temps de le tester ce matin, mais ce progrès symbolique est plutôt engageant, de même que la liste des fonctions à présent disponibles, notamment : un mode plein-écran fonctionnant sur toutes les plate-formes ; un mode « anti-alias » en OpenGL (et une amélioration générale d’OpenGL) ; la librairie Minim dédiée au son en standard ; Une manipulation des fichiers d’images vectorielles en standard.

Runaway – l’évadé du futur

novembre 24th, 2008 Posted in Robot au cinéma | 2 Comments »

Digression : j’ai lu récemment un billet d’un blogueur écologiste enflamé qui parlait du décès de l’auteur de Jurassic Park sous ce titre victorieux : Crichton est mort, enfin !
Ce n’est pas le créateur d’Urgences, l’auteur de romans populaires d’anticipation ou encore le cinéaste médiocre dont le décès prématuré est fêté ici, c’est l’écolo-sceptique qu’il a été à la fin de son existence.
Car Michael Crichton, dans son dernier livre et dans de nombreuses interviews ou communications avait parlé du réchauffement planétaire d’une manière qui a franchement déplu. La science repose sur le doute et la perpétuelle remise en question des connaissances que l’on tient pour acquises, mais ce n’est pas toujours le cas de l’écologie qui est devenue une nouvelle foi, dont, comme toute foi, le moindre détail contradictoire pousse ceux qui croient à des manifestations de violence verbale ou physique.
En affirmant entre autres qu’il est absurde de prétendre dire ce que sera la température moyenne de la terre dans cent ans, ou en disant qu’il était difficile d’apprécier l’influence véritable de l’activité humaine sur une différence de la température mondiale d’un degré sur des décénnies, Crichton s’est mis à dos un nombre incalculable de personnes qui l’ont accusé, entre autres, d’être à la solde de l’industrie pétrolière ou de l’industrie automobile.

Fin de la digression, parlons cinéma, parlons de Runaway, un film de Michael Crichton justement, sorti en 1984.
Imaginez l’acteur Tom Selleck (Magnum) en Blade Runner moustachu… C’est à peu près ça même si l’approche est bien différente.

Dans Blade Runner, Rick Deckard poursuivait des créatures humanoïdes fortes, perverses, dénuées de capacité à l’empathie mais supérieurement intelligentes. Dans Runaway, le sergent Jack Ramsay doit régler des problèmes en apparence bien plus simples. Les robots qu’il doit gérer sont des robots ménagers ou agricoles tels que l’on commence à en fabriquer aujourd’hui, en 2008, des robots crédibles, donc, à portée de notre technologie, pas des prétextes à réfléchir à la nature de l’homme ou des sentiments comme chez Philip K. Dick. Puisqu’ils ont été conçus par des humains (faillibles) et puisque leurs composants peuvent s’user, les robots peuvent souffrir de dysfonctionnements.

Au lieu de récupérer les chenilles dans un champ de maïs, le premier robot que nous rencontrons dans le film (qui a un faux-air de Wall-E) se met à saccager le champ qu’il est censé protéger. Les agriculteurs appellent alors la police pour attrapper et désactiver l’engin. Le second robot rencontré est quand à lui un engin de chantier qu’il suffit de débrancher. N’importe qui pourrait se charger de cette tâche, mais pour des questions d’assurance, nous dit-on, il faut que ce soit un policier qui le fasse. 

L’enquête qui occupe la plus grande partie du film est un cas bien différent : deux femmes ont été assassinées et mutilées par un robot ménager, et un bébé, toujours vivant, est à la merci de la machine folle, et le père refuse de donner des explications sur les éventuelles modifications qui ont pu être apportées à son engin domestique. Il devient franchement difficile de s’approcher du robot lorsque celui-ci s’avère être équipé d’un pistolet Magnum 357 (tiens, Magnum !) et fait la preuve de son talent à manier l’arme à feu.

Jusqu’à ce point, dans le film, tout allait bien. Ce commissariat qui a comme activité normale d’enquêter sur des circuits imprimés trafiqués et de gérer au quotidien les robots devenus fous était plutôt amusante, du Hill Street Blues ou du Inspecteur Derrick à la sauce cyberpunk.
Mais voilà qu’apparaît le méchant du film, un dénommé Luther, qui gâche tout dès la première seconde que la caméra lui consacre. Le rôle est tenu par Gene Simmons, le bassiste du groupe de hard rock grimmé Kiss. L’acteur est épouvantable mais le scénario n’aide en rien. Qu’est-ce que c’est que ce maître du crime qui passe son temps à apparaître, tout en grimaces, sur les lieux de ses méfaits, et qui semble constament vouloir dire «.ohé, c’est moi le méchant.!.» ? On dit que Simmons a été choisi parce qu’il avait l’air méchant même sans le vouloir. C’est peut-être le souci. Un personnage négatif ne doit pas avoir l’air méchant, il faut au contraire qu’on l’aime, qu’on l’admire, qu’il fascine, qu’il séduise ou bien qu’il appitoie, enfin qu’il suscite un sentiment que sa situation rend ambivalent. Tous les raconteurs d’histoires savent ça depuis l’épopée de Gilgamesh.

Ce méchant Luther, donc, est un trafiquant d’armes cybernétiques évoluées, notamment des araignées métaliques cracheuses d’acide, des processeurs «.capables de transformer n’importe quel robot ménager en meurtrier.» et enfin des mini missiles à tête chercheuse. Mouais. Ses araignées cracheuses d’acide semblent tout droit échappées du concours annuel de robots de M6. Les mini-missiles à tête chercheuse sont un peu plus intéressants, d’un point de vue cinématographique en tout cas puisqu’ils sont l’occasion de séquences filmées « depuis le missile ». La puce qui donne des instincts de meurtre aux robots ménagers est une idée amusante aussi.
Luther est le genre de génie du crime qui a peu de chance de se faire des amis. Il tue ses associés, ses employés, ses clients et même ses fiancées, dans le but théorique d’effacer les traces susceptibles de mener à lui, mais c’est évidemment le contraire qui se produit. Semant des cadavres, assassinant au grand jour, il ne profite jamais très utilement de ses coups d’avance, il est, il faut le dire, particulièrement bête. La définition du personnage, censé être un riche héritier qui joue à être un « villain » pour tromper son ennui était intéressante mais n’est absolument pas exploitée ni rappelée par quelque détail que ce soit au fil du récit.

Le film connaît quelques petits traits géniaux mais ceux-ci ne sont pas non plus exploités très longtemps.
Il y a par exemple une scène où Karen, la co-équipière du sergent Ramsay, discute avec ce dernier chez lui. Le robot ménager/nounou de Ramsay, Loïs, s’immisce alors dans la conversation sur un malentendu, pensant à tort que certaines phrases lui sont destinées (à demain – nous nous voyons demain ? – ce n’est pas à toi qu’elle parle). Ce genre de quiproquo permet des situations assez drôles et ce d’autant plus qu’il est crédible, mais le gag est à peine exploité.
En fait Crichton semble avoir assez sérieusement réfléchi à ce que seront les robots du quotidien et aux situations nouvelles que leur présence provoquera. Il n’a en revanche pas beaucoup réfléchi aux rapports entre les humains : amourette téléphonée entre les deux co-équipiers, « méchant » sans épaisseur, affrontement final sans suspense (Crichton, je l’ai remarqué plusieurs fois, avait une sorte de talent pour ôter toute tension aux situations qui ne devraient être que tension ; et là, puisque c’est lui le réalisateur, pas de Spielberg pour rattrapper le coup), protagonistes qui comprennent lentement ou qui commettent des erreurs a priori franchement idiotes, comme de demander à la maîtresse de Luther de se séparer de son sac à main avant de passer dans un détecteur de puces de localisation (évidemment, il reste une telle puce dans le sac…).

Tom Selleck interprète plutôt consciencieusement son rôle de policier sérieux-mais-tout-de-même-sociable, veuf-mais-pas-complètement-inconsolable, souffrant du vertige mais capable d’en guérir au bon moment.
Son équipière Karen, interprétée par Cynthia Rhodes (aperçue dans plusieurs films de danse : Dirty Dancing, Staying Alive, Flashdance, et disparue depuis), fait nettement plus potiche, mais on accusera le rôle d’avoir été bâclé plus que son interprète de l’avoir mal habité.

Les autres acteurs redondants — Kirstie Alley, Stan Shaw et G.W. Bailey — ont des physionomies familières, ils ont chacun figuré au générique d’une pléthore de séries télévisées, à commencer par G.W. Bailey qui est ici le chef de la police, rôle qu’il a tenu un nombre incalculable de fois ailleurs.

La musique, due au grand Jerry Goldsmith (Twilight Zone, La Planète des singes, Damien), est intéressante mais intervient toujours de manière un peu brusque et un peu comique. Les effets visuels sont plutôt réussis pour l’époque, quoiqu’il y ait un véritable abus de pyrotechnie (tous les robots explosent avec étincelles et fumée), à la mode des mauvais films de science-fiction des années 1980.

Vous l’avez compris, c’est encore un navet. Il y avait pourtant un potentiel, ça aurait pu être le prétexte d’une série regardable, mais non, nous n’avons là qu’un très très petit film. Deux ans après Blade Runner et six ans après la naissance du héros de comic-books britanniques Robo Hunter, on pouvait espérer une histoire un peu plus palpitante. Les producteurs quand à eux semblent avoir regretté que Runaway manque de détails science-fictionnesques puisque les affiches montrent le héros équipé d’une étrange arme de poing… Que seul son ennemi utilise dans le film. Le caractère très contemporain du récit — sauf les robots, l’histoire se déroule à l’époque où elle a été filmée — était pourtant une bonne idée, même si on s’amuse en entendant que tel robot est équipé d’un processeur intel 8088, le processeur des premiers PCs d’IBM.

Agenda : Festival Make art

novembre 23rd, 2008 Posted in Brève, logiciels | No Comments »

À noter du 25 au 30 novembre 2008, à Poitiers, le festival Make Art, organisé par le collectif international d’artistes et de programmeurs Goto10. Make Art est dédié à la promotion du logiciel libre (FLOSS : Free/Libre and Open Source Software), notamment dans le domaine de la création numérique. La manifestation se composera de projections de films, d’expositions, de concerts, de présentations de travaux et de logiciels et enfin d’un workshop de trois jours consacré à l’apprentissage du logiciel de création multimédia en temps réel Pure Data et animé par le britannique Andy Farnell (inscriptions théoriquement closes).

À lire, l’article détaillé d’Astrid Girardeau pour Écrans.fr.

Ordinateurs antropomorphes

novembre 22nd, 2008 Posted in indices, Vintage | 5 Comments »

Toujours dans ma quête de compréhension des clichés (fondés ou fantasmatiques) qui entourent l’informatique, je profite de la mise en ligne du fonds d’images de Life magazine sur Google images pour retrouver d’anciennes couvertures du magazine américain Time (le propriétaire de Life).
Time magazine est un journal extrêmement important, notamment parce qu’il est bien plus international que ses concurrents Newsweek et USA Today. Qu’un sujet ou une personne soit en couverture de Time est généralement la preuve qu’il s’agit d’un sujet qui compte, pas d’un sujet forcément très original, mais au contraire d’un sujet qui synthétise les préoccupations du moment ou qui mérite de le faire. Les couvertures de journaux constituent un média à part entière, et celle de Time, à égalité avec celle de Life lorsque ce journal était encore publié, plus qu’aucune autre. Ce sont peut-être les couvertures de Time qui ont transformé en stars populaires internationales des non-américains comme le commandant Cousteau, le mahatma Gandhi ou encore Albert Einstein.

Les couvertures de Time dans les années 1950 sont presque exclusivement des illustrations de Boris Artzybasheff, et il s’agit presque toujours de portraits de personnes en vue. Boris Artzybasheff, ukrainien d’origine, dont l’œuvre est extrêmement prolifique, est un illustrateur assez étonnant, qui dessinait des portraits assez classiques d’après photo, comme pouvait en faire aussi Norman Rockwell par exemple, mais qui aimait semble-t-il surtout réaliser des illustrations qu’on a souvent qualifié de « surréalistes » et dans lesquelles, à la manière des studios Disney, il appliquait un traitement anthropomorphique à des objets.
Il a eu très peu d’occasions d’exprimer cette obsession « animiste » en couverture du très sérieux Time magazine, mais ça lui est tout de même arrivé plusieurs fois, et notamment avec l’ordinateur.

La première couverture, datant de janvier 1950 est intitulée Mark III – Can man build a superman? Elle fait allusion à l’annonce de la création du Harvard Mark III, l’ordinateur le plus puissant au monde en 1950. Le dessin nous indique qu’il s’agit d’une machine pensante et agissante de la marine américaine. La légende (l’homme peut-il fabriquer un surhomme ?) induit l’idée d’une supériorité de la machine sur ses créateurs et rentre en droite ligne dans le sentiment de fascination à la fois inquiète et enthousiaste qui saisissait la conscience mondiale de l’après-guerre au sujet de la science et de la technologie (qui n’ont jamais tant progressé que pendant la seconde guerre mondiale justement) et qui était loin de se limiter à la peur de la bombe atomique. Les ordinateurs, qu’on appelait déjà radio brain (cerveau-radio, car comme les postes-radio, ils fonctionnaient à l’aide de lampes à vide) faisaient eux aussi partie de cette mythologie de la technique-qui-dépasse-l’homme.

La seconde couverture (mars 1955) représente Thomas J. Watson Jr, fils du fondateur d’IBM et lui-même directeur de la compagnie depuis 1952. La légende est : IBM’s Thomas J. Watson Jr – clink clank think. Derrière le portrait du businessman, on peut voir un ordinateur à la limite du robot dont les yeux sont composés d’un lecteur de bandes magnétiques1 . Les trois mots, Clink, clank, think sont intéressants. Clink et clank sont deux onomatopées qui peuvent être utilisées comme verbes en anglais et qui évoquent des sons métalliques mécaniques (c’est à dire quelque chose de bête). Le mot suivant, think (qui, je le précise pour ceux qui ont fait allemand, signifie « penser ») est autrement lourd de sens. L’attitude de l’ordinateur me semble extrêmement étrange : est-ce qu’il n’a pas l’air d’être en train d’appuyer sur un bouton (lequel ?) en nous faisant malicieusement signe de ne pas en avertir le président d’International Business Machines, son fabriquant ? Curieux, non ? Cette fois non seulement la machine pense, mais elle pense de manière indépendante puisqu’elle se montre capable de cacher quelque chose à son propre créateur.

Dans un autre registre je trouve amusantes les deux couvertures reproduites ci-dessus. La première, datée de juin 1953, parle du cinéma en 3D, qui venait juste de prendre son envol (la théorie et les brevets existaient depuis longtemps mais les projections destinées à un public nombreux en étaient à leurs débuts, avec les films Bwana Devil, It came from outer space, etc. La légende est 3D – Euclyd had a word for it (3D – Euclide avait un mot pour ça) et je ne suis pas sûr de comprendre le mot dont il est question, Euclide s’étant penché sur un grand nombre de sujets en rapport avec les formes dans l’espace (géométrie) ou leur représentation (perspective).

La dernière couverture de cette sélection (novembre 1953), qui représente un être anthropomorphe composé, un peu à la manière d’Arcimboldo, d’objets en rapport avec la photographie (appareil, flash, sacoche, pellicule, posemètre, trépied) m’intéresse pour sa légende : Amateur photographer – Every man his own artist. C’est à dire : Photographe amateur, chacun est son propre artiste. La bizarerie principale de ce sujet de couverture est qu’en 1953, la photographie amateur est plus que cinquantenaire (si on veut bien considérer que son histoire commence avec les pellicules et les appareils Kodak en 1888). Ensuite, il y a cette affirmation que l’on peut devenir son propre artiste, s’approprier le fait créatif/artistique par la grâce d’un progrès technologique. Aujourd’hui, un peu plus de cinquante ans plus tard, en pensant à tous les débats qui entourent la question de l’amateurisme sur Internet (Wikipédia, MySpace, eBay, blogs journalistiques, etc.), et sans en déduire quoi que ce soit de précis d’ailleurs, je trouve cette légende assez intéressante.

  1. L’utilisation du lecteur à bandes comme mémoire de masse en informatique était à l’époque récente, mais elle a symbolisé l’informatique, à égalité avec les cartes perforées, jusqu’à la toute fin des années 1970 [↩]

Une fois que l’on peut tout faire…

novembre 20th, 2008 Posted in Brève, Images, indices | 8 Comments »

à méditer :

Le succès des films avec héros, Marvel par exemple, ça m’étonne toujours. Une fois que l’on peut tout faire avec les effets spéciaux, on ne fait plus rien. Tout est faux et tout le monde le sait. Il y a comme une suspension de la croyance. Plus généralement, la génération de spectateurs, mais aussi de réalisateurs, qui a été si marquée par Star Wars ou les Dents de la mer a produit un phénomène étrange. Ils ont fait passer les films de série B en films de catégorie A. Par conséquent, les films A sont devenus les films indépendants. Je n’aime pas beaucoup ça

Peter Bogdanovich, interviewé par Bruno Ischer, pour Ecrans.fr

Masaki Fujihata aux Arts-Déco

novembre 20th, 2008 Posted in Cimaises, Images | 7 Comments »

L’École supérieure des arts décoratifs, qui vient de refondre son site web1 , accueille depuis hier et jusqu’au 8 décembre une exposition de l’artiste japonais Masaki Fujihata, exposition couplée à un colloque dans le cadre de l’action Mobilisable, déjà annoncé sur le présent blog.
Gros succès, il fallait faire la queue pour entre voir les trois oeuvres que Masaki Fujihata venait de présenter avec force powerpoints lors d’une conférence qui faisait elle-même suite à une communication du philosophe Pierre-Damien Huyghe sur le sujet de l’utile, l’inutile, le nécessaire et le contingent.

Landing home in Geneva

Je ne peux pas montrer de photos de la première pièce présentée par Fujihata, Landing home in Geneva, car mes clichés sont flous, non seulement parce qu’il faisait sombre mais aussi parce qu’il s’agit de 3D stéréoscopique, où deux images sont superposées, une pour l’œil droit et l’autre pour le gauche, nécessitant des lunettes spéciales pour pouvoir être vues correctement.
La pièce est composée de vidéos de conversations et de balades à Genève qui évoluent dans l’espace en suivant les déplacements qu’a effectué Fujihata lui-même (repéré par GPS) et par les mouvements de sa caméra.
C’est très impressionnant à regarder mais relativement inracontable.

Morel’s Panorama

La seconde œuvre s’intitule Morel’s Panorama. Je compte retourner la voir dans de meilleures conditions que celles du vernissage (même en limitant à dix spectateurs, je pense que nous étions trop) car c’est une œuvre interactive qui se nourrit du passage de ses spectateurs.

Le titre fait référence au roman de l’écrivain argentin Adolfo Bioy Casares, L’Invention de Morel. Ce court récit fantastique/rationnel publié en 1940 se situe sur une île apparemment déserte, ou plus exactement désertée, car de nombreuses constructions (un musée notamment) attestent d’un passé récent très différent. Le narrateur, venu là pour échapper à la justice, découvre peu à peu la présence d’un groupe d’estivants qui apparaissent régulièrement, semblent parfois revivre des moments mais ne semblent jamais prêter attention à sa présence. Il les observe et épie leurs conversations avec crainte puis tombe amoureux d’une femme du groupe, Faustine. Je n’en dis pas plus. L’ouvrage fait une centaine de pages et ne coûte pas quatre euros.

La préface de Jorge Luis Borges, ami de Bioy Casares, se termine par ces lignes extrêmement enthousiastes : « J’ai discuté avec son auteur les détails de la trame, je l’ai relue ; il ne me semble pas que ce soit une exagération ou une hyperbole de la qualifier de parfaite ».
Ce roman a influencé de nombreuses œuvres, comme L’Année dernière à Marienbad de Alain Robbe-Grillet et Alain Resnais, le Portrait de Marie de Luc Courchesne, L’accordeur de tremblements de terre des frères Quay, le jeu Myst, la série Lost, etc.

Orchisoid

La troisième et dernière œuvre présentée s’appelle Orchisoid et s’inscrit dans une expérimentation menée mais à présent abandonnée (je pense) par l’artiste. Le programme était sacrément ambitieux puisque l’expérience devait se dérouler sur rien moins que 10 000 ans. En effet, sous l’influence notamment du Gène égoïste de Richard Dawkins mais aussi de l’auteur de science-fiction Vernor Vinge2, Fujihata se propose de préparer les plantes — des orchidées très précisément — à l’apprentissage de la marche. Munie d’un capteur qui enregistre ses modifications électriques3 , la plante pilote sa « mobilité » robotique.
Je pense que des problèmes techniques — face à la sensibilité des capteurs, les conditions de l’exposition ne sont certainement pas idéales — ont poussé l’artiste à abandonner son projet et à n’en exposer qu’une évocation poétique.

Car Fujihata est un poète.

Je pense que la première oeuvre sur internet que j’aie trouvé poétique, et même puissament poétique, était le Light on the web project (1996) de Masaki Fujihata, oeuvre avec laquelle l’internaute pouvait, en cliquant sur leur image, allumer et éteindre les ampoules d’un tableau lumineux de sept rangées de sept lampes situé au Gifu Softopia Center, au Japon.

L’oeuvre de Fujihata est riche en propositions très diverses présentées avec une élégante apparence de nonchalance et de modestie.

Ensad : 31, rue d’Ulm 75005 Paris. Métro : Place Monge, RER : Luxembourg, Bus: 21 et 27

  1. C’est un évènement, les Arts décoratifs de Paris n’avaient pas changé de site depuis huit ans. On peut lire à ce sujet l’article d’Étienne Mineur et les commentaires qui y ont été ajoutés ici [↩]
  2. Dans Un feu sur l’abîme (1992), Vernor Vinge imagine une espèce botanique, les Skroders, qui ont été dotés de robots leur permettant de se déplacer… [↩]
  3. si j’ai bien compris, car même en ayant entendu une autre conférence présentant le même œuvre à Genève il y a quelques années, j’avoue que je n’en ai pas compris tous les paramètres techniques, avant tout fasciné par les vidéos de Fujihata qui montrent les réactions « électriques » des orchidées à ce qui les environne. [↩]

Est-ce que les androïdes ont le cafard électrique ?

novembre 19th, 2008 Posted in Brève, Interactivité | 4 Comments »

Découvert par hasart sur Internet, un robot piloté par un cafard…

…Plus d’images, et des vidéos sur le site de conceptlab, un laboratoire de recherches californien apparemment tout aussi fantaisiste que sérieux.

Le générateur littéraire de l’Académie de Lagado

novembre 17th, 2008 Posted in Création automatisée, IA, Lecture, Ordinateur célèbre | 8 Comments »

Le Literary Engine de Swift (1735) est souvent considéré comme étant le premier ordinateur imaginé en littérature, près de cent ans avant que les premiers vrais ordinateurs — la machine analytique et la machine différentielle, de Charles Babbage — ne soient mis en chantier.
La machine de Swift est un générateur littéraire utilisant le hasard et les permutations, mis au point à l’académie de Lagado. Un professeur explique à Gulliver l’intérêt et le fonctionnement de cette machine :

Mais le monde verrait bientôt l’utilité de son travail. Il se flattait, quant à lui, d’avoir eu la plus noble idée qui eût jamais été conçue par une cervelle humaine. Chacun sait au prix de quels efforts s’acquièrent actuellement les arts et la science, tandis que, grâce à son invention, la personne la plus ignorante sera, pour une somme modique et au prix d’un léger travail musculaire, capable d’écrire des livres de philosophie, de sciences politiques, de droit, de mathématiques et de théologie, sans le secours ni du génie ni de l’étude.
Il me fit donc approcher de cet appareil, près des côtés duquel ses disciples étaient alignés. C’était un grand carré de vingt pieds sur vingt, installé au centre de la pièce. Sa surface était faite de petits cubes de bois, de dimensions variables mais gros en moyenne comme un dé à coudre. Ils étaient assemblés au moyen de fil de fer. Sur chaque face de ces cubes était collé un papier où était écrit un mot en laputien. Tous les mots de la langue s’y trouvaient, à leurs différents modes, temps ou cas, mais sans aucun ordre. Le professeur me pria de bien faire attention, car il allait mettre la machine en marche. Chaque élève saisit au commandement une des quarante manivelles de fer disposées sur les côtés du châssis, et lui donna un brusque tour, de sorte que la disposition des mots se trouva complètement changée ; puis trente-six d’entre eux eurent mission de lire à voix basse les différentes lignes telles qu’elles apparaissaient sur le tableau, et quand ils trouvaient trois ou quatre mots qui mis bout à bout constituaient un élément de phrase, ils les dictaient aux quatre autres jeunes gens qui servaient de secrétaires. Ce travail fut répété trois ou quatre fois, l’appareil étant conçu pour qu’à chaque tour de manivelle, les mots formassent d’autres combinaisons, à mesure que les cubes de bois tournaient sur eux-mêmes…
Les jeunes étudiants passaient six heures par jour à ce travail, et le professeur me montra un bon nombre de gros in-folio, contenant les textes déjà recueillis sous forme de phrases décousues et qu’il avait l’intention de refondre entre elles ; il espérait tirer de ce riche matériau une Somme scientifique et philosophique qu’il présenterait au monde.

Jonathan Swift, les voyages de Gulliver, IIIe partie
Voyage à Laputa, aux Balnibarbes, à Luggnagg, à Gloubbdoubdrie et au Japon
, Chapitre V.
Traduit par Jacques Pons d’après l’édition d’Émile Pons, Éditions Gallimard (Folio Classique)

On peut bien sûr s’arrêter aux intentions satiriques et moralistes acides de Jonathan Swift qui fait ici produire des livres de philosophie, de théologie, de droit, etc., par les gens les plus ignorants, qui permet de remplacer l’intelligence par l’huile de coude et qui présente tout cela comme une forme de progrès. On considère généralement que la cité de Lagado est en fait un portrait déguisé du monde intellectuel Londonien.
Mais Swift fait aussi au passage la description d’un véritable  générateur littéraire. Il s’est même amusé à illustrer l’invention avec ce schéma mystérieux qui (c’est un hasard complet bien entendu) rappelle furieusement un micro-processeur informatique :

La machine à produire de la littérature n’était pas une idée complètement neuve à l’époque. Au XIIIe siècle notamment, l’espagnol Ramon Llull avait inventé une machine à raisonner, baptisée Ars Magna qui permettait de poser des questions et d’y répondre en même temps en faisant effectuer une rotation à des cercles concentriques sur lesquels étaient écrits des mots. Le théologien Albert le Grand a quand à lui créé une tête pensante (capable de résoudre des problèmes) dont on ne sait pas grand chose si ce n’est que son disciple Thomas d’Aquin, qui la considérait comme diabolique, l’a détruite. Roger Bacon aurait lui aussi construit une tête parlante1
Plusieurs systèmes de divination, au premier rang desquels le Yi King, ne sont pas sans rapport avec la littérature combinatoire. Le cadavre exquis des surréalistes, inventé dans les années 1920, non plus.

De nombreux poètes dans l’histoire, tels que Publilius Optatianus Porfyrius, au 4e siècle, Jean Meschinot au 15e,  Julius Caesar Scaliger, au 16e, Georg Philipp Harsdörffer et Quirinus Kuhlmann, au 17e, on produit des poésies à base de permutations.
Dans son 1984, sorti en 1949, George Orwell évoque sommairement la confection des écrits par le département des fictions du ministère de la vérité : on comprend que des machines mettant en jeu des moteurs et des kaléidoscopes permettent de composer des romans de manière automatisée.
À partir des années 1960, plusieurs auteurs de l’OuLipo s’intéressent à la littérature combinatoire, les exemples les plus fameux sont Raymond Queneau et ses Cent mille milliards de poèmes et Georges Pérec avec ses 243 cartes postales en couleurs véritables et avec Un petit peu plus de 4000 poèmes en prose pour Fabrizio Clerici.

Pour se moquer des discours des apparachiks du régime, un étudiant polonais avait mis au point un générateur littéraire produisant des discours aux termes vagues et généraux, publié dans Zycie Warszawy (La gazette de Varsovie).
Publié dans le journal Libération (4-5 juillet 1981), ce système de littérature politique combinatoire remporte toujours un certain succès, de nombreux sites sur Internet prétendent à présent qu’il s’agit rien moins que d’un document de travail pour les étudiants de l’Ena. Pour ma part j’ai longtemps cru – et colporté – l’information fallacieuse selon laquelle il se serait agi d’un authentique outil de travail pour le général Jaruzelski.
Pour utiliser ce tableau, on commence par lire la première ligne de la colonne I, puis n’importe quelle cellule de la colonne II, suivie de n’importe quelle cellule de la colonne III et enfin par n’importe quelle cellule de la colonne IV. On peut ensuite revenir en arrière et effectuer l’opération autant de fois qu’on le veut, ce qui permet de faire un discours de quarante heures au total2 .

I
II
III
IV
Chers collègues la réalisation des devoirs du programme nous oblige à l’analyse des conditions financières et administratives existantes
D’autre part la complexité et le lieu des études des cadres accomplit un rôle essentiel dans la formation des directions de développement pour l’avenir
De même l’augmentation constante de quantité et d’étendue de notre activité nécessite la précision et la détermination du système de la participation générale
Cependant, n’oublions pas que la structure actuelle de l’organisation aide à la préparation et à la réalisation des attitudes des membres des organisations envers leurs devoirs
Ainsi le nouveau modèle de l’activité de l’organisation garantit la participation d’un groupe important dans la formation des nouvelles propositions
La pratique de la vie quotidienne prouve que le développement continu des diverses formes d’activité remplit des devoirs importants dans la détermination des directions d’éducation dans le sens du progrès
Il n’est pas indispensable d’argumenter largement le poids et la signification de ces problèmes car la garantie constante de notre activité d’information et de propagande permet davantage la création du système de formation des cadres qui correspond aux besoins
Les expériences riches et diverses le renforcement et le développement des structures entrave l’appréciation de l’importance des conditions d’activités appropriées
Le souci de l’organisation, mais surtout la consultation des nombreux militants présente un essai important de vérification du modèle de développement
Les principes supérieurs idéologiques, mais aussi le commencement de l’action générale de formation des attitudes entraîne le procès de restructuration et de modernisation des formes d’action

Je suis loin de pouvoir me vanter d’être spécialiste du sujet mais il me semble qu’on ne peut pas dire qu’il y ait une progression continue dans l’histoire de la littérature automatique mais au contraire que l’idée a séduit de nombreux auteurs à de nombreuses époques. Certains d’entre eux, malgré des siècles de distance, entretiennent des points communs assez forts : à la fois scientifiques et littéraires, mathématiciens et philosophes, parfois même tout à la fois rationalistes et ésotéristes.

L’outil informatique et l’Intelligence artificielle, notamment associés à la linguistique universelle de Ferdinand de Saussure puis de Noam Chomsky (et de leur précurseur de six siècles Roger Bacon ou encore de Leibniz3 ) tendent à faire sortir la littérature générative de l’empirisme. Les réalisations de l’Alamo (Atelier de Littérature Assistée par la Mathématique et les Ordinateurs, issu de l’OuLipo), de Jean-Pierre Balpe ou encore le logiciel Mexica, par Rafael Pérez y Pérez sont sans doute les exemples les plus convaincants actuellement et ouvrent peut-être la voie (déjà poursuivie par d’autres) à la création de logiciels capables de tenir une conversation naturelle de manière interactive.

Les commentateurs de cet article ont ajouté un certain nombre de références très intéressantes.
Au passage, deux vieux travaux à moi, pour une fois : une discussion IRC avec des milliers (mais s’en rend-on bien compte ? pas sûr
!) de combinaisons [format Shockwave/Director – qui refuse de se lire sur Firefox chez moi, alors que ça marche sur d’autres navigateurs (donc bonne chance)], et Harcèlement, un dialogue entre deux personnages tirés d’une image IBM des années 1960 et où chaque réplique de la femme peut répondre à chaque phrase de l’homme [Format Html/Javascript, assez universel].

  1. Au sujet des précurseurs de l’informatique, lire les premiers chapitres de Une Histoire de l’Informatique, par Thierry Breton. Et pour en savoir plus sur le très fertile XIIIe siècle, La révolution industrielle du Moyen-âge, par Jean Gimpel, tous deux édités en Folio/Gallimard [↩]
  2. cf. Le Cdrom Machines à écrire, par Antoine Denize, Gallimard 1999 [↩]
  3. autres « tags » : Hobbes et son Léviathan, l’algèbre de George Boole, Ludwig Wittgenstein et les jeux de langage, John Von Neuman et la théorie des jeux, le structuralisme, la cybernétique de Norbert Wiener,… [↩]