Profitez-en, après celui là c'est fini

Vivre mieux, selon Le Parisien

septembre 30th, 2009 Posted in Brève, indices | 35 Comments »

Lu derrière l’épaule d’un jeune homme dans le métro, cet article du Parisien-Aujourd’hui-en-France. J’ai eu beaucoup de mal à me procurer un exemplaire. Le titre et le nom de la rubrique m’avaient bien fait rire : VIVRE MIEUX / Le site qui pousse à l’adultère.
Le bandeau de première page pointe sur l’article en annonçant, je cite : «Le site internet qui pousse à l’infidélité».
Apparemment, il s’agit d’un «coup» un peu fumeux (la boite essaie de se faire passer pour américaine, parle d’un lancement international imaginaire,…) du genre qui anime les conversations de comptoir que Le Parisien sert à susciter. La mécanique est connue : on lance une idée de service réputé choquant (faire les devoirs contre de l’argent, dénoncer les mauvais profs,…) et la presse démarre au quart de tour, quand bien même le service n’est absolument pas fonctionnel. Les choses se finissent souvent à l’Assemblée où un député de seconde zone se ridiculise en réclamant qu’on légifère sur le sujet choisi.
C’est peut-être à cause de cet article que le journal était épuisé partout, car j’apprends sur @rrêt sur image que ce matin les revues de presse radiophoniques ne parlaient que de ça. On pourra au passage s’étonner de l’absence totale de vérification des sources par Le Parisien, car plusieurs indices laissent penser que le site est un canular.

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La photographie qui illustre l’article est assez savoureuse, une main d’homme avec alliance est crispée sur son clavier. Sur ce qui est censé être un écran (mais n’en est pas un) une jeune femme place son index devant la bouche, fait signe de se taire : chuuut!. Plus bas dans l’article, un universitaire que le Parisien qualifie de spécialiste du couple parle d’attitude postmoderne et de «polygaming». En fait il s’agit plutôt d’un spécialiste des médias, Pascal Lardellier, que je connais pour avoir commis un article assez médiocre sur la bande dessinée japonaise dans Le Monde Diplomatique il y a une douzaine d’années.

Je remarque que l’article utilise Internet pour déresponsabiliser  (et déculpabiliser ?) l’adultère, et s’abrite derrière Internet pour s’autoriser à traiter le sujet : «Le site qui pousse à l’adultère» ; «Le site internet qui incite à l’infidélité» (un site/incite ?) ; «Le désir d’une relation cachée est désormais affaire d’un clic».
Bref c’est le site qui pousse, le site qui incite, et c’est le clic qui donne le désir d’une relation clandestine !

Communiquez avec 30 millions de connectés

septembre 24th, 2009 Posted in Vintage | 3 Comments »

Retrouvé dans le numéro 2 de Univers>Interactif (Avril/Mai 1995).
J’aime cette époque où le nombre de personnes avec qui on allait entrer en contact était le premier argument de vente.

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À présent, Internet n’a plus à se vendre — tout le monde sait ce que c’est, tout le monde l’utilise. Aujourd’hui, on estime le nombre d’internautes à plus d’un milliard.

Vers un avenir radieux grâce au web ésotérique

septembre 24th, 2009 Posted in Brève, indices | 1 Comment »

astrobourseJe n’ai pas beaucoup de temps pour mettre mon site à jour ces temps dernier car la rentrée est extrêmement chargée. Entre les années scolaires des différents établissements qui m’emploient qui démarrent, les projets qui auraient du être finis avant la fin de l’été et ceux qui se préparent pour les mois à venir, je n’arrête pas.

Mais comment est-ce que je pourrais m’empêcher de transmettre cet amusant communiqué de presse boursier de la société Index Multimédia déniché par hasard ?
Index Multimédia (anciennement 123 multimédia) est une startup célèbre pour son service TchaTche et pour ses services destinés aux possesseurs de portables : sonneries, logos,… Après un succès croissant jusqu’en 2005, le chiffre d’affaire de cette société, quoique conséquent, ne fait plus que régresser.

Index Multimedia lance deux nouveaux services ésotériques pour être en toute intimité le partenaire de votre vie : www.astroweb.fr et www.astroweblive.fr. Désireux de se positionner sur un marché de l’ésotérisme et de la voyance en hausse, en complémentarité avec sa gamme actuelle de produits et services innovants, la société toulousaine Index Multimedia lance deux nouveaux services www.astroweb.fr et www.astroweblive.fr pour un conseil individualisé en toute intimité.

Astroweb.fr, exhaustif et convivial, vous offre la possibilité de mieux vous connaître, de faire face à l’avenir avec sérénité et de résoudre vos problèmes personnels. […] Astroweb un vrai partenaire pour votre vie.

Sur Astroweblive.fr les plus célèbres voyants et médiums proposent des consultations par audiotel, vous serez surpris de la qualité et de l’exactitude de leurs prédictions. Choisissez celui ou celle qui sera votre guide vers un avenir radieux.

Le communiqué date de la fin du mois de juillet. Les deux sites en question semblent en panne (en tout cas aujourd’hui).
Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, le cours de l’action d’Index Multimédia semble avoir plutôt remonté après cette annonce (sans qu’il me soit possible de dire si les évènements sont liés).
On peut en tout cas supposer que l’action se serait écroulée si l’annonce avait dit : «désormais, notre société basera sa stratégie financière, sa stratégie d’embauche et l’agencement de ses locaux  sur les conseils d’experts en Yi-King, astrologie et Feng-Shui».
En effet, l’astrologie est favorable au business, à condition d’être celui qui l’organise, pas celui qui croit les promesses d’avenir radieux.

La communication institutionnelle sur Internet en 1995

septembre 22nd, 2009 Posted in Vintage | 9 Comments »

Trouvé dans le numéro 2 du journal Interactif (Avril-Mai 1995), la page d’accueil du site de la Maison Blanche. À l’époque, tous les sites sont sur fond gris et ne contiennent pas ou peu de photos et encore moins d’efforts graphiques. Vu la mise en page, je suppose qu’il s’agit d’une grande image avec zones cliquables. Malgré les apparences, il s’agit donc d’un site extrêmement ambitieux pour l’époque.

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Il faut dire que le vice-président de l’époque, Al Gore, est sans doute la personnalité politique qui aura le plus pesé sur l’histoire du web. Alors qu’il n’était encore que sénateur, les dispositifs législatifs qu’Al Gore a imposé à l’administration de George Bush senior ont marqué le départ du chantier des «autoroutes de l’information» mais aussi permis la création du premier navigateur web largement diffusé, NCSA Mosaic.
Marc Andreessen, qui a participé à la naissance de Mosaic et qui a été plus tard le créateur de Netscape, a dit, en 2000 que, je cite : «si ça avait été laissé à l’industrie privée, ça ne serait pas arrivé, ou en tout cas pas avant des années».

Et dire qu’on l’a connue toute petite

septembre 21st, 2009 Posted in Études, Personnel | 15 Comments »

Dix-neuf ans plus tard, il fallait bien que ça arrive !

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Ma fille aînée, Hannah, vient de quitter ce matin le nid familial, direction Strasbourg où elle est inscrite en première année aux Arts-Décoratifs, excellente école pour ce qu’elle veut faire, à savoir de l’illustration. Elle va marcher dans les pas de Tomi Ungerer, Blutch, Lisa Mandel, Matthieu Sapin, Hélène Georges, Serge Bloch, Lucie Durbiano, Marjane Satrapi… Mais je crois que ce qui l’a décidée à choisir cette école parmi celles où elle était reçue, c’est que les locaux sont superbes.
On pourra suivre les progrès de la demoiselle sur son blog d’illustrations / bande dessinées. Enfin quand elle aura sa connexion Internet, ce qui n’est pas forcément pour demain.

La fois où je me suis battu contre Rolex

septembre 20th, 2009 Posted in indices, Personnel | 34 Comments »

affaire_rolexLa phrase de Jacques Séguéla en a fait bondir plus d’un : «Si à cinquante ans on n’a pas une Rolex c’est quand même qu’on a raté sa vie». Il y avait là quelque chose de tellement obscène, de tellement odieux et de tellement misérable dans cette association entre luxe ostentatoire et projet d’existence que j’ai aussitôt acheté un nom de domaine en rapport : rolexavant50ans.com. Je ne savais pas vraiment quoi y mettre, je ne voulais pas en faire un site anti-sarkoziste par exemple (la phrase de Séguéla avait été lâchée pour défendre le fait que l’actuel président porte ostensiblement une montre de luxe), ni même un site anti-séguéliste (on en ferait vite le tour).

Je voulais parler du toc, du grand vide encombrant et dominateur que constitue le monde que l’on nomme «de la communication». Le blog qui en résulte, lancé sans plan véritable avec Nathalie, propose des images de divers ordre : travaux d’artistes ou réclames pouilleuses, clins d’œil moqueurs ou points d’interrogation, oppositions, juxtapositions, collections… Et tout cela sans trop d’explications, surtout, car il s’agit d’ébaucher un portrait de la société de consommation et de son imaginaire et rien de plus. Les quelques posts explicitement imprécateurs ne sont d’ailleurs pas les plus intéressants.

Or donc, un beau soir que je me trouvais en la bonne ville de Rennes, Nathalie m’apprend au téléphone qu’il y a un problème : l’avocat de la société Rolex l’avait appelée le matin même pour lui réclamer, en toute simplicité, de transférer le nom de domaine rolexavant50ans.com à la société genevoise ou de le faire détruire. Sous peine de poursuites. Elle avait d’abord parlé à un stagiaire apparemment simple d’esprit avant d’avoir, en direct, l’avocat lui-même. La société Rolex, légitimement concernée par la contrefaçon, fait systématiquement annuler tout nom de domaine contenant le nom «Rolex».
Bravache, je m’indigne : «ça ne va pas se passer comme ça!». Nathalie m’explique que l’avocat en question lui a bien fait comprendre que nous ne ferions pas le poids, que même au cas improbable où la justice nous donnerait raison in fine, cela pèserait bien plus lourd sur notre budget que sur le leur. Je me défends : je ne vends pas de montres, quel rapport ? Pour faire tourner l’avocat en bourrique, je lui demande de me fournir la preuve que le nom Rolex est bien une marque déposée valide. Tout en me rappelant poliment que je n’ignore pas la notoriété de Rolex puisque je cite le nom dans un nom de domaine, il s’exécute et me fournit une copie du trademark de Rolex. En revanche il ne m’a pas fourni la preuve qu’il représentait bien la société Rolex, arguant du fait qu’il n’a en aucun cas le droit de prétendre représenter un client sans que celà soit vrai — argument étonnant puisque c’est comme si quelqu’un disait qu’il n’a pas pu commettre un vol parce que le vol est illégal.

rolex_le_defi

On pouvait continuer longtemps dans le registre des taquineries (je rends hommage au calme dont a fait preuve l’avocat en question) mais j’ai un peu réfléchi. D’une part je n’ai pas les épaules pour me lancer dans un procès (les seuls avocats que je connaisse servent à préparer des guacamoles), et d’autre part, l’idée qui a motivé l’achat du nom de domaine n’avait jamais été de parler d’un honorable horloger de précision helvétique : je m’en fous complètement des Rolex, ce sont plutôt ceux qui les portent et les raisons pour lesquelles ils veulent qu’on voie qu’ils les portent qui m’intéressent.
Donc j’ai laissé choir, non sans exiger qu’on me rembourse le prix de l’acquisition du nom de domaine, exigence à laquelle, toujours très calme, l’avocat m’a répondu que son client acceptait de payer la somme de 4,90 euros que j’avais précisément demandé, en remboursement. J’aurais adoré qu’ils refusent de payer une somme si mesquine, mais non. Je me demande si l’avocat a réellement appelé les directeurs généraux de Rolex pour leur demander si ça ne les gênait pas de me rembourser cinq euros. J’ai un petit doute.
Entre temps, le contenu du site rolexavant50ans point com a déménagé pour l’adresse grossemontreavant50ans point com.

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Au moment d’effectuer la destruction du domaine, je m’aperçois que l’opération est plus difficile que prévu. D’abord on me le refuse pour une question de délai réglementaire entre le moment de l’enregistrement du nom et le moment de ma requête (j’explique ça à l’avocat qui accepte d’attendre), mais ensuite on m’apprend qu’il faut que j’imprime puis que je remplisse un formulaire à adresser à mon registrar (la société auprès de laquelle le nom est enregistré) par recommandé. Voyant l’énergie que cela réclamerait (la poste se trouve à un quart d’heure de marche) et le coût (comment donc, m’indignais-je, je ne vois pas pourquoi je paierais 3 euros pour céder un bien que j’ai acquis !), je ne me suis pas exécuté, contrairement à la promesse que j’avais faite et préférant le procès : qu’ils viennent ! Je ne saurais dire où finissent la paresse et la tendance à la procrastination et où démarre l’orgueil dans cette affaire pitoyable.
Pour finir, l’avocat me propose simplement de lui fournir mon code d’autorisation de transfert, acceptant de se charger du reste à ses frais. Fair enough : après tout, je les aurais assez embêtés comme ça.
Trois jours après m’être exécuté, écrasé, couché, rendu, je reçois un mail m’informant que la société «domaindiscount24» veut initier un transfert du nom de domaine rolexavant50ans.com et me demande si je l’accepte. Je clique.
Fin de l’histoire. Pas de quoi se vanter, mais j’espère que je vous aurai fait rire un peu.

(illustrations : la photo de gâteau a été piquée au blog culinaire Sucrissime. Le troll et le géant doré viennent du jeu Guildwars. Les bourgeois de Calais proviennent d’une illustration scolaire)

Gros doute

septembre 18th, 2009 Posted in indices | 70 Comments »

desirsdavenirCes derniers jours j’ai ri parmi les hyènes du nouveau site de Ségolène Royal, desirsdavenir.org, lancé le 15 septembre. Ce site, laid au dernier stade, rappelle ceux de l’Église de Scientologie ou du gourou Raël. Les typographies employées sont ridicules, les rubriques ont leurs noms disposés dans des cartouches aux bords arrondis, rangés de part et d’autre d’une vidéo où l’ancienne candidate à la présidentielle exprime son indignation tous azimuths. Cette vidéo centrale fait très télévision, très je-ne-comprends-rien-au-net1.
Elle force légèrement son côté dame de catéchisme, allant jusqu’à paraphraser les évangiles («une maison doit être construite sur des fondations solides…»). La mise en page, prévue pour s’inscrire dans l’écran de manière frontale fait plus tract politique ou powerpoint que site web. Dans la version d’origine (vite changée), le fond de l’écran était entièrement occupé par un paysage grandiloquent de steppe au soleil couchant, image qui s’est avérée faire partie des fonds d’écran donnés avec le système d’exploitation Windows.
À tout ce ridicule s’en est ajouté un autre : L’Express a révélé que la société responsable de ce fiasco avait adressé une facture de 41 860 euros à Pierre Berger, mécène de Ségolène Royal. Et Pierre Berger refuse d’honorer cette facture. La société prestatire n’a pas de site web (chose inédite dans le domaine) et surtout, s’avère (selon l’Express) être dirigée par le compagnon de Ségolène Royal.

Une petite mise au point pour commencer. Quarante mille euros pour un site web d’institution ou de parti politique, ça n’est pas nécéssairement trop, tout dépend ce que comprend la prestation. Ici, le résultat n’est pas à la hauteur du montant réclamé, c’est vrai, mais si l’on pouvait voir ce qu’ont payé tel et tel député, ministre, etc., pour leurs sites internet, il y aurait sans doute souvent de quoi rire ou de quoi s’indigner. Pas la peine de rappeler les scandales qui ont entouré récemment la création de noms ou de logos d’institutions publiques.

desirsdavenirmeme1

Ici, la blogosphère a tranché. Spontanément, divers webmestres ont publié des pastiches, des  jeux, des générateurs de faux sites, ou des vidéos consacrés à moquer le site désirs d’avenir. Il y a même eu un concours de «meme»2 sur un site créé pour l’occasion. Le serveur qui héberge désirs d’avenir, submergé de visites, n’a pas tenu le choc, et il a très rapidement été impossible de le consulter.
La cible de ces moqueries a agravé les choses par une défense au comique involontaire assez puissant puisqu’elle voit dans les centaines de milliers de connexions sur son site, je cite, «un succès formidable» tout en assurant son public qu’elle tiendra compte des suggestions qui lui ont été faites. Une de ses assistantes, Sophie Bouchet-Petersen, dénonce quant à elle «une opération soigneusement orchestrée» destinée pense-t-elle à détourner l’attention des français des deux problèmes du moment : la taxe carbone et la spoliation de votes de militants du parti socialiste dont aurait été victime Ségolène Royal.
Pour ma part, je suis prêt à parier que la majorité des auteurs de pastiches du site de Ségolène Royal ont voté pour elle à l’élection présidentielle (par conviction ou par défaut), et ne travaillent pas pour l’UMP ni même pour un courant antiségoléniste du Parti Socialiste. Il n’y a pas de complot, on pointera tout au plus du doigt une flagrante malhonnêteté intellectuelle de la part de L’Express qui cherche à scandaliser le bon peuple en sortant de gros chiffres : quarante mille euros c’est beaucoup d’argent bien entendu, mais comme je le dis plus haut, s’il y avait écrit le prix payé sur chaque site internet, il y aurait de belles surprises (de tous ordres, d’ailleurs). Quant au fait que ce soit la-boite-du-copain qui se soit fait confier la réalisation du site, ma foi, ça n’est pas un problème juridique ni même moral, un particulier ou un courant politique n’étant pas astreints à organiser des appels d’offre que je sache. On ne cherche pas toujours bien loin ses prestataires.

desirsdavenirmeme2

S’il n’y a pas de complot, pas de conjuration, je crains que l’affaire soit le symptôme de quelque chose de bien plus grave (et je bats ma coulpe, je n’ai pas été le dernier à faire circuler les adresses des sites moqueurs — d’autant que certains restent fort drôles), celui d’une société restée méchament phallocrate, où l’on s’indignera vertueusement des plaisanteries de café du coin d’un ministre d’état comme Brice Hortefeux, où l’on manifestera de la haine envers un président jugé agressif, mais où on traitera avec un mépris certain les Ségolène Royal et autres Rachida Dati dont les fautes ne sont pas forcément plus graves que celles des précédents cités. Aux vainqueurs de l’élection, on montre finalement plus de respect qu’aux vaincus (Vae Victis) ; Aux hommes, infiniment plus qu’aux femmes.
J’ai l’impression que si une femme mène une vie de femme, on ne le lui pardonne pas. Ségolène Royal a été crédible comme chalenger à une élection nationale lorsqu’elle était la compagne autoritaire d’un premier secrétaire empoté, et plus encore lorsqu’elle s’en est séparée. À présent, à nouveau «casée» (ainsi que le rappelle lourdement cette affaire de prestation de services), elle n’est plus qu’un sujet de moquerie, comme si le fait d’avoir un compagnon lui donnait d’office une position subalterne incompatible avec tout rôle dominant. De son côté, un Silvio Berlusconi affirme sa position de chef en Italie avec une vie affective (si l’on peut dire) basée sur le recours aux services de call-girls…
Il y a un problème, non ?

  1. Ce que Ségolène traduit par «une nouvelle maquette accessible à tous et pas seulement aux internautes confirmés».  [↩]
  2. Les meme, sur Internet, sont des créations virales qui se diffusent à partir de mêmes éléments (musique, vidéo). Je ne saurais pas le définir très bien (et personne ne le peut pour l’instant à mon avis) mais le nom vient du mème de Richard Dawkins, qui est un réplicateur conceptuel/culturel comme les gènes sont des réplicateurs biologiques. [↩]

Réglementer la retouche photo ?

septembre 16th, 2009 Posted in Images | 57 Comments »

piedblancNe mangez-bougez plus, le petit oiseau va sortir !
Il y a quelques années encore, le public ignorait tout de la retouche photo. J’ai un peu raconté sur ce blog mon apprentissage du métier de retoucheur photo, au milieu des années 1980. On travaillait au crayon conté et au pinceau, c’était un métier très technique qui réclamait un certain savoir, beaucoup de soin et un coup d’œil certain (que je n’avais sans doute pas). Et puis Photoshop est arrivé, puis s’est perfectionné : à présent, grâce à cet outil, c’est avant tout le coup d’œil qui compte. Tant mieux du reste. Le site Photoshop disasters prouve régulièrement que, contrairement à ce qu’on voit dans les films, l’outil ne fait pas tout : raccords étranges, objets imparfaitement gommés, corps improbables,… les pires horreurs paraissent dans la presse et ne sont pas toujours remarquées.

Quel est l’impact des images factices sur la représentation que nous nous faisons de notre propre corps ? Il est sans doute considérable. Un groupe de députés vient de déposer une proposition de loi relative aux photographies d’images corporelles retouchées, destinée à compléter l’actuel article de loi Alimentation, publicité et promotion qui impose aux annonceurs pour certains produits alimentaires de faire figurer un avertissement sanitaire.

Considérant, je cite, que «(…) ces images [les images retouchées] peuvent conduire des personnes à croire à des réalités qui, très souvent, n’existent pas» et «répondant aux préoccupations du Gouvernement (…) de la proposition de loi visant à combattre l’incitation à l’anorexie», les parlementaires proposent de signaler la retouche sur les publicités destinées à la presse écrite et à l’affichage, mais aussi sur les images qui figurent sur l’emballage des produits, sur les affiches de campagne politique ou encore, sur les photographies d’art.
Sur la notion de «photographie d’art», je m’interroge un peu : faudra-t-il mettre un message de type «Mangez bougez» sur les photographies d’André Kerstész et de Man Ray ?

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Le message qui a été proposé pour signaler l’imposture est «Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne», quant à l’amende, en cas de non respect de l’article, elle serait de 37 500 euros mais pourraît même atteindre jusqu’à 50% des dépenses consacrées à la publicité.

Je suis curieux de savoir où se trouve la limite : est-ce que lisser le grain de la peau d’un mannequin ne constitue pas déjà une tromperie qui laisse croire à chacun qu’il a absolument besoin de la crème hydratante que la jeune femme tient dans la main ?
Curieusement, il n’est pas question de publicités audiovisuelles, alors que nous savons que l’image vidéo n’est plus, et depuis longtemps, le compte-rendu objectif d’un enregistrement mais peut être tout aussi factice qu’une image fixe. Et cela ne va pas s’arranger, car si aujourd’hui la retouche vidéo demande de gros moyens et un savoir-faire, des solutions accessibles (techniquement en tout cas) sont sur le point d’être commercialisées, comme Unwrap Mosaic, de Microsoft.
Et allons plus loin encore : que penser des personnes dont l’apparence a été modifiée non par trucage mais par chirurgie esthétique ? N’imposent-elles pas elles aussi une image irréelle (pas inaccessible cependant) de la beauté ?
À suivre…

(merci à Olivier Auber, pixeltoo, schiste, JM Manach et bien d’autres pour avoir signalé le projet de loi sur Twitter, et merci à ma fille Florence pour avoir remarqué l’affiche reproduite ci-dessus). Lire ailleurs : Pour une police de l’apparence (André Gunthert), Loi de la retouche ou retouche de la loi ? (Olivier Ertzscheid). Voir aussi la précédente tentative de proposition d’amendement en rapport par la députée Valérie Boyer (Arrêts sur image).

Objets bavards

septembre 16th, 2009 Posted in Design, Lecture | 3 Comments »

sterling_objets_bavardsComme beaucoup d’auteurs de science-fiction, Bruce Sterling a une compréhension des temps présents pleine de sagesse et de folie tout à la fois. Comme tous les auteurs de science-fiction, il croit, il sait, qu’il y a une poésie à chercher dans le futur et dans la technologie. Enfin, comme une très large majorité d’auteurs de science-fiction sans doute, Bruce Sterling se passionne pour les objets, la science-fiction étant bien souvent une affaire d’objets, de gadgets comme il le dit lui-même : le sabre laser de George Lucas, l’orgue empathique de Dick, le telecran de George Orwell, les véhicules spatio-temporels divers et variés,…

Tout en s’abritant derrière son irresponsabilité (il n’est pas designer lui-même), Sterling se pose sérieusement la question de savoir ce que seront les objets de demain.
Il commence par établir une typologie des objets et de leur évolution historique qu’il classe comme ceci :
— les artefacts (au sens qu’a ce mot en archéologie), outils rudimentaires liés aux civilisations de chasse ou d’agriculture : le couteau, la masse…
— les machines, objets complexes et reposant sur une source d’énergie artificielle : horloge, automobile. Sterling date leur avènement au XVIe siècle, mais à la suite de Jean Gimpel1, j’irais jusqu’au XIIIe siècle, avec les développements conjoints de l’horlogerie et de la construction de moulins. Les machines existent depuis l’antiquité (au moins) bien entendu, la question à trancher étant de savoir à partir de quand il s’est avéré impossible de vivre sans.
— les produits, qui sont des objets manufacturés et édités en grand nombre d’exemplaires identiques. Sterling en date l’avènement aux alentours de la première guerre mondiale, qui a effectivement vu naître des produits de masse qui auraient été différents, ou qui n’auraient peut-être pas pu exister sous la même forme autrement.

shapingthings_mitJusqu’ici, il n’est pas difficile de suivre l’auteur. Viennent ensuite trois autres classes d’objets aux contours plus flous :
— Les Gizmos, des objets d’une complexité suffisante pour qu’il soit plus difficile de les simplifier que de les augmenter, qui requièrent un apprentissage de la part de leurs utilisateurs et qui s’appuient sur d’autres objets pour exister. Les logiciels, typiquement, appartiennent à la classe des gizmos. L’auteur en date précisément l’avènement à l’année 1989 mais il ne dit pas vraiment pourquoi.
— Les Spimes, qui sont les objets du futur immédiat selon Bruce Sterling. Ils sont notamment traçables, identifiables, localisables, munis de puces RFID (acronyme que l’auteur propose de remplacer par le mot arphid) et existant en réseau. On peut à chaque instant savoir ce qu’ils sont et à quoi ils servent, se documenter à leur sujet sur Internet, etc. Leur acte de naissance pourrait être daté de 2004, année où l’armée américaine a imposé à ses fournisseurs d’équiper leurs productions de puces RFID.
– pour finir, les Biots,  que Sterling place dans un futur que nous ne verrons pas tous (~2060), et qui sont des objets nés d’une maîtrise technologique particulièrement avancée, pouvant être fabriqués, utilisés et détruits sans interférer avec l’environnement. Ils ne sont pas évoqués en détail dans le livre.

Sterling prend l’exemple d’une bouteille de vin, objet plusieurs fois millénaire qui a été au cours de son histoire artefact, machine (lorsqu’une économie complexe s’est créée autour du commerce du vin), produit, gizmo (la bouteille s’accompagne d’un lien vers un site web) et bientôt, spime. À chaque mutation, la quantité d’informations que fournit l’objet est augmentée, c’est même la caractéristique principale de chacune de ces révolutions.
Le point important du livre, c’est la notion de Spime. Puisqu’il s’agit d’un objet qui n’existe pas encore, et qui peut-être n’existera pas réellement, enfin pas au point qu’il soit impossible de vivre sans (même si tous les indices concordent), cette notion reste difficile à appréhender, ou du moins, appartient encore à la science-fiction. On peut cependant d’ores et déjà réfléchir à la porté sociale, économique et politique d’une telle évolution de l’objet. Bruce Sterling s’y essaie. Il évite avec un certain brio de jouer les Cassandre ou les prophètes et pour finir, renvoie la balle dans le camp des designers : à eux de jouer, à eux d’imaginer, à eux d’inventer. De manière très paradoxale, un écrivain de science fiction c’est quelqu’un qui a conscience de ce que le futur n’est pas déjà écrit.
Ce que Sterling rappelle par ailleurs très bien c’est que notre société humaine actuelle est ridicule et non viable à moyen-terme et que l’invention de nouvelles formes d’échange, de rapport à l’objet et à son récit doivent impérativement être pensées. Ce n’est pas de la métaphisique, c’est une question résolument terre-à-terre. Le thème du livre est aussi de se demander comment nous allons gérer la complexité du présent et de l’avenir.

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Je n’ai pas une grande capacité à imaginer ce que sera après-demain en partant de ce que sera demain – je ne suis pas auteur de science-fiction – alors je ne sais pas quoi penser de tout le volet prospectiviste de l’ouvrage, mais tout cela donne à réfléchir, c’est une lecture extrêmement fertile.

Digression sur la Croatie

J’ai lu ce livre cet été alors que j’étais perdu sur une île croate dans un village qui ne vit pas du tourisme mais de la pêche et de la culture de l’olive. Ce que je voyais de mes yeux illustrait tout à fait ce que je lisais, car si les habitants du village en question sont persuadés de vivre comme leurs plus lointains ancètres — ils font le même métier, leur  mode alimentaire, leurs occupations et leurs loisirs sont en apparence identiques —, ils vivent dans un monde qui n’a plus rien à voir avec celui de leurs grands-parents ni même de leurs parents. La brutalité de la manière dont ils se sont projetés dans une certaine modernité entraine une grande confusion. Les déchets sont à peine gérés (si ça ne sent pas mauvais et si ça ne pourrit pas, pourquoi ramasser ?), l’ampleur des changements que l’activité humaine implique sur l’état de l’éco-système ou sur celui de la vie sociale n’est pas comprise, le pays entier (et plus encore ses îles sans doute) est passé en quelques génération d’une civilisation de l‘artefact à une civilisation du produit, et la société de consommation a été désirée avec une telle force qu’elle semble à présent incapable d’accepter le moindre frein.

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En France et dans la plupart des pays développés, depuis quelques décennies, l’idée s’est imposée qu’il faut réfléchir à tout cela. Je ne dis pas que nous faisons les choses qu’il faut faire, mais la préoccupation existe. Dans un petit pays en mutation récente et rapide comme la Croatie, ce n’est pas le moment, l’heure est à la frénésie, à la jouissance : avoir une maison monstrueuse façon Beverley Hills mais n’en occuper que la cave (parce qu’il fait trop chaud ailleurs et pour ne pas salir les pièces d’apparat), avoir le hummer de Jack Bauer pour faire des trajets de cinq cent mètres, n’acheter que des produits étrangers, chaque fois que c’est possible tout en étant ultra-nationaliste (jeune pays oblige)… Un pays qui ne réfléchit pas à son présent n’a pas d’avenir, dit Bruce Sterling. Un pays qui ne s’intéresse pas à son passé non plus et là encore, la Croatie est plutôt déroutante : un villageois peut habiter sans le savoir à quelques mètres d’un site archéologique romain entretenu par une quelconque fondation norvégienne, et les musées historiques et archéologiques que j’ai visité à Zadar et Biograd n’étaient fréquentés que par des touristes, et plus précisément, que par des touristes français2.
Les croates (ou en tout cas les dalmates, qui peuplent la côte croate, ou plutôt : ceux que j’ai rencontré) gagneraient sans doute à lire un tel livre et à placer leur pays dans le futur pour éviter de perdre leur passé sans s’en apercevoir.

Une adaptation franchement discutable

En anglais, Objets bavards a été publié par MIT Press en 2005 sous le titre Shaping Things (donner une forme aux choses). Il se vend là-bas environ 13 dollars. L’édition française vaut quant à elle 23 euros (plus de 30 dollars), alors que le livre est plutôt petit, 150 pages au format presque-poche. D’un point de vue graphique, cette adaptation française, supposément inspirée du travail de la graphiste de l’édition originelle, me semblait un peu suspecte, car c’est sans doute l’essai consacré au design le plus laid que j’aie jamais vu : la typographie, le graphisme, c’est du design (c’est à dire une réflexion sur l’adéquation entre la forme et la fonction de l’objet – je suppose qu’une telle définition rapide ne provoquera pas de débats), et cette édition française ressemble plutôt à un précis de soutien scolaire ou à un de ces affreux guides de marketing qui ressemblent eux-mêmes à d’abominables powerpoints et réciproquement.
Voulant en avoir le cœur net, J’ai  donc commandé la version américaine afin de la comparer à la version française. Force est de constater que la comparaison a de quoi donner honte à l’éditeur français (fypéditions).

comparaison_1

Le design de l’édition américaine est signé (et même postfacé) par la graphiste Lorraine Wild, connue notamment pour ses monographies d’artistes. Le graphisme de l’édition française n’est pas signé, on nous dit juste qu’il est inspiré du travail de Lorraine Wild. Mais voilà, tout cloche. Le choix originel de changer de typo pour les mots artefact, product, etc., qui permet de donner un impact visuel fort à chacun de ces paradigmes culturels, a bien été repris dans l’édition française, mais d’une part, ce n’est pas avec les mêmes typos (ce n’aurait pourtant pas été difficile puisque toutes étaient nommées à la fin du livre) et d’autre part, cela n’est pas appliqué très rigoureusement puisque dans l’édition française, la fonte employée pour le mot artefact est aussi celle qui sert aux titres des chapitres ! On comprend que les deux pages explicatives rédigées par Lorraine Wild aient disparu de l’édition française.

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Le livre d’origine contient aussi des mots soulignés à la manière d’une prise de notes de lecteur, et cela aussi est escamoté. On peut continuer longtemps à comparer les éditions3. Incohérence visuelle et laideur générale : on ne peut pas dire que l’auteur ait été très respectueusement servi par cette adaptation française, dont le prix est pourtant le double de celui de l’édition d’origine.

  1. Jean Gimpel, La révolution industrielle au moyen-âge, éd. Seuil (Points). [↩]
  2. Bien moins nombreux que les italiens, les allemands ou les slovènes, les touristes français se reconnaissent souvent de loin. S’il se trouve un noir dans un groupe, par exemple, ce n’est même pas la peine de demander : ce sont des français (et pan dans les dents d’Alain Finkielkraut et de Bernard Kouchner qui trouvent que le nombre de noirs dans l’équipe de France de football ne représente pas bien le pays). On les reconnait aussi à ce qu’ils consomment : une cousine de Nathalie qui tient un café se plaignait des français qui ne boivent que du café et de l’eau au lieu de la bière et des glaces. [↩]
  3. Cela pourrait constituer un excellent exercice pour étudiants en design graphique. [↩]

Un bon référencement garanti

septembre 15th, 2009 Posted in Les pros | 7 Comments »

referencementTous les webdesigners, je pense, ont eu une fois (ou plus d’une fois) un vrai mauvais client. Un ami d’ami à qui on fait un prix défiant toute concurrence puis qui nous annonce comme une bonne nouvelle qu’on a travaillé pour rien et que c’est son petit neveu, finalement, qui va s’en charger, parce qu’il accepte un prix encore plus bas. Un client dont la pingrerie est inversement proportionnelle aux exigences et à la compréhension de ce qu’est un site Internet ; un client qui s’attend à ce qu’en plus du graphisme et de l’ergonomie, on rédige les textes, et qui s’indigne presque qu’on n’ait pas transformé les titres de rubriques qu’il a imaginés en argumentaires commerciaux de plusieurs milliers de signes ; un client à qui on fournit un blog clés-en-mains, prêt à l’emploi, et qui demande avec un ton de reproche qu’on lui explique pourquoi il n’y a jamais de nouveaux articles ; un client qui demande toujours du «pareil que» : pareil que le concurrent, pareil que Apple (ben tiens !), pareil que Facebook (pour le site d’un plombier ?). Il veut être comme tout le monde et il veut qu’on le remarque, il est incapable de voir ce que sa demande peut avoir de contradictoire — mais il croira le premier expert en management qui lui vendra une méthode infaillible pour avoir du succès dans les affaires.
C’est le genre de client qui vous rappelle un jour pour se plaindre du trafic de son site, et dont vous apprenez par un lapsus que le chèque misérable qu’il vous a fait pour un très joli site ne vaut pas le dixième de ce qu’il a donné à une boite verreuse pour assurer un «référencement garanti» dont il vous demande à présent d’assurer le service après-vente.
Des tas de petites boites vivent de ces promesses qu’aucun honnête homme ne ferait et qu’aucune personne un tant soit peu dotée de bon sens ne croirait.
Au fond je crois bien que j’ai le règle d’un bon référencement : il faut un tout petit peu s’intéresser à Internet, et ne pas avoir peur d’avoir un site au contenu intéressant et de qualité. Mais le genre de client dont je parle ne comprend pas bien la démarche : «il n’y a vraiment aucune autre solution ? Il faut vraiment que ça intéresse les gens ?»

stats_de_la_honte2

Bon.
Malgré tout, est-ce que je peux promettre un excellent référencement avec Google ? (oui, si le site contient pas mal de texte notamment), est-ce que le site apparaîtra en haut de la page de Google quand quelqu’un y saisira le nom «Paris» ? (non ! Vous n’utiliseriez jamais Google s’il était assez mauvais pour permettre une telle chose, et d’ailleurs, combien de microsecondes l’internaute passera-t-il sur votre page avant de se rendre compte que ce n’est pas du tout ce qu’il cherche ?). Google privilégie le contenu (y compris sa mise en forme, qui doit se plier aux standards techniques qui qui lui agréent), l’adéquation entre ce que l’internaute recherche et les pages vers lesquelles il est renvoyé, la récurrence des mises à jour et bien entendu les liens depuis et vers des sites extérieurs. Il n’y a pas de mystère, et peu de moyens de berner durablement la vedette des moteurs de recherche, d’autant que son algorithme est constament modifié pour gagner en fiabilité .

Mais tout de même, tout de même, j’ai bien une botte secrète.
Au prochain client qui me demandera la formule miracle pour avoir du trafic sur son site, je saurai quoi dire !
Si vous voulez du trafic, publiez sur votre site une page dont le titre est «sous les jupes des filles».
Succès garanti : près d’une centaine de visiteurs uniques par heure !
Misère…