Profitez-en, après celui là c'est fini

L’ordinateur comme outil

mars 11th, 2010 Posted in Brève, médiatisation | 45 Comments »

Hier 10 mars, le quotidien Libération a publié une pleine page d’interview de votre serviteur au sujet des jeunes et de l’ordinateur. Je suppose que ça sera accessible en ligne pour les non-abonnés dès demain, mais j’en ai déposé une version pdf sur ce serveur (cliquez sur l’image ou sur ce lien pour y accéder).
Cette interview faisait suite à un de mes articles sur ce blog, La génération post-micro, article dans lequel je prenais prétexte de la publication d’une étude belge pour faire connaître mon sentiment (hautement subjectif) au sujet du rapport entre les adolescents et les très jeunes adultes actuels et l’ordinateur. Selon moi, les « digital natives » (ceux qui sont nés dans un bain numérique — consoles, ordinateurs, téléphone mobile) sont moins compétents face à un ordinateur que l’on pourrait l’imaginer a priori. Leur usage change et accompagne la mutation de l’ordinateur qui devient un média et non plus un outil. C’est une évolution que j’ai cru remarquer très récemment dans les divers lieux où j’enseigne ou au travers de témoignages divers. J’avais eu l’occasion d’en reparler lors du débat consacré à l’éducation aux nouvelles technologies de la revue Regards sur le numérique.
Ceci étant dit, il est évident que je ne suis pas sociologue ou anthropologue et mes observations n’engagent que moi.
Après avoir lu l’article de Libé (qui est conforme à la version que l’on m’a soumise avant publication), je me rends compte que j’ai un ton un peu péremptoire et que je m’autorise des généralisations que je ne pense même pas. Le lecteur devra donc de lui-même saupoudrer le texte des « peut-être », des « sans doute » et des « d’après moi » qui lui font défaut.
Pour finir, le journal me prête un titre imaginaire en faisant de moi un maître de conférences à l’Université Paris 8 et à l’école d’art du Havre depuis 1996. En réalité, si j’enseigne bien depuis 1996, je ne suis pas maître de conférences mais maître de conférences associé (c’est à dire professionnel recruté par l’université pour une durée déterminée), et ce depuis 2001 seulement. Quant à l’école d’art du Havre, j’y suis professeur, emploi qui n’a rien en commun avec le titre universitaire homonyme. Enfin, il est écrit que je suis « expert en technologies » mais je ne pense pas que la formule (un peu vague au demeurant) me décrive très bien.
J’avais insisté sur ces questions de titres et de postes avec Astrid Girardeau, qui m’a interviewé, mais l’article final a été rédigé sans elle, puisqu’elle ne travaille plus pour Libération. L’introduction, notamment, n’est pas conforme à celle qu’Astrid avait rédigée.
Dernier détail : l’article affirme que j’ai quarante deux ans. Je suis presque sûr que c’est de ma faute car je ne sais jamais exactement mon âge. En fait j’ai un an de moins.
Il était important que je rectifie / précise ces points.

Jodi à Paris

mars 10th, 2010 Posted in Brève, Interactivité | 4 Comments »

Jodi (Joan Heemskerk et Dirk Paesmans), couple d’artistes pionniers du Net.art, étaient hier et aujourd’hui invités à intervenir à l’Université Paris 8, à l’initiative de Camille Paloque-Berges, du département Hypermédias.
J’ai eu l’honneur et le plaisir de les interviewer pour le prochain numéro du magazine Amusement.

Sur la photo ci-dessus : Camille Paloque-Berges (gauche) et Sophie Daste dégustent des chocolats tandis que Joan et Dirk cachent leur visage derrière leurs iBooks ouverts comme des livres — réponse pied-de-nez à la question du livre électronique ?

Leurs sites parfois incompréhensibles au profane (comme par exemple wwwwwwwww.jodi.org dont le sens n’apparaît que pour ceux qui prennent le temps de consulter le code source de la page) et leur refus du high-tech ne les empêchent pas de séduire le public par l’approche saine et gaie qu’ils ont de la création sur Internet.

Logorama

mars 8th, 2010 Posted in Au cinéma, Design, indices | 13 Comments »

Logorama, le film de François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, du collectif H5, vient de recevoir cette nuit l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation 2010, devant un film de Nick Park, A matter of loaf and death et devant un autre film produit en France, French Roast, de Fabrice Joubert. Le « buzz » de Logorama semble avoir été savamment orchestré à coup de diffusion puis de suppression sur Youtube, Vimeo ou Dailymotion, ce qui constitue à mon avis un bon exemple de la manière dont la diffusion illégale ou en tout cas plus ou moins clandestine d’un contenu soumis à copyright permet à ses auteurs d’en conserver la maîtrise et d’en doser la popularité : pour montrer, on passe aux copains, et pour créer de la rareté, on demande ensuite aux canaux de diffusion de supprimer les fichiers.

Il faut dire que ce contenu est particulier puisque chaque plan de Logorama est constitué de logotypes de marques, éléments visuels que le droit international protège infiniment mieux que des droits individuels tels que la liberté d’expression ou le droit à la vie privée. Je parie cependant que Logorama ne sera victime d’aucun procès en contrefaçon ou en atteinte à la réputation des entreprises, d’une part parce que le succès met à l’abri de ce genre de problèmes, mais aussi parce que son discours est d’une ambivalence comme on l’adore dans le monde de la communication : derrière un scénario vaguement subversif (Ronald McDonald en cambrioleur fou furieux et un séisme qui engloutit ce monde de logos), on perçoit surtout une fascination béate pour l’univers de la publicité, des logos et des mascottes de marques. En seconde lecture, Logorama me semble donc être un hommage à la société de consommation et à ses couleurs vives, un hommage naïf et faussement séditieux de la part de ses meilleurs ouvriers.
Les H5 ont un grand talent et c’est manifeste depuis le clip The Child, pour Alex Gopher, superbe animation typographique, mais au fond, quel est leur propos ? S’approprier les codes de la communication et les clichés scénaristiques des séries télévisées (Logorama en regorge) est quelque chose d’assez positif — un « droit de réponse » disaient les auteurs lors d’une interview —, mais où se trouve ici la frontière entre la distance critique vis à vis du bombardement d’images, de marques et de logos, et la simple participation à ce même bombardement ?

J’avais beaucoup aimé le clip Remind Me, que les H5 avaient réalisé pour le duo norvégien Röyksopp et où le langage du graphisme d’information était utilisé pour raconter la journée d’une jeune londonienne. Mais que penser lorsque les mêmes images, propres et joyeuses d’un monde qui fonctionne avec une régularité des plus rassurantes, sont utilisées par les mêmes auteurs pour nous vendre la société Areva ? Areva (réincarnation « sexy » de l’ancienne Cogema) est la société qui vend et qui gère nos matières premières et nos déchets nucléaires. Peu à peu dé-nationalisée, elle devient une entreprise « normale », c’est à dire soumise à la concurrence commerciale, aux caprices et à l’avidité de ses actionnaires, et sans doute acculée à terme (comme la SNCF) à remplacer son cœur de métier par ce qui permet de gagner plus d’argent en ne travaillant pas plus, à savoir la communication, les tours de passe-passe financiers et les pratiques commerciales. Demain, si le Cotentin devient une zone « interdite » à la manière de la région de Tchernobyl, ce ne sera pas à cause d’un étatisme centralisateur incompétent comme celui de l’ex Union Soviétique mais sans doute à cause de l’optimisme libéral qui édicte que tout problème social ou industriel peut se règler à coup de publicités chamarrées1. Le jour où une catastrophe nucléaire aura eu lieu ici, les gentils graphistes du groupe H5 y auront eu leur part2.

De la même manière, si je trouve Logorama extrêmement bien fichu et si on peut saluer le travail visuel et le travail de documentation très fouillé, quelque chose me met mal à l’aise, j’y vois une apologie volontaire du cauchemar climatisé, un message un peu décadent qui nous proposerait de nous abrutir d’images plaisantes en attendant d’être engloutis par les effets de notre propre inconséquence.

Lire ailleurs : Logorama remporte l’Oscar du film d’animation (Henri Verdier) et Urbanité des sigles, par Joachim Lepastier.

  1. Voici comment le site d’Areva explique son approche de la communication (les mots en gras sont écrits en gras sur le site d’Areva) :
    « Depuis plusieurs années, AREVA diffuse des campagnes en rupture avec les autres publicités institutionnelles. La recette ? Une approche décomplexée, ludique et pédagogique, un graphisme original et contemporain et une musique entraînante […] Dans ce contexte, AREVA a besoin d’asseoir sa notoriété, sa crédibilité et son leadership, partout dans le monde, sur la base d’un discours global et cohérent envers l’ensemble de ces cibles. Les campagnes de publicité institutionnelles ont ainsi pour objectifs : de faire d’AREVA une marque toujours plus attractive, de développer et consolider son niveau de notoriété, d’affirmer son identité de groupe industriel de référence dans le domaine de l’énergie sans C02. »
    Bref, une marque comme une autre qui calque son approche commerciale, selon sa présidente, sur le modèle « Nespresso ». []
  2. Vous pensez que j’exagère ? J’aimerais bien, mais les faits me donnent raison. Depuis quelques temps, Areva et EDF, deux sociétés qui appartiennent pourtant (pour combien de temps ?) majoritairement à l’état français, se bagarrent autour des contrats qui les lient en matière de recyclage des déchets et de fourniture du combustible radioactif, se renvoyant la balle quant à leurs responsabilités respectives.  []

La morale sensitive, les perspecteurs

mars 7th, 2010 Posted in Cimaises, Interactivité | No Comments »

L’exposition de Jean-Louis Boissier à l’École d’art du Havre, déjà annoncée ici, est ouverte tous les jours du lundi au vendredi, de 14h à 18h. Sont présentées deux installations interactives, La Morale sensitive et Les Perspecteurs.

Dans La Morale sensitive, le visiteur est invité à s’asseoir devant une table d’écolier où sont projetées des images. Ces images semblent être un flux vidéo (et ont effectivement été réalisées avec une caméra DV) mais sont en fait une succession de photogrammes montés en animation chronophotographique comportant des boucles et des chemins multiples sur le déroulement desquels on peut intervenir.

Les images sont reliées à un texte qui est projeté sur un mur perpendiculaire à la table et que l’on voit au travers d’une fenêtre. Il s’agit de textes extraits des Les Confessions et des Rêveries du promeneur solitaire, de Jean-Jacques Rousseau, dont les images sont des illustrations (et réciproquement).
La manipulation des images se fait en passant la main au dessus, sans même toucher la table.

Dans Les Perspecteurs, le visiteur est invité à manipuler une molette qui permet d’agir sur le défilement des images vidéo-projetées mais aussi sur une caméra robotisée qui effectue en direct la course qu’elle a réalisé lors du tournage d’origine.
Vous n’avez rien compris à mes descriptions ? Allez voir l’exposition !

Dans une troisième salle, on peut consulter le livre La relation comme forme : L’interactivité en art, toujours de Jean-Louis Boissier, et manipuler le cd-rom Essais Interactifs qui est fourni avec et qui constitue une anthologie (non-exhaustive) de travaux interactifs réalisés par l’artiste et chercheur entre 1989 et 20041.

Élisabeth Badinter peut avoir les oreilles qui sifflent car son nom a été plusieurs fois prononcé. Avec Globus Oculi, Flora Petrinsularis et La morale sensitive, l’exposition ne présente pas moins de trois allusions à l’allaitement maternel qui, selon la philosophe dix-huitièmiste (et actionnaire principale de Publicis) fait de la femme une guenon2.
On y retrouve évidemment un peu partout (et jusque dans le nom d’une rue adjacente à l’école et du parking le plus proche) le fantôme de Jean-Jacques Rousseau, que l’auteur de L’Amour en plus a si souvent attaqué.

  1. Sont réunis : Album sans fin, Globus Oculi, Flora Petrinuslaris, Mutatis Mutandis, Bifurcation, Autoportrait, Dozographie, Le Petit manuel interactif, Acrostiche, Modus Operandi, ainsi qu’une version cd-rom des deux œuvres exposées : La Morale sensitive et Les Perspecteurs. []
  2. À propos de la « tyranie » de l’allaitement : « C’est une réduction de la femme au statut d’une espèce animale, comme si nous étions toutes des femelles chimpanzés » — É. Badinter, interviewée par Libération le 10/02/2010. Digression : je ne me remets toujours pas de cette charge contre l’allaitement car elle met au jour une vision de l’humanité qui se ferait contre l’animalité — et je dis bien animalité et non bestialité, mot un peu trop connoté — et on retombe dans le débat Rousseau / Voltaire : quand le premier s’interrogeait sur l’état de nature (ni bon ni mauvais mais qui précède les conventions sociales et dont il semble logique de ne pas nier l’existence lorsque l’on tente de comprendre la nature humaine et de construire la société), le second le raille sur le mode de la « pente glissante » : « On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage ». Qui a dit que Rousseau n’était plus d’actualité ?  []

Portes ouvertes

mars 7th, 2010 Posted in Après-cours, Études | No Comments »

Quelques photos des portes ouvertes de l’école supérieure d’art du Havre (commencées hier mais qui continuent lundi, mardi et mercredi). Comme j’étais occupé à terminer le montage d’une exposition, je n’ai pas vu toutes les animations et toutes les expositions.

La salle multimédia/animation, avec à gauche les expérimentations électroniques de Bruno Affagard, qui présente entre autres une animation graphique réalisée avec Processing mais conditionnée aux informations transmises via une carte arduino par un sonar.

L’atelier gravure, tenu par Yann Owens, avec une exposition de tee-shirts sérigraphiés.

À l’occasion de l’exposition de Jean-Louis Boissier, l’école édite une sérigraphie réalisée d’après un schéma de l’installation « Les Perspecteurs ».

Tangerinegate

mars 1st, 2010 Posted in indices, Les pros | 5 Comments »

Robert Popper, acteur et humoriste, créateur de l’excellente série de faux films éducatifs Look around you, s’amuse fréquemment à faire des canulars téléphoniques. La semaine dernière, il a donné un coup de téléphone à la station LBC (London’s biggest conversation) pour rapporter avoir été témoin d’un épisode de perte de self-control de la part du premier ministre britannique Gordon Brown. Le sujet est à la mode en Grande-Bretagne et Robert Popper est aussitôt passé à l’antenne en direct sous le nom de Robin Cooper, ouvrier. Son témoignage est le suivant : Gordon Brown visitait son usine lorsque, énervé par une conversation téléphonique, il a projeté une clémentine sur un laminoir mécanique. Le fruit, broyé par la machine, l’aurait endommagé. Toujours en colère, le premier ministre s’en serait pris à l’assistante de qui il tenait l’agrume en la qualifiant de « citric idiot » (idiote citrique), avant de s’excuser auprès de tout le monde.

Malgré le ton sérieux du faux-témoin, l’animateur de la station rappelle que le récit est à prendre avec des pincettes et n’est confirmé par personne. Mais ça n’empêche pas l’affaire de la clémentine de faire le tour des médias britanniques : BBC2, The Financial Times, The Telegraph, The Sun… Et chaque fois les précautions d’usage ont été un peu plus oubliées. L’apothéose a été atteinte lorsqu’une chaîne hong-kongaise a consacré un long sujet à la question, sujet qui a été illustré par une reconstitution en images de synthèse.

Pour une fois, on n’accusera le grand méchant web de rien, puisque c’est dans les médias traditionnels que cette affaire est née et a pris les proportions que l’on sait. La moralité de l’affaire, c’est sans doute que pour qu’une histoire soit diffusée, il ne faut pas qu’elle soit vraie ou fausse, ni crédible, ni peut-être même bien racontée, il faut avant tout que ceux qui la transmettent et ceux qui l’entendent soient tout prêts à y croire, qu’ils en aient envie.

Table interactive (Quantum of Solace)

février 27th, 2010 Posted in Interactivité au cinéma, James Bond | 7 Comments »

Du dernier film de la série James Bond, j’ai apprécié l’idée d’une conférence secrète de conspirateurs qui se tient en public, à l’insu de tous, dans une salle d’opéra. Pour le reste, j’ai surtout regardé ma montre, car si j’accepte le parti-pris des derniers films (un James Bond sans humour, interprété par Daniel Craig) et si le « méchant » (Mathieu Amalric, en écologiste philanthrope) est honorable, je tique en revanche sur la réalisation de Marc Foster, qui avait jusqu’ici connu le succès avec des films réputés « d’auteur » (malgré des distributions prestigieuses et des budgets plutôt importants parfois : Les cerfs-volants de Kaboul, L’Incroyable Destin de Harold Crick, Neverland) et qui a décidé de jouer le jeu du cinéma populaire et commercial.
Le résultat ressemble à un interminable film publicitaire, et les scènes d’action sont plutôt ratées. Les poursuites de voitures, notamment, sont filmées en plans serrés cache-misères d’une grande confusion qui rompt tristement avec la tradition de l’exploit technique et de la performance qui était la marque de fabrique de la « franchise » jusqu’ici.

Je m’attarderai cependant sur la table interactive qui apparaît au bout d’un quart d’heure de film et qui est due au studio graphique MK12. Cette table est un écran dont les dimensions sont approximativement de 3×1 mètres, peut-être même un peu plus. Ce qu’on y voit est reproduit sur un autre écran, mural, de dimensions légèrement plus modestes.
Il s’agit d’une interface tactile « multi-touch » qui rappellera de nombreux produits ou prototypes (Microsoft, Panasonic, Philips, Hitachi, des marques spécialisées telles que DIT, GestureTek, EyeClick, Front Pictures, Alcorn Mc Bride… Et ne parlons pas des expériences artistiques liées à des tables interactives, qui mériteraient d’être un jour recensées sérieusement). La table qui équipe les bureaux du MI6 possède une qualité qui est loin d’être banale : elle permet aussi de scanner des objets — un billet de banque est posé sur la table, il est aussitôt scanné et « virtualisé », son fac-similé rejoint les autres objets affichés sur la table.

Puisqu’elle est destinée à être utilisée par plusieurs personnes simultanément, l’interface permet de se passer les documents en les faisant glisser. Sans qu’on sache tout à fait ce qui en décide, certains documents s’agrandissent ou se disposent et s’animent de manière décorative.
La table semble réclamer une certaine virtuosité gestuelle de la part de celui qui la manipule et on pense voir ici un prestidigitateur ou plutôt un croupier de casino — cette impression est renforcée par le fait que les autres personnes présentes dans la scène sont disposés comme des spectateurs. Bien que visuellement élégante, l’interface elle-même manque singulièrement de lisibilité et, si elle existait, forcerait sans doute son opérateur à acquérir un grand savoir-faire.

Jean-Louis Boissier à la galerie de l’École d’art du Havre

février 25th, 2010 Posted in Cimaises, Dans la boite-aux-lettres | No Comments »

La galerie de l’École supérieure d’art du Havre expose Jean-Louis Boissier du 6 mars au 1er avril 2010, sur une proposition de Jean-Noël Lafargue. Le vernissage a lieu le samedi 6 mars à partir de 17h.
Deux installations interactives seront présentées :

Les Perspecteurs (2004-2005)
– La Morale sensitive (1998-2008)

La galerie, située au 65 rue Demidoff (Le Havre), est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 18h. Entrée libre.

Portes ouvertes à l’École Supérieure d’Art du Havre

février 25th, 2010 Posted in Après-cours, Dans la boite-aux-lettres | No Comments »

Les samedi 6, lundi 8 mars, mardi 9 et mercredi 10 mars 2010 se tiennent les portes ouvertes à l’École Supérieure d’Arts du Havre, 65 rue Demidoff.

Programme du samedi 6 mars :
14h : action d’étudiants avec le système RFID (Radio Frequence identification)
15h : concert de Haut-parleurs de Hubert Michel
17h : vernissage de l’exposition de Jean-Louis Boissier
de 14h à 18h : atelier non-stop de gravures sur bois grand format.

Affiche : Luana Poncet

Les autres jours, les étudiants de l’école guideront les visiteurs parmi les divers ateliers de l’école. De nombreux travaux seront exposés, notamment une sélection de tee-shirts sérigraphiés.

L’École propose deux filières conduisant à un DNSEP Art mention « espaces spécifiques » et un DNSEP Design mention « design graphique et interactivité ». Le concours d’entrée a lieu durant deux sessions : les 10 et 11 mai 2010 (date limite d’inscription : 30 avril) et les 20 et 21 septembre 2010 (date limite d’inscription : 8 septembre).

Futur en métal brossé

février 24th, 2010 Posted in Design, Lecture, Vintage | 27 Comments »

À l’occasion de la rédaction de mon mémoire de DEA1, soutenu il y a quelques années et qui était consacré (pour dire vite) au rapport entre art et programmation informatique, je me suis posé la question de savoir s’il existait un lien naturel entre la culture de la science-fiction et la pratique de ce qu’on se refuse en France à appeler les « sciences informatiques ». Ce n’est pas tant les clichés de la « culture geek » qui m’intéressaient que le fait de vérifier une intuition personnelle qui est que la pratique de la programmation informatique est ou a un temps été liée en profondeur à une « volonté de futur » (comme on parle en esthétique d’une « volonté d’art » — kunstwollen).
Je viens de trouver un indice dans une poubelle de mon université. Indice qui ne m’autorise à tirer aucune conclusion particulière mais que je note malgré tout ici : en 1987 on a publié au moins un livre d’informatique sous la forme (format, esthétique) qu’avaient à la même époque les romans publiés dans la plus prestigieuse collection consacrée à la science-fiction.

La collection d’ouvrages de science-fiction Ailleurs & Demain est publiée par Robert Laffont depuis quarante et un an. Outre la qualité légendaire du catalogue2, une de ses spécificités — apparemment abandonnée un temps, puis réapparue récemment — est l’emploi de papier métallique « brossé » pour les couvertures, choix esthétique qui ne détonne pas à côté de la production de l’art optique et de l’art cinétique mais aussi du design et de la mode qui s’inspiraient de ces mouvements artistiques à la fin des années 1960.

Je ne connais pas avec précision l’histoire de l’utilisation de ces papiers métalliques hors de la collection Ailleurs & Demain, mais je suis tombé hier sur un traité informatique abandonné dans un couloir de Paris 8 et dont l’aspect me semble avoir été inspiré par la collection de science-fiction mentionnée plus haut. Le livre est Moteurs de systèmes experts, par Robert Voyer, publié aux éditions Eyrolles en 1987. Contrairement aux livres de Science-fiction, réputés pour leur grande longévité (nombre des ouvrages des collections Ailleurs & Demain ou Présence du futur sont réédités sans relâche depuis des décennies — il faudrait s’interroger sur les raisons de la capacité paradoxale qu’a la science-fiction à engendrer des classiques), les livres consacrés à l’informatique deviennent rapidement obsolètes : les langages changent et les modèles se démodent. C’est le cas par exemple des « systèmes experts », branche honorable de l’Intelligence artificielle qui sans être absolument enterrée n’en est pas moins associée à une période historique précise culminant précisément au milieu des années 1980. Notons pour l’anecdote que l’intelligence artificielle compte parmi ses figures historiques Marvin Minsky, amateur des littératures spéculatives et ami de leurs auteurs, lui-même co-auteur d’un ouvrage de science fiction précisément publié chez Ailleurs & Demain, Le problème de Turing.
Est-ce que l’on peut trouver de nombreux livres d’informatique dont la conception graphique se réfère à la science-fiction, et si oui, quelle sont les périodes concernées ? L’enquête continue34.

  1. Diplôme d’études approfondies, qui suivait généralement le passage d’une maîtrise et qui n’est plus délivré à présent puisque maîtrise et DEA ont été remplacés par le grade de Master.  []
  2. Herbert, Heinlein, Dick, Spinrad, Brunner, Le Guin, Silverberg, Lem, Aldiss, Simmons, mais aussi des auteurs français tels que Demuth, Pelot et Jeury, sans oublier Gérard Klein, le directeur de la collection. []
  3. Mise à jour 26/02 : Et je ne suis pas seul pour ça, cf. les très intéressantes références qui m’ont été fournies en commentaire. []
  4. Mise à jour 02/2021 : Lire aussi : Ailleurs et demain ou la magie cinétique de l’Héliophore, par Thierry Chancogne et Catherine Guiral sur le site Tombolo. []