Conan, le fils du futur

Conan, le fils du futur (1978) est une série de Hayao Miyazaki, qui adapte le roman The Incredible Tide (1970), par Alexander Key. À l’époque, Hayao Miyazaki n’était pas encore le monument de l’animation japonaise qu’il est devenu, mais il était déjà un animateur hors-pair et avait à son actif les séries Heidi (1974) et Marco (1976), réalisées avec son complice Isao Takahata, avec qui il fondera plus tard le studio Ghibli. Mirai Shōnen Conan (未来少年コナン) est la première série officiellement réalisée par Miyazaki.
Elle comporte vingt-six épisodes.

En l’an 2008 la troisième guerre mondiale éclate. L’utilisation d’armes « ultra-magnétiques » provoque un changement d’axe de rotation terrestre et une montée des eaux qui submerge tous les continents. Un petit groupe d’hommes et de femmes s’enfuit dans un vaisseau spatial, mais ils ne parviennent pas à quitter la planète et leur engin s’écrase sur une île.

Les survivants découvrent de l’eau douce sur l’île et la vie peut alors s’organiser. Un petit garçon naît, c’est Conan, qui est un peu l’enfant de tout le monde et qui se révèle doté d’une force et d’une agilité hors du commun. Quand l’histoire commence, vingt ans ont passé depuis la catastrophe, et il ne reste plus sur l’Île que Conan, devenu pré-adolescent, et un homme qu’il nomme « grand-père ». Ils ignorent s’il reste d’autres humains vivants sur terre. Un jour, sur la grève, Conan découvre une jeune fille évanouie.

La jeune fille s’appelle Lana. Elle vient de l’Île Edenia, paisible colonie de survivants, et est pourchassée par les gens d’Industria, une ville puissante qui compte unifier le monde de gré et de force et qui cherche à arracher aux gens d’Edenia le secret de l’énergie solaire.
Les gens d’Industria tirent leur légitimité politique de leur puissance technologique, puisqu’ils disposent d’aéronefs, de navires et d’armes.

En tentant de résister aux gens d’Industria, « Grand-père » est tué. Conan construit alors un voilier et part à la recherche de Lana, qui a été capturée par Monsry, une militaire.
En chemin, il rencontre Gimsy, un enfant sauvage aussi fort que lui et constamment affamé…

Conan est une série très réussie qui contient le germe de beaucoup de travaux ultérieurs de Miyazaki. On retrouve des éléments visuels ou thématiques qui rappellent cette série dans Nausicaä, Laputa, et même dans Porco Rosso et Princesse Mononoke. Bien que peu diffusé à la télévision française, Conan se trouve en DVD.
Selon Wikipédia, cette série a connu et continue de connaître un grand succès dans de nombreux pays arabes, ou Conan est renommé Adnan et où Lana devient Leina.

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Illustrations post-apocalyptiques : Tokyo Genso

Des images peintes par dessus des photographies. L’artiste est apparemment amateur et diffuse ses travaux sur DeviantArt sous le nom Tokyo Genso.

L’auteur de ces images semble avoir un blog mais celui-ci ne contient rien.

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Illustrations post-apocalyptiques : Jorik Dozy

Jorik Dozy, originaire d’Amsterdam, est auteur de matte paintings pour la société Industrial Light and Magic, filiale de Lucasfilms.
Il a travaillé en Californie et poursuit sa carrière à Singapour.

Il a notamment travaillé sur la série Fringe et sur les long-métrages Pirate des caraïbes 4, Green Lantern et Transformers 3.

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Illustrations post-apocalyptiques : Sven Sauer

Sven Sauer est un spécialiste du matte-painting. Il crée des décors futuristes ou apocalyptiques en trois dimensions, prévus pour être intégrés à des séquences filmées.

Il a entre autres créé les décors d’un clip pour Ozzy Osbourne, pour la série télévisée Hindenburg, pour des publicités,…

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Illustrations post-apocalyptiques : Vladimir Manyuhin

Life after the Apocalypse, par « mvn78 » (Vladimir Manyuhin)




Je n’ai pas trouvé le site officiel de l’artiste, mais il a produit des dizaines d’images dans ce genre. Le traitement de la lumière est outrageusement flatteur et emprunte autant à l’art pompier qu’au jeu vidéo.

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L’Armée des douze singes

Directement inspiré par La Jetée de Chris Marker, L’Armée des douze singes (1995), par Terry Gilliam1, raconte l’histoire d’un homme hanté par une image, Jack Cole (Bruce Willis). Enfant, il a vu un homme se faire abattre dans un aéroport, et une femme en être bouleversée.

Attention, je raconte le film. Si vous ne l’avez pas vu, ne lisez pas tout l’article.

En 1996, explique l’introduction, un virus a tué cinq milliards d’êtres humains de manière foudroyante. En 2035, seul 1% de la population est saine et sauve, réfugiée sous terre. On ne connaît pas le fonctionnement exact du gouvernement des survivants, mais il semble que ce soient des scientifiques qui dirigent, assistés par un service d’ordre brutal. La plupart des autres personnes que l’on voit sont des prisonniers qui vivent dans des cages entassées.

Jack Cole est de temps en temps sorti de sa cellule et envoyé à l’extérieur, en surface, protégé par une combinaison étanche. Il est prévenu que s’il était infecté, il n’aurait pas le droit de revenir. Sa tache est d’enquêter, d’observer, de trouver notamment des indices permettant de remonter au tout début de l’épidémie.
Dehors, Cole croise un ours et un lion : les animaux n’ont pas été affectés par le virus.

Un jour, Cole est amené devant une commission de scientifiques qui lui propose une remise de peine s’il accepte de participer à une expérience de voyage dans le temps. Il doit se rendre dans le passé pour continuer l’enquête sur l’épidémie : quand et où a-t-elle commencé ? Qui l’a déclenché ?

Envoyé par erreur en 1990, six ans avant le déclenchement de l’épidémie, en pleine confusion mentale, Cole est interné. Une psychiatre, Kathryn Railly, est émue par son cas et accepte de l’écouter, sans pour autant le croire. Plus tard, elle tirera de cette rencontre toute une théorie sur le « complexe de Cassandre » : les gens qui annoncent une catastrophe à l’humanité mais que personne n’écoute.

À l’hôpital, Cole rencontre Jeffrey Goines (Brad Pitt), le fils du directeur d’un grand laboratoire de recherche en biologie ou en pharmacie, qui souffre apparemment de schizophrénie. Sans rien lui révéler de précis, Cole parle à Goines, qui est très concerné par les expérimentations sur les animaux, de « l’armée des douze singes », que les survivants, en 2035, pensent responsables du virus qui ravagé l’espèce humaine.

Après une tentative d’évasion, Cole est placé en isolement. Puis il disparaît totalement, sans que personne puisse l’expliquer. Rappelé en 2035, où il explique qu’on l’avait envoyé trop tôt, il est renvoyé dans le passé, encore plus loin cette fois, puisqu’il atterrit, nu comme un ver, dans les tranchées de la grande guerre. Il y reçoit une balle dans la cuisse.

De retour dans les années 1990, il enlève Kathryn, la seule personne qu’il connaisse, pour aller sur la trace de l’armée des douze singes. Celle-ci a peur mais voit bien qu’elle ne court pas de vrai danger et, lorsqu’elle aurait pu s’enfuir, choisit finalement de rester avec Jack et d’écouter son histoire. Elle extrait la balle de la cuisse de son ravisseur.
Cole est un peu perdu et ne sait pas s’il doit rester dans le passé et profiter de la vie tant qu’elle existe ou s’il veut sauver le futur. D’une époque à l’autre, de nombreuses situations semblent similaires et Cole se demande s’il n’est pas lui-même fou.

Kathryn et Jack rencontrent un groupe d’écologistes activistes et comprennent que ce sont eux, l’armée des douze singes, et que le chef de la bande n’est autres que Jeffrey Goines, officiellement guéri, mais dont l’instabilité mentale persiste, bien qu’il soit libre et qu’il a pris des responsabilités dans la société de son père. L’histoire est donc claire : le virus a été intentionnellement disséminé par l’armée des douze singes, au nom de leur engagement envers les animaux.

Apprenant que la balle extraite de la cuisse de Cole date bien de la guerre de 1914-1918, Kathryn commence à croire son histoire, qui est corroborée par d’autres détails. Pourtant, l’homme du futur et sa psychiatre sont soulagés en découvrant que l’action de l’Armée des douze singes, bien que spectaculaire, est totalement inoffensive. Alors qu’ils fuient (Cole est recherché pour l’enlèvement de Kathryn) vers la Floride, Kathryn et Jack comprennent que le virus a été diffusé par un employé du laboratoire du père de Jeffrey.

En tentant d’arrêter l’homme, Jack Cole est abattu dans l’aéroport : c’est le spectacle auquel il avait assisté enfant. Le temps ne se modifie pas, il ne se déroule qu’une fois et l’on ne peut en visiter que ce qui a déjà existe. Dans l’avion, une des scientifiques attend le Dr Peeters, on comprend que le problème du virus est désormais géré.

Moins poétique et servi par une forme assez sobre, Twelve Monkeys conserve la plupart des éléments de La Jetée et y ajoute des détails très pertinents, comme une référence à Vertigo, ou le remplacement de la guerre nucléaire par l’activisme bioterroriste2.
Le film profite de l’interprétation des acteurs, notamment Bruce Willis et Brad Pitt, au meilleur de leur talent.

  1. Terry Gilliam, ancien Monty Python, auteur de Brazil, venait de connaître le succès avec Fisher King, un film à tout petit budget qui lui a permis de revenir au cinéma après l’échec terrible du Baron de Münchhausen (1988). []
  2. La question du bioterrorisme était parfaitement en phase avec l’époque car peu avant la sortie du film, le public a découvert les projets de la secte millénariste Aum, qui avait tenté quelques années plus tôt de disséminer du botulinium, puis de l’anthrax dans Tokyo, avant de réussir à diffuser du gaz Sarin dans le métro, faisant douze mort et plus de cinq mille blessés. []
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La Jetée

La Jetée (1962) est un film court (28mn) de Chris Marker. Il est intéressant d’un point de vue formel, d’abord, en tant que film sur le souvenir et l’image, ensuite, et, enfin, en tant que film de science-fiction. Il a inspiré à Terry Gilliam l’excellent L’Armée des douze Singes (1995), dont nous reparlerons plus tard, mais peut-être a-t-il aussi inspiré à Alain Resnais son Je t’aime, je t’aime (1968) et à James Cameron son Terminator (1984).

Attention, je raconte la fin du film.

Formellement, Le Jetée est un diaporama commenté par un narrateur et accompagné d’une musique composée pour l’occasion par Trevor Duncan.

L’histoire, nous dit-on, est celle d’un homme marqué par une image d’enfance. Sur la jetée de l’aéroport d’Orly, où les familles viennent regarder les avions décoller le dimanche, l’homme a été témoin de quelque chose qu’il n’a pas bien compris, il a vu une femme bouleversée par la mort d’un homme.

Des années plus tard, l’homme est adulte et la troisième guerre mondiale a ravagé Paris. Les survivants vivent dans les souterrains de Chaillot.

La surface de Paris, et sans doute de la plus grande partie du monde, était inhabitable, pourrie par la radioactivité. Les vainqueurs montaient la garde sur un empire de rats. Les prisonniers étaient soumis à des expériences qui semblaient fort préoccuper ceux qui s’y livraient.

Les expériences tuent ceux qui en sont les cobayes, ou les rendent fous.

On sort l’homme de prison pour le soumettre à une de ces expérimentations. Il s’agit de l’envoyer dans le passé, car il n’existe plus d’endroit où aller sur terre, l’espace est condamné, il faut donc se rendre dans le passé, peut-être pour y récolter des vivres ou des médicaments. La « police du temps », qui espionne jusqu’aux rêves, a vu sa fixation pour une image mentale, un souvenir, et espère qu’il survivra au choc d’une seconde naissance, qu’il saura suffisamment penser le passer pour s’y intégrer.

Il ne meurt pas, mais il souffre beaucoup. Au bout d’une dizaine de jours d’expérience, l’homme commence à apprivoiser le passé. Il voit d’abord des images : un champ, une chambre, des animaux. Puis il parvient à exister dans le passé, et entre en contact avec une femme qui lui est tout de suite familière. Deux réalités se bousculent alors pour lui : le monde vivant d’avant la guerre, où il apparaît et disparaît régulièrement, et le monde d’après la guerre où il revient aussi. L’expérience est concluante.

On explique à l’homme sa véritable mission : il doit à présent demander leur aide aux hommes du futur. Il s’y rend, tout a changé, la ville est méconnaissable, la vie a repris, le monde est en paix. Les humains qu’il rencontre acceptent de l’aider et lui fournissent un générateur de puissance. Lorsqu’il revient dans les galeries souterraines de Chaillot, on n’a plus besoin de lui et il s’attend à être liquidé. Mais les humains du futur, qui n’ont aucun mal à se déplacer dans le temps, lui proposent de les rejoindre.
Il leur demande, plutôt, de le renvoyer à ses souvenirs, dans le passé. Ce qu’ils acceptent.

Revenu sur la jetée d’Orly, il retrouve la femme qu’il aime et court vers elle. Mais il reconnaît un des hommes du souterrain, et comprend qu’on ne le laissera pas s’en tirer vivant. Alors qu’il est abattu, nous repensons à son souvenir d’enfance : l’homme qu’il avait vu mourir, c’était lui-même.

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La guerre des mondes

Roman classique de science-fiction, La Guerre des mondes a été écrit par Herbert George Wells en 1898. L’inventeur de la science-fiction (ce n’est pas exact, mais plus que dire la même chose de Jules Verne en tout cas) y exposait notamment sa compréhension de l’évolution des espèces : malgré leur avance technologique et leur détermination, les martiens sont finalement vaincus par des bactéries avec lesquelles nous sommes habitués à cohabiter et auxquelles nos organismes apportent des réponses. L’ironie que représente la défaite d’une puissance immense contre un ennemi invisible et minuscule fonctionne bien.

Plusieurs adaptations cinématographiques en ont été tirées. Il y a d’abord eu un film de 1953, réalisé par Byron Haskin (et surtout produit par George Pal, à qui on doit aussi La machine à explorer le temps), puis, en 2005, pas moins de trois films en même temps, dont deux sont sortis directement en DVD, n’espérant sans doute pas pouvoir s’imposer dans les salles aux côtés du troisième, réalisé par Steven Spielberg. Je ne connais pas les deux films sortis en DVD, mais celui de Byron Haskin comme celui de Steven Spielberg.

Je suis curieux de War of the Worlds: The True Story, sorti cet été aux États-Unis, un faux documentaire uchronique qui se base sur l’idée qu’une invasion martienne a bien eu lieu en 1900 et qui présente des extraits de films d’actualité ou de témoignages. Enfin, l’adaptation la plus célèbre de War of the Worlds est sans doute celle qu’a fait pour la radio Orson Welles en 1938, et dont on dit (en exagérant un peu) qu’elle a provoqué un vent de panique aux États-Unis.

War of the Worlds est un récit fondateur dans le mythe du « martien », et de l’invasion extra-terrestre. Mais c’est aussi une intéressante parabole écologique (et pourquoi pas économique), à mon avis tout à fait intentionnelle de la part de l’auteur, et dont la pertinence est plus actuelle que jamais.

Les martiens de War of the Worlds envahissent la terre car ils vivent dans des abris souterrains : ils ont épuisé toutes les ressources de leur monde, qui est mort depuis longtemps, et il faut qu’ils en cherchent un autre. Malgré leur technologie extraordinaire, les martiens sont prédateurs et destructeurs, ils mettent d’ailleurs la terre à feu et à sang et on peut se dire qu’ils ne tarderont pas à y faire les mêmes dégâts que ceux qu’ils ont déjà causés à leur monde d’origine.

Ces martiens, pour Wells, c’est nous-mêmes, c’est à dire la société « moderne ». Dans le premier chapitre, il le dit assez clairement :

« Avant de les juger trop sévèrement, il faut nous remettre en mémoire quelles entières et barbares destructions furent accomplies par notre propre race, non seulement sur des espèces animales, comme le bison et le dodo, mais sur les races humaines inférieures. Les Tasmaniens, en dépit de leur conformation humaine, furent en l’espace de cinquante ans entièrement balayés du monde dans une guerre d’extermination engagée par les immigrants européens. Sommes-nous de tels apôtres de miséricorde que nous puissions nous plaindre de ce que les Martiens aient fait la guerre dans ce même esprit ? »

Dans le roman, un autre élément parle assez bien d’écologie, c’est l’herbe rouge que les martiens ont amené avec eux, sans doute de manière non-intentionnelle, et qui se diffuse à grande vitesse sur terre. Cela rappelle les histoires authentiques d’espèces exportées qui se sont révélées incontrôlables. Dans le film de Spielberg, les martiens utilisent le sang humain pour faire pousser l’herbe martienne. Dans la version d’origine, le sang des créatures terrestres est récupéré puis ingéré par transfusion. Dans la version de 1953, les êtres vivants ne sont pas traités comme une nourriture mais sont juste détruits à l’aide de rayons qui suppriment les mésons, dont on pensait à l’époque qu’ils étaient la brique de la matière, à un niveau sub-atomique. Avec leur rayon, donc, ils annihilaient la matière.

Le film de Spielberg est l’adaptation la plus spectaculaire de War of the Worlds. Dans le roman, le héros était un auteur d’articles philosophiques qui partait à la recherche de son épouse dans une Angleterre dévasté. Dans le film de Spielberg, Tom Cruise est un docker qui part à la recherche de son ex-femme avec ses deux enfants, dont il avait la garde au moment où l’invasion a commencé. L’odyssée du héros est aussi une fable sur la responsabilité, sur le métier de père. Dans le film de 1953, le héros était un scientifique de génie qui tombait amoureux d’une demoiselle en détresse qui, bien qu’étant une enseignante à l’université, ne se trouve dans le film aucune autre utilité que de faire le café pour les militaires. On sent que ce qui intéresse ce scientifique sûr de lui chez cette jeune femme, c’est avant tout qu’elle l’admire et qu’elle a besoin de lui.

Ces différentes versions en disent sans doute long sur la mentalité et la culture des époques qui les ont produites.

Le spectre des tours jumelles hante le film de Spielberg : la foule solidaire, les gens qui ne savent pas ce qui se passe, qui se parlent spontanément dans la rue… Le premier plan du récit, passé l’introduction (qui est le texte de l’introduction du roman de Wells), est d’ailleurs une vue de la Skyline new-yorkaise, amputée du World Trade Center.

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La Route

La Route (2009), est un film de John Hillcoat, avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall et Charlize Theron.
Il s’agit de l’adaptation (très fidèle, je crois) du roman The Road, par Cormac McCarthy, qui a valu à son auteur le prix Pulitzer en 2007.

Dans un futur proche, la planète a été dévastée par un cataclysme dont la nature ne nous est pas révélée. Le soleil, que l’on ne voit plus, illumine à peine la terre. Il y a de la cendre partout, et plus aucune vie véritable.

Les arbres se dessèchent et tombent tous seuls. Au loin, on voit des fumées, des incendies. La plupart des survivants, vivent en meute et sont cannibales.
Un père et son fils, qui ne peuvent plus survivre là où ils vivaient, partent vers la mer.

L’enfant est né peu après le cataclysme. Sa mère, qui n’a pas eu la force de vivre dans cet univers désolé et sans espoir, a fini par se suicider.
Le père et le fils s’accrochent au fait qu’ils sont des « gentils » et qu’ils veulent le rester et rencontrer d’autres « gentils ». Mais il n’est pas facile de faire confiance à qui que ce soit dans un monde pareil.

Lorsqu’ils atteignent le rivage, le père tombe malade.
Malgré un happy-end temporaire à la toute fin du film, La Route est pour le spectateur une expérience de complet désespoir.

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Les apocalypses de John Martin

John Martin (1789-1854) est un peintre romantique anglais.
Ses tableaux sont souvent inspirés de thèmes bibliques.

The Deluge (1834), Yale University art gallery.

The Destruction of Sodom and Gomorrah (1852), Laing Art Gallery, Newcastle upon Tyne.

Pandemonium (1841), Musée du Louvre (Paris).

Great Day of His Wrath (1853), Tate Britain (Londres).

La Tate Britain lui consacre une exposition intitulée Apocalypse,  du 21 septembre 2011 au 11 janvier 2012.

(merci à Omer Pesquer qui m’a signalé l’exposition)

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Il était une fois la terre

La série Il était une fois… l’homme (1978), entendait faire le récit de l’histoire de l’humanité en vingt-six épisodes. Le dernier contient peu d’éléments historiques mais parle de la situation contemporaine et spécule sur le futur. Il commence par évoquer les trente glorieuses : pendant que l’on envoie des objets (puis des hommes) dans l’espace, l’urbanisme se développe, et la production effrénée impose une consommation tout aussi effrénée : « il faut former les consommateurs par millions pour que les usines tournent ».

De cette course résulte une vie urbaine stressante, où tout doit aller toujours plus vite et une pollution croissante. Tandis que certains n’ont pas de quoi se nourrir, d’autres se font vendre des produits superflus. On sent l’influence des premiers philosophes, politiciens ou scientifiques de l’écologie : Ivan Illich (La convivialité), Jean Dorst (Avant que nature meure), René Dumont (L’Utopie ou la Mort) ou Paul R. Ehrlich (The Population Bomb).

La planète souffre par ailleurs d’une démographie galopante et double de plus en plus rapidement. Cette partie est influencée par le rapport The Limits to growth (1972), qui avait marqué les esprits en son temps et proposait de remplacer la croissance et la consommation par l’équilibre : ce qu’on appelle aujourd’hui le « durable », finalement. Ces conclusions avaient été vivement critiquées par Friederich Von Hayek lors de son discours de réception au prix Nobel d’économie en 1974 mais les scénarios proposés n’ont pas forcément été contredits par l’histoire. L’estimation démographique, par exemple, prédisait qu’il y aurait sept milliards d’habitants en 2010. Plutôt bien vu !

L’épisode prévoit le grand Paris en 2030, puisqu’à cette date, dit-il, il n’y aura qu’une grande agglomération urbaine de Paris au Havre, pareil de Marseille à Gènes, pareil dans tout le sud de l’Angleterre ou avec la totalité des Pays-Bas. La prolifération des ordures deviendra un problème insoluble.

Les ressources sont limitées, les problèmes empirent, la guerre est le moyen que les dirigeants des pays trouvent pour calmer leurs peuples. Mais, explique le narrateur, si la mentalité des humains n’a pas progressé depuis la préhistoire, leurs moyens de destruction ne cessent de se perfectionner et de gagner en puissance. Une guerre totale anéantit donc la vie humaine sur terre.

Les seuls survivants sont les spationautes qui se trouvaient sur la lune ou en orbite à ce moment-là. Bien qu’issus de plusieurs pays, ils s’unissent. Ils sont, pour la plupart, des savants, et se mettent d’accord pour retirer leur autorité aux politiciens, puisque ces derniers sont la cause du destin de la terre (on pense à la république des savants du Things to Come de H.G. Wells). Pendant des siècles, ils stationnent dans le voisinage de la planète en attendant que son niveau de radioactivité ait baissé, tout en effectuant des explorations en quête d’autres mondes habitables. Je remarque que, excepté le sage barbu Maestro, tous les hommes de l’espace sont chauves.

Mais heureusement, d’autres futurs sont peut-être envisageables, et l’épisode s’achève sur le prêche d’un professeur qui explique à ses élèves que, si nous ne voulons pas que tout cela arrive et si nous voulons conserver notre belle terre, il faut que chacun fasse un petit effort. Jeter les détritus à la poubelle, par exemple. La prescription est un peu simpliste mais les images qui précèdent sont suffisamment angoissantes — pollution invivable, surpopulation, guerre totale — pour que l’on comprenne le péril qui pèse sur le futur.

Malgré cet épilogue positif, le ton général de cet ultime épisode est au profond désespoir, et il y est régulièrement dit que l’homme ne changera jamais et qu’il est certain qu’il causera sa propre destruction. C’est, du reste, ce que disait le générique.

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