Œuvre : My Nurse (1936), par Meret Oppenheim Date : janvier 1985 Lieu : MoMa ? Action : la ficelle qui relie les deux escarpins a été coupée aux ciseaux. Perpétrateur.ice : un employé ou une employée du musée. Raison : simple erreur, la personne a pris la ficelle pour un élément d’emballage et non pour une partie de l’œuvre. Suites : la ficelle a été remplacée.
Œuvre : la Joconde, de Léonard de Vinci Lieu : Tokyo Date : 20 avril 1974 Action : peinture à la bombe rouge. Perpétratrice : une visiteuse d’environ 25 ans, boiteuse. Revendication : protester contre le refus d’accès au tableau pour les personnes en situation de handicap. Citation : « Down with Mona Lisa ! Why don’t you let handicapped people in ? » Suites : une journée des deux mois d’exposition du tableau a finalement été réservées aux personnes souffrant de handicap, qui au départ étaient sciemment exclues, au prétexte du ralentissement du flux (10 secondes par visiteur devant le tableau) qu’impliquait leur accueil. Mais cette mesure avait été annoncée avant l’attentat ! Seule la vitre de protection a reçu de la peinture, le tableau n’a donc souffert aucun dommage.
Œuvre : Guernica, par Pablo Picasso Lieu : MoMa, New York Date : 28 février 1974 Action : Inscription à la bombe de la phrase ambiguë « Kill lies all » (au lieu de « Kill all lies ») Perpétrateur : Tony Shafrazi, à l’époque artiste d’origine iranienne Motivations : A priori une réaction à la libération du lieutenant William Calley, gracié par Richard Nixon malgré sa participation au massacre de Mỹ Lai au Vietnam, en 1971. Suites : Protégé par du vernis, le tableau a pu être nettoyé. Shafrazi est rentré en Iran, où il a conseillé le Shah dans ses acquisitions artistiques. De retour aux États-Unis, il est devenu (et reste aujourd’hui) un marchand d’art particulièrement respecté, ayant notamment accompagné de nombreux artistes issus du graffiti tels que Keith Haring et Jean-Michel Basquiat. Citation : « Call the curator. I am an artist »
Œuvre : Village near a Pool (~1670), par Meindert Hobbema Date : 1966 Lieu : National gallery of art, Washington Action : griffures intentionnelles avec des ongles, formant un motif de grille. Perpétratrice : une visiteuse du musée. Motivation : inconnue Suites : le tableau a pu être restauré.
Œuvres : 13 tableaux (Roberto Matta, Wilfredo Lam, Pierre Alechinsky, Eduardo Arroyo, Erró, Jacques Lebel, Valerio Adami, Silvio Pasotti, Mimmo Rotella, Bepi Romagnoni, Antonio Recalcati, Renato Volpini, Gianfranco Pardi). Date : 7 décembre 1964 Lieu : Place de la contrescarpe, à Paris Action : incendie volontaire de peintures préalablement photographiées Perpétrateur : Ivanhoe Trivulzio, marchand d’art milanais Motivation : L’auteur des destructions entendait poser la question de l’aura des œuvres et de la place de la peinture à l’ère de la reproduction mécanique. Suites : Cet événement, baptisé Festoman, n’a pas vraiment convaincu les spécialistes de l’art conceptuel ou du happening car il est systématiquement oublié des Histoires de l’art.
Œuvre : La petite sirène, par Edvard Eriksen Lieu : Port de Copenhague Date : 24 avril 1964 Action : tête sciée et dérobée Perpétrateurs : Jørgen Nash (petit frère d’ Asger Jorn) et d’autres artistes liés à l’internationale situationniste Motivations : Protester contre la société de consommation Autres destructions : outre les barbouillages, les slogans (Free Hong Kong en 2020), ajouts de vêtements (burqa, hijab), d’accessoires (godemichet), réguliers dont la statue fait l’objet depuis soixante ans, on retiendra : – 22 juillet 1984, bras droit enlevé, et rendu deux jours plus tard – 1990, tentative de décapitation, lui laissant une entaille de 18cm – 6 janvier 1998. Décapitation par des anonymes, qui ont finalement rendu la tête. – 11 septembre 2003, la statue est dynamitée pour être arrachée de son socle Suites : la statue exposée dans le port est une copie et peut être remplacée. L’original se trouve dans un lieu tenu secret.
Œuvre : Portrait de Winston Churchill, par Graham Sutherland Perpétratrice : Clémentine Churchill Date : vers 1957 Action : le tableau a été découpé en morceaux et brûlé Revendication : Esthétique. En effet, Clémentine Churchill n’aimait pas cette représentation de son époux
Œuvre : La Joconde, par Léonard de Vinci. Date : 30 décembre 1956 Perpétrateur : Ugo Ungaza Villegas, garçon de café bolivien venu travailler à Paris qui venait d’être sujet d’un arrêté d’expulsion Action : jet d’un caillou sur le tableau. Revendication : a déclaré avoir agi par haine envers le tableau. Suites : Le verre de protection s’est brisé et des éclats de verre ont abîmé le coude gauche de Mona Lisa. C’est à partir de cet événement que le tableau a été placé derrière un coffre de verre (et plus seulement une vitre, comme c’était le cas depuis qu’un homme, quelques années plus tôt, avait tenté de voler la toile)
Œuvre : un dessin de Willem de Kooning, devenu à présent une nouvelle œuvre : Erased de Kooning drawing. Auteur : Robert Rauschenberg Lieu : l’atelier de l’artiste ? Date : 1953 Action : Effacement total d’un dessin, à l’aide de diverses gommes, opération qui a pris un bon mois. Motivation : démontrer qu’une nouvelle œuvre peut être créée par effacement d’une autre. Rauschenberg s’est fait offrir un dessin par Willem de Kooning, qui était au courant du projet de l’effacer. Suites : on ne connaît pas le dessin d’origine, mais en 2010, les services techniques du SFMoMa ont tenté de reconstituer le dessin en travaillant sur des photographies numériques de l’image effacée.
Œuvre : une peinture rupestre, représentant la trompe d’un mammouth Date : 24 juillet 1952 Lieu : Grotte de Pech-Merle, dans le Lot. Action : effaçage sur trois centimètres d’un dessin datant du paléolithique Perpétrateur : André Breton Revendication : Breton ne croyait pas ce dessin authentique et a traité de faussaire le député Bessac (dont l’épouse était concessionnaire de la grotte). Suites : Malgré la mobilisation d’écrivains (Camus, Gracq, Levi-Strauss, Mac Orlan, Malraux, Mauriac…) et le soutien de la revue Arts et de Paul Rivet, directeur du Musée de l’Homme, André Breton a dû comparaître le 13 novembre 1953 devant le tribunal correctionnel de Cahors, où il a écopé d’une amende de 25002 francs. Citation : « Bien sûr, il était défendu d’y toucher, mais l’atmosphère de foire qui entoure la grotte, avec vente de cartes postales, tronc pour le pourboire du guide, buvette à la surface, ne prédispose pas à un état de recueillement. Bessac vend de l’art. Breton est un artiste. Son geste ? Il n’y a pas de quoi fouetter un mammouth. Ne suivez pas le guide et relaxez mon client » (maître Mercadier, défenseur d’André Breton)