Chaise « Van Gogh »

Œuvre : Chaise « Van Gogh », par Nicola Bolla.
Date : 12 juin 2025
Lieu : Palazzo Maffei, à Vérone
Action : Destruction de l’objet en s’asseyant dessus
Perpétrateur : Une paire de visiteurs du musée, dont l’identité n’est pour l’instant pas connue.
Revendication : réaliser une photographie souvenir. L’œuvre est une réplique de la chaise de Van Gogh (telle que l’artiste l’a peinte) constituée de cristaux Swarovski. La femme a fait semblant de s’asseoir pour que l’homme la prenne en photographie, puis ils ont échangé les rôles, mais l’homme, en s’asseyant véritablement, a brisé les pieds de la chaise.
Suites : les deux touristes ont quitté le musée en catimini. La scène a été filmée, le musée a porté plainte contre X et posté les images sur Instagram, en prenant soin d’anonymiser les touristes. La chaise a pu être restaurée.
Citation : « Il ne s’agit pas d’une simple information ou d’une condamnation, mais de la volonté du Palazzo Maffei de faire de cet événement important une occasion de réflexion pour tous. L’art doit être aimé et apprécié, mais toujours respecté » (Vanessa Carlon, conservatrice du musée)

Porcelain cube

Œuvre : Porcelain Cube (2009), par AI Weiwei
Lieu : le Palazzo Fava, à Bologne, pendant le vernissage de l’exposition Who am I?, consacrée au travail d’Ai Weiwei.
Date : le 20 septembre 2024
Perpétrateur : Vaclav Pisvejc, un peintre tchèque de cinquante-sept ans, qui se définit comme « artiste contestataire » et a un long passif de dégradations d’œuvres d’art, s’étant attaqué pèle-mêle à une copie du David de Michel-Ange, à l’Hercule et Cacus de Bandinelli, mais aussi à des œuvres d’artistes contemporains tels que Francesco Vezzoli et Urs Fischer. Enfin, en 2018 à Florence, il s’en était pris physiquement à l’artiste performeuse Marina Abramović, sur la tête de laquelle il a fracassé un tableau la représentant.
Précédents : Dans une série de photographies de 1995, on voit Ai Weiwei lâcher ce qui ressemble à un vase ancien, qui se brise, afin d’exprimer son souhait de s’affranchir des traditions. Cette œuvre avait été utilisée comme prétexte par un visiteur du Pérez Art Museum de Miami, en 2014, à détruire un vase estimé à un million de dollars appartenant à une installation d’Ai Weiwei.
Suites : Selon le commissaire de l’exposition, le premier motif d’inquiétude d’Ai Weiwei a été de savoir si quelqu’un avait été blessé par des éclats de porcelaine. Il a ensuite demandé à récupérer les débris, dans le but, peut-être, d’en faire une nouvelle œuvre.

Interrogé sur ses intentions sur Twitter, Ai Weiwei a répondu de manière sybiline par le mot « rest », qui peut à la fois signifier le reste, le résidu, la suite, le repos ou la pause.

L’origine du Monde

Œuvres : L‘Origine du monde, par Gustave Courbet ; Aktionhose: Genitalpanik (1969-2001), de Valie Export ; ainsi que trois autres œuvres, par Louise Bourgeois, Rosemarie Trockel et Annette Messager. Enfin, une photographie de la performance de Deborah de Robertis, organisatrice de l’action, qui s’était battue pour être présente dans l’exposition, a été dégradée.
Date : le 6 mai 2024
Lieu : Centre Pompidou-Metz (exposition Lacan).
Action : Inscription au tube de peinture rouge de la formule Me Too sur quatre des œuvres, et vol d’une broderie d’Annette Messager.
Perpétratrices : au moins quatre femmes « parlant au nom de jeunes femmes artistes de tous domaines », menées par l’artiste franco-luxembourgeoise Deborah de Robertis, qui a dérobé la broderie d’Annette Messager. L’action a été baptisée On ne sépare pas la femme de l’artiste.
Motivation : Activisme artistique et féministe. Dans un message précédant l’action, l’artiste avait expliqué vouloir s’en prendre au pouvoir sexuel dans le monde de l’art. Deborah de Robertis a par ailleurs publié une vidéo mettant en scène le commissaire d’exposition B. Marcadé, qui a visiblement été son amant, et publié un post de blog où elle s’adresse nommément à un certain nombre d’hommes qu’elle a fréquentés.
Précédents : De nombreux artistes, notamment des femmes, ont proposé des pastiches, détournements ou performances liées à ce tableau. C’est le cas d’Orlan avec L’Origine de la guerre (qui montre un entrejambe masculin, sexe en érection) ; de la version épilée de Clémentine Mélois ; et enfin de Deborah De Robertis, qui en 2014 s’était assise face au tableau, jambes écartées.
Citations : « Ce qui était permis autrefois, maintenant les jeunes gens n’en veulent plus (…) Deborah de Robertis est une grande artiste qui nous interroge, nous interpelle, nous dérange » (selon son avocate)
« Si l’un de vous avait voulu réellement, honnêtement, soutenir une artiste, alors pourquoi ne pas le faire sans abuser sexuellement de votre pouvoir ? » (Deborah de Robertis)
Suites : le tableau de Courbet était protégé par une vitre et n’a pas été endommagé. Le statut des autres œuvres n’est pas connu. Deux personnes ont été arrêtées et interrogées par la police.

Et comme une faïence bleue

Œuvre : Et comme une faïence bleue, par Salomé Fauc
Date : 9 mars 2024
Lieu : musée des Beaux-Arts de Vannes
Action : Incendie vraisemblablement volontaire d’un lé de l’installation, une heure après l’ouverture au grand public de l’exposition.
Perpétrateur : devrait être identifié grâce aux images de surveillance récoltées à l’extérieur du musée
Motivations : inconnues
Suites : Le public a été évacué, vingt-quatre pompiers ont été mobilisés. Par chance, le feu n’a consumé qu’un lé et ne s’est propagé ni aux autres lés ni à la charpente.
La ville et l’artiste portent plainte.

Simone Veil

Œuvre : un buste représentant Simone Veil, réalisé par Yvan Mercier, sculpteur-ferronnier de Beaulieu-sous-la-Roche.
Lieu : place Simone Veil à la Roche-sur-Yon
Date : le 8 mars 2024 (journée internationale des droits des femmes)
Action : déversement d’une poudre rouge dans le bassin intégré au socle de la statue, et dispersion de poupées autour dudit socle. Un panneau, collé au socle, affirme que « La constitution tue nos enfants ». L’action a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux par ses auteurs.
Perpétrateurs : des militants de l’Action Française (qui ont revendiqué leur action)
Revendication : protester contre la constitutionnalisation du droit à l’Interruption volontaire de grossesse.
Précédent : À peine inaugurée, en décembre 2019, la statue avait été taguée à la peinture bleue.
Suites : De nombreuses personnalités politiques de tout bord se sont insurgées. Sur BFM (8 mars 18h20), Luc Bouard, maire (Horizons) de la ville a jugé les indices un peu trop grossier et n’exclut pas la piste d’une action menée par des ennemis de l’Action Française qui souhaiteraient donner une mauvaise image de l’Action Française.

Lord Balfour

Œuvre : Un portrait d’Arthur Balfour, ancien premier ministre britannique, célèbre pour avoir déclaré que son pays était favorable à la création d’un foyer national juif en Palestine. L’auteur du tableau est le portraitiste Philip de László (1869-1937)
Date : le 8 mars 2024
Lieu : Trinity college, Cambridge, Angleterre
Perpétratrice : une militante du groupe Palestine Action
Action : Peinture à la bombe, puis lacération
Revendication : Protester contre l’existence de l’État d’Israël
Suites : La peinture n’était pas protégée et est visiblement endommagée. Aucune arrestation n’a eu lieu pour l’instant.
Citation : « Les Britanniques ont initié le nettoyage ethnique de la Palestine, réalisant l’objectif sioniste de construire leur maison sur ce qui étaient des communautés, des villes, des villages, des fermes et des terres ancestrales palestiniennes » (compte Twitter du groupe Palestine Action)

La reine Victoria

Œuvre : un buste de la reine Victoria, réalisé par Francis John Williamson (1833-1920)
Date : le 3 mars 2024
Lieu : Kelvingrove Art Gallery à Glasgow en Écosse
Perpétratrices : Sorcha Ni Mhairtin et Hannah Taylor, deux activistes du groupe écossais This is rigged (« les dés sont pipés » ?)
Action : Barbouillage du buste avec de la confiture et du porridge, et inscription à la bombe du mot « cunt » sur le socle. Les deux activistes ont ensuite collé leur main au dit socle à l’aide de colle ultra-forte.
Revendication : protester contre l’insécurité alimentaire croissante et les marges qui touchent les aliments destinés aux nourrissons.
Suites : les deux activistes ont été arrêtées et inculpées. Les dégâts sont a priori limités au socle.
Citation : « We refuse to be dragged back to the Victorian era. Diseases of starvation including scurvy and rickets are on the rise. (…) Freedom begins with breakfast and if you can’t understand that, we’ll shove it in your face. Food is a human right, and we call out the rotten systems under which we are suffering. »

Le Printemps

Œuvre : Le Printemps, par Claude Monet
Date : 10 février 2024
Lieu : Musée des Beaux-Arts de Lyon
Action : projection de soupe
Perpétratrices : deux activistes du groupe Riposte alimentaire
Revendication : demander que l’alimentation soit un droit au même titre que la sécurité sociale
Suites : le tableau va être examiné puis restauré. La toile était derrière une vitre, mais pas disposée de manière à garantir l’étanchéité. La mairie affirme son intention de déposer une plainte, mais le maire « comprend les préoccupations » des activistes.
Citation : « Ce printemps sera le seul qui nous restera si nous ne réagissons pas. Que vont peindre nos futurs artistes ? À quoi rêverons-nous s’il n’y a plus de printemps ? »

La Joconde

Œuvre : La Joconde, par Léonard de Vinci
Lieu : Le Louvre, Paris
Date : le 28 janvier 2024
Action : Jet d’un produit alimentaire liquide non déterminé (a priori soupe), sur la vitre qui protège le tableau
Perpétratrices : deux membres du groupe Riposte alimentaire
Revendication : Alerter le grand public sur la mauvaise qualité de la nourriture et sur le fait que les agriculteurs meurent au travail
Suites : La salle a été vidée de ses touristes, qui n’ont pu voir ni la Joconde ni les Noces de Cana et autres chefs d’œuvres italiens ce jour là. La vitre protectrice va être nettoyée
Citation : « Qu’est-ce qui est le plus important ? L’art, ou le droit à une alimentation saine et durable ? »

Vénus au miroir

Œuvre : La Vénus au miroir, par Diego Velázquez
Date : le 6 novembre 2023
Lieu : National Gallery, Londres
Action : destruction au marteau de la vitre protectrice
Perpétrateurs : deux membres du collectif Just Stop Oil
Motivation : sauver la Terre du changement climatique.
Précédent : Le tableau choisi est emblématique, puisque c’est celui que la suffragette Mary Richardson avait lacéré au couteau en 1914.
Citation : « women did not get the vote by voting ».
Suites : le tableau a été décroché afin que les services de restauration puissent juger de son état.