Porcelain cube

Œuvre : Porcelain Cube (2009), par AI Weiwei
Lieu : le Palazzo Fava, à Bologne, pendant le vernissage de l’exposition Who am I?, consacrée au travail d’Ai Weiwei.
Date : le 20 septembre 2024
Perpétrateur : Vaclav Pisvejc, un peintre tchèque de cinquante-sept ans, qui se définit comme « artiste contestataire » et a un long passif de dégradations d’œuvres d’art, s’étant attaqué pèle-mêle à une copie du David de Michel-Ange, à l’Hercule et Cacus de Bandinelli, mais aussi à des œuvres d’artistes contemporains tels que Francesco Vezzoli et Urs Fischer. Enfin, en 2018 à Florence, il s’en était pris physiquement à l’artiste performeuse Marina Abramović, sur la tête de laquelle il a fracassé un tableau la représentant.
Précédents : Dans une série de photographies de 1995, on voit Ai Weiwei lâcher ce qui ressemble à un vase ancien, qui se brise, afin d’exprimer son souhait de s’affranchir des traditions. Cette œuvre avait été utilisée comme prétexte par un visiteur du Pérez Art Museum de Miami, en 2014, à détruire un vase estimé à un million de dollars appartenant à une installation d’Ai Weiwei.
Suites : Selon le commissaire de l’exposition, le premier motif d’inquiétude d’Ai Weiwei a été de savoir si quelqu’un avait été blessé par des éclats de porcelaine. Il a ensuite demandé à récupérer les débris, dans le but, peut-être, d’en faire une nouvelle œuvre.

Interrogé sur ses intentions sur Twitter, Ai Weiwei a répondu de manière sybiline par le mot « rest », qui peut à la fois signifier le reste, le résidu, la suite, le repos ou la pause.

L’origine du Monde

Œuvres : L‘Origine du monde, par Gustave Courbet ; Aktionhose: Genitalpanik (1969-2001), de Valie Export ; ainsi que trois autres œuvres, par Louise Bourgeois, Rosemarie Trockel et Annette Messager. Enfin, une photographie de la performance de Deborah de Robertis, organisatrice de l’action, qui s’était battue pour être présente dans l’exposition, a été dégradée.
Date : le 6 mai 2024
Lieu : Centre Pompidou-Metz (exposition Lacan).
Action : Inscription au tube de peinture rouge de la formule Me Too sur quatre des œuvres, et vol d’une broderie d’Annette Messager.
Perpétratrices : au moins quatre femmes « parlant au nom de jeunes femmes artistes de tous domaines », menées par l’artiste franco-luxembourgeoise Deborah de Robertis, qui a dérobé la broderie d’Annette Messager. L’action a été baptisée On ne sépare pas la femme de l’artiste.
Motivation : Activisme artistique et féministe. Dans un message précédant l’action, l’artiste avait expliqué vouloir s’en prendre au pouvoir sexuel dans le monde de l’art. Deborah de Robertis a par ailleurs publié une vidéo mettant en scène le commissaire d’exposition B. Marcadé, qui a visiblement été son amant, et publié un post de blog où elle s’adresse nommément à un certain nombre d’hommes qu’elle a fréquentés.
Précédents : De nombreux artistes, notamment des femmes, ont proposé des pastiches, détournements ou performances liées à ce tableau. C’est le cas d’Orlan avec L’Origine de la guerre (qui montre un entrejambe masculin, sexe en érection) ; de la version épilée de Clémentine Mélois ; et enfin de Deborah De Robertis, qui en 2014 s’était assise face au tableau, jambes écartées.
Citations : « Ce qui était permis autrefois, maintenant les jeunes gens n’en veulent plus (…) Deborah de Robertis est une grande artiste qui nous interroge, nous interpelle, nous dérange » (selon son avocate)
« Si l’un de vous avait voulu réellement, honnêtement, soutenir une artiste, alors pourquoi ne pas le faire sans abuser sexuellement de votre pouvoir ? » (Deborah de Robertis)
Suites : le tableau de Courbet était protégé par une vitre et n’a pas été endommagé. Le statut des autres œuvres n’est pas connu. Deux personnes ont été arrêtées et interrogées par la police.

Girl with baloon

Œuvre : Girl with baloon, par Banksy
Date : 5 octobre 2018
Lieu : Salle des ventes Sotheby’s, à Londres
Action : Au moment où le coup de marteau du commissaire priseur a retenti (pour un peu plus d’un million de livres, soit 1,4 millions de dollars), l’œuvre s’est automatiquement déchiquetée, sous les yeux incrédules du public.
L’auteur avait intégré une déchiqueteuse au cadre, afin de provoquer l’autodestruction de l’œuvre si elle passait en salle des ventes.
Perpétrateur : Banksy
Suites : L’œuvre s’appelle désormais Love is in the bin. La collectionneuse qui venait d’en faire l’acquisition a accepté de la conserver dans son nouvel état. Repassé aux enchères en octobre 2020, l’œuvre a vu sa valeur dépasser les 18,5 millions de livres.
Citation : « the first artwork in history to have been created live during an auction ».