Simone Veil

Œuvre : un buste représentant Simone Veil, réalisé par Yvan Mercier, sculpteur-ferronnier de Beaulieu-sous-la-Roche.
Lieu : place Simone Veil à la Roche-sur-Yon
Date : le 8 mars 2024 (journée internationale des droits des femmes)
Action : déversement d’une poudre rouge dans le bassin intégré au socle de la statue, et dispersion de poupées autour dudit socle. Un panneau, collé au socle, affirme que « La constitution tue nos enfants ». L’action a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux par ses auteurs.
Perpétrateurs : des militants de l’Action Française (qui ont revendiqué leur action)
Revendication : protester contre la constitutionnalisation du droit à l’Interruption volontaire de grossesse.
Précédent : À peine inaugurée, en décembre 2019, la statue avait été taguée à la peinture bleue.
Suites : De nombreuses personnalités politiques de tout bord se sont insurgées. Sur BFM (8 mars 18h20), Luc Bouard, maire (Horizons) de la ville a jugé les indices un peu trop grossier et n’exclut pas la piste d’une action menée par des ennemis de l’Action Française qui souhaiteraient donner une mauvaise image de l’Action Française.

Lord Balfour

Œuvre : Un portrait d’Arthur Balfour, ancien premier ministre britannique, célèbre pour avoir déclaré que son pays était favorable à la création d’un foyer national juif en Palestine. L’auteur du tableau est le portraitiste Philip de László (1869-1937)
Date : le 8 mars 2024
Lieu : Trinity college, Cambridge, Angleterre
Perpétratrice : une militante du groupe Palestine Action
Action : Peinture à la bombe, puis lacération
Revendication : Protester contre l’existence de l’État d’Israël
Suites : La peinture n’était pas protégée et est visiblement endommagée. Aucune arrestation n’a eu lieu pour l’instant.
Citation : « Les Britanniques ont initié le nettoyage ethnique de la Palestine, réalisant l’objectif sioniste de construire leur maison sur ce qui étaient des communautés, des villes, des villages, des fermes et des terres ancestrales palestiniennes » (compte Twitter du groupe Palestine Action)

Fuck Abstraction!

Œuvre : Fuck Abstraction!, par Miriam Cahn
Lieu : Palais de Tokyo
Date : le 7 mai 2023
Action : le tableau a été aspergé d’une giclée de peinture bordeaux, laquelle avait été dissimulée dans une fiole de médicament.
Perpétrateur : Pierre Chassin, octogénaire, ancien membre du conseil municipal des Mureaux, sous étiquette Front National, et « artiste à ses heures perdues ».
Suites : l’auteur des faits a été arrêté, on ne sait pas encore ses revendications, mais la toile a été au cœur d’une vive polémique et avait été attaquée notamment par une députée du Rassemblement national. La ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, y a vu « une attaque directe contre la liberté d’expression, ce qui est assez grave (…) Ces œuvres sont certes très dures à regarder, mais partent d’une intention qui est de dénoncer les horreurs de la guerre ».

Tombe de Karl Marx

Œuvre : Tombe de Karl Marx, par Laurence Bradshaw
Date : 16 février 2019 (notamment)
Lieu : Highgate Cemetery, Londres, Angleterre
Action : Graffitis, essentiellement sur le socle de la statue
Perpétrateur : Une personne qui n’aime pas Karl Marx et ce qu’il représente.
Revendication : Les graffitis protestent contre les théories marxistes et contre le socialisme soviétique qu’elles ont inspiré. En tournant autour du socle on peut lire : Memorial to Bokshevik holocaust 1917-1953 66000000 dead / Architect of genocide terror + oppression mass murderer / Doctrine of hate / Ideology of starving.
Précédents : Ce n’est pas la première fois que cette tombe est ciblée par de telles attaques, c’est notamment arrivé en 1960, avec des graffitis antisémites, en 2011, mais aussi le 4 février 2019, soit quinze jours avant ce vandalisme.
Suites : La tombe de Karl Marx est sans doute la plus célèbre du Highgate Cemetery et un dispositif de surveillance vidéo a été installé afin de prévenir de futures actions du même genre.

Le fils d’un migrant syrien

Œuvre : Le fils d’un migrant syrien, par Banksy
Lieu : Calais
Date : janvier 2016
Action : graffiti
Perpétrateurs : non connus
Motivations : Les motivations ne sont pas connues mais leurs auteurs étaientis déterminés, car la municipalité, consciente de la valeur de cette fresque (très médiatisée), avait placé une protection, or celle-ci a été détruite afin de pouvoir défigurer l’œuvre.
Cette œuvre, située dans « la jungle » de Calais, rappelle que le père de Steve Jobs était syrien, et on peut imaginer que les auteurs des dégradations sont hostiles aux migrants. Ou à la marque Apple.

La Liberté guidant le peuple

Œuvre : La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix, prêté par Le Louvre-Paris.
Date : le 7 février 2013
Lieu : Le Louvre-Lens
Action : Inscriptions à l’encre indélébile des lettres « AE911 » s’étalant sur une trentaine de centimètres en bas à droite du tableau.
Perpétratrice : Une visiteuse, âgée de 28 ans, dont on sait qu’elle est titulaire d’un Master mais sans emploi.
Revendication : AE911 est l’abréviation pour Architects and Engineers for 9/11 truth, un groupe qui défend la thèse conspirationniste que l’effondrement des tours jumelles en 2001 a été causée par des explosifs préalablement installés.
Suites : L’autrice des dégradations a été interpellée mais, quoique son discours ait été cohérent, sa capacité de discernement a été jugée abolie et elle a été dirigée vers un service psychiatrique.
Une restauratrice spécialisée a été immédiatement envoyée sur place. Elle a pu faire disparaître l’inscription.
Citation : « J’explique mon geste par la volonté de lutter contre la manipulation de l’opinion et par souci d’élever le niveau de conscience du peuple »

La Colonne Vendôme

Œuvre : La Colonne Vendôme, et notamment la statue de Napoléon premier qui se trouvait à son sommet, par Antoine Denis Chaudet. 
Lieu : Place Vendôme, à Paris
Date : 16 mai 1871
Action : destruction avec cérémonie officielle
Perpétré par : La Commune de Paris, sur une proposition de Gustave Courbet
Motivation : Protester contre la glorification de Napoléon Bonaparte et de ses guerres.
Citation : « La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : Article unique. La colonne Vendôme sera démolie. »
Suites : Le président Mac Mahon décide la reconstruction de la colonne en 1873, aux frais du seul Gustave Courbet, pour la somme de 323091 francs. L’artiste obtient de payer 10000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt le 31 décembre 1877, exilé en Suisse, un jour avant l’échéance de la première traite de son paiement.
La statue était une copie de l’œuvre originale.