Cette fois ça n’a pas marché !

Œuvres : La Joconde, la Vénus de Milo, le Radeau de la Méduse
Date : 3 février 2017
Auteur de la tentative : Abdalla El Hamahmi, égyptien de 29 ans.
Action : Alors qu’il tentait d’entrer au Louvre, des soldats ont voulu inspecter son sac. Il a alors brandi une paire de machettes et tenté d’agresser un militaire au cri de « Allahu akbar ! ». Blessé de plusieurs balles, il a été intercepté. Dans son sac se trouvaient des bombes de peinture.
Revendication : Protester contre les guerres en Syrie et au Yémen. L’auteur des faits avait tenté d’intégrer Daech, sans succès.
Enquête : Sur les réseaux sociaux, il avait posté un selfie (ci-dessous) assorti d’un smiley et du nom Léonard de Vinci.
Lors de son procès, il a confirmé son intention de vandaliser les œuvres emblématiques du Louvre. Il a été condamné à trente ans de prison.

Dirty Corner

Œuvre : Dirty Corner, par Anish Kapoor, sculpture souvent surnommée (mais pas par son auteur, le mot vient du Journal du Dimanche) « Le vagin de la reine ».
Lieu : Jardins du château de Versailles
Date : juin et 9 septembre 2015
Action : graffiti
Perpétrateurs : Si on se fie aux solgans, des ultracathos royalistes
Revendication : un ensemble de slogans divers… Et sans doute avant tout une protestation contre l’œuvre elle-même.
Citation : «Désormais, ces mots infamants font partie de mon oeuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels (…) Dirty Corner restera donc ainsi (…) et se montrera ainsi aux visiteurs et aux touristes de Versailles» (Kapoor)

Plusieurs œuvres antiques

Œuvre : Lion d’Athéna, Temple de Baalshamin, et autres œuvres antiques.
Lieu : Syrie (Palmyre, Ninive, Racca)
Date : été 2015
Action : destruction à la masse, au marteau-piqueur ou aux explosifs.
Perpétrateurs : l’État islamique
Revendication : supprimer les traces archéologiques du passé pré-islamiste de la région, et parfois aussi des ouvrages islamiques mais jugés idolâtres, comme la mosquée Nabi Yunus de Ninive (Mossoul), qui abritait le tombeau du prophète Jonas (Yunès).
Suites : Le lion a pu être plus ou moins restauré.
Certaines œuvres n’étaient que des copies récentes en plâtre. De nombreux artefacts censément détruits lors du saccage de musées ont en fait été vendus à des collectionneurs et dispersés à l’étranger, afin de financer Daech, qui a d’ailleurs encouragé une politique de fouilles archéologiques sauvages afin de profiter de cette manne.
Citation : « Au sujet de la ville historique, nous la préserverons et ne lui ferons subir aucun dommage inch’Allah, en revanche nous pulvériserons les statues que les mécréants adoraient auparavant » (Abou Leith al-Saoudi, chef des forces de l’État islamique à Palmyre, le 29 mai 2015)

Bouddhas de Bâmiyân

Œuvre : Les trois Bouddhas de Bâmiyân, datant d’une période indéterminée entre les quatrième et le huitième siècles de l’ère commune.
Date : 2 mars 2001
Lieu : Province de Bâmiyân, en Afghanistan
Action : Dynamitage et tirs d’artillerie
Perpétrateurs : les Talibans
Revendication : Après l’échec d’une négociation avec les États-Unis et le vote de sanctions par l’ONU, le Mollah Omar revient sur un décret de protection des monuments historiques et décrète idolâtres les Bouddhas de Bâmiyân, ce qui a mené à leur destruction. Dans une interview, il a dit avoir été indigné lorsque des occidentaux sont venus le voir non pour de l’aide humanitaire mais pour sauver les Bouddhas de l’érosion : « I thought, these callous people have no regard for thousands of living human beings—the Afghans who are dying of hunger, but they are so concerned about non-living objects like the Buddha. This was extremely deplorable. That is why I ordered its destruction. Had they come for humanitarian work, I would have never ordered the Buddha’s destruction »
Suites : Le monde entier a été choqué par cette destruction du patrimoine de l’Afghanistan. En 2023, les Talibans font payer 3,2 euros les étrangers qui souhaitent visiter les ruines des statues qu’ils ont eux-mêmes détruites.
Citation : « Muslims should be proud of smashing idols. It has given praise to Allah that we have destroyed them » (Mollah Omar)