Stalker

Stalker est un film d’Andrei Tarkovsky, sorti en 1979 et produit dans des conditions très pénibles car les scènes tournées avaient été perdues du fait d’une erreur dans le traitement des pellicules et le film, qui avait d’abord été abandonné par son réalisateur, a vu sa production relancée, avec un budget revu à la baisse.

Le récit raconte la progression d’un groupe d’homme dans « la zone », un lieu rendu impraticable par un évènement dont personne ne connaît la nature précise (bombe nucléaire ? extra-terrestres ?). Seuls les « stalkers », des passeurs, savent guider les visiteurs, illégalement, jusqu’à un lieu nommé « la chambre », qui a la réputation de pouvoir exaucer les vœux de ceux qui y entrent.

Ici, le Stalker accompagne un scientifique et un écrivain. Il leur fournit des explications un peu mystiques et leur fait faire un trajet incompréhensible, à la manière des labyrinthes des cathédrales : on ne peut pas circuler droit devant soi ni revenir en arrière. Pour le Stalker, entrer dans la zone se mérite et impose de venir avec des intentions pures.

Est-ce que le Stalker est un imposteur ? Un rêveur ? Un sage ? Est-ce que la chambre sert à aller à la rencontre de soi-même ou de ses espoirs, ou recèle-t-elle effectivement un mystère ? Est-ce que les deux hommes qui accompagnent le Stalker l’ont suivi pour de bonnes raisons ? Le scientifique est censé être rationnel et l’écrivain, sensible, mais le sont-ils effectivement ? Et le Stalker, quel sont ses motivations ?… Le film ne répond pas à toutes ces questions.

Tourné dans une friche industrielle des environs de Tallin, en Estonie, la « zone » de Stalker fait irrésistiblement penser à celle de Tchernobyl, où s’est produit la catastrophe nucléaire que l’on sait, en 1986, soit sept ans après la sortie de Stalker.

Une sorte de malédiction pèse sur ce film : dix ans après le tournage, les trois quarts des membres de l’équipe étaient morts, à commencer par le réalisateur, principalement de cancers du poumon, sans doute à cause des deux années de tournage sur un site excessivement pollué.

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6 réponses à Stalker

  1. Ardalia dit :

    Je n’ai pas un souvenir très précis du film, l’ayant vu il y a bien longtemps, maintenant. Pourtant, j’ai le sentiment que tu t’attaches trop au factuel. Sous un aspect plus spirituel, voire mystique, pour moi, le thème est plutôt celui sue la renaissance que d’une fin du monde. Comme tu le dis, c’est une sorte d’examen de conscience : qui suis-je vraiment sous le personnage ? Tarkovsky ne donne pas de réponse, car c’est à chacun de la trouver en soi et comme c’est strictement personnel et solitaire, il ne peut pas répondre définitivement pour les personnages, car ça reviendrait à répondre pour le spectateur. Fin du monde, non, mais fin d’un monde, peut-être.

  2. Jean-no dit :

    Je m’attache au factuel, oui, ne serait-ce que pour laisser chacun se débrouiller avec l’interprétation. Fin du monde et Renaissance sont deux thèmes complètement liés, finalement.

  3. _omr dit :

    Stalker est basé sur le roman des frères STROUGATSKI (Arkadi & Boris) – Moscou 1972 – France, Denoël « Présence du Futur » 1982.
    http://www.cafardcosmique.com/STROUGATSKI-Arkadi-Boris

    • Jean-no dit :

      Oui. Il paraît que ça n’a rien à voir avec le film (co-scénarisés par les écrivains cependant). Apparemment, le livre va connaître une nouvelle édition en France.

  4. Ghislain dit :

    Les zones sont en fait des lieux où des extra-terrestres ont brièvement stationnés, quelques minutes seulement. Ils y ont abandonné des objets qui sont probablement des ordures et qui ont modifiés à tout jamais le terrain.
    Dans le roman, des simulacres de personnes mortes viennent visiter leurs parents vivants, les enfants naissent avec des mutations, de nombreux stalkers meurt dans des pièges étranges. La pièce est une légende qu’un groupe de Stalker arrive atteindre dans les dernières pages du livre.
    Il est à noter aussi que le livre a eu pour titre original Picnic Au Bord Du Chemin.

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