Design

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Entre les inventions de la règle et du compas, qui datent au moins de l’Antiquité, et les différents outils informatiques de création d’images (plotter et autres imprimantes, bras articulés, ou tout simplement écran d’affichage,…), il a existé et il continue d’exister de nombreux mécanismes d’automatisation du dessin, notamment géométrique.

Pantographe

Le pantographe, qu’on appelait aussi « singe », inventé par le scientifique et prêtre Christoph Scheiner en 1603, permet de reporter un dessin à une autre échelle que celle d’origine, mais en conservant son rapport homothétique. On change l’échelle en modifiant la position du stylet qui sert à établir le relevé. C’est une version perfectionnée du pantographe qu’a employé François Willème pour mettre au point la Photosculpture, en 1859, procédé qui permettait de créer des reproductions en trois dimensions de sujets photographiés sous tous les angles.

Coordinatographe

Le Coordinatographe, un instrument permettant de tracer des coordonnées avec une grande exactitude. Il a été utilisé en cartographie, en architecture, mais aussi pour la gravure de microprocesseurs. Il permet de dessiner, de graver, mais aussi de découper, avec une précision qui dépasse celle de l’œil ou l’habileté de la main. Le modèle ci-dessus, actionné manuellement, est celui de la société Coradi, de Zurich, en 1909.

Télécran

Taj Mahal drawing on an Etch-A-Sketch.jpg

Etch a sketch, ou Ardoise magique, ou encore Télécran, a été inventé en 1959 par André Cassagnes. L’opérateur actionne deux molettes, qui permettent de faire coulisser des tiges, l’une horizontalement, l’autre verticalement.
À leur intersection se trouve un stylet, qui touche la face interne de l’appareil et trace un dessin un grattant la poudre qui y est fixée. Ces dessins sont éphémères car la poudre reprend sa place chaque fois que l’on secoue l’appareil. Cet objet simple et ingénieux est un des plus grands succès de l’Histoire du jouet.

Spirographe

Le principe du Spirographe remonte à Albrecht Dürer, qui avait étudié les motifs géométriques que produit une roue à tournant à l’intérieur d’une autre. En 1752, le mathématicien Giambattista Suardi a confectionné un outil de dessin spirographique, et on commercialise des jouets qui reposent sur ce principe, avec des roues crantées, depuis le début du XXe siècle. Le nom « spirographe » (désormais une marque déposée par Hasbro) est un peu trompeur car le système ne sert pas à dessiner des spirales mais des cycloïdes, épicycloïdes, et autres courbes.

Harmonographe/Pendulographe

Les harmonographes (ou pendulographes) constituent une famille d’appareils à dessiner qui recourent au principe du pendule pour tracer des courbes de Lissajoux dont les formes dépendent de la direction et de la force de l’impulsion de départ. Il en existe de nombreuses variantes, plus ou moins complexes, avec un plus ou moins grand nombre de pendules. On crédite parfois le mathématicien écossais Hugh Blackburn (1823-1909) de l’invention de l’Harmonographe.

Spin art

Le principe du Spin Art, proche du Dripping de Jackson Pollock, est exploité par des artistes depuis les années 1960 (Alfons Schilling, Annick Gendron, et plus récemment Damien Hirst). On le commercialise sous forme de jouet créatif motorisé depuis (au moins) les années 1970. En faisant tourner une roue sur laquelle on projette de l’encre ou de la peinture, la force centrifuge éloigne la matière colorée du centre de la surface de dessin. L’accumulation et la viscosité de l’encre, la vitesse de rotation et la durée de l’opération produisent des accidents plus ou moins heureux.

Cette modeste liste pourrait être augmentée d’outils d’observation tels que la camera obscura et la camera lucida, les dispositifs d’analyse de la perspective, de relevés de captation (sismographie,…) et bien sûr, de la photographie et des outils qui en découlent (Marey, Muybridge, ou encore la spectrographie,…).

Un certain nombre des images contenues sur cette page sont issues du site Drawingmachines.org, qui recense de nombreux dispositifs de dessin.

Voir aussi l’article consacré aux machines à dessiner de Desmond Paul Henry, pionnier de l’art à l’ordinateur.

La perspective isométrique est une méthode de représentation du volume qui donne une égale importance aux éléments de même taille et où les parallèles ne convergent pas vers un point de fuite comme dans le cas de la perspective conique. La perspective isométrique n’est pas exactement fausse car elle correspond à la vision qu’aurait un observateur situé à une distance infinie de l’objet observé. En photographie on peut vérifier que plus un objectif a une focale longue (par exemple un 200mm, opposé à un 28mm) et plus la perspective des objets photographiés se rapprochera de la perspective isométrique.
Employée par de nombreux jeux (Sim City, Little Big Adventure, Populous,…), la perspective isométrique est souvent associée à la culture du « pixel art » bien qu’elle soit nettement plus ancienne que l’invention de l’informatique graphique. Elle est très courante dans l’art asiatique ou en architecture.

eBoy

Mamadou Cissé

Laurent Bazart

Extraits du clip « Remind Me » (Royksopp) par Ludovic Houplain et Étienne de Crécy/H5

Rod Hunt


Les lois du design, selon Jacques Viénot, dans la revue Esthétique industrielle (1952). Le texte a été rédigé par un groupe comprenant des architectes, stylistes, designers, philosophes,…

esthetique_industrielle

Jacques Viénot, né en 1893 et décédé en 1959, est souvent considéré comme le père du design français. Il a fondé l’agence Technès en 1949, pour laquelle ont travaillé Roger Tallon et Jean Partenay. Il est aussi le créateur de l’Institut d’Esthétique Industrielle (1951), nommé présent Institut Français du Design.

Définition : L’esthétique industrielle est la science du beau dans le domaine de la production industrielle. Son domaine est celui des lieux et ambiances de travail, des moyens de production et des produits.
1. Loi d’économie : L’économie des moyens et des matières employées (prix de revient minimum) dès lors qu’elle ne nuit ni à la valeur fonctionnelle, ni à la qualité de l’ouvrage considéré, est condition déterminante de la beauté utile.

2. Loi de l’aptitude à l’emploi et de la valeur fonctionnelle : Il n’est de beauté industrielle que d’ouvrages parfaitement adaptés à leur fonction (et reconnus techniquement valables). L’esthétique industrielle implique une harmonie intime entre le caractère fonctionnel et l’apparence extérieure.

3. Loi d’unité et de composition : Pour former un tout harmonieux, les différents organes constituant un ouvrage utile doivent, sur leur plan respectif, être conçus les uns en fonction des autres et en fonction de l’ensemble. Les ouvrages utiles doivent satisfaire aux lois d’équilibre statique ou dynamique dans les proportions, compte tenu des propriétés des matières employées.

4. Loi d’harmonie entre l’apparence et l’emploi : Dans l’ouvrage qui satisfait aux lois de l’esthétique industrielle, il n’y a jamais conflit, mais toujours harmonie entre la satisfaction esthétique qu’en ressent le spectateur désintéressé et la satisfaction pratique qu’il donne à celui qui l’emploie. Toute production industrielle doit être génératrice de beauté.

5. Loi du style : L’étude du caractère esthétique d’un ouvrage ou d’un produit industriel doit tenir compte de la durée normale à laquelle il doit être adapté. Un ouvrage utile ne peut prétendre à un caractère de beauté durable que s’il a été conçu loin de l’influence artificielle de la mode. Des caractéristiques esthétiques des ouvrages utiles d’une époque découle un style qui en est l’expression.

6. Loi d’évolution et de relativité : L’esthétique industrielle ne présente pas de caractère définitif, elle est en perpétuel devenir. La beauté de l’ouvrage utile est fonction de l’état d’avancement et de l’évolution des techniques qui l’engendrent. Toute technique nouvelle nécessite le temps de la maturation pour parvenir au stade de l’épanouissement qui lui permettra de trouver une expression esthétique équilibrée et typique.

7. Loi du goût : L’esthétique industrielle s’exprime dans la structure, la forme, l’équilibre des proportions, la ligne des ouvrages utiles. Le choix des matières, des détails de présentation, des couleurs relève davantage du goût qui doit en être l’heureux complément, compte tenu de la loi d’économie.

8. Loi de satisfaction : L’expression des fonctions qui donnent sa beauté à l’ouvrage utile doit s’entendre de la façon dont elle frappe tous nos sens : non seulement la vue, mais l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût.

9. Loi du mouvement : Les engins destinés à se mouvoir eux-mêmes dans l’espace (air, mer, route, rail) trouvent dans le mouvement qu’ils engendrent la caractéristique essentielle de leur esthétique. Aux lois d’aptitude à l’emploi et d’harmonie entre l’apparence et l’emploi s’ajoute ici un facteur de comportement dans l’élément considéré (terre, eau, air) qui domine les autres bases du jugement.

10. Loi de hiérarchie ou de finalité : L’esthétique industrielle ne peut faire abstraction de la finalité des ouvrages produits industriellement. Une hiérarchie morale s’établit naturellement entre ceux-ci. Les productions industrielles qui possèdent, en raison de leur objet, un caractère de noblesse et qui sont de nature à aider l’homme à progresser, ou qui sont susceptibles d’avoir une influence salutaire dans le domaine social, jouiront d’un préjugé favorable. En revanche, les engins qui ont pour fin la destruction humaine ne sauraient prétendre à une admiration sans réserve.

11. Loi commerciale : L’esthétique industrielle trouve l’une de ses applications les plus importantes sur les marchés commerciaux. La loi du plus grand nombre des acheteurs ne saurait infirmer la valeur des lois définissant l’esthétique industrielle. La vente ne saurait être considérée comme un critère de la valeur esthétique. Lorsqu’elle en est la consécration, elle témoigne l’égalité de niveau entre le créateur du modèle et l’acheteur, toute considération de prix mise à part.

12. Loi de probité : L’esthétique industrielle implique honnêteté et sincérité dans le choix des matières ou matériaux employés. Une réalisation industrielle ne saurait être considérée comme belle, dès lors qu’elle contient un élément de mensonge, de dissimulation, de tromperie. Toutefois, les revêtements et les carapaçonnages exigés fonctionnellement par une réalisation industrielle sont légitimes lorsqu’ils expriment correctement les fonctions essentielles de l’objet et qu’ils ne servent pas à dissimuler des matériaux ou des organismes susceptibles de compromettre le bon fonctionnement ou la valeur de l’objet.

13. Loi des arts impliqués : L’esthétique industrielle implique une intégration de la pensée artistique dans la structure de l’ouvrage considéré. Loin du décor plus ou moins arbitraire ou artificiel ou surajouté des arts appliqués, les arts qui concourent à l’esthétique industrielle peuvent singulièrement être dits impliqués dans le modèle à concevoir, faisant corps avec la technique et se confondant avec elle.

Dieter Rams, né en 1932, est célèbre pour le design modeste et élégant des produits d’électronique grand public manufacturés par Braun, avec qui il a collaboré pendant quarante ans. Son travail a eu une influence considérable sur Jonathan Ive, le principal designer chez Apple depuis le lancement de l’iMac.

La définition du bon design par Dieter Rams, dans sa dernière version, datée d’octobre 2009, est ce qui suit :

Good design is innovative.
Good design makes a product useful.
Good design is aesthetic.
Good design makes a product understandable.
Good design is unobtrusive.
Good design is honest.
Good design is long-lasting.
Good design is thorough down to the last detail.
Good design is environmentally friendly.
Good design is as little design as possible.

(Le bon design est innovant ; rend un produit utile ; est esthétique ; rend le produit compréhensible ; n’est pas ostentatoire ; est honnête ; est pérenne ; est consciencieux jusqu’au dernier détail ; respectueux de l’environnement ; le bon design est aussi peu « design » que possible)

voir :

Un joli projet de Markus Kayser, étudiant en design au Royal College of Art.
Dans le désert, on trouve surtout du soleil et du sable. C’est la matière première de ce travail.
Après avoir réalisé une machine à découpe basée sur la lumière solaire et expérimentée dans le désert égyptien, Markus Kayser construit cette imprimante 3D et l’a testée dans le désert marocain. À l’aide de lentille de Fresnel qui concentrent la lumière solaire, il parvient à faire fondre le sable, qui devient donc du verre. Le reste de la machine utilise quelques moteurs et un peu d’électronique (Arduino ?) alimentés par des panneaux photovoltaïques. Une partie des opérations reste manuelle.

Markus Kayser – Solar Sinter Project from Markus Kayser on Vimeo.

Élise Gay et Kévin Donnot, tous deux étudiants en cinquième année à l’École des Beaux-Arts de Rennes, passent leur Diplôme national supérieur d’expression plastique dans quelques jours. C’est à eux que l’on doit le graphisme du livre SF, de George Dupin, évoqué précédemment.

Ils m’ont demandé de relayer l’annonce de la publication leur projet Particip-a-type, démarré à l’occasion de Dynamic Typeface, un workshop du studio néerlandais Catalogtree.

Particip-a-type.co.cc est un site participatif de création typographique en ligne.
Chaque nouvel utilisateur est invité à modifier le dessin du caractère créé par l’utilisateur précédent, influençant à son tour le suivant. Les fontes dessinées sont archivées et téléchargeables au format Opentype pour être utilisées.
Tous les caractères portent l’empreinte de la grille triangulaire de base, qui donne une unité à l’ensemble, évite une trop grande stabilisation des formes et invite à la modification.
Toutes les fontes sont distribuées gratuitement, sous licence Creative Commons BY-SA, étant admis que la paternité appartient à l’ensemble des contributeurs du site. Il s’agit donc d’un outil libre (FLOSS) de dessin de caractère, prenant en compte les questions actuelles de partage et de mutualisation de la création.
Il utilise TTX, un logiciel libre de LettError.

Voilà, à vous de jouer, contribuez !

Herbert Werner Franke, né en Autriche en 1927, est connu comme un des plus importants auteurs de science-fiction en langue allemande. Il est aussi docteur en physique théorique, universitaire (son cours s’intitulait Esthétique cybernétique) et il a participé à la création du festival Ars Electronica de Linz en 1979.

Il est un des pionniers de l’art numérique ou du graphisme informatique et électronique.

Lichtformen (avec Andreas Hübner) - 1953-1955

Elektronische Grafiken - 1961/62

Série Falter, 1979

Série DRAKULA, 1970/71

Drachenkurven (avec Wolfgang Siebig), 1973

Drachenkurven, 1973

Rotationen (projection), 1970/71

Kaskade - 1978

Une très jolie animation pédagogique : du data graphism et de la pseudo-réalité augmentée (pseudo, puisqu’il s’agit simplement d’incrustations dans l’image affichée à l’écran, comme on le fait en télévision depuis des décennies).

Ce que ça raconte est intéressant aussi, soit dit en passant.

Signalé par Geoffrey Dorne sur son blog, une typographie créée par le designer/typographe Mark Simonson à destination des programmeurs, Anonymous Pro.
Elle existe en quatre graisses (normal, italique, gras, gras italique).
On peut la télécharger gratuitement en cliquant sur ce lien.
L’exemple de programme qui suit est rédigé avec Anonymous Pro (en haut) et avec la typo monospace par défaut de Windows (bas).

On appréciera la lisibilité des caractères malgré des lignes moins hautes, et l’effort qui est fait pour distinguer les chiffres des lettres.

Aurélien Thibaudeau, étudiant à l’Ensad, a posté sur son blog un tutoriel pour réaliser une insoleuse pour la sérigraphie.


Y’ a plus qu’à…
(signalé par Geoffrey Dorne)

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