Corine Stübi est une vidéaste allemande née en 1977 qui vit et travaille en Suisse. Pour son diplôme de fin d’études à l’école supérieure des Beaux-arts de Genève1, en 2003, elle a proposé une œuvre malicieuse intitulée Air One.

Le public était invité à manipuler une borne où une jeune femme vêtue à la manière des hôtesse de l’air et affichant un sourire avenant se proposait d’effectuer un strip-tease à condition que l’on effectue des choix en appuyant sur les bonnes boutons-poussoirs. Mais assez rapidement, l’opérateur du dispositif découvre qu’il y a un prix à payer : les boutons, sur lesquels il doit presser le doit de plus en plus longtemps, lui assènent des chocs électriques.

  1. Désormais Haute école d’Art et de Design de Genève (Head-Genève), depuis sa fusion avec l’école des arts décoratifs en 2006. []

Bitfall

Julius Popp, né en 1973, est un artiste allemand. Ancien étudiant de l’école supérieure d’art de Leipzig, il recourt généralement aux nouvelles technologies et à la robotique.

bit.fall, à Groningen (Pays bas) en 2014

Son système Bitfall, mis au point en 2005 et montré dans de nombreux pays depuis, libère des gouttes d’eau de manière synchronisée, qui forment des mots pendant leur chute.

Aujourd’hui, à l’aide d’un scanner 3D pour la captation et d’une imprimante 3D ou d’une fraiseuse à trois axes à commande numérique (cnc) pour la fabrication, on peut reproduire un modèle tridimensionnel à une échelle voulue. Mais ce système a un précédent : la Photosculpture de François Willème (1830-1905).

Au musée du Second Empire, à Compiègne, j’avais été vivement intrigué par ces statuettes en biscuit qui étaient désignées comme « photosculptures ». Je ne connaissais pas le procédé, mais son nom était suffisamment parlant.

Vingt ans après sa naissance, la photographie voyait son développement et ses applications techniques progresser de jour en jour1. De nombreux artistes se sont intéressés à l’aide que pouvait leur apporter la photographie pour travailler plus efficacement2. C’est le cas par exemple de Pierre Louis Pierson et des frères Louis Frédéric et Ernest Léopold Mayer, qui, dès 1857, transposaient des photographies sur toile afin de préparer le travail pour des peintres. Eugène Disdéri les a imité quelques années plus tard.

En 1859, François Willème a eu l’idée d’un procédé assez sophistiqué pour reproduire des modèles en volume, la Photosculpture, brevetée en 1860.
Le modèle se tenait au centre exact d’une rotonde et était photographié simultanément par vingt-quatre appareils photographiques.

À partir des clichés projetés, et à l’aide d’un pantographe, Willème et ses assistants pouvaient tailler les cotes de chaque profil dans un cylindre de terre ou de cire découpé en vingt-quatre sections. Il fallait ensuite l’habileté d’un modeleur pour effectuer les finitions et toutes les opérations habituelles permettant de solidifier le résultat : cuisson ou moulage.

Brevetée en France et aux États-Unis, montrée lors de l’exposition universelle de 1867, la Photosculpture a fait sensation pendant une une dizaine d’années et semble avoir disparu après 1875.
Outre le scan/impression 3D, on rapprochera cette invention de la Chronophotographie de Muybridge mais aussi du Temps mort (aussi appelé Bullet-Time ou effet Matrix) de l’artiste Emmanuel Carlier (1995).

Photostérie

À la fin du XIXe siècle, le photographe Lernac, encouragé par le vétéran Nadar, a présenté une invention permettant d’obtenir des représentations en bosse à l’aide de la photographie, la Photostérie, qui consistait à prendre deux photographies du même sujet à un court intervalle, chacune éclairée à un angle différent. L’addition des deux clichés permettait de faire apparaître les reliefs3, qui étaient transformés en moule à l’aide d’une gélatine gonflante.

  1. Rappelons que 1839 est moins la date de l’invention de la photographie que la date de la « libération » de son brevet. Au nom de la France, le ministre et savant François Arago avait acheté le brevet de la photographie à Jacques Daguerre et aux héritiers de Nicéphore Niepce, afin d’offrir cette invention au monde entier. Ce beau geste a permis à l’invention d’évoluer sans frein tout au long du XIXe siècle. []
  2. Certains artistes s’insurgeaient contre les facilités offertes par la photographie, qu’ils voyaient comme un ennemi mortel de la peinture, tels Jean-Dominique Ingres, Puvis de Chavannes et Engène Isabey, co-auteurs en 1862 d’une pétition contre l’utilisation du procédé comme outil de création artistique. Certains pensent pourtant qu’Ingres a parfois eu recours à la photographie, mais sans le dire. []
  3. On peut rapprocher ce procédé de celui, bien différent, qui est à l’œuvre dans le capteur Kinect, qui utilise la lumière — une constellation de points infra-rouges — pour faire apparaître un semblant de relief tout à fait suffisant pour détacher la silhouette d’une personne. []

Helmut Smits est un artiste multidisciplinaire néerlandais.
Son œuvre intitulée Dead Pixel in google earth (2008) consiste à brûler un carré de gazon de 82×82 centimètres.

Cette surface correspond à la taille d’un pixel dans une photo prise par un satellite et affichée dans Google earth. Très théoriquement, ce carré de gazon brûlé devrait apparaître tel un « pixel mort » dans Google earth.

Entre les inventions de la règle et du compas, qui datent au moins de l’Antiquité, et les différents outils informatiques de création d’images (plotter et autres imprimantes, bras articulés, ou tout simplement écran d’affichage,…), il a existé et il continue d’exister de nombreux mécanismes d’automatisation du dessin, notamment géométrique.

Pantographe

Le pantographe, qu’on appelait aussi « singe », inventé par le scientifique et prêtre Christoph Scheiner en 1603, permet de reporter un dessin à une autre échelle que celle d’origine, mais en conservant son rapport homothétique. On change l’échelle en modifiant la position du stylet qui sert à établir le relevé. C’est une version perfectionnée du pantographe qu’a employé François Willème pour mettre au point la Photosculpture, en 1859, procédé qui permettait de créer des reproductions en trois dimensions de sujets photographiés sous tous les angles.

Coordinatographe

Le Coordinatographe, un instrument permettant de tracer des coordonnées avec une grande exactitude. Il a été utilisé en cartographie, en architecture, mais aussi pour la gravure de microprocesseurs. Il permet de dessiner, de graver, mais aussi de découper, avec une précision qui dépasse celle de l’œil ou l’habileté de la main. Le modèle ci-dessus, actionné manuellement, est celui de la société Coradi, de Zurich, en 1909.

Télécran

Taj Mahal drawing on an Etch-A-Sketch.jpg

Etch a sketch, ou Ardoise magique, ou encore Télécran, a été inventé en 1959 par André Cassagnes. L’opérateur actionne deux molettes, qui permettent de faire coulisser des tiges, l’une horizontalement, l’autre verticalement.
À leur intersection se trouve un stylet, qui touche la face interne de l’appareil et trace un dessin un grattant la poudre qui y est fixée. Ces dessins sont éphémères car la poudre reprend sa place chaque fois que l’on secoue l’appareil. Cet objet simple et ingénieux est un des plus grands succès de l’Histoire du jouet.

Spirographe

Le principe du Spirographe remonte à Albrecht Dürer, qui avait étudié les motifs géométriques que produit une roue à tournant à l’intérieur d’une autre. En 1752, le mathématicien Giambattista Suardi a confectionné un outil de dessin spirographique, et on commercialise des jouets qui reposent sur ce principe, avec des roues crantées, depuis le début du XXe siècle. Le nom « spirographe » (désormais une marque déposée par Hasbro) est un peu trompeur car le système ne sert pas à dessiner des spirales mais des cycloïdes, épicycloïdes, et autres courbes.

Harmonographe/Pendulographe

Les harmonographes (ou pendulographes) constituent une famille d’appareils à dessiner qui recourent au principe du pendule pour tracer des courbes de Lissajoux dont les formes dépendent de la direction et de la force de l’impulsion de départ. Il en existe de nombreuses variantes, plus ou moins complexes, avec un plus ou moins grand nombre de pendules. On crédite parfois le mathématicien écossais Hugh Blackburn (1823-1909) de l’invention de l’Harmonographe.

Spin art

Le principe du Spin Art, proche du Dripping de Jackson Pollock, est exploité par des artistes depuis les années 1960 (Alfons Schilling, Annick Gendron, et plus récemment Damien Hirst). On le commercialise sous forme de jouet créatif motorisé depuis (au moins) les années 1970. En faisant tourner une roue sur laquelle on projette de l’encre ou de la peinture, la force centrifuge éloigne la matière colorée du centre de la surface de dessin. L’accumulation et la viscosité de l’encre, la vitesse de rotation et la durée de l’opération produisent des accidents plus ou moins heureux.

Cette modeste liste pourrait être augmentée d’outils d’observation tels que la camera obscura et la camera lucida, les dispositifs d’analyse de la perspective, de relevés de captation (sismographie,…) et bien sûr, de la photographie et des outils qui en découlent (Marey, Muybridge, ou encore la spectrographie,…).

Un certain nombre des images contenues sur cette page sont issues du site Drawingmachines.org, qui recense de nombreux dispositifs de dessin.

Voir aussi l’article consacré aux machines à dessiner de Desmond Paul Henry, pionnier de l’art à l’ordinateur.

Desmond Paul Henry (1921–2004) était un universitaire britannique.
Agent technique pendant la seconde guerre mondiale, il se passionnait pour les appareillages mécaniques. Au début des années 1950, il a acquis un viseur de bombardement et l’a détourné pour en faire le premier d’une série d’ordinateurs analogiques destinés à dessiner.

L’exposition Ideograph, qui s’est tenue à Londres en 1962 et qui était consacrée aux œuvres réalisées par Desmond Paul Henry, est considérée à juste titre comme une des plus anciennes expositions d’art informatique. Cependant les outils mécaniques destinés au dessin sont bien plus anciens que l’ordinateur, que l’on pense par exemple aux machines à tracer des dessins géométriques de Giambatista Suardi, au milieu du XVIIIe siècle, ou aux spirographes, inventés à la fin du XIXe siècle et qui étaient commercialisés par des fabricants de jouets dès le début du XXe siècle.

Dom Sylvester Houédard en 1964 à la Signals Gallery, à Londres.

Le bénédictin Sylvester Houédard (1924-1992), qui signait dsh, a appartenu au contre-espionnage britannique pendant la seconde guerre mondiale avant de devenir moine de l’Abbaye de Prinknash (Gloucestershire) et d’y être ordonné prêtre. Érudit, membre de l’équipe de traduction de la Bible de Jérusalem (comme J.R.R Tolkien), connaisseur de nombreuses traditions religieuses, il a aussi été correspondant d’écrivains tels qu’Allen Ginsberg, William S. Burroughs ou Jack Kerouac. Lui-même s’est illustré dans le domaine de la poésie concrète, avec une œuvre au moins autant graphique que sonore, essentiellement réalisée à la machine à écrire.

Puisque ses débuts dans le registre datent du milieu des années 1960, ils sont strictement contemporains de ceux de pionniers de l’art numérique tels que Michael Noll, Georg Ness, Frieder Nake, Vera Molnar, etc.

Logiciels de modélisation :

Objets 3D :

Modèles d’imprimantes :

La perspective isométrique est une méthode de représentation du volume qui donne une égale importance aux éléments de même taille et où les parallèles ne convergent pas vers un point de fuite comme dans le cas de la perspective conique. La perspective isométrique n’est pas exactement fausse car elle correspond à la vision qu’aurait un observateur situé à une distance infinie de l’objet observé. En photographie on peut vérifier que plus un objectif a une focale longue (par exemple un 200mm, opposé à un 28mm) et plus la perspective des objets photographiés se rapprochera de la perspective isométrique.
Employée par de nombreux jeux (Sim City, Little Big Adventure, Populous,…), la perspective isométrique est souvent associée à la culture du « pixel art » bien qu’elle soit nettement plus ancienne que l’invention de l’informatique graphique. Elle est très courante dans l’art asiatique ou en architecture.

eBoy

Mamadou Cissé

Laurent Bazart

Extraits du clip « Remind Me » (Royksopp) par Ludovic Houplain et Étienne de Crécy/H5

Rod Hunt

Quelques tutoriels en vidéo pour comprendre ce qu’est Processing.
Désolé pour le son, que j’ai enregistré à la webcam et qui n’est pas fameux.
Ils n’étaient pas prévus pour être diffusés ici, et il faudrait que je les refasse plus soigneusement, mais en attendant mieux…

Découverte du logiciel

Second exemple, avec une boucle

Un exemple d’interactivité avec Processing

Utiliser la vidéo avec Processing (note : le code change un peu avec Processing 3).

Téléchargement :

Pour en savoir plus,

Quelques livres en Français :

Il existe aussi d’excellents livres en Anglais, Allemand ou Japonais.

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