Mary Ellen Bute

Née en 1906 et morte en 1983, Mary Ellen Bute est une pionnière du cinéma expérimental. Formée à la peinture, elle commence à produire des animations abstraites dès le début des années 1930, notamment sous l’influence d’Oskar Fischinger. C’est à cette époque qu’elle fait la connaissance de Leon Theremin (inventeur de l’instrument du même nom) avec qui elle a commencé à mettre au point un instrument de création visuelle. Par la suite elle utilisera notamment l’oscilloscope. Toujours à la même période, le compositeur Joseph Schillinger lui parle de ses théories sur la composition musicale mathématique, qu’elle appliquera dans nombre de ses œuvres ultérieures. Elle a aussi collaboré avec Thomas Wilfred, avec Norman McLarren et avec Ted Nemeth (1911-1986), son époux.
Elle commence à explorer la couleur dès 1939.

Une partie des ses œuvres est nettement focalisée sur la synchronisation entre son et animation, une autre explore plus le lien entre image et littérature (avec Finnegan’s Wake, notamment).

Dom Sylvester Houédard

Dom Sylvester Houédard en 1964 à la Signals Gallery, à Londres.

Le bénédictin Sylvester Houédard (1924-1992), qui signait dsh, a appartenu au contre-espionnage britannique pendant la seconde guerre mondiale avant de devenir moine de l’Abbaye de Prinknash (Gloucestershire) et d’y être ordonné prêtre. Érudit, membre de l’équipe de traduction de la Bible de Jérusalem (comme J.R.R Tolkien), connaisseur de nombreuses traditions religieuses, il a aussi été correspondant d’écrivains tels qu’Allen Ginsberg, William S. Burroughs ou Jack Kerouac. Lui-même s’est illustré dans le domaine de la poésie concrète, avec une œuvre au moins autant graphique que sonore, essentiellement réalisée à la machine à écrire.

Puisque ses débuts dans le registre datent du milieu des années 1960, ils sont strictement contemporains de ceux de pionniers de l’art numérique tels que Michael Noll, Georg Ness, Frieder Nake, Vera Molnar, etc.

Ray Harryhausen

Ray Harryhausen, né en 1920, est un célèbre auteur d’effets spéciaux cinématographiques actif entre les années 1940 et les années 1980. Impressionné par les trucages du premier King Kong (1933), il réalise, adolescent, des animations de dinosaures en pâte à modeler. Pendant la guerre, il collabore avec le producteur George Pal (producteur de films de science-fiction tels que La Guerre des mondes et La machine à explorer le temps) puis devient l’assistant de George O’Brien, l’auteur des effets spéciaux de King Kong.

On lui doit entre autres, comme réalisateur ou comme producteur : Le Septième voyage de Sinbad (1958), Les Voyages de Gulliver (1960), L’Île mystérieuse (1961), Jason et les Argonautes (1963), Les Premiers hommes dans la lune (1964), Un million d’années avant J.C. (1966), La Vallée de Gwangi (1969), Le Voyage fantastique de Sinbad (1974), Sinbad et l’œil du tigre (1977) et enfin, Le Choc des Titans (1981).

Si artisanaux qu’ils soient, les effets visuels de Ray Harryhausen sont extrêmement soignés (animation, mise en scène, éclairage, intégration des figurines dans les scènes filmées) et ont une puissance poétique certaine qui fait de leur auteur reste une légende vivante dans son domaine.

Herbert W. Franke

Herbert Werner Franke, né en Autriche en 1927, est connu comme un des plus importants auteurs de science-fiction en langue allemande. Il est aussi docteur en physique théorique, universitaire (son cours s’intitulait Esthétique cybernétique) et il a participé à la création du festival Ars Electronica de Linz en 1979.

Il est un des pionniers de l’art numérique ou du graphisme informatique et électronique.

Lichtformen (avec Andreas Hübner) - 1953-1955

Elektronische Grafiken - 1961/62

Série Falter, 1979

Série DRAKULA, 1970/71

Drachenkurven (avec Wolfgang Siebig), 1973

Drachenkurven, 1973

Rotationen (projection), 1970/71

Kaskade - 1978

Jean-François Moriceau et Petra Mrzyk

Sebastien Tellier Look

Air – Sing sang sung

Et un autre clip de Air, Don’t be light :
http://www.youtube.com/watch?v=ysk_dQ39ctE
Mais aussi une animation typographique pour le clip de Philippe Catherine, Excuse moi :
http://www.youtube.com/watch?v=9Mus_Xw7dDg
Et cette autre animation :
http://www.youtube.com/watch?v=Ww8s9I1Zuu0

Plus d’informations et des photos de certaines de leurs œuvres et de leurs expositions qui portent toutes des titres de James Bond : http://www.airdeparis.com/jfp.html

Et je vous apporterais par ailleurs un livre qui donne un très bon aperçu de leur travail : Trois fois rien, publié par les requins marteaux en 2006, qui est devenu un peu difficile à trouver. Le titre fait référence à un autre de leurs livres, Trois fois plus, publié en 2000.

(31/03/2010) Lire sur Arts des nouveaux médias : Mrzyk & Moriceau, le micro-récit en contexte pour mobile.