Supergirl : The romance machine (1970)
décembre 29th, 2025 Posted in Bande dessinée, Robot célèbre
(attention, je raconte toute l’histoire)
La vie affective de Supergirl est assez compliquée, on l’a vu dans le précédent article.
Dans les numéro 388 et 389 de Adventure comics (janvier et févruer 1970), l’affreux Brainiac — un androïde à la peau verte dotée d’une intelligence « du douzième niveau », qui s’avérera être une intelligence artificielle puisqu’il a été créé par les ordinateurs-tyrans de la planète Colu — envoie un robot de sa fabrication séduire Supergirl avec pour mission de lui briser le cœur. Brainiac est un des principaux antagonistes de Superman1, et après une série d’échecs, il décide de s’en prendre à la cousine de son ennemi, histoire de se faire la main.
Pour s’assurer que Supergirl tombera amoureuse de son robot, Brainiac cherche un modèle idéal, et le trouve en la personne de Kimor Dinn, un détenu de Balton IV, une planète pénitentiaire pour délinquants juvéniles. Ce jeune homme narcissique (il collectionne les miroirs) connaît un succès immédiat avec toutes les femmes qui croisent son chemin. Il est un peu l’homologue masculin de Miss Dreamface la femme la plus belle du monde, si irrésistible que Superman envisage un jour de tout quitter pour elle et que son dessinateur, Joe Shuster ne la représente que de dos ou le visage caché par des fleurs ou autre artifice du genre2.

Brainiac le fait évader de prison afin de recopier sa personnalité et de l’implémenter dans un automate qui lui ressemble parfaitement, puis de se débarrasser de lui en l’envoyant sur une lointaine planète barbare. L’opération entière est un succès, et la version robot de Kimor peut être envoyée à l’Université de Stanhope sous l’identité de Kimberly O’Ryan, nouvel étudiant. En effet, Brainiac pense que Supergirl est, sous une autre identité, étudiante à Stanhope — ce qui est le cas.

Au même moment, Linda Danvers est nommée présidente par intérim du fan-club de Supergirl, c’est à dire d’elle-même. C’est à ce titre qu’elle rencontre d’abord Kim O’Ryan, dont le magnétisme animal lui fait perdre tous ses moyens : plus Kim est odieux et plus Linda/Supergirl se sent attirée. Le robot de Brainiac donne des ordres à Linda, la laisse payer seule la note au restaurant et la se sert d’elle comme bouclier afin d’éviter d’être aspergé d’eau.
Il ne fréquente Linda que parce qu’il sait qu’elle est proche de Supergirl.

Lorsqu’il rencontre enfin Supergirl, cette fois avec son costume et ses cheveux blonds, le robot feint l’indifférence, rendant la super-héroïne plus amoureuse que jamais. Sous son identité civile, elle offre une bague à Kim — qui la jette avec dédain. Sous son identité d’héroïne, elle lui construit une automobile tape-à-l’œil.
Tout est prêt pour l’exécution finale du plan de Brainiac : son robot doit humilier Supergirl en lui montrant à quel point elle s’est rabaissée par amour pour lui, avant de disparaître en déclenchant une bombe qu’il porte en médaillon. Selon les calculs de Brainiac, Supergirl, rongée par la culpabilité, quitterait son costume et sa vocation d’héroïne.

Mais voilà : le robot ne l’entend pas de cette oreille, car il n’est pas un robot, il est le véritable Kimor Din, qui est parvenu à se faire passer pour sa création aux yeux de Brainiac en plaçant un plastron de métal sur son torse. Supergirl emmène alors Kimor dans un mystérieux sanctuaire spatial où elle conserve ses anciens amoureux, qu’elle transforme en statues de pierre lorsqu’elle s’est lassée d’eux.
Elle compte faire subir le même sort au mufle Kimor.

Dernier coup de théâtre : Brainiac apparaît, et recouvre l’héroïne d’un produit composé de kryptonite avant de s’enfuir. Grâce à la bombe de Kimor, Supergirl échappe à la substance qui était en train de la tuer… Elle révèle à Kimor que son petit musée d’amants pétrifiés n’était qu’un décor, une mise-en-scène destinée à l’effrayer et attirer Brainiac.

Supergirl retourne sur Terre avec Kimor, qu’elle confie à une ferme proche de Stanhope où l’on s’occupe de réhabiliter les jeunes délinquants tels que lui.
L’héroïne s’en tire une fois de plus mais ne profite pas de l’occasion pour se poser la question de la toxicité de ses rapports aux hommes, elle qui s’est sentie irrépressiblement attirée par le plus odieux des goujats.
- Notons que Brainiac a eu un fils adoptif (qui passait pour son fils biologique avant qu’on découvre qu’il était de nature artificielle), Brainiac 2, qui est lui-même un parent de Brainiac 5, un membre de la Légion des super héros et des Teen Titans,… et un amoureux transi de Supergirl. [↩]
- Joe Shuster et Jerry Siegel, Superman: Mr. Mxyzptlk, 1944. [↩]