La Vénus au miroir

Œuvre : La Vénus au miroir, par Diego Velasquez.
Perpétratrice : la suffragette Mary Richardson
Lieu : National Gallery, Londres.
Date : 10 mars 1914
Action : sept coups de hache
Motif : protester contre l’alimentation forcée d’une camarade de lutte qui faisait une grève de la faim.
Citation : « Je tiens autant à l’art que tout ceux qui étaient dans le musée quand j’ai réalisé mon acte. Mais je tiens davantage à la justice qu’à l’art. Je crois fermement que quand une nation préfère maltraiter et torturer les femmes qui luttent pour la justice, une action comme la mienne devrait être compréhensible. Je ne dis pas excusable, mais elle doit être comprise »
Postérité : Même si les camarades de lutte de Mary Richardson n’ont pas toutes jugé l’action opportune, et s’il n’est pas certain que ce soit une des raisons directes ou indirectes de l’obtention du droit de vote par les femmes, ce vandalisme est devenu la référence habituelle du groupe Just Stop Oil et groupes apparentés pour leurs actions dans les musées. Just Stop Oil a d’ailleurs réédité l’action en s’en prenant à la vitre de protection du même tableau, le 6 novembre 2023.
Anecdote : Après la première guerre mondiale, Mary Richardson deviendra un membre proéminent de la British Union of Fascists qu’elle finira par quitter, car si elle n’avait pas de problème avec le fascisme, le caractère peu féministe du mouvement a eu raison de son enthousiasme de militante.

Ivan le Terrible et son fils Ivan

Œuvre : Ivan le Terrible et son fils Ivan le 16 novembre 1581, par Ilia Répine
Lieu : Galerie Tretiakov, Moscou
Date : 16 janvier 1913
Action : trois coups de couteau
Perpétrateur : Un peintre en icônes très pieux de 29 ans, Abram Balachov.
Motivation : possiblement liée au sentiment patriotique. L’épisode illustré par Ilia Répine est un peu tabou (et discuté), il s’agit du meurtre du fils du Tsar par son propre père.
Suites : apprenant l’attentat, le conservateur du musée, Georgy Khruslov, s’est jeté sous un train. C’est Ilia Répine lui-même qui a restauré le tableau.
En 2013, un groupe d’historiens et d’activistes orthodoxes demande au ministre de la Culture de la Fédération de Russie de retirer la toile de la galerie Tretiakov, car elle offense les sentiments patriotiques des Russes.
En mai 2018, un visiteur brise la vitre de protection du tableau à l’aide d’une barre en métaln et l’endommage sérieusement. Ivre au moment des faits, il justifie néanmoins son geste parce que tableau « ne correspond pas aux faits historiques ».

Le Retour de la conférence

Œuvre : Le Retour de la conférence, par Gustave Courbet.
Date : (pense-t-on) vers 1900
Perpétrateur : (pense-t-on) un catholique exalté, qui a acquis le tableau expressément pour le détruire.
Motif : violemment anti-clérical, ce tableau satirique dans la lignée de Hogarth n’a cessé de faire scandale depuis sa première exposition, en 1863. Refusé de tous les salons officiels, il a néanmoins voyagé (Gand, New York), restant en possession de son auteur jusqu’à sa mort, en 1877. Il en reste des reproductions, des esquisses et dessins préparatoires, et une copie.

Les Derniers Moments de Michel Lepeletier

Œuvre : Les Derniers Moments de Michel Lepeletier, par Jacques-Louis David (tableau qui formait un dyptique avec sa Mort de Marat)
Lieu : château de Saint-Fargeau
Date : avant 1829
Perpétratrice : Suzanne Le Peletier de Mortefontaine, fille de Michel Lepeletier.
Motivation : Royaliste, Suzanne le Peletier aurait voulu faire disparaître le passé révolutionnaire de son père, conventionnel régicide.
Histoire alternative : Jean d’Ormesson, descendant de Suzanne Le Peltier, se fiait à une légende familiale selon laquelle le tableau n’avait pas été détruit mais avait été dissimulé dans les murs du château de Saint-Fargeau. Pourtant, près de deux siècles de recherche n’ont rien donné.

Art précolombien

Œuvres : Temples et œuvres plastiques (statues, bas-reliefs, peintures,…) précolombiens… Et bien sûr, assassinat méthodique d’innombrables hommes, femmes et enfants Mayas, Aztèques, Incas… Pour exemple, la population mexicaine a été divisée par vingt (par le meurtre, mais aussi les épidémies) entre 1500 et 1600.
Lieux : Amérique centrale et Amérique du Sud
Dates : Entre le début du XVIe siècle et la fin du XVIIIe ?
Perpétrateurs : Hernan Cortés et autres conquistadors, soldats, religieux, etc.
Motivation : profiter d’une supériorité militaire pour éradiquer les traces d’un riche patrimoine artistique et pouvoir prétendre avoir amené la civilisation ; dépeupler les pays conquis et pouvoir prétendre les avoir découverts et s’approprier leurs ressources ; baptiser les survivants de force afin qu’ils acceptent le message de paix et d’amour de Jésus Christ.

Des peintures de Botticelli

Œuvres : plusieurs peintures sur bois de Sandro Botticelli
Perpétrateur : Sandro Botticelli
Date : le 7 février 1497
Lieu : Piazza della Signoria à Florence
Action : les peintures ont été jetées dans un grand feu, il n’en reste rien.
Motivation : sous l’influence du prédicateur Jérome Savonarole, les Florentins ont été incités à jeter dans le « Bûcher des vanités » les objets de luxe ou d’art, notamment profane. Il n’y a pas de preuve directe que Sandro Botticielli l’ait fait de son plein gré, mais il a à cette époque publiquement regretté d’avoir fait des peintures profanes et ne s’est par la suite plus consacré qu’à la peinture religieuse, même bien après la mort de Savonarole.
Citation« de la secte dont il était partisan, au point qu’il abandonna la peinture, et comme il ne possédait aucune ressource, il tomba dans le plus grand embarras. Sectateur acharné de ce parti, comme on disait alors, il piagnone, il cessa de travailler, et à la fin de sa vie il se trouva vieux et pauvre, de telle sorte que les Médicis pour lesquels il avait beaucoup travaillé, ne le soutinrent plus financièrement » (Giorgio Vasari)