Monsieur Hulot

Œuvre : Monsieur Hulot, statue d’Emmanuel Debarre
Date : Environ une dizaine de fois depuis 1997, mais le nombre est disputé, certaines personnes affirment que c’est arrivé vingt fois.
Lieu : plage de Saint-Marc-sur-Mer (dite « plage de monsieur Hulot », à Saint-Nazaire
Action : la pipe de Monsieur Hulot a été cassée et dérobée. Une fois (2004) on l’a retrouvée enfouie dans le sable.
Perpétrateurs : inconnus
Revendications : inconnues. Collection ? Lutte contre le tabagisme ?
Suites : Fernand Pornet, habitant du quartier, a déjà remplacé la pipe trois fois, avec des rivets de fixation, mais l’objet disparaît malgré tout régulièrement. Ce restaurateur bénévole est décédé en octobre 2023. Depuis, un autre habitant de la ville a proposé qu’une modélisation 3D de l’attribut soit mise à disposition du public afin que tout un chacun puisse refaire l’objet en impression 3D et réparer le monument.
Citation : « Monsieur Hulot sans sa pipe, c’est comme une voiture sans moteur (…) J’ai pris un bout de tringle à rideau. J’ai fait un trou. J’ai mis un petit bout de bois dedans avec une douille de fusil. J’ai peint la pipe et je l’ai collée avec de la glue » (Fernand Pornet, 2019)

La divinité marine

Œuvre : La divinité marine, fresque en céramique de Jean Marais
Lieu : restaurant « chez nounou », plage du Soleil à Golfe-Juan Vallauris (Alpes-Maritimes)
Date : juin 2018
Instigateur : l’État français
Motif : application du décret « plages » de 2006 qui impose aux établissements de plage d’être démontables. Le restaurateur a eu plusieurs mois pour procéder à la destruction du restaurant lui-même, mais ne l’a pas fait, la préfecture et les services régionaux s’en sont chargés.
Suites : la rumeur affirme que les carreaux de céramique ont discrètement été subtilisés et conservés par les ouvriers chargés de la démolition.

Une vierge en bois du XVe siècle

Œuvre : une vierge en bois du XVe siècle
Date : 2018 ?
Lieu : El Ranadoiro, hameau des Asturies en Espagne
Action : peinture
Perpétratrice : Maria Luisa Menendez, paroissienne d’El Ranadoiro
Motivation : achever la restauration de cette statue
Suites : Le caractère outrancier des couleurs a provoqué une certaine hilarité sur les réseaux sociaux.
Citation : « Je ne suis pas une professionnelle, mais j’ai toujours aimé faire cela, et les statues avaient vraiment besoin d’être peintes. C’est pourquoi je les ai peintes comme j’ai pu, avec les couleurs qui m’ont semblé être les bonnes, et les voisins ont aimé mon travail »

Deux Warhol

Œuvres : Trois peintures et deux sculptures appartenant à Anthony Buzbee, avocat et politicien, connu pour avoir un temps soutenu Donald Trump. Deux des peintures étaient d’Andy Warhol (on ne sait pas lesquelles).
Date : 23 décembre 2017
Action : projection de vin sur les œuvres, qui ont été arrachées du mur et projetées.
Instigatrice : Lindy Lou Layman, journaliste juridique de 29 ans.
Faits : Alors qu’elle se trouvait chez Anthony Buzbee pour un « first date », Lindy Layman a un peu trop bu. Son hôte a décidé d’appeler une voiture pour la ramener chez elle. Folle de rage et refusant de partir, la jeune femme a joué à cache-cache dans la maison, puis a fini par projeter du vin sur une paire d’œuvres d’Andy Warhol, et jeté des sculptures sur son hôte.
Suites : La jeune femme a ensuite nié avoir abîmé les œuvres. Elle a payé une caution de 30 000 dollars (un dixième de la valeur estimée des œuvres), avec interdiction de consommer des drogues ou de l’alcool, et de chercher à prendre contact avec le propriétaire des tableaux.

Tree

Œuvre : Tree, de Paul McCarthy
Lieu : place Vendôme à Paris.
Date : le 18 octobre 2014
Action : les câbles maintenant la structure gonflable ont été volontairement sectionnés, provoquant son affaissement.
Perpétrateur(s) : non connus
Motivation : Incertaine, mais on peut supposer un lien avec la polémique qui entoure l’œuvre depuis son installation. Le conseiller municipal LR Jérôme Dubus y avait reconnu un « plug anal », tandis que le Printemps français, mouvement identitaire catholique traditionaliste, avait commenté l’œuvre sur Twitter en écrivant : « place Vendôme défigurée ! Paris humilié ! ».

La Charrette de foin

Œuvre : La Charrette de foin, par John Constable
Lieu : National Gallery, Londres
Date : 28 juin 2013
Perpétrateur : Paul Douglas Manning, 57 ans, de l’association fathers4justice.
Action : ajout à la colle d’une photographie de l’enfant de l’auteur de l’action, avec le mot « help ».
Revendication : l’auteur de l’action souhaitait faire connaître son désespoir après une confirmation en appel de la garde parentale de leur enfant par son ex-épouse.
Suites : la restauration n’a pas posé de gros problèmes, mais ce tableau emblématique de l’Histoire du paysage britannique a été à nouveau pris pour cible en 2022, cette fois par le collectif Just Stop Oil.

The Coronation Theatre

Œuvre : The Coronation Theatre, Westminster Abbey: A Portrait of Her Majesty Queen Elizabeth II, par Ralph Heimans
Lieu : Abbaye de Westminster
Date : 13 juin 2013
Perpétrateur : Tim Haries, 41 ans, de l’association Fathers4Justice, organisation parfois qualifiée de masculiniste, qui milite pour une réforme du droit à la garde parentale.
Revendication : attirer l’attention des autorités sur le déni de garde parentale pour les pères.
Action : l’auteur des faits a écrit le mot « Help » à la bombe sur le tableau.
Suites : six mois de prison, confirmés en appel.
Citation : « Sorry mate, I’ve got nothing against the queen »

Black on Maroon

Œuvre : Black on Maroon, de Mark Rothko (1958)
Lieu : Tate Modern, à Londres
Date : 7 octobre 2012
Action : L’auteur du vandalisme a écrit son nom et a ajouté « a potential piece of yelloism » à l’encre noire.
Perpétrateur : Vladimir Umanets, artiste russe
Motivation : faire de la publicité pour le mouvement artistique co-fondé par Vladimir Umanets et Marcyn Lodyga.
Suites : Vladimir Umanets a été arrêté et envoyé en prison. Deux ans plus tard, dans une tribune pour le Guardian, il a dit regretter son geste et se réjouir que l’œuvre ait été restaurée.
Citation : « Je ne suis pas un vandale. L’Art nous autorise à nous saisir du travail d’un autre et d’y placer un nouveau message »

Promenade

Œuvre : Promenade, par Séverine Bourguignon
Date : 17 avril 2012
Lieu : Casoria Contemporary Art Museum (près de Naples).
Action : Ignition volontaire de l’œuvre (avec l’accord de l’artiste, qui a suivi la destruction en direct)
Perpétrateur : Antonio Manfredi, conservateur du centre d’art
Motivation : protester contre des coupes budgétaires. L’action, qui était prévue pour se répéter trois fois par semaine (jusque quand ?), a été baptisée « CAM art war ». Les cendres des œuvres détruites sont conservées dans des urnes.
Suites : en 2018, Antonio Manfredi s’est menotté dans le bureau du maire de la ville afin de signifier son désespoir face aux problèmes de budgets qui menacent son musée. Celui-ci existe toujours.
Citation : « Les mille œuvres que nous exposons sont de toute façon promises à la destruction en raison de l’indifférence du gouvernement ».

1957-J No. 2

Œuvre : 1957-J No. 2, par Clyfford Still
Lieu : Clyfford Still Museum, Denver, Colorado
Date : 29 décembre 2011
Action : A frappé l’œuvre, l’a grattée, et y a frotté ses fesses. Après quoi elle a uriné sur le sol du musée et sur elle-même (mais pas sur le tableau, précise le communiqué).
Perpétratrice : Carmen Tisch, 36 ans, défavorablement connue des services de police pour conduite en état d’ivresse, mais aussi vol à main armée.
Explication : ne se souvient de rien et accuse l’alcool et la drogue cathinone (surnommée « sels de bain »).
Citation : « I was a pill popper, heroin addict. I was in the methadone clinic for while. And when I got off the methadone that’s when I started drinking a lot. That’s when I was doing the bath salt. (…) I was ashamed and also a little relieved that I didn’t murder somebody (…) I’m an artist myself. I`m sorry. I`m ashamed about what happened. »
Suites : la perpétratrice a été libérée sous caution avec une obligation de traitement psychiatrique. Le musée a finalement abandonné les poursuites. Les dégâts ont tout de même été estimés à 10 000 dollars.