Les Tournesols

Œuvre : Les Tournesols, par Vincent Van Gogh
Date : 14 octobre 2022
Lieu : National Gallery, Londres
Action : Les deux activistes ont projeté de la soupe sur la vitre protectrice du tableau, puis ont collé leurs mains à la cimaise à l’aide de colle ultra-forte.
Perpétratrices : Phoebe Plummer (21 ans) et Anna Holland (20 ans), deux membres du collectif Just Stop Oil.
Revendication : Protester contre les nouvelles exploitations de pétrole et de gaz, cause de pollution, ainsi que contre l’augmentation des prix du gaz, qui plonge de nombreux britannique dans la précarité.
Suites : Le tableau était protégé et les dégâts sont limités. Les deux activistes, qui ont plaidé non-coupable, ont été libérées mais n’ont plus le droit d’approcher un musée, ni d’utiliser de la peinture ou de la colle forte dans l’espace public.
Citation : « I recognize that it looks like a slightly ridiculous action — I agree, it is ridiculous, but we’re not asking the question, ‘Should everybody be throwing soup on paintings?’ What we’re doing is getting the conversation going so we can ask the questions that matter. (…) Van Gogh was incredibly poor in his lifetime. If he were alive today, he would be one of those people choosing between heating and eating »

La Charrette de foin

Œuvre : La Charrette de foin, par John Constable
Lieu : National Gallery, Londres
Date : 4 juillet 2022
Perpétrateurs : Hannah Hunt (23 ans) et Eben Lazarus (22 ans), étudiants et membres de l’ONG Just Stop Oil.
Action : application sur la toile de trois lés de papier reprenant le tableau d’origine mais en y ajoutant des éléments du monde moderne, et se coller la main au cadre avec de la colle forte.
Revendication : sauver le monde des ravages des énergies fossiles et de l’effondrement de nos sociétés.
Suites : Le cadre a été endommagé, ainsi que le vernis du tableau, mais tout cela a pu être réparé assez facilement. La toile était quant à elle protégée par une vitre.
Précédent : le même tableau avait eu droit quelques années plus tôt à un collage sauvage de la part d’un père membre de l’ONG Fathers4Justice.

(Commentaire personnel : c’est un cas rare d’action de ce genre pour laquelle je vois une cohérence entre l’action et le propos)

Den foruroligende ælling

Œuvre : Den foruroligende ælling, par Asger Jorn
Lieu : musée Jorn, Silkeborg, Danemark
Date : 29 avril 2022
Perpétratrice : Ibi-pippi Orup Hedegaard, artiste célèbre au Danemark pour avoir obtenu en 2015 un changement d’état-civil (male-to-female) sans traitement hormonal, ni réassignation chirurgicale, ni aucun changement d’attribut de genre. Elle se décrit comme « une femme lesbienne captive d’un corps d’homme ».
Action : ajout au marqueur indélébile du nom Ibi-Pippi.
Revendication : artistique. Le tableau de Jorn est déjà peint sur une toile d’un peintre anonyme, trouvé en brocante, Ibi-Pippi défend donc son action en disant qu’elle n’a rien fait de plus que Jorn.
Suites : Aux dernières nouvelles le tableau était en cours de restauration et son autrice, arrêtée et poursuivie pour destruction de la propriété du musée.
Citation : « I’ve just visited the Jorn Museum in Silkeborg and made a double change. I’ve put a picture of myself on the famous duckling. I’ve also signed the work, as it’s now a work of Ibi-Pippi and no longer of Asger Jorn. »

Victor Hugo

Œuvre : Victor Hugo, par Ousmane Sow
Date : nuit du 20 au 21 novembre 2021
Lieu : esplanade des Droits de l’Homme à Besançon
Action : application d’une peinture blanche sur le visage de Victor Hugo
Perpétrateurs : Deux étudiants en troisième année d’Histoire à l’Université de Besançon, âgés de 20 et 22 ans, tous deux membres du groupe souverainiste et nationaliste La Cocarde et tous deux anciens adhérents du Rassemblent national.
Revendication : Protester contre la restauration de la sculpture (inaugurée en 2003), dont le teint un peu foncé avait fait débat, débat exacerbé par le fait que l’auteur du monument, décédé en 2016 (et n’ayant donc pris aucune part à la restauration), était sénégalais, et noir.
Suites : Les deux auteurs ont été condamnés à réaliser 140 heures de travaux d’intérêt général, et ont été privés d’éligibilité à un mandat politique pour cinq ans, ce qui n’est pas symbolique puisqu’un des deux accusés a été candidat pour le Rassemblent national.
Citation : « Il a quitté le parti parce qu’il affirme avoir été saoulé qu’il n’ait pas été proposé à la députation lors des dernières législatives » (lors du procès)

Le naufrage de Neptune

Œuvre : Le Naufrage de Neptune, par Ugo Schiavi
Date : 8 juillet 2021
Lieu : bords de la Loire, en bas de la passerelle Schœlcher
Nature de la dégradation : Inconnue, les visiteurs ont juste découvert un panneau annonçant que l’œuvre avait dû être enlevée.
Perpétrateur(s) et revendication : Inconnu(s)
Déroulement : l’œuvre est un diptyque, composé d’un buste échoué sur les bords du fleuve, et d’une carcasse de navire, Place Royale. Sans être dégradée, la seconde partie de l’œuvre avait été décorée avec une banderole disant : « La mer assassinée, les banques tuent » posée par des militants du mouvement Youth for Climate France. Un mois plus tard, le 7 août, ce sont des militants pour la cause des migrants qui ont accroché des banderoles sur l’œuvre : « Les Nantais admirent une épave, mais ignorent les exilés naufragés ».
Suites : le buste en polymère a été restauré et remis en place.

Sans titre

Œuvre : Sans titre, par le street artist JonOne
Lieu : Lotte World Mall, Séoul, Corée du Sud
Date : 28 mars 2021
Perpétrateurs : un couple de vingtenaires
Raison : erreur de bonne foi, les auteurs de l’action ayant cru qu’il s’agissait d’une œuvre participative, ce que semblait indiquer le fait que des pinceaux et des bombes prêts à l’usage étaient placés devant la toile.
Suites : le couple a été retrouvé, s’est expliqué et ne sera sans doute pas poursuivi. La galerie essaie de convaincre l’artiste de restaurer sa toile. Les articles de presse se disputent pour savoir si cette peinture était estimée à 400 000 ou à 500 000 dollars. Elle reçoit en tout cas beaucoup plus de visiteurs qu’avant et un cordon et des écriteaux ont été placés devant afin d’éviter tout malentendu à l’avenir.

Pauline Bonaparte

Œuvre : Pauline Bonaparte, par Antonio Canova
Lieu : Musée Antonio Canova de Possagno
Date : 31 juillet 2020
Action : destruction accidentelle de plusieurs orteils d’un pied de la statue.
Perpétrateur : Un touriste autrichien de 50 ans
Motivation : faire une photo marrante affalé sur la statue. C’est en se relevant qu’il a pris appui sur le pied de la statue.
Suites : Identifié grâce à son e-mail de confirmation de réservation au musée, l’auteur s’est engagé à payer les réparations.
Note : il s’agit d’une version en plâtre de la statue, l’original en marbre se trouve à la villa Borghèse à Rome

L’Immaculée conception

Œuvre : l’Immaculée conception, copie ancienne d’un célèbre tableau de Murillo
Lieu : Valence, en Espagne
Date : juin 2020
Action : « nettoyage »
Perpétrateur : un restaurateur de meubles
Motivation : l’argent, puisque l’auteur de la restauration (puis d’une réparation elle aussi ratée) a été embauché par un collectionneur privé qui l’a rémunéré 1200 euros pour son ouvrage.
Suites : les dégâts sont irréversibles.

Jusqu’au bout du monde

Œuvre : Jusqu’au bout du monde, statue de Fabien Mérelle
Date : 4 mai 2020
Lieu : Plage du bout du monde, au Havre
Action : Incendie volontaire. La statue, en résine, a été complètement détruite. L’incendie a eu lieu pendant le confinement, il a été découvert le 4 mai 2020.
Perpétrateurs : Non connus
Motivations : Non connues
Suites : La statue, créée dans le cadre du festival Un été au Havre en intégrée à la collection permanente en 2018 est très populaire parmi les havrais. Elle a été entièrement reconstruite, en bronze cette fois, grâce à un campagne de financement participatif. Puis elle a été installée sur la digue Augustin-Normand, plus proche du centre-ville.

Simone Veil

Œuvre : un buste représentant Simone Veil, réalisé par Yvan Mercier, sculpteur-ferronnier de Beaulieu-sous-la-Roche. La statue avait été inaugurée le 10 décembre.
Lieu : place Simone Veil à la Roche-sur-Yon
Date : le 15 décembre 2019
Action : le visage de Simone Veil a été bariolé à la peinture bleue
Perpétrateurs : Des autocollants de l’Action Française collés sur le nom de la place avaient suggéré un lien entre ce groupe d’extrême-droite et la dégradation subie par le buste, mais sans preuves.
Revendication : inconnue
Suites : Afin de dissimuler la déprédation, la statue a été recouverte d’un plastique transparent à l’effet pour le moins macabre. Le 8 mars 2024, la même statue a à nouveau subi un outrage du même genre, cette fois explicitement revendiqué par l’Action Française.