Jusqu’au bout du monde

Œuvre : Jusqu’au bout du monde, statue de Fabien Mérelle
Date : 4 mai 2020
Lieu : Plage du bout du monde, au Havre
Action : Incendie volontaire. La statue, en résine, a été complètement détruite. L’incendie a eu lieu pendant le confinement, il a été découvert le 4 mai 2020.
Perpétrateurs : Non connus
Motivations : Non connues
Suites : La statue, créée dans le cadre du festival Un été au Havre en intégrée à la collection permanente en 2018 est très populaire parmi les havrais. Elle a été entièrement reconstruite, en bronze cette fois, grâce à un campagne de financement participatif. Puis elle a été installée sur la digue Augustin-Normand, plus proche du centre-ville.

Simone Veil

Œuvre : un buste représentant Simone Veil, réalisé par Yvan Mercier, sculpteur-ferronnier de Beaulieu-sous-la-Roche. La statue avait été inaugurée le 10 décembre.
Lieu : place Simone Veil à la Roche-sur-Yon
Date : le 15 décembre 2019
Action : le visage de Simone Veil a été bariolé à la peinture bleue
Perpétrateurs : Des autocollants de l’Action Française collés sur le nom de la place avaient suggéré un lien entre ce groupe d’extrême-droite et la dégradation subie par le buste, mais sans preuves.
Revendication : inconnue
Suites : Afin de dissimuler la déprédation, la statue a été recouverte d’un plastique transparent à l’effet pour le moins macabre. Le 8 mars 2024, la même statue a à nouveau subi un outrage du même genre, cette fois explicitement revendiqué par l’Action Française.

Monsieur Hulot

Œuvre : Monsieur Hulot, statue d’Emmanuel Debarre
Date : Environ une dizaine de fois depuis 1997, mais le nombre est disputé, certaines personnes affirment que c’est arrivé vingt fois.
Lieu : plage de Saint-Marc-sur-Mer (dite « plage de monsieur Hulot », à Saint-Nazaire
Action : la pipe de Monsieur Hulot a été cassée et dérobée. Une fois (2004) on l’a retrouvée enfouie dans le sable.
Perpétrateurs : inconnus
Revendications : inconnues. Collection ? Lutte contre le tabagisme ?
Suites : Fernand Pornet, habitant du quartier, a déjà remplacé la pipe trois fois, avec des rivets de fixation, mais l’objet disparaît malgré tout régulièrement. Ce restaurateur bénévole est décédé en octobre 2023. Depuis, un autre habitant de la ville a proposé qu’une modélisation 3D de l’attribut soit mise à disposition du public afin que tout un chacun puisse refaire l’objet en impression 3D et réparer le monument.
Citation : « Monsieur Hulot sans sa pipe, c’est comme une voiture sans moteur (…) J’ai pris un bout de tringle à rideau. J’ai fait un trou. J’ai mis un petit bout de bois dedans avec une douille de fusil. J’ai peint la pipe et je l’ai collée avec de la glue » (Fernand Pornet, 2019)

Tombe de Karl Marx

Œuvre : Tombe de Karl Marx, par Laurence Bradshaw
Date : 16 février 2019 (notamment)
Lieu : Highgate Cemetery, Londres, Angleterre
Action : Graffitis, essentiellement sur le socle de la statue
Perpétrateur : Une personne qui n’aime pas Karl Marx et ce qu’il représente.
Revendication : Les graffitis protestent contre les théories marxistes et contre le socialisme soviétique qu’elles ont inspiré. En tournant autour du socle on peut lire : Memorial to Bokshevik holocaust 1917-1953 66000000 dead / Architect of genocide terror + oppression mass murderer / Doctrine of hate / Ideology of starving.
Précédents : Ce n’est pas la première fois que cette tombe est ciblée par de telles attaques, c’est notamment arrivé en 1960, avec des graffitis antisémites, en 2011, mais aussi le 4 février 2019, soit quinze jours avant ce vandalisme.
Suites : La tombe de Karl Marx est sans doute la plus célèbre du Highgate Cemetery et un dispositif de surveillance vidéo a été installé afin de prévenir de futures actions du même genre.

Girl with baloon

Œuvre : Girl with baloon, par Banksy
Date : 5 octobre 2018
Lieu : Salle des ventes Sotheby’s, à Londres
Action : Au moment où le coup de marteau du commissaire priseur a retenti (pour un peu plus d’un million de livres, soit 1,4 millions de dollars), l’œuvre s’est automatiquement déchiquetée, sous les yeux incrédules du public.
L’auteur avait intégré une déchiqueteuse au cadre, afin de provoquer l’autodestruction de l’œuvre si elle passait en salle des ventes.
Perpétrateur : Banksy
Suites : L’œuvre s’appelle désormais Love is in the bin. La collectionneuse qui venait d’en faire l’acquisition a accepté de la conserver dans son nouvel état. Repassé aux enchères en octobre 2020, l’œuvre a vu sa valeur dépasser les 18,5 millions de livres.
Citation : « the first artwork in history to have been created live during an auction ».

La divinité marine

Œuvre : La divinité marine, fresque en céramique de Jean Marais
Lieu : restaurant « chez nounou », plage du Soleil à Golfe-Juan Vallauris (Alpes-Maritimes)
Date : juin 2018
Instigateur : l’État français
Motif : application du décret « plages » de 2006 qui impose aux établissements de plage d’être démontables. Le restaurateur a eu plusieurs mois pour procéder à la destruction du restaurant lui-même, mais ne l’a pas fait, la préfecture et les services régionaux s’en sont chargés.
Suites : la rumeur affirme que les carreaux de céramique ont discrètement été subtilisés et conservés par les ouvriers chargés de la démolition.

Une vierge en bois du XVe siècle

Œuvre : une vierge en bois du XVe siècle
Date : 2018 ?
Lieu : El Ranadoiro, hameau des Asturies en Espagne
Action : peinture
Perpétratrice : Maria Luisa Menendez, paroissienne d’El Ranadoiro
Motivation : achever la restauration de cette statue
Suites : Le caractère outrancier des couleurs a provoqué une certaine hilarité sur les réseaux sociaux.
Citation : « Je ne suis pas une professionnelle, mais j’ai toujours aimé faire cela, et les statues avaient vraiment besoin d’être peintes. C’est pourquoi je les ai peintes comme j’ai pu, avec les couleurs qui m’ont semblé être les bonnes, et les voisins ont aimé mon travail »

Deux Warhol

Œuvres : Trois peintures et deux sculptures appartenant à Anthony Buzbee, avocat et politicien, connu pour avoir un temps soutenu Donald Trump. Deux des peintures étaient d’Andy Warhol (on ne sait pas lesquelles).
Date : 23 décembre 2017
Action : projection de vin sur les œuvres, qui ont été arrachées du mur et projetées.
Instigatrice : Lindy Lou Layman, journaliste juridique de 29 ans.
Faits : Alors qu’elle se trouvait chez Anthony Buzbee pour un « first date », Lindy Layman a un peu trop bu. Son hôte a décidé d’appeler une voiture pour la ramener chez elle. Folle de rage et refusant de partir, la jeune femme a joué à cache-cache dans la maison, puis a fini par projeter du vin sur une paire d’œuvres d’Andy Warhol, et jeté des sculptures sur son hôte.
Suites : La jeune femme a ensuite nié avoir abîmé les œuvres. Elle a payé une caution de 30 000 dollars (un dixième de la valeur estimée des œuvres), avec interdiction de consommer des drogues ou de l’alcool, et de chercher à prendre contact avec le propriétaire des tableaux.

Cette fois ça n’a pas marché !

Œuvres : La Joconde, la Vénus de Milo, le Radeau de la Méduse
Date : 3 février 2017
Auteur de la tentative : Abdalla El Hamahmi, égyptien de 29 ans.
Action : Alors qu’il tentait d’entrer au Louvre, des soldats ont voulu inspecter son sac. Il a alors brandi une paire de machettes et tenté d’agresser un militaire au cri de « Allahu akbar ! ». Blessé de plusieurs balles, il a été intercepté. Dans son sac se trouvaient des bombes de peinture.
Revendication : Protester contre les guerres en Syrie et au Yémen. L’auteur des faits avait tenté d’intégrer Daech, sans succès.
Enquête : Sur les réseaux sociaux, il avait posté un selfie (ci-dessous) assorti d’un smiley et du nom Léonard de Vinci.
Lors de son procès, il a confirmé son intention de vandaliser les œuvres emblématiques du Louvre. Il a été condamné à trente ans de prison.

Le fils d’un migrant syrien

Œuvre : Le fils d’un migrant syrien, par Banksy
Lieu : Calais
Date : janvier 2016
Action : graffiti
Perpétrateurs : non connus
Motivations : Les motivations ne sont pas connues mais leurs auteurs étaientis déterminés, car la municipalité, consciente de la valeur de cette fresque (très médiatisée), avait placé une protection, or celle-ci a été détruite afin de pouvoir défigurer l’œuvre.
Cette œuvre, située dans « la jungle » de Calais, rappelle que le père de Steve Jobs était syrien, et on peut imaginer que les auteurs des dégradations sont hostiles aux migrants. Ou à la marque Apple.