Le nom de la série Black Mirror fait référence aux écrans des appareils numériques, et notamment des smartphones, mais ce nom a aussi eu une autre signification. J’ignore totalement si le lien est conscient de la part de Charlie Brooker, le créateur de la série.
Le Miroir noir, aussi appelé Miroir de Claude (Claude glass, en anglais), est un instrument d’observation employé par des peintres paysagistes de la fin du XVIIIe siècle. Le prénom Claude fait référence à Claude Gellée, dit le Lorrain, peintre du XVIIe siècle, qui n’a pourtant sans doute jamais utilisé un tel appareil lui-même, mais dont l’œuvre a eu une influence décisive sur les paysagistes anglais des XVIII-XIXe siècles.

L’appareil est un miroir enchâssé dans un boitier. C’est un miroir légèrement convexe et teinté au noir de fumée. On l’utilise pour regarder le paysage auquel au tourne le dos. Il permet de définir un cadrage, et il modifie le contraste et les couleurs de la scène, aidant l’artiste à se concentrer sur l’essentiel.
Cet appareil n’a pas été seulement populaire auprès des peintres, c’était aussi un accessoire commun pour les touristes. À cette époque, le tourisme naissant ne concernait qu’un nombre très réduit de gens de la bonne société ayant le temps et les moyens de flâner, et dont le but était certes de profiter du « bon air », mais aussi de voir : voir les massifs des Pyrénées, les glaciers des Alpes, voir les ruines antiques, etc.

Les voyageurs étaient assistés de plusieurs dispositifs pour mieux observer et pour savoir quoi regarder. Ces dispositifs pouvaient être portables (lunettes, jumelles, miroir de Claude, mais aussi cartes et guides touristiques) ou fixés sur les lieux mêmes du paysage à contempler, ou à proximité (plans, tables d’orientation, télescopes fixes, tours d’observation, panoramas,…).