Profitez-en, après celui là c'est fini

Mystérieuse matin, midi et soir

décembre 7th, 2009 Posted in Bande dessinée

mysterieuse1Puisque j’en parle dans l’article précédent, voici quelques images prises à Jean-Claude Forest dans Mystérieuse, matin, midi et soir, publié en 1971 dans Pif Gadget et dans la revue italienne Linus, déprogrammé de Pif avant le troisième et dernier épisode car le récit était, selon le rédacteur en chef de l’époque, trop compliqué pour les jeunes lecteurs du journal dont pas un seul, dit-il, n’a protesté contre la décision d’abandonner l’histoire en cours de route. On a même accusé la publication de Mystérieuse matin, midi et soir d’avoir causé un véritable creux dans les ventes du journal.

L’année suivante, en 1972, Serg — un des premiers éditeurs bédéphiliques avec Celeg/cbd — a enfin édité en français le récit dans sa forme complète. Dix ans plus tard, Dargaud reprenait l’album, avec une mise en couleurs de Danie Dubos. Une troisième édition a été imprimée par l’Association, en noir et blanc, mais cette fois sans l’aide de Jean-Claude Forest, qui est mort en 1998 à l’âge de 68 ans au terme d’une carrière en dents de scie : auteur célébré, adapté au cinéma (Barbarella) et à la télévision (Marie Mathématique, dans Dim Dam Dom, mis en musique par Serge Gainsbourg), grand prix du festival d’Angoulême en 1983, officiellement chargé par le ministère des affaires étrangères de représenter la bande dessinée française un peu partout dans le monde, co-auteur de deux classiques, Ici même avec Jacques Tardi et la série Les naufragés du temps avec Paul Gillon, Forest a vu ses récits atteindre dans la presse une diffusion extraordinaire avec France-Soir ou encore Pif Gadget.
Mais à côté de ces succès, il a aussi connu des déconvenues et traîné comme un boulet une image d’auteur maudit et, après l’adaptation de Barbarella pour le cinéma, de pornographe. Quant aux ventes de ses albums, elles ont rarement atteint des sommets, si bien que plusieurs de ses meilleures histoires sont à présent difficiles à se procurer.

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Ci-dessus, les trois éditions de Mystérieuse Matin, midi et soir en album. De gauche à droite : Serg (1972), Dargaud (1982) et l’Association (2004).
Pour ma part, j’ai tout d’abord lu le second épisode (pages 21 à 40) dans un vieux numéro de Pif Gadget. Je ne savais pas ce que racontait le premier épisode mais cette histoire d’aventuriers du futur qui rencontrent une fille sauvage, enfant d’un pirate, sur une île tellement mystérieuse qu’elle était en forme de point d’interrogation, m’a fortement marqué. Le souffle de la grande aventure, celle qui dépayse réellement et ne se contente pas de distraire, est quelque chose d’au fond assez rare pour le public enfantin.

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Longtemps, cette expérience est restée une énigme pour moi (je ne savais ni le début ni la fin ni le titre de cette bande dessinée) mais quelques années plus tard, dans le rayon livres d’Euromarché, où mes parents me laissaient pendant qu’ils faisaient leurs courses, j’ai pu lire la version en couleurs de Mystérieuse matin, midi et soir et y découvrir, dans le troisième épisode, l’apparition surprenante du capitaine Nemo sous les traits de Barbarella, devenue une vieille femme privée par les ans de tout goût de vivre.
Un autre détail que j’aime tout particulièrement, c’est le fait que la dernière page ne contienne pas le mot « fin », mais le mot « bonsoir ».

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Curieusement, je n’ai possédé l’album en propre que deux décennies plus tard, mon frère ayant réussi à se procurer (c’est son métier) les éditions de 1972 et de 1982.

  1. 5 Responses to “Mystérieuse matin, midi et soir”

  2. By robo32ex on Déc 7, 2009

    ce qui est bizarre, quant à la publication en périodique de MMM&S, c’est que Charlie Mensuel (qui était lié au Linus italien) n’ai pas pris la suite de ces cocos de Pif. ça aurait parfaitement collé. enfin… pauvre Forest…

  3. By Jean-no on Déc 7, 2009

    Effectivement. D’après Bdoubliées, Forest a justement publié un récit intitulé « une histoire de bottes » dans Charlie Mensuel en 1972… Mais je ne connais pas ces pages.

  4. By robo32ex on Déc 8, 2009

    je ne savais pas. merci pour l’info !

  5. By ghyslaine on Déc 10, 2009

    C’est les premiers texte et image de Bébé Cyanure, paru dans le premier numéro de Chouchou en novembre 1964. Bébé est la sœur et elle ressemble à Hypocrite.
    C’est reparu en 1975 chez Glénat, remodelé par Jean-Claude Forest, comme il est dit. C’est vrai qu’il rallongeait parfois des cases en redessinant des bouts.
    Je l’aime beaucoup.

  6. By ghyslaine on Déc 10, 2009

    – Je suis orpheline et pratiquement seule au monde car mon pauvre frère n’est pas très normal et il ne m’est d’aucun secours !
    – Je suis orphelin et quasiment seul au monde, car ma sœurn’a pas toute sa raison et c’est plutôt un boulet dans ma vie !
    C’est le début du post précédent qui avait sauté, because j’avais mis des guillemets, je crois, 1000 excuses.

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