Profitez-en, après celui là c'est fini

Virus

mai 21st, 2009 Posted in Interactivité au cinéma, Ordinateur au cinéma, Robot au cinéma

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La station Mir, en orbite autour de la terre, est subitement entourée d’un étrange nuage bleu… Éclairs partout, court-circuits pyrotechniques, télécommunications brouillées, cris, ses occcupants sont visiblement en grand péril. Sur terre, ou plutôt en mer, un navire scientifique russe qui croise dans l’océan Pacifique et qui est en communication permanente avec la station reçoit à son tour une décharge d’énergie, transmise par la station spatiale.
L’ennemi extra-terrestre se déplace par voie électrique.

Toujours dans l’océan, plusieurs jours plus tard, un cargo américain, le Sea Star, est pris dans un violent cyclone. L’équipage est contraint à sacrifier son frêt, malgré les menaces de mort proférées par le capitaine. Il faut dire que le bâtiment n’est pas assuré, l’homme, qui y a investi ses dernières économies, est ruiné et envisage le suicide. Il est interprêté par Donald Sutherland.
La découverte du navire russe change la situation : selon les lois maritimes, un navire sans occupants retrouvé dans des eaux internationales est considéré comme une épave et peut être rendu à ses propriétaires contre une somme équivalant au dixième de sa valeur. La valeur de ce genre de bâtiment scientifique et militaire est immense, sans doute plusieurs centaines de millions de dollars. Déjà occupés à réfléchir à la manière dont ils dépenseront l’argent gagné, les marins abordent le bateau pour en évaluer l’état et pour y rechercher d’éventuels survivants, avec l’espoir de n’en retrouver aucun. Ils parviennent à remettre en marche l’alimentation énergétique du navire, qui semblait avoir été sabotée.

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Quelques accidents ou disparitions suspectes laissent vite planer un doute : quelqu’un d’autre se cache certainement sur le bateau, mais qui, et où ? Les marins finissent par découvrir la belle Nadia (Joanna Pacula), une scientifique russe qui tient des propos incohérents mais les exprime dans un anglais heureusement tout à fait compréhensible. Paniquée, Nadia explique qu’il faut impérativement couper le courant sur le bateau, que quelque chose d’attroce va se produire si cela n’est pas fait, que la menace se trouve dans le circuit informatique, qu’une entité inconnue dirige les instruments de navigation du bateau et peut tout contrôler grâce au circuit interne de vidéosurveillance. Nadia tente de couper le courant elle-même mais en est empêchée.
Suivant les codes du film d’horreur, les différents protagonistes font toujours tout ce qu’il ne faut pas faire : ils se séparent lorsqu’ils devraient faire bloc, ils nient l’évidence, ils se croient invariablement trop malins et ne veulent jamais écouter les témoignages ou les conseils des autres. 

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Ainsi, après avoir compris qu’une intelligence extra-terrestre cherchait à éradiquer la vie humaine de la surface de la terre (c’est l’humanité qui est un virus, selon son point de vue, d’où le titre du film), le capitaine Everton tente de tirer avantage de la situation en proposant son aide au monstre. Il pense que cela le rapproche de fortune qu’il espère gagner à la revente du bateau. Comme tout traitre dans ce genre de film, il n’est évidemment pas récompensé comme il l’espérait et ne survit que très peu de temps à cette transaction. Lorsqu’il reparait, c’est sous la forme d’un monstre mi-homme mi-quincaillerie, avec un œil rouge lumineux, exactement comme le T800 du film Terminator.

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Quelques personnages raisonnables ou courageux mettent en valeur la lâcheté et la bêtise des autres : Kit Foster (Jamie Lee Curtis, en pâle imitation du lieutenant Ripley d’Alien), le fade Baker (William Baldwin), le suicidaire Richie (Sherman Augustus) et enfin Hiko, un solide polynésien tatoué, interprèté par Cliff Curtis — acteur authentiquement maori qui prêtait ses traits au psychologue de bord du film Sunshine.

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Les grosses ficelles issues de la tradition du film d’horreur fonctionnent mal ici. Lorsque l’un des personnages voit quelque chose de bizarre dans un conduit et s’y engage par curiosité, le spectateur ne hurle pas intérieurement «non non, n’y vas pas c’est un piège !», comme il se doit, comme il se devrait, il attend juste que les choses se passent. Tout se déroule sans surprise, sans retournement de situation, de manière prévisible et finalement un peu scolaire. On en sauvera à la rigueur la performance de Donald Sutherland, complètement déchaîné dans son rôle de capitaine Achab imbécile et alcoolique.

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Réalisé par John Bruno, qui avait jusqu’ici fait carrière comme réalisateur d’effets spéciaux (pour James Cameron et Roland Emmerich entre autres),Virus est scénarisé par Chuck Pfarrer d’après sa propre bande dessinée, éditée quatre ans plus tôt chez Dark Horse Comics. Le film est produit par Gale Ann Hurd, l’ancienne épouse de James Cameron (puis de Brian de Palma), productrice de Terminator (dont elle est même co-scénariste), AliensAlien Nation, Abyss, Armageddon, Dante’s Peak, The Relic, Raising Cain, Witch Hunt, Æon Flux (le film), The Punisher, mais aussi du Hulk d’Ang Lee et du récent Incredible Hulk de Louis Leterrier. Formée par Roger Corman, le grand maître de la série B, Gale Ann Hurd semble passionnée — bien plus que James Cameron du reste — de science-fiction techno-pessimiste frisant avec le film d’horreur. Sa carrière ne contient pas que des chefs d’œuvre et Virus représente sans doute le pire des films qu’elle a piloté. Jamie Lee Curtis, pourtant abonnée aux navets, n’a pas hésité à qualifier le film de, je cite, all time piece of shit1.

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Ce film constitue une sorte de synthèse qui nous rappellera la peur du « bogue de l’an 2000» (Virus est sorti en 1999)  et qui s’inspire sans se cacher le moins du monde d’une foultitude de films : Alien et Aliens, The Thing from another world et The Thing, Terminator, Les dents de la mer, Star Trek (pour les Borg), Un cri dans l’océan, etc. 

Ces hommages peinent cependant à arracher au spectateur le moindre sourire, même indulgent.

  1. IGN.com, An interview with Jamie Lee Curtis, août 2005 []
  1. 3 Responses to “Virus”

  2. By Jean Luc Lemaire on Mai 22, 2009

    Bonjour Jean-Noël
    j’espère que tu vas bien, non sérieusement je m’inquiète pour toi à force de regarder des films du niveau des sous-doués en vacances et de virus, est-ce que ton intégrité intellectuelle ne risque pas d’en souffrir, rassure-moi (ou rassure-nous) tu as vu un film décent ses derniers temps ?

  3. By Jean-no on Mai 22, 2009

    Oui, plusieurs même mais ils ne rentrent pas tellement dans mes sujets pour ce blog. Et puis il faut le dire, les bons films sont plus difficiles à commenter.

  4. By lecrivaindujour on Avr 9, 2011

    J’ai connu ce film par Joueur Du Grenier qui testait le jeu (logique) et je me suis dit: « Et si je le regardais? » Le film ne m’a pas fait peur, au contraire il m’a fait marrer, tant il y a de problèmes dans le scénario. Nadia dit que le bateau a été attaqué par une forme de vie extraterrestre électrique qui prend la forme qu’elle veut et qui transforme les gens en robots-zombie: elle l’a vue une fois sous la forme d’un éclair, donc COMMENT ELLE PEUT LE SAVOIR?
    Ils disent qu’ils trouvent l’unique fille du Sea Star « canon », sauf qu’elle a le charisme d’une poignée de porte!
    La fin est complêtement idiote. Les deux héros réussissent à s’enfuir à bord d’un mini vaisseau spatial construit par leur pote africain qui est mort et le bateau explose, et eux y s’en foutent.
    Quel navet!

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