Profitez-en, après celui là c'est fini

Design, Très chic, Très design

novembre 12th, 2008 Posted in indices

(prospectus Conforama)

  1. 20 Responses to “Design, Très chic, Très design”

  2. By david t on Nov 13, 2008

    très gros problèmes de dos en perspective, surtout…

  3. By Jean-no on Nov 13, 2008

    J’ai beaucoup de collègues en école d’art qui travaillent sur la question du design, qui cherchent à définir le métier, qui organisent des colloques « qu’est-ce que le design aujourd’hui ? », la fonction/la forme, etc. Leurs efforts sont régulièrement anéantis par ce genre d’utilisation populaire qui fait de « design » un adjectif qui signifie principalement « pas très confortable, un peu bizarre, un peu frime » et qui a des degrés : « pas très design », « très design ».

  4. By Fab80s on Nov 13, 2008

    Ce qui me frappe en voyant ce prospectus, c’est que ça soit du design, du trés chic ou voire du trés design (y’a un côté Coluche, plus blanc que blanc), et bien c’est quasiment le même piètement! Le design ou pas design serait dans l’assise alors ?

  5. By Jean-no on Nov 13, 2008

    Effectivement ! Si on cherche à comprendre ce qu’est le design par déduction, on doit pouvoir établir cette loi : ça se passe plus dans l’assise que dans le piètement.

  6. By david t on Nov 13, 2008

    ce que j’en dis: mort au design, longue vie à l’ergonomie.

    travaillant dans la conception web, je dois trop souvent expliquer à des soi-disant «designers» que leur super modèle de site web est impraticable, incompréhensible, difficile à mettre à jour, et très coûteux sur le long terme. bien sûr, pas un d’entre eux ne veut admettre qu’ils n’y connaît rien, même s’ils sont tous bien prêts à avouer qu’ils n’ont jamais touché à une seule ligne de code HTML ou CSS (ergo, ils ne savent pas du tout ce qu’ils font). alors évidemment, je passe pour le grincheux de service qui n’aime rien et qui empêche toutes leurs bonnes idées de fleurir et de leur faire gagner des prix de design. vraiment ras le bol des designers qui se prennent pour des artistes. à la poubelle, les diva du photoshop. laissez les grandes personnes travailler.

    cela dit, il y a quelques designers qui font de très bonnes choses sur le web, mais en général, ceux qui se disent «designer» ne connaissent rien d’autre que l’imprimé et tentent maladroitement d’adapter leurs certitudes dans un médium qui n’a que très peu à voir.

    j’en viens à penser que de véritables exercices de design «créatif» nécessitent absolument des budgets énormes, pour que l’on puisse tester à l’envi et recommencer, ajuster autant de fois que nécessaire. le «design cheap», selon mon expérience, n’est jamais viable, c’est le pire des deux mondes.

    aussi, maintenant, j’emploie le mot «ergonomie». croyez-moi, ça en jette. souvent, ça impressionne assez les clients pour les mettre instantanément de mon bord et forcer ces fainéants de designers à retourner à leurs macbook. bien fait pour eux. (ah, ça fait du bien.)

  7. By Jean-no on Nov 13, 2008

    Mais l’ergonomie, c’est du design justement (et inversement). Parler de design pour dire qu’on a donné une forme élancée à un objet ou qu’on a produit un site in-navigable est en fait un contre-sens. On peut faire du design en HTML, en CSS et même en texte brut !

    Sur le reste, je vois bien de quoi tu veux parler. On épate facilement un client avec une jolie animation flash mais pour la suite, quel enfer. Enfin ça dépend du site : un site événementiel peut très bien être assez original sans que ce soit vraiment pesant. Mais sans parler des mises à jour, certains sites à fort caractère sont insoutenables pour celui qui y revient et qui cherche des infos par exemple. Ce qui ne rend pas pour autant les expérimentations inintéressantes, par ex : ça

  8. By david t on Nov 13, 2008

    je veux bien croire que l’ergonomie, c’est du design mais parce que le mot «design» est galvaudé, je suis obligé de parler d’ergonomie, c’est triste non? :)

    on a quand même fini, à l’interne, par trouver toutes sortes de techniques pour présenter au client un cadre de développement où la «créativité graphique» (mettons) est mise à sa place, c’est à dire qu’on lui donne des endroits pour exister mais qu’elle ne prend pas en otage toute l’architecture du système. jusqu’à maintenant, on a réussi à éviter les interfaces flash tout en autorisant les micro-applications flash, par exemple pour jouer de la musique ou des vidéos sur demande.

    mais c’est très difficile de négocier ce genre de choses dans un monde où tout un chacun s’improvise «designer». les clients nous arrivent souvent avec un système de menus déjà complet, souvent assez déficient, qu’on met de côté pour leur demander de préciser les vrais objectifs profonds du site. et là, étrangement, les clients ne savent pas du tout quoi répondre alors que c’est la base de leur travail de communication… «mais vous comptez rejoindre qui avec votre site? les visiteurs occasionnels, les professionnels, le personnel à l’interne, les journalistes…? — non non, nous on veut juste un onglet « notre mission ».»

    finalement, le design, c’est d’abord et surtout une médiation entre un fournisseur et un utilisateur et le rôle du designer est de faciliter cette médiation, bref le design est un moyen, pas un but. à moins encore une fois d’avoir le temps, l’argent et les ressources pour expérimenter le design pour lui-même, sans but précis, jusqu’à trouver, peut-être, une application vraiment utile à l’une ou l’autre de ces inventions.

  9. By david t on Nov 14, 2008

    et au sujet des sites événementiels: en effet, il y a de la latitude dans certains cas mais très souvent, ces sites reviennent à chaque année et alors, c’est le traitement des archives qui devient cauchemardesque: on se retrouve avec de larges pans du site devenus complètement morts, ineffectifs, mais qu’on doit quand même garder puisqu’elles contiennent le patrimoine de l’organisme en question.

    il est très rare qu’un événement ne se produise qu’une seule fois. je préconise donc une approche globale qui intègre toutes les instances futures de l’événement et pas seulement l’édition en cours — ce qui complexifie considérablement l’architecture du site en question mais simplifie la mise à jour du tout au tout.

  10. By Jean-no on Nov 14, 2008

    Le design, c’est par exemple Roger Tallon, un des plus grands à mon goût. Il a fait tout ce qu’on trouve dans les trains Corail et les TGV : cartes de France, mobilier, signalétiques, horaires, aspect extérieur. C’est un travail complètement invisible, contrairement à ce qu’a fait Christian Lacroix dans les nouveaux TGV (pas mal, jusqu’aux uniformes détendus et modulaires des contrôleurs, mais je doute que ça tienne aussi longtemps que les trains Corail).
    En matière de webdesign, un truc fun « happy few comprenne qui pourra » comme dit un ami à moi est plutôt plus feignant qu’un site faussement évident comme Google ou comme les blogs qui malgré leurs limites ont réussi à imposer un standard (c’est ça aussi le design).
    Dans le bon design il y a quand même une idée de cohérence, de refus du bricolage (on se pose des questions par rapport à l’usage et on va au plus simple). L’interface du Macintosh, des logiciels Adobe, d’Excel (car Microsoft n’a pas fait que des horreurs) ou de l’iPhone, par rapport à leurs concurrents et copieurs, est un bel exemple de design réussi.

  11. By Jean-no on Nov 14, 2008

    Sur l’évènementiel, ça dépend vraiment de l’évènement. Évidemment, ce qui revient cycliquement a intérêt à permettre l’archivage, mais un petit site « bande annonce » qui veut parler de la dernière chaussure de Nike ou d’un film qui sort peut très bien être traité en « one shot ». Parce que la cohérence sur le long terme a un coût aussi finalement !

  12. By david t on Nov 14, 2008

    oui, bien d’accord. la majorité de mes clients proviennent du milieu culturel et il est très rare qu’ils aient à promouvoir un tel événement «one shot» comme tu dis. et même lorsque ça arrive, il y a en fait toujours moyen de l’intégrer à l’architecture, pour autant qu’elle soit suffisamment flexible. je ne crois pas que le long terme soit si coûteux que ça, tout dépend du système et des besoins du client, mais d’expérience il y a souvent moyen de faire très, très léger. mais bon, je dis peut-être ça parce que j’ai conçu mon propre système de gestion justement pour répondre précisément à ce genre de problème. :)

    avec tout ça je peux paraître «anti-créatif», c’est faux, j’aimerais travailler avec des designers apportant une réflexion profonde et originale concernant la typo, la couleur, les éléments graphiques, etc. à la place, je me retrouve avec des devis graphiques bornés qui relèvent surtout du fantasme et qui ne sont beaux que sur papier.

    bon, assez de grogne pour ce soir. :)

  13. By Jean-no on Nov 14, 2008

    Un graphiste devrait éviter d’inventer des interfaces pas possibles s’il n’est pas capable d’en maîtriser l’intégration lui-même – ou s’il ne surfe pour sa part jamais sur Internet (ce qui se raréfie cependant).

  14. By sf on Nov 14, 2008

    > »Un graphiste devrait éviter d’inventer des interfaces pas possibles s’il n’est pas capable d’en maîtriser l’intégration lui-même »

    On pourrait peut-être affiner le propos et dire qu’un graphiste devrait éviter d’inventer des interfaces s’il n’est pas capable d’en discuter avec un développeur, s’il n’a pas cette curiosité.

    Un graphiste papier n’est pas grand chose sans son imprimeur, un graphiste multimedia (web, DVD, installation…) n’offre de solutions pertinentes (qui dit solution dit questionnement) que s’il prend connaissance des contraintes et des possibilités de son medium mais pas forcement tout seul;
    il y a des spécialistes en tout, mais ceux qui offrent des services pertinents (j’aime bien ce mot) sont ceux qui n’ont pas d’œillères, ceux qui ont su s’intéresser à d’autres domaines que le leur.

    enfin, je dis ça…

  15. By sf on Nov 14, 2008

    …parce que maîtriser l’intégration, c’est pas toujours facile (disait Calimero)

  16. By Jean-no on Nov 14, 2008

    Tu as bien raison de le préciser Frédérique, je serais très mal placé pour avoir un autre avis, puisque je gagne précisément ma vie, comme développeur, en dialoguant avec des artistes ou des graphistes qui (puisqu’ils font appel à moi) ne maîtrisent pas totalement la question du développement.
    Et même, je trouve que les artistes ou graphistes qui sont à fond dans le développement technique, qui sont de bons programmeurs notamment, peuvent finir par s’y perdre par fascination pour le côté sportif (la performance technique) du métier ou inversement par réduire leurs ambitions à ce qu’ils savent faire facilement. Pas de fatalité cependant, mais le dialogue est toujours quelque chose de fertile.
    De même le dialogue avec l’imprimeur est souvent capital, le graphiste « print » qui reste derrière son écran sans jamais se poser de questions spécifiques au médium risque de perdre quelque chose.

  17. By david t on Nov 14, 2008

    oui, toujours bien d’accord avec ce qui est dit ici. je fais parfois cette comparaison avec le monde de l’imprimé: beaucoup de graphistes ont «internalisé» (désolé pour l’anglicisme) les contraintes de l’imprimé, au point peut-être d’avoir complètement pris pour acquis les réelles limites structurelles de l’affiche, du livre, du magazine, etc.

    j’ai eu l’expérience récemment d’une designer me soumettant une interface avec un menu principal à gauche «parce que je suis fatiguée de voir tous ces sites avec des menus en haut». en d’autres mots: faisons original juste pour faire original! et à la poubelle, les analyses ergonomiques qui affirment que les utilisateurs recherchent toujours instinctivement un menu principal dans la partie supérieure de l’interface. et surtout pas question de dialoguer, le designer a toujours raison et vous le fait savoir.

    bien entendu, il ne lui viendrait pas à l’idée d’imprimer sur du papier de dimensions ou de formes non-standard, elle sait bien que c’est compliqué, dispendieux, risqué, etc. mais sur le web? on s’en fout, on fait ce qu’on a envie, et on n’apprend surtout pas comment ça marche vraiment.

    je crois pourtant que le web est beaucoup plus contraignant que l’imprimé. imaginons un livre où, pour tourner la page, il faudrait toucher à un bouton, qui changerait selon les données disponibles à tel ou tel moment, que l’on pourrait soi-même modifier, où on pourrait sélectionner des mots qui nous mèneraient à une autre page, où on pourrait rechercher par sujet à tout moment, où la table des matières (ou du moins un extrait contextuellement pertinent) serait toujours visible sur cette même page, où on pourrait même voyager de cette façon de livre en livre… et bien sûr, que tout ça soit compréhensible intuitivement, que cette interface se fasse oublier et que la lecture «normale» reste tout à fait naturelle. bon, j’arrête, je pense avoir suffisamment enfoncé le clou. :)

  18. By ben on Nov 20, 2008

    Un diaporama « what is design » :
    http://www.slideshare.net/seilamgoh/what-is-design/v1

  19. By Jean-no on Avr 8, 2011

    Auto-gag : je tombe sur ce vieux post et je découvre avec stupeur que j’ai précisément acheté le fauteuil « très design »

  20. By ben on Avr 8, 2011

    pareil ;¬)
    http://jaiunblog.com/1645/pour-1000-euros/

  21. By Jean-no on Avr 8, 2011

    :-)

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