Profitez-en, après celui là c'est fini

Listings

septembre 24th, 2008 Posted in Interactivité, logiciels, Vintage

Dans un article précédent, je parlais de l’évolution des jeux de simulation de golf. Au hasard de mes fouilles je suis tombé sur celui-ci, dans le magazine britannique Sinclair Programs, daté de juillet 1985 — magazine dont nous reparlerons bientôt à un tout autre sujet.
Le jeu de golf en lui-même a peu d’intérêt, mais une telle page me fournit un nouveau prétexte pour évoquer ce qu’était l’informatique personnelle en 1985.

Aujourd’hui, un jeu vidéo est quelque chose d’extrêmement sophistiqué qui a coûté des millions à produire et que l’on paie plusieurs dizaines d’euros — jusqu’à soixante euros pour une nouveauté. En 1985, on pouvait trouver des jeux vidéo pour ordinateur personnel dans le commerce (complètement distincts des jeux de bornes d’arcade et des jeux de consoles), diffusés sur cassettes audio. Les emballages montraient des sorciers ou des vaisseaux futuristes dessinés à l’aérographe. On branchait son magnétophone à son ordinateur pour charger le jeu dans l’ordinateur.
Ces jeux commerciaux constituaient cependant une exception, car la plupart du temps, un jeu pour ordinateur personnel se présentait comme ceci :

Alors qu’un magazine informatique actuel est presque exclusivement dédié à la consommation (entre les publicités, on trouve surtout des articles traitant des qualités de matériels ou de logiciels à acheter), les magazines du milieu des années 1980 contenaient des pages et des pages de code informatique, généralement en langage Basic et souvent adaptés à une machine précise (ici, le Sinclair ZX81 dans sa version « boostée » à 16 kilo-octets).
Le lecteur était astreint à passer un temps non-négligeable à reproduire toutes ces lignes sur son propre ordinateur. Il avait ensuite le plaisir de pouvoir jouer à un jeu de qualité variable. Si je comprends bien le code, ce jeu de golf est principalement textuel, c’est à dire que le joueur doit saisir des valeurs correspondant à la force qu’il imprime à ses coups.

On remarquera que ce programme a été écrit par un lecteur du journal, comme c’était généralement le cas, et que ce lecteur n’était rémunéré que par la gloire de voir son travail publié.
Qu’ils aient été contributeurs bénévoles du journal ou qu’ils se soient contentés, comme moi à l’époque, de recopier des lignes de code, les lecteurs de ces journaux étaient des lecteurs actifs et non seulement des machines à acheter et à utiliser. Je pense que les revues d’électronique réclament toujours un tel engagement de la part de leurs lecteurs. À l’époque dont nous parlons, les revues d’électronique (Le Haut-Parleur, par exemple) contenaient d’ailleurs des pages de code à recopier. C’était aussi le cas de revues telles que Science & Vie.
Saisir le code, devoir repérer et corriger les erreurs que l’on faisait en tapant constituait aussi une méthode d’apprentissage très efficace. On recopiait d’abord sans comprendre et puis peu à peu, on s’enhardissait à modifier une valeur ou à ajouter quelques lignes, et à voir ce que cela donnait.

  1. 8 Responses to “Listings”

  2. By Wood on Sep 24, 2008

    Tiens, ça me rappelle Hebdogiciel, tout ça…

  3. By Guillermito on Sep 24, 2008

    Ah, Hebdogiciel… Des heures passées a rentrer ces listings parfois illisibles.

  4. By Jean-no on Sep 24, 2008

    Eh oui, mythique, hebdogiciel. En France les NMPP découragent les journaux dédiés à une unique marque, donc on n’avait pas de journaux « Sinclair ». Par contre en Grande-Bretagne il y en avait plein. C’était bien parce que les journaux non spécialisés contenaient forcément des choses qu’on n’utilisait pas (que voulaient-ils que je fasse de leurs programmes pour calculettes Texas Instruments…).

  5. By Wood on Sep 24, 2008

    Il me semble que les gens d’hebdogiciel avaient aussi lancé « Amstradebdo », consacré spécifiquement aux Amstrads, justement. (vu que les Amstrads étaient un tel succès à l’époque : tous les gamins de mon age qui avaient un ordinateur en avaient un, je ne connaissais personne d’autre qui ait un TO7-70…)

    Et si je me souviens bien, Amstrad leur avait fait un procès pour avoir utilisé leur logo dans le titre du magazine, procès qu’ils avaient perdu (Amstrad, je veux dire).

  6. By Jean-no on Sep 24, 2008

    Je ne me rappelle pas cette histoire mais ça ne m’étonne pas. Par contre je sais que les NMPP font un prix plus élevé pour la distribution des journaux qui ne sont pas des journaux selon leur définition, c’est à dire entre autres :
    – les magazines consacrés à un seul produit
    – les magazines à parution irrégulière
    – les journaux de bande dessinée ne contenant pas 50% de rédactionnel
    … il y a un certain nombre d’autres points (qui ont un peu changé au fil du temps) mais ça explique la relative inexistence de certains genres de journaux en France ou le fait que si on veut vendre des peluches, des modèles réduits ou des DVDs en kiosque on ait intérêt à les associer à de faux magazines.

  7. By Wood on Sep 24, 2008

    Tiens voila une interview de Gerard Ceccaldi, qui fut le redac-chef d’hebdogiciel :

    Il y a eu trois gros procès, tous intentés par Amstrad. Le premier, c’était parce qu’on avait fait une couverture où on voyait un dessin de Maëster représentant Alan Michael Sugar (NDA : le PDG d’Amstrad) avec un T-Shirt sur lequel était marqué Gros Porc en anglais, ou un truc dans le genre. Amstrad nous a attaqué pour injure publique mais ils ont perdu. Le second procès qu’il nous a fait, c’était parce qu’on avait déposé le nom d’Amstrad Magazine. Ils l’ont perdu aussi parce qu’à l’époque Amstrad n’était pas très connu. Si quelqu’un dépose aujourd’hui Renault Magazine et que la régie lui fait un procès, il est sûr de perdre ! Le troisième gros procès qu’Amstrad a intenté contre nous l’a été parce qu’on avait fait une couverture avec un faux Amstrad : le CPC 5512, sorte de 6128 avec 512 Ko de Ram, un lecteur de disquettes cinq pouces un quart et un intégrateur graphique. Ils demandaient un milliard de dommages et intérêt ! Là encore, Amstrad a perdu.

    (…)je me rappelle qu’Amstrad nous avait fait un procès pour empêcher Shift Editions (NDLR : société éditrice d’Hebdogiciel) de sortir Amstrad Hebdo. Ils ont été déboutés parce que nous étions propriétaires de la marque pour la presse.

  8. By Wood on Sep 24, 2008

    Oups, j’ai oublié de mettre l’URL :

    http://eaglesystem.free.fr/hebdo.html

  9. By ben on Oct 25, 2008

    J’ai acheté un magazine ce mois-ci, phpsolution, horreur ! il fallait taper les codes à la mains… faut que je leur envoie un mail ;¬)

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