Profitez-en, après celui là c'est fini

Blade Runner

août 21st, 2008 Posted in Robot au cinéma

Dans un article du regretté Métal Hurlant, Philippe Manœuvre s’en était violemment pris au film Blade Runner qu’il considérait comme une trahison du roman de Philip Kindred Dick, une seconde mort pour l’auteur disait-il même1. Le résumé introductif de l’article donne le ton :
« Philippe Manœuvre est allé voir deux fois l’ignoble pensum que Hollywood, ou Ridley Scott, ou les deux, présentent comme Philip K. Dick au cinéma. Son verdict est ferme et sans nuance : bande de salauds » !
Les titres sont dans la même veine : « Minable » ; « Ringard » ; « Sabotage » ; « Ignominie » ; « Connerie ». Qu’on lui donne raison ou pas sur le fond, on déplorera avec un brin de nostalgie que, à notre époque, c’est à dire plus de vingt-cinq ans après la parution de l’article, peu de critiques oseraient parler d’un film avec des termes aussi violents dans la presse2.
L’agressivité de la critique de Manœuvre semble décuplée par le fait que Métal Hurlant avait pour ainsi dire découvert le talent de Ridley Scott en étant un des premiers journaux à encenser le film Alien : Le huitième passager, au point que le réalisateur était venu rendre une visite à la rédaction du magazine.
Manœuvre n’a pas hésité à comparer la situation de Blade Runner au traitement de J’irai cracher sur vos tombes, adaptation d’un roman de Boris Vian que l’auteur désapprouvait au point d’avoir été terrassé par un infarctus en plein visionnage privé, infarctus dont il est mort après avoir eu le temps de dire : « Alors c’est ça qu’ils ont fait ? Chierie ! Chierie ! ».
Il est vrai que le film de Ridley Scott est bien différent du roman qui l’a inspiré, Do Androids Dream of Electric Sheep? (les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques). Et il est vrai que Philip K. Dick est mort deux mois avant la sortie en salles de Blade Runner, film qu’il avait au départ combattu.
La comparaison ne saurait cependant être poussée beaucoup plus loin.

Les producteurs du film avaient proposé à Dick, sans succès, d’écrire le scénario. Pour l’auteur, les conditions étaient inacceptables puisqu’on lui réclamait de rendre le récit un peu plus « tous publics » et, dans la foulée, de rédiger une « novelisation » (un livre d’après le film) adapté à un public de pré-ados. La production du film a donc commencé sans Dick et sans même qu’on l’en avertisse. Dans un article paru dans la presse, il avait critiqué le scénario retenu, et sa critique a fait mouche, puisque tout fut réécrit en fonction de ses remarques.

Là où la comparaison avec Boris Vian ne tient pas, c’est qu’en voyant les premières images de Blade Runner, Philip K Dick a été conquis3. La trame n’est pas la même, c’est vrai, rien n’est pareil, mais visuellement, c’est exactement ce qu’il imaginait. Ce qui nous ramène d’ailleurs à l’étymologie du mot « imagination » : la capacité à mettre en images. Le verbe est faux mais l’image dit juste.

Si l’on compare les deux récits, on constate de nombreuses différences sur des points qui semblent essentiels : la similarité physique, dans le roman, des personnages de Rachel et de Pris (qui appartiennent à une même série d’androïdes) ; le fait que Rick Deckard soit marié ; l’importance des questions de fécondité et la rareté des animaux (difficile peut-être d’évoquer la disparation des animaux dans un film urbain) ; la religion de Wilbur Mercer ; l’orgue à humeurs (qui permet de se plonger dans l’état d’esprit choisi en modifiant son équilibre neurochimique) et la boite à empathie (qui permet à tous de ressentir les mêmes choses en même temps) disparaissent eux aussi dans le film. Ces escamotages sont loin d’être des trahisons à mon avis, puisqu’il s’agit essentiellement d’objets ou de concepts qui impliqueraient de lourdes explications. Or à l’image, chaque seconde que l’on passe à expliquer au spectateur ce qu’il doit voir et comprendre fait sortir ce même spectateur du film. Je ne parle pas du bavardage (Rohmer, Cassavetes, Godard ou Kechiche, chacun à leur manière, prouvent qu’un film peut rester un film tout en étant extrêmement bavard) mais bien des explications. La science-fiction à l’écran souffre souvent de ce problème : un certain nombre de choses doivent être expliquées et ces pré-requis sont autant de freins à l’entrée du spectateur dans le récit.

Les rapports amoureux sont eux aussi simplifiés. Pour une raison que j’ignore, les films hollywoodiens semblent presque obligatoirement devoir montrer, parallèlement à l’intrigue (quand l’intrigue ne s’y limite pas) le processus de construction d’une relation amoureuse sincère. Il peut y avoir des complications, des amours passés ou parallèles, mais la règle semble être que la relation qui aboutit est sincère et même sans grandes surprises (dès le premier regard, on sait qu’ils vivront heureux, etc.). Dans le roman, Deckard est marié. Son épouse est complètement hypnotisée par la machine à empathie. Rachel utilise ses atouts pour séduire Deckard et obtenir de lui ce qu’elle veut tandis que Pris, « robot de compagnie », joue sur sa similarité physique avec Rachel pour troubler Deckard. Deux femmes-robot qui utilisent Deckard, une troisième, son épouse légitime, qui n’a plus de volonté… dans le roman personne n’aime Deckard.
Dans le film en revanche, il est divorcé, il s’attache sincèrement à Rachel et cet attachement est réciproque. Quand à ses rapports avec Pris, ils sont plutôt professionnels, et même si la beauté de la jeune androïde le trouble peut-être (elle émeut surtout un autre personnage, JF Sebastian), il ne cherche qu’à faire ce qu’il a à faire, c’est à dire à la tuer.
La trame du Blade Runner de Ridley Scott est donc bien plus simple que celle du roman de Philip K. Dick. Mais Scott, en compensation, apporte une atmosphère, une charge poétique plus que conceptuelle, malgré un certain kitsch général (jusqu’à choisir Vangelis comme auteur de la bande originale).
Dick parlait d’« androïdes », un terme assez daté, et Scott a inventé le mystérieux mot « réplicant ». Quand au métier de Deckard, qui était originellement celui de « Bounty hunter » (chasseur de primes), il devient « Blade runner », locution empruntée à William Burroughs pour l’occasion. Les accessoires, aussi, sont souvent bien trouvés, comme par exemple la machine qui permet à Deckard d’analyser une photographie4.

Le film

Rick Deckard est donc un « Blade Runner » à la retraite. Il chasse les « réplicants », des androïdes impossibles à distinguer des humains, crées pour les conditions difficiles des colonies minières spatiales mais qui n’ont pas le droit de se trouver sur terre. Ces esclaves bio-technologiques, supérieurement forts et intelligents mais dont la durée de vie n’excède pas quatre ans (limite technique dans le roman, mais intentionnelle dans le film), se rendent régulièrement coupables de rebéllion. Les réplicants sont incapables d’empathie et on les reconnaît notamment à leur indifférence vis-à-vis de la souffrance d’autrui ou vis-à-vis des animaux. Le centre-ville de Los Angeles en 2019, qui sert de cadre au film, est un lieu plutôt malsain. Pluies radioactives, dureté des rapports humains, misère,…
Quelques réplicants sont arrivés sur terre illégalement et l’on demande à Deckard de reprendre du service pour les assassiner, ce qu’il accepte plus ou moins contraint et forcé.
Au cours de son enquête, Deckard rencontre Rachel, une réplicante qui croit être humaine et qui sert d’assistante à Eldon Tyrell, le président de la Tyrell Corporation, multi-nationale surpuissante qui fabrique les réplicants. Rachel et Deckard tombent amoureux.
De leur côté, les réplicants évadés, dirigés par Roy Batty (Rutger Hauer, excellent robot psychopathe effrayé par la mort), cherchent à utiliser un de leurs concepteurs, JF Sebastian, pour atteindre Eldon Tyrell. Batty assassine Sebastian et Tyrell.
Deckard finit par trouver tous les réplicants, qu’il tue à l’exception du plus dangereux, Batty, qui meurt de sa belle mort.

Versions

Dans la première version que j’ai vu, Rachel devait être tuée par un collègue de Deckard mais est épargnée. Deckard et Rachel quittent alors la ville pour un voyage dans de beaux paysages buccoliques vus d’hélicoptère — images qui s’avèrent avoir été empruntés au film The Shinning de Stanley Kubrick. Une certaine confusion entoure la question des montages de Blade Runner, on en compte sept différents, dont quatre importants (version US de 1982, version internationale de 1982, Director’s Cut de 1992 et Final Cut de 2007). Dans certains cas la fin est ouverte, dans d’autres on comprend que Deckard est sans doute lui-même un réplicant.
Je n’ai jamais adoré devoir comparer les versions de films, ni voir les scènes coupées, la première version que je visionne me semble toujours être la seule véritable. Dans Blade Runner, il me semble de toute façon que ce qui compte réellement, c’est l’atmosphère générale, très sombre, mais les paysages verts de la première fin apportaient un contrepoint à mon avis très bienvenu et je suis déçu qu’ils ne se trouvent pas sur le DVD.

Blade Runner est aujourd’hui une référence incontournable de l’histoire du cinéma de science-fiction. Il a influencé l’adaptation en long-métrage du Ghost in The Shell de Masamune Shirow et bien d’autres films, sans parler du nombre de vidéo-clips qui reprennent la brume et les néons de ce qu’on peut qualifier de premier film cyber-punk.
Ridley Scott a expliqué s’être inspiré de Moebius mais aussi de la peinture d’Edward Hopper et de villes comme Hong Kong ou Tokyo (les éléments de culture asiatique qui courent dans Blade Runner fait partie des éléments qui rendaient à mon avis le film très moderne à sa sortie. Cela pourrait avoir été emprunté à la nouvelle Johnny Mnemonic par William Gibson, sortie un an avant Blade Runner).
On notera aussi un clin d’œil appuyé au film noir de l’après-guerre comme en témoignent divers éléments familiers : Harrisson Ford porte un chapeau et lit le journal, Rachel a une coiffure de pin-up fifties, et une partie de l’enquête se déroule dans les coulisses d’une boite de nuit.
Le film doit énormément au talent de Syd Mead, styliste automobile des années 1960 qui s’est rendu célèbre plus tard grâce aux designs futuristes qu’il a crées pour le cinéma, notamment dans Tron et bien entendu, pour Blade Runner, dont il a dessiné les véhicules, mais aussi et surtout les vues de la ville — vues qui font toute l’identité du film.

Le récit n’apporte certes pas grand chose au texte original de Philip K. Dick, il l’ampute même de nombreuses thématiques, mais après tout tant mieux, pourquoi pas, l’adaptation la plus fidèle ne peut être qu’inutile… au pire  terriblement plate, au mieux illustrative (Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux en sont à mon avis de bons exemples).
Le livre de Philip K. Dick utilisait le personnage de Deckard et l’affection stérile des humains pour des animaux robots pour parler d’une humanité gâchée, finissante. Le film de Ridley Scott met beaucoup l’accent sur les réplicants, qui, avec leur quatre pauvres années d’espérance de vie, leurs révoltes vaines et leur incapacité à vivre avec autrui sont des métaphores ambulantes de la condition humaine. Les deux récits ne parlent donc pas exactement des mêmes choses.
J’ai lu que Mathieu Kassovitz, pendant la promotion de son film Babylon A.D. se réclame de Blade Runner qu’il décrit ainsi : « Quand on regarde Blade Runner, on voit d’abord un film de science fiction et d’action. Mais au fond il parle de Dieu, de notre existence sur cette planète, de la création… ». Il me semble de mon côté que si ce film parle effectivement de notre existence, il ne traite en revanche pas de la création. Oui, les réplicants sont des êtres artificiels, ils ont été créés, et Roy Batty s’amuse quelques secondes à laisser croire à Eldon Tyrell, son « père », que ce dernier a quelque pouvoir sur lui, dans une parodie de confession catholique, mais ça ne va pas bien loin, pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Ce n’est pas non plus un film que se rapporte directement à la culture numérique (en dehors peut-être de l’intéressant scanner d’images utilisé par Deckard), qui est un peu mon sujet, mais en revanche de nombreux films consacrés à la culture numérique ont puisé des éléments à Blade Runner.

J’ignore si Philippe Manœuvre a révisé son jugement depuis la rédaction de son article. Pour ma part, j’avais adoré le film à sa sortie, car il ne ressemblait à rien de ce que j’avais déjà vu (je n’avais pas encore lu le roman, par ailleurs), et je dois admettre que je n’ai pas changé d’avis depuis.

Lire aussi : La machine Esper, à propos de l’outil d’analyse criminologique qu’emploie Deckard.

  1. Philippe Manœuvre, La Seconde mort Philip K. Dick (il semble qu’un « de » ait été oublié dans le titre), in Métal Hurlant numéro 79, septembre 1982, pp52-58. La page suivante contient un article de Joe Staline, La première mort de Moebius, qui accuse Ridley Scott d’avoir emprunté les meilleurs éléments de Blade Runner à la série l’Incal, par Moebius et Jodorowsky, ce sur quoi il ne se trompe pas ainsi qu’on le verra plus tard []
  2. En 2008 on a heureusement toujours le droit de ne pas aimer un film, mais il semble mal vu de s’emballer. Le Web 2.0, sans en être responsable, n’arrange rien, car tout article un peu négatif se voit gratifié de dizaines de commentaires rageurs. D’ailleurs les articles dithyrambiques subissent souvent le même sort, alors les journalistes ont une petite tendance à prendre une posture prudente. Peut-être reçoivent-ils aussi des coups de fils d’attachés de presse qui leur disent avec un trémolo dans la voix pourquoi il ne faut pas trop dire de mal du film (il y a tellement d’argent et d’emplois en jeu, etc.), et peut-être aussi qu’on les prive d’avant-premières quand ils se montrent trop ingrats. D’ailleurs plusieurs films à gros budget ne sont à présent plus montrés aux journalistes avant leur sortie, un bon budget marketing est un moyen bien plus sûr pour faire connaître un film au public – et l’envoyer le voir même s’il n’a de bien que sa bande annonce. S’ils ont aimé un film, les critiques parleront de « bonne surprise », et sinon, d’un film « sans surprises ». L’euphémisme est souvent le symptôme d’une parole contrainte. []
  3. Pour se convaincre de l’enthousiasme de Dick pour le film Blade Runner, on peut lire sa toute dernière interview par John Boonstra, parue dans la revue Rod Serling’s The Twilight Zone Magazine, juin 1982, pp. 47-52. :
    I saw a segment of Douglas Trumbull’s special effects for Blade Runner on the KNBC-TV news. I recognized it immediately. It was my own interior world. They caught it perfectly. I wrote the station, and they sent the letter to the Ladd Company. They gave me the updated screenplay. I read it without knowing they had brought somebody else in. I couldn’t believe what I was reading! It was simply sensational — still Hampton Francher’s screenplay, but miraculously transfigured, as it were. The whole thing had simply been rejuvenated in a very fundamental way.  After I finished reading the screenplay, I got the novel out and looked through it. The two reinforce each other, so that someone who started with the novel would enjoy the movie and someone who started with the movie would enjoy the novel. I was amazed that Peoples could get some of those scenes to work. It taught me things about writing that I didn’t know. []
  4. scène qui a inspiré le cdrom multimédia 18:39 de Fabien Lagny, Bruno Piacenza et Serge Bilous, une création publiée en 1997 par Flammarion dans son éphémère mais ambitieuse collection  « art et essai ». Le manipulateur du cdrom était invité à fouiller à l’infini dans les détails d’une photographie. []
  1. 30 Responses to “Blade Runner”

  2. By Li-An on Août 21, 2008

    Je croyais que les arbres étaient tirés de Vol au dessus d’un nid de coucou (comme quoi, la mémoire joue des tours).
    Les chroniqueurs Humanos étaient connus pour leur violence et l’importance de l’attaque de Manoeuvre s’explique par le thème et l’auteur adapté. Par la suite, Métal soutiendra de graves navets et du coup, on peut relativiser tout ça.

  3. By Jean-no on Août 21, 2008

    Mon DVD est le « director’s cut », alors je ne peux me rattacher moi-même qu’à mes souvenirs, mais j’ai vérifié, ce sont bien des rushes de The Shining (rushes pour la très belles séquence d’ouverture) qui ont servi.
    J’aime bien un article avec écrit des trucs comme « minable » ou « ignominie », au fond peu m’importe que ce soit juste ou pas ;-) J’ai un peu raté la fin de Métal Hurlant… J’ai d’ailleurs raté le début aussi. Un jour j’emprunterai tout ça à mon frère (qui a une boutique de bd, donc il a tout ça) pour le lire d’une traite.

  4. By Wood on Août 21, 2008

    Moi par contre j’avais comme Manoeuvre lu le roman d’abord, et j’ai été tout d’abord profondément déçu par le film (mais j’avais 12 ans, aussi, j’étais bien plus intransigeant qu’aujourd’hui). Il me semble que l’ambiance, l’histoire, les thèmes abordés ne sont pas du tout les mêmes, mais Dick est impossible à adapter, ou presque. (la meilleure tentative est « A Scanner Darkly », qui n’est pas concluante à 100%)

  5. By Li-An on Août 21, 2008

    J’ai lu la novella après et de toute manière je ne suis pas un grand fan de Dick (je préfère ses admirateurs genre Matioli).
    Dans la série, les foutages de gueule des critiques Humanos, il y avait un numéro où ils avaient décidé de noter les bouquins avec « nul » -« très mauvais »- « au delà du bien et du mal » et il n’y avait pas d’autres commentaires. Ce pauvre Cornillon raconte dans le bouquin consacré à l’histoire de Métal comment il a assassiné les grands auteurs BD.

  6. By Bishop on Août 21, 2008

    Jean-no je ne passe sur ton blog que depuis peu mais là tu es train de me ravir :’). je suis un fan absolu de K. Dick et il est vrai qu’il était très content de ce film, il se moquait bien que cela ne « colle pas », il appréciait qu’à partir d’un ses romans quelqu’un fasse une vision cinématographique…

    J’aimerai ajouter deux choses: la thématique des animaux n’est pas aussi présente dans le film, c’est certain, pourtant si on y regarde de plus prêt elle est tout le temps en filigrane par exemple avec le Boa. Il est sans cesse question d’animaux.

    Une distinction par contre essentielle entre les deux oeuvres c’est que l’univers de Blade Runner est un univers en grande partie aqueux. Il pleut la plupart du temps et cela suinte. Je ne connais aucunes nouvelles ni Roman de Dick (je pense avoir lu plus des deux tiers) où il pleut, c’est sac chez Dick comme tout le cycle marcien.

  7. By Jean-no on Août 21, 2008

    @Bishop : C’est vrai il y a ce boa. Justement en voyant le film avant de lire le roman, je trouvais presque incongru cet animal, je sentais qu’il était autre chose qu’un simple clone de serpent. K. Dick est un peu plus présent qu’on peut se le dire au premier abord, mais par ricochets.

    @Wood : Je suis assez impatient de voir a scanner darkly. J’attends que le prix du DVD baisse un peu… Le fait qu’il y ait Keanu Reaves est un peu rhédibitoire. Je l’ai vu dans un film abominablement ridicule (Watcher) en serial-killer qui danse avec une cape de moine, je ne peux plus voir sa tête sans y penser.

    @Li-An : je ne suis pas un grand fan de Dick non plus, bien que j’aime beaucoup ses adaptations au cinéma :-) Mais les romans… Bon « do androids… » est sans doute mon préféré. J’ai toujours aimé la SF très très brute et classique : Asimov et Heinlein, notamment. En même temps j’ai toujours eu la vague intuition que Dick n’était pas hyper-bien traduit.

  8. By Bishop on Août 21, 2008

    En anglais c’est vraiment mieux mais si tu n’apprécies pas de base je doute que cela change beaucoup.

    Scanner Darkly sur le coup j’ai vraiment apprécié, je pense que c’est une belle adaptation.

    Après cinématographiquement je ne crois pas que cela m’est marqué, finalement il me reste que peu de choses de ce livre.

    Sur l’interview où Dick dit du bien de Blade Runner on a aussi une traduction en français dans… une référence que j’ai oublié (je ne suis pas chez moi) mais une interview est sortie il y maintenant deux ans dans une édition de poche où il parlait de son dernier livre, celui qu’il allait écrire et de Blade Runner.

  9. By Jean-no on Août 21, 2008

    Ce n’est pas vraiment que je n’apprécie pas, c’est plutôt que je ne lis pas Dick avec un grand plaisir.
    Mon anglais est un peu limité, malheureusement, je dois m’en tenir aux traductions.

  10. By Alex' on Août 22, 2008

    Un autre élément qui me paraît important dans la version de Scott: l’obsession des yeux (avec cette lueur si particulière dans celle de tous les répliquants).

    A chacun d’en faire son interprétation; pour ma part, je trouve celle-ci intéressante: http://scribble.com/uwi/br/tkarantinos.html

  11. By antoine on Août 22, 2008

    Question :
    La machine à analyser les photos est à commande vocale.
    Est-ce vraiment étonnant pour l’époque ?
    Est-ce une facilité de mise en scène ?

  12. By Jean-no on Août 22, 2008

    À l’époque la commande vocale était dans l’air. Cela ne fonctionnait pas mais IBM faisait des recherches sur le sujet depuis les années 1960.
    Mais à vrai dire, en 1982, le premier ordinateur accessible au public et équipé d’une souris (le Apple Lisa) n’était pas encore sorti. Ce qui existait par contre c’était le crayon optique (montré dans le rigoureux Andromeda Strain de 1971). Mais pour le public, l’ordinateur, c’était le clavier, saisir des commandes absconses (et on utilisait encore des cartes perforées dans certains cas pour communiquer avec les ordinateurs)… Je pense donc que l’idée de la commande vocale était toute naturelle, à la fois comme astuce de mise en scène (rien de compliqué à montrer) et comme élément ultra-futuriste. Du reste les ordinateurs à commande vocale sont très courants dans la science-fiction. Mes enfants regardaient Retour vers le futur II hier, à peine plus récent que Blade Runner, et on y voit que tout est commandé vocalement : les portes, les téléviseurs, etc.
    C’est un cliché intéressant en tout cas, j’essaierai d’en retrouver l’historique.

  13. By antoine on Août 22, 2008

    il y aurait matière à faire un bon article sur l’interface au cinéma !

  14. By Stéphane Deschamps on Sep 5, 2008

    A Scanner Darkly je l’ai acheté le prix fort, et puis il y avait le bouquin avec et c’est un de ceux de Dick que je n’avais pas lu.

    C’est très très bon. Le traitement graphique permet la distanciation du spectateur avec la « réalité » en le dérangeant, et permet de faire passer les délires des personnages comme aussi réels que le réel. Très bonne idée.

  15. By Alex' on Sep 8, 2008

    L’autre réussite du film de Linklater – à mon sens – c’est aussi de parvenir à rendre l’univers psychologique des « grands drogués ».
    A savoir les délires paranoïaques omni-présents, la perte de repères et de cohérence et j’en passe.
    Tout ça est très très bien retranscrit; et il est vrai que le traitement graphique sert bien cette entreprise.

    Tout autre chose qu’un Requiem for a Dream, que j’ai toujours trouvé très clinquant: c’est monté comme une pub’, mais question psychologie des personnages, c’est loin d’être aussi profond.
    On joue plus dans le le glauque visuel, et on se contente de ça.

  16. By Jean-no on Sep 8, 2008

    J’ai trouvé Requiem for a dream assez factice, c’est sûr, mais du coup assez beau. Beau et con à la fois quoi.

  17. By Alex' on Sep 8, 2008

    Oui, l’esthétique est plutôt agréable.
    Ça ferait une belle publicité – si j’ose dire.
    Mais c’est un peu creux.

  18. By Jean-André C on Oct 3, 2008

    Je reviens sur la thématique des animaux dans Blade Runner pour vous rememorer qu’on aperçoit à plusieurs reprises un hibou artificiel, notamment dans la séquence d’ouverture plein zoom sur son oeil et aussi … la célèbre licorne (version director cut).
    Blade Runner reste pour moi un sommet de la SF au cinéma.
    Je pense que Jean-no sera comme moi : impatient de découvrir les  » Fondations  » d’Asimov qui seraient en préparation (3 films, comme le seigneur des anneaux).

  19. By Jean-no on Oct 3, 2008

    @Jean-André : C’est vrai qu’il y a ce hibou (qu’on remarque), et le serpent, et la licorne, en fait il y a même sûrement pas mal d’allusions mais on ne sent pas l’obsession pour l’animal comme dans le livre.
    J’ignorais que Fondation était en préparation, et entre nous ça me fait un peu peur :-)
    Je connais deux adaptations d’Asimov à ce jour : l’homme bicentenaire et I robot. Le premier n’est pas loin de l’original, mais il faut dire qu’il part d’une nouvelle, et aussi que c’est sans doute la nouvelle la plus emprunte de pathos de toute l’œuvre d’Asimov. J’aurais facilement survécu à une autre tête que celle de Robin Williams ;-) « I Robot » pique un peu à plusieurs nouvelles et romans je pense (un peu de cavernes d’acier,…) mais le tout est finalement assez caricatural, ou plutôt simpliste, rien de la sophistication logique un peu dépassionnée des robots d’Asimov. J’ai bien marché mais je me serais passé du nom d’Asimov à vrai dire.
    Alors qu’est-ce que l’on peut tirer de Foundation ? Là encore c’est une série de romans intelligents qui recourt peu au sentimentalisme, je ne sais pas si c’est fait pour Hollywood.

  20. By Jean-André C on Oct 4, 2008

    Quelques liens sur « Fondations » au cinoche …
    Le Figaro
    Actuciné
    Referencement Internet Web

    … désolé je n’ai pas trouvé pour en faire des liens cliquables !

  21. By Jean-no on Oct 4, 2008

    En fait les liens deviennent cliquables tout seuls, mais j’ai pris la liberté de faire des liens un peu plus propres.

  22. By jyrille on Mar 14, 2010

    Une petite remarque sur Harry Potter : autant les deux premiers sont catastrophiques, autant le troisième et le sixième ont été très bien adaptés et forment des films à part entière. Quant au Seigneur des anneaux, les livres m’ont ennuyé, du coup je préfère les films :)

  23. By Jean-no on Mar 14, 2010

    @jyrille : J’ai bien aimé le 3e. Je ne crois pas avoir vu le sixième. Ce qui me gène dans tous ces films c’est la chromie bleu-vert. Le problème du Seigneur des Anneaux (surtout le premier film) c’est qu’il se passe trop de trucs, que ça dure trop longtemps, en tant que spectateur ça m’épuise – en tant que lecteur je n’ai pas réussi à aller bien loin.

  24. By lanshark on Nov 9, 2011

    Le Studio Stargate, qui font les effets spéciaux de Heroes, Pan Am et 24, revisite l’univers de Blade Runner dans un court métrage très sympathique visuellement. Vous pouvez voir la vidéo juste ici http://oblikon.net/news/un-court-metrage-dans-lunivers-de-blade-runner/

  25. By Replicant on Jan 25, 2012

    Pour ma part, j’avais vu la première version de ce film quand j’étais plus jeune (ni version director’s cut, ni la final cut), la version 82 (celle qu’a dû voir P. Manoeuvre à l’époque), oui, était décevante (elle ne plaisait déja pas à son propre réalisateur),
    la voix off ridicule + la fin toute aussi ridicule avec départ pour les grands espaces de montagne en amoureux gachaient le film.
    J’ai vu ce soir la version Bluray « Final Cut », et je dois dire que cette version (celle qu’imaginait réellement le réalisateur) est tout sauf décevante, un film magnifique, bien monté et remasterisé, que P. Manoeuvre devrait revoir aujourd’hui pour se forger une nouvelle opinion sur ce chef d’oeuvre de science fiction/anticipation.

  26. By Nicolas B. on Juin 13, 2013

    Ah, les réplicants.

    Ils ont inspiré les clones de « Moon ». Ils vivent seulement 18 mois. Au-delà, ils rouillent, mais là aussi il y a une autre raison. En fait cette durée de vie limitée est aussi voulue par les instigateurs. Il ne faudrait pas qu’ils se mettent à comprendre certaines choses.

    Pour moi, la question centrale dans « Blade Runner », c’est les droits de l’homme. Comme souvent dans l’œuvre de Dick. Qu’est-ce qui est humain ? A-t-on le droit de supprimer l’autre parce qu’il a été conçu artificiellement ?

    Quant à l’ordinateur à commande vocale, le plus intelligent de tous a déjà vu le jour au grand écran en 1968, HAL. Depuis, il a fait des émules au cinéma, « Sunshine » lui fait un clin d’œil appuyé, mais dans la vraie vie on en est encore bien loin avec nos ordinateurs primitifs.

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