Profitez-en, après celui là c'est fini

Au revoir Amazon !

août 16th, 2014 Posted in Le dernier des blogs ?, Lecture

supermen_amazones

J’ai longtemps placé sur ce blog des liens vers des pages d’Amazon, tout d’abord parce que c’était une base de données de livres extraordinaire (il y en a d’autres, à présent), puis parce que ça me rapportait de l’argent, les liens étant « sponsorisés ». Mais moins que les cent et quelques euros de bon d’achat que cela m’a rapporté chaque année, j’ai adopté ce système par le plaisir de faire acheter des livres, de partager des lectures — car on remarquera que je n’ai fait des liens que vers des livres que je voulais que les gens lisent —, plaisir qui se double d’une possibilité de vérification, puisqu’Amazon fournit des statistiques sur les sites vendus par l’entremise de ses liens vénaux : je sais que tel ou tel livre que j’aime a eu vingt ou dix ou un seul lecteur grâce à moi, et j’en tire un authentique plaisir. Peut-être le même genre de plaisir qu’un libraire prend à prescrire des livres. J’ai déjà parlé un peu de tout ça et tenté de justifier ma pratique des liens vénaux dans l’article Comment je me suis vendu.
Mais voilà : je viens de supprimer mon compte « partenaire » Amazon, et je dois maintenant effacer peu à peu les liens qui pointent depuis mon blog vers le géant de la vente en ligne, car ma vision des choses a changé récemment, à la faveur du conflit Hachette-Amazon.

Pourquoi je défends Amazon

Je ne fais pas partie des gens qui ont trop soutenu la campagne d’Amazon-bashing de ces dernières année : les employés d’Amazon pointent dans leurs entrepôts ? Sont traités comme des robots (en attendant d’être remplacés par ces derniers) ? Amazon joue sur les frontières pour payer le moins d’impôts possible ? Préfère dépenser pour établir sa domination plutôt que pour payer des impôts ? Profite de sa puissance pour en obtenir toujours plus ? Sans aucun doute : c’est une multinationale. Mais si ça suffisait à lancer une campagne de boycott, il faudrait sans doute refuser d’approcher de près ou de loin bien d’autres sociétés : la quasi-totalité des marques de prêt-à-porter, tous les hypermarchés, les poids-lourds de l’industrie agro-alimentaire (parfois cachés derrière de petites marques sympathiques), les chaînes de restaurants, les industries énergétiques, les opérateurs télécom, Ikéa, Apple et tous les autres fabricants de gadgets électroniques, Adobe, etc. Et bien entendu, la totalité du système bancaire.

Hasard

Clin d’œil du hasard : j’ai pu racheter, sur Amazon, un livre de mon enfance, les Expériences de physique amusante, de François Cherrier, publié en 1975 par l’éditeur… Hachette.

Malgré les yeux froncés de mes amis éditeurs, j’ai toujours apprécié le service rendu : Amazon permet de laisser vivre des livres épuisés et donne un accès au catalogue mondial à des gens qui n’habitent pas à cinq minutes de l’Atelier, de l’Arbre à lettres ou du Monte-en-l’air. Car, oui, il n’existe pas que des urbains, sur Terre, il y a aussi des provinciaux et des banlieusards, dont je fais partie : la première vraie librairie se trouve à une heure au moins de chez moi, et je dois débourser au minimum trois euros soixante-dix pour faire l’aller-retour en train.
J’ai toujours envoyé mes étudiants comme les lecteurs de ce blog vers Amazon : pas de frais de port, un catalogue immense, une expédition rapide,… Donc le moyen le plus sûr et le moins coûteux pour acheter des livres neufs. Je rappelle qu’un livre neuf, c’est un livre qui rapporte à l’éditeur et à l’auteur, a priori, surtout dans le cadre du « prix unique » institué en France (qui ne l’a pas inventé, contrairement à ce qu’on laisse croire) en 1981. Un autre fait en faveur d’Amazon est que cette librairie en ligne ne fonctionne pas selon le principe de l’office et ne fait donc pas de retours — la hantise des éditeurs, forcés contractuellement à racheter les exemplaires invendus et à payer leur transport, puis leur stockage ou leur destruction1 ! La contrepartie de cette absence des retours, c’est qu’Amazon ne constitue pas de gros stocks de chaque livre et préfère commander un exemplaire chaque jour au diffuseur plutôt que dix d’un coup2, ce qui alourdit sans doute la logistique et les coûts du côté des éditeurs ou en tout cas de leurs diffuseurs.

Je resterai client d’Amazon, sans doute, mais je cesse à présent d’y envoyer mes lecteurs. Ce qui me convainc, ce ne sont pas les injonctions des uns et les intimidations des autres — car on a souvent tenté de me persuader d’abandonner Amazon —, c’est que les indices clairs de l’abus de pouvoir s’accumulent.
En effet, Amazon vend un livre sur dix dans le monde (et en France ?), peut-être plus, et ceux qui ont financé ce succès, pour l’instant à perte, aimeraient récupérer leur mise, ils veulent qu’Amazon profite de son hégémonie pour gagner de l’argent, en jouant sur des paramètres d’une grande fourberie, comme le classement d’une édition d’un livre dans le résultat d’une recherche, ou le délai de livraison annoncé. Longtemps, le premier résultat d’une recherche Amazon était logique, mais depuis quelques temps, il arrive qu’un livre sorti depuis quinze jours ne soit pas proposé par Amazon, au profit, typiquement, de son édition pour liseuses Kindle — la liseuse d’Amazon —, tandis que les éditions papier du même livre sont annoncées comme « momentanément indisponibles ».

....

Un cas typique que j’ai repéré récemment : la Journée d’un journaliste américain en 2889, de Guerse et Vandermeulen, publié par Six Pieds Sous Terre il y a cinq ans et toujours au catalogue, est annoncé chez Amazon à 13 euros neuf en format broché, mais aussi à moins d’un euro en format Kindle. L’écart de tarif est surprenant, mais ce qui n’est dit nulle part c’est qu’il ne s’agit pas du même livre, l’édition « brochée » étant une bande dessinée. La confusion est étonnante car l’édition numérique est censé n’avoir comme auteur que Jules Verne, tandis que la bande dessinée a quatre auteurs : Michel Verne, son père Jules, David Vandermeulen et Guillaume Guerse.

On m’a souvent dit qu’Amazon imposait des conditions anormales aux diffuseurs, et même que les livres diffusés via Amazon ne rapportaient strictement rien aux auteurs et aux éditeurs, mais il me semblait bizarre que ces derniers se plient tous si aisément à des contrats léonins : après tout, refuser de fournir ses livres à Amazon et lui refuser le droit de produire ds éditions numériques pour sa plate-forme sont à la portée des acteurs du marché. C’est ce que font, par exemple, les Presses du réel, qui ne fournissent pas les livres qu’ils diffusent à Amazon, et il suffirait que tous s’y mettent en même temps pour que ce dernier modifie sensiblement ses pratiques3. J’ai toujours eu du mal à comprendre le manque de transparence dont font preuve les éditeurs et les diffuseurs : rares sont ceux qui exposent les contrats ou les pratiques, et ne parlons pas de leurs chiffres de vente, chacun se protège dans son coin, prétend ne pas gagner un centime sur les livres vendus par Amazon (peut-être est-ce simplement parce qu’Amazon vend moins de livre qu’on ne veut se le faire croire ?) mais accepte de le faire tout de même, etc. Seule la transparence protège des pratiques occultes, pourtant, en permettant à ceux qui en sont victimes de découvrir qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils peuvent réagir en concertation !
L’opacité a des raisons d’être qu’on peut imaginer : baisser le pourcentages des auteurs en prétendant que le livre se casse la figure, se défausser de tous ses manquements professionnels sur le compte d’Amazon, qui a bon dos, faire croire aux lecteurs que tel auteur se vend bien (on le sait, les gens achètent ce qu’ils croient que d’autres achètent), etc.
En faisant d’Amazon le diable d’aujourd’hui, les diables d’hier, comme la Fnac, ou bien sûr Hachette, se refont une virginité à peu de frais.

Le livre numérique

Il aura fallu que ça soit « la pieuvre verte » Hachette qui se plaigne4 pour que je me sente forcé d’admettre qu’il y a un vrai problème avec Amazon. Je ne dis pas que l’optimisation fiscale, a concurrence déloyale ou les conditions de travail désastreuses ne sont pas de vrais problèmes, mais ce sont des problèmes que l’on règle devant les tribunaux ou face aux prud’hommes, les clients d’un service ne sont pas les comptables du respect des lois. Qu’Amazon tente d’imposer à Hachette un prix acceptable (un prix qui se rapporte aux conditions du livre digital : pas de de frais de stockage, de transport, d’impression) pour les livres numériques ne me semble pas malsain, il s’agit d’un banal bras-de-fer entre énormes acteurs industriels qui face à un marché nouveau tentent chacun d’obtenir les conditions qui lui rapportent : Amazon cherche à supprimer les intermédiaires entre le lecteur et l’œuvre tandis qu’Hachette veut appliquer à une nouvelle pratique des conditions qui protègent son existence et lui profitent plus que jamais : le tarif des livres numériques reste presque le même que celui des livres « papier », le pourcentage des auteurs aussi, mais le bénéfice de l’éditeur explose. Comme les lecteurs ne sont pas idiots, les livres numériques à des prix élevés ne se vendent quasiment pas, et on peut imaginer que cette pratique tarifaire rédhibitoire est tout bêtement un moyen pour freiner au maximum l’éclosion annoncée du livre électronique. Beaucoup d’éditeurs ont reçu des subventions, parfois importantes, pour assurer leur « transition vers le numérique », mais ils se sont pour la plupart cantonnés à produire des publications numériques trop chères et donc, sans public. Il ne s’agissait donc pas d’accompagner un mouvement vers le numérique, mais de le freiner, de le contrôler et de l’empêcher d’être trop intéressant. Si je regarde autour de moi, le livre numérique existe d’ores et déjà, mais presque sans remplacer le livre papier. Personnellement, j’ai acheté une liseuse « Kobo » (Fnac) qui contient deux mille livres libres de droits : tout Jules Verne, tout Maurice Leblanc, tout Rousseau, tout Balzac,… (enfin tout ce que l’on trouve au format numérique). L’idée était d’avoir sur moi, en permanence, toutes sortes de classiques de la littérature populaire ou de la grande littérature, non pas tant pour les lire que pour travailler. J’ai été très content de mon choix jusqu’au jour où la liseuse est tombée en panne : impossible de la recharger, sa batterie est semble-t-il raide morte. L’appareil ne m’aura duré que quelques mois et je ne retrouve pas son bon de garantie. On ne m’y reprendra pas, et ma « liseuse numérique » restera donc mon ordinateur.

1999-2012

Personnalité de l’année pour Time en 1999, Jeff Bezos n’a toujours pas réussi à rendre sa société Amazon véritablement rentable quinze ans plus tard, mais c’est, je suppose, totalement intentionnel : le bénéfice de la société varie de quelques dizaines de millions de dollars en dessous ou au dessus de zéro, pour un chiffre d’affaires total de plus de soixante-dix milliards ! Au fil des années, beaucoup de promesses et d’annonces de révolutions, et visiblement autant de cheveux en moins.

Je dispose de nombreux livres numériques libres de droits, mais j’en ai aussi acheté quelques uns : des recueils de nouvelles ou des romans introuvables en version papier, par exemple chez Publie.net, où les tarifs sont honnêtes, et des livres techniques, par exemple chez Make:, eux aussi vendus à des tarifs acceptables. Ma pratique du livre numérique n’entre donc pas vraiment en concurrence avec ma pratique du livre tout court, même si je ne m’interdis évidemment pas d’acheter au format numérique des livres que je n’achèterais que sur support papier habituellement. Je connais bien d’autres personnes qui sont exactement dans mon cas.

Je connais tout de même un exemple de concurrence directe entre les supports : une de mes anciennes étudiantes, qui a une véritable boulimie littéraire — plutôt en littérature grand public, dans des domaines, des sous-genres littéraires tels que la « fantasy urbaine » (des vampires dans la ville contemporaine) ou la « chick lit » (littérature destinée à un lectorat exclusivement féminin), dont j’ignorerais l’existence sans elle. Depuis des années, cette jeune femme trouve plus pratique de lire à l’aide d’une liseuse qu’au format papier, lourd et encombrant. Elle lit presque un livre par jour, et je me demandais quel budget cela représentait pour elle. La réponse décevra sans doute les promoteurs du livre numérique : cela lui coûte zéro euro. En effet, tous ces livres grand public sont facilement accessibles en version piratée, et pour mon étudiante, le livre numérique n’est pas seulement plus commode, il est aussi gratuit ! J’imagine que si les livres numériques étaient vendus moins chers que les livres de poche (au lieu d’avoir un prix intermédiaire entre poche et nouveauté), elle les achèterait.

L’édition sans éditeurs

Revenons à Amazon. Si je prends mes distances, ce n’est pas parce qu’Amazon entre en confrontation avec Hachette, qui n’a jamais été connu comme un enfant de chœur du monde de l’édition, ni parce qu’Amazon promeut l’idée de livres numériques moins chers. Les livres vendus par Amazon sont moins chers mais les auteurs s’y retrouvent car les deux tiers du prix de vente leur reviennent, contre un quinzième ou un dixième sinon. Petit calcul simple : sur un livre à 5 euros édité par Amazon, l’auteur touche 3,5 euros. Sur un livre à 15 euros vendu par un éditeur « à l’ancienne », l’auteur touche 1 à 1,5 euros. On voit qu’avec Amazon, l’auteur et le lecteur sont nettement gagnants dans un premier temps. Mais l’éditeur disparaît, or l’édition, c’est aussi le travail sur la mise en page (et je suis certain qu’on peut inventer une bibliophilie numérique) bien sûr, mais surtout la sélection des auteurs et de projets, leur accompagnement financier (avances), leur accompagnement littéraire et plus généralement le suivi qualitatif des ouvrages,… Le travail d’édition, qui a un coût, et c’est bien normal, est capital. Une « édition sans éditeurs », pour reprendre Le titre du livre d’André Schiffrin, serait une grande perte, les lecteurs en seraient les premières victimes. C’est sur eux seuls que reposerait la responsabilité de trier le bon grain de l’ivraie parmi des millions de livres autopubliés numériquement, des livres qui n’auront parfois qu’un ou deux lecteurs, sur un malentendu, mais rapporteront tout de même à Amazon grâce à leur quantité et aux quelques titres qui sortiront vraiment du lot. Ce monde sans éditeurs que nous promet Amazon en tant que libraire « numérique » est en fait assez triste et lassera vite le public, qui finira par oublier tout à fait la lecture, car s’il devient impossible de trouver des livres de qualité, si les déceptions sont trop habituelles, à quoi bon ? Bien sûr, les bons éditeurs, les éditeurs papier, les bonnes librairies, continueront d’exister5, mais leur public sera restreint.

...

L’illustration, qui doit dater de la fin des années 1930, montre une librairie Hachette en gare de Lyon Perrache (source : bibliothèque municipale de Lyon). Au milieu du XIXe siècle, voyant que le réseau ferré ne cesse de croître, Louis Hachette décide d’imiter et de systématiser une pratique créée par WH Smith en Grande-Bretagne : la création de librairies de gares. Hachette en obtiendra même le monopole absolu. J’ignore comment ils sont négociés, mais les contrats qui lient Hachette-Lagardère (et ses Relay) à la SNCF courent toujours, cent cinquante ans plus tard. Ce nouveau mode de diffusion révolutionnera le destin du livre, qui était jusqu’alors un objet coûteux et généralement élitiste. Hachette a alors une importance inouïe dans le monde du livre. Après la loi de 1881 sur la liberté de la presse, les publications ne sont plus soumises à une censure préalable à la publication, les éventuels problèmes surviennent quand l’ouvrage est commercialisé. Hachette décide alors de diffuser ou de ne pas diffuser des ouvrages, comme se le permet régulièrement Apple à présent. Une Vie, de Maupassant, est par exemple censuré par Hachette en son temps. On le voit, les problèmes que posent la mainmise d’Amazon ou d’Apple se sont déjà posés dans le passé.

Mais là encore, peu importe, Amazon n’est qu’un des paramètres d’un futur de la lecture qui est loin d’être tout à fait écrit et qui est aujourd’hui bousculé par des tensions et des changements plutôt inattendus — si l’on excepte les sociétés intellectuelles des XVIIIe-XIXe siècles, je doute qu’on ait jamais autant écrit qu’actuellement, et si on lit moins la presse traditionnelle, ce sont, grâce à Facebook et autres, nos propres amis ou les membres de notre famille qui deviennent des médias de masse, ou en tout cas, qui sont le journal que nous ouvrons le matin ! Bien malin qui dira où tout cela aboutira, et si Amazon a le pouvoir de créer en partie le futur, il sera aussi forcé de se conformer aux lois et plus encore aux usages, qu’ils les ait voulus ou non.

La vraie raison pour laquelle je quitte Amazon

Ce n’est pas en qualité de lecteur que je réagis aux pratiques d’Amazon, c’est en tant qu’internaute. En effet, ce que je reproche à Amazon, c’est de falsifier sciemment des paramètres théoriquement obtenus par un algorithme, en fonction des contingences, telles que le délai de livraison à prévoir ou la possibilité de précommander un livre. Avec une telle pratique, je me sens floué : on ajuste ma perception d’une certaine réalité en fonction d’intérêts qui ne sont pas nécessairement les miens, le rapport de confiance est rompu. Des données produites par un algorithme sont rassurantes parce qu’elles sont équitables, démocratiques, elles suivent une règle et elles s’y tiennent. Mais si les dés sont pipés, tout change. Voilà quelque chose que je ne peux pas du tout cautionner.

Les

Les ouvrages sado-masochistes de la Comtesse de Ségur (illustration : Les petites filles modèles, 1858) seront un des premiers succès de la Bibliothèque des chemins de fer de Louis Hachette, qui créera pour les accueillir la Bibliothèque Rose, en 1862.

Donc au revoir Amazon, plus la peine de compter sur moi pour vous aider à vendre !

  1. Le principe de l’Office, mis au point par Hachette au XIXe siècle et généralisé dans le domaine du livre neuf, fonctionne comme suit : les libraires reçoivent chaque semaine des livres d’office, c’est à dire sans les avoir sollicités, et doivent tenter de les vendre. S’ils n’y parviennent pas, ils ont jusqu’à un an pour renvoyer les invendus (on nomme ça les « retours »), au frais de l’éditeur, qui devra choisir s’il destine ces livres au stockage ou au pilon, deux opérations qui lui coûteront aussi de l’argent. Les libraires y trouvent leur compte parce qu’ils peuvent renvoyer des livres, contrairement à ce qui se passe lorsque la commande émane d’eux, mais l’explosion du nombre de titres publiés les force à accepter plus de livres qu’ils n’arrivent à en montrer, et les retours se font de plus en plus rapidement. Malgré sa médiatisation, mon livre Les Fins du Monde a par exemple eu une durée de vie en librairie de trois mois. []
  2. Je dis ça en me fiant aux compteurs qui signalent le nombre d’exemplaires en stock : en voyant le chiffre monter ou descendre, on peut imaginer quand des commandes sont effectuées. []
  3. Une chose nuit aux éditeurs qui refusent d’être diffusés par Amazon : le site de vente a doublé sa librairie « neuf » d’une librairie d’occasion entre particuliers, ce qui fait que les références absentes en neuf sont souvent présentes en occasion, parfois au détriment du lecteur, qui croit que des livres neufs ne sont plus disponibles et est contraint à les acheter d’occasion, à des prix parfois prohibitifs. []
  4. Lire : En conflit avec Hachette, Amazon ne croit pas en une résolution rapide (NextInpact) ; Amazon défend les consommateurs contre le groupe Hachette (Actualitté). []
  5. Dans le cas des bonnes librairies, l’ennemi principal est moins Amazon que les loyers en centre-ville, à mon avis. []
  1. 49 Responses to “Au revoir Amazon !”

  2. By Sandrine on août 16, 2014

    Je ne me prononcerai pas sur le conflit entre Hachette et Amazon. J’aimerais plutôt rebondir sur votre dernier paragraphe : il serait intéressant de réfléchir à l’usage des algorithmes et de se demander à quel point nous sommes prêts à accepter qu’ils régissent notre vie quotidienne. Je parle des algorithmes qui tournent sur les grosses plate-formes comme Google, Amazon, etc, qu’on utilise tous sans y réfléchir vraiment et dont le fonctionnement est assez opaque.
    Ces grosses entreprises veulent nous faire croire que leurs algorithmes sont aveugles et impartiaux. On fait confiance aux résultats de recherche, aux prix affichés, aux recommandations, parce qu’on a l’impression d’avoir affaire à des machines qui analysent le « big data », et que les machines ne savent pas mentir.
    Mais dans quelle mesure ces informations que nous recevons sont-elles biaisées par les choix techniques des ingénieurs, ou les choix stratégiques des managers voire même par les valeurs morales des concepteurs de la plate-forme (filtrage des contenus jugés inappropriés) ? Et plus important, dans quelle mesure est-ce que cela influence inconsciemment nos comportements et nos prises de décision ? Et aussi, lorsque les gens ont quelque chose à vendre, que sont-ils prêts à faire pour « tromper » l’algorithme afin d’être mieux mis en valeur dans les référencements (*) ?
    J’utilise ces plate-formes (Google, Amazon) quand je n’ai pas d’autre choix, parce qu’ils sont terriblement efficaces sur le plan technique, et pratiques, et incontournables. Mais à chaque fois j’ai toujours la désagréable sensation de me faire manipuler et de ne rien pouvoir y faire :-(

    (*) A ce propos, pour les abonnés à Arrêt sur Images : http://www.arretsurimages.net/articles/2013-05-24/Presse-web-un-redacteur-en-chef-nomme-Google-id5848

  3. By Wikibuster on août 16, 2014

    @Sandrine : « Mais dans quelle mesure ces informations que nous recevons sont-elles biaisées… »
    Environ à 99% mais ils cherchent toujours à s’améliorer.

  4. By Goulwen on août 16, 2014

    Je souhaitais réagir à la partie L' »édition sans éditeurs » : je pense que si les éditeurs disparaissaient totalement, très vite on se retrouverait avec un mécanisme de curation, géré ou pas par Amazon. En effet un système totalement « décentralisé » n’est sans doute pas fonctionnel, mais, on le voit avec le web et les blogs, il se met rapidement en place un système de recommandation.

  5. By Wikibuster on août 16, 2014

    @Goulwen: On constate que les fantasmes commonistes de suppression des « majors » rejoint les intérêts de mega-capitalistes comme Amazon ou Google. Les modèles de ces deux derniers sont des modèles de conquêtes, ils s’autodétruiront probablement en arrivant à maturité, on se rendra compte par exemple que Google est facilement remplaçable, évolution technologique oblige. Et Amazon définitivement transformé en grand entrepôt virtuel n’aura plus aucun intérêt à finasser avec la littérature.

  6. By Jean-no on août 17, 2014

    @Sandrine : j’ai écrit un article sur le sujet pour Le Monde Diplomatique, intitulé Machines hostiles, mais il est malheureusement situé derrière le « paywall » du site. J’y racontais qu’une machine (un algorithme par exemple) est toujours moins « impartial » qu’on le croit, car il exécute les intentions de ceux qui l’ont mis au point. Donc déjà l’algorithme suit une logique qui n’est pas forcément la nôtre. Mais si en plus il est ajusté, si les dés sont pipés…
    On peut s’interroger sur l’interface, qui en donnant un même graphisme à toutes les pages nous fait croire qu’elles fonctionnent toutes pareilles, sert d’écran,…

  7. By Jean-no on août 17, 2014

    @Goulwen : oui, il est possible que les choses évoluent comme ça, mais l’édition, ce n’est pas que la recommandation, c’est souvent un travail de longue haleine. Je peux dire pour chacun de mes livres qu’il doit beaucoup à son éditeur.

  8. By Wikibuster on août 17, 2014

    Ben voilà JN tu es auteur toi-même ce qui explique pourquoi tu comprends un peu mieux la réalité de l’Edition. C’est comme les admin de Wikipédia, quand on commence à révéler leur identité il se découvrent soudain grands défenseurs des données personnelles, mais sans pour autant aller remettre en question la publication du casier judiciaire des personnes publiques, faut pas déconner hein ! :)

  9. By Jean-no on août 17, 2014

    @Wikibuster : je ne sais pas à quel épisode tu fais allusion, mais je ne vais pas creuser, je préfère éviter que les commentaires partent dans tous les sens, j’aimerais bien connaître le point de vue des lecteurs sur Amazon et sur l’édition numérique. Le reste, ma foi, doit pouvoir s’exprimer ailleurs.

  10. By Bitonio on août 17, 2014

    C’est moi qui suis parano ou bien les gens qui sont trop gentils à placer leur confiance dans les services/produits qu’on leur vend?

    Les algorythmes ne font que ce qu’on leur demande. Ils deviennent opaques dès qu’ils plus open source. Est ce un probleme? Non pour quiconque sait à qui il a affaire.

    Le marketing a formatté une société de moutons. La nature nous a doté d’un cerveau qu’il faut sollociter un peu plus. Bien sur piocher dans la tete de gondole c’est facile/pratique. Mais rien n’empeche d’aller voir plus au fond ou de faire plusieurs boutiques avant de choisir.

    Le programme partenaire Amazon n’a jamais rendu les gens riches, c’est donc un service que vous rendez à votre lectorat et à vous même.

    On n’eduque pas (plus?) les enfants à consommer, du coup les grands conglommmérats etrangers en profitent et la france leur réussit bien : des moutons bien dressés fan de produits pommés et qui attendent Netflix comme le messie.

  11. By Jean-no on août 17, 2014

    @Bitonio : je n’ai jamais compté sur Amazon pour devenir riche, et sans dire que les 100/200 euros de bons d’achat annuel sont symboliques, c’est de faire découvrir des livres, et le vérifier presque en temps réel, qui me plait.
    Le discours sur le marketing peut être retourné : justement, avec un site comme Amazon on peut trouver d’autres livres que ceux qui encombrent les librairies.

  12. By Sandrine on août 17, 2014

    @Jean-no : tiens en parlant d’Amazon et d’algorithmes, cela me donne envie de partager quelques liens :

    – d’abord une anecdote rigolote que j’ai lue sur un blog il y a quelques années à propos d’un algorithme fou qui s’est un peu emballé, faisant monter le prix d’un livre sur les mouches à plus de $23 millions (pour le coup Amazon n’y est pour rien ^^) : http://www.michaeleisen.org/blog/?p=358

    – et un podcast passionnant à propos du fonctionnement des entrepots d’Amazon aux Etats-Unis, et comment leur algorithme au doux nom de « mechanical sensei » gère et optimise l’organisation des stocks, l’emplacement des produits, le mouvement des employés, etc http://www.radiolab.org/story/brown-box/

    – Je suis également très intriguée par leur concept de « mechanical turk » (d’ailleurs anticipé dans le roman « Le successeur de pierre » de J.M. Truong, 1999).

    J’ai beau grogner souvent contre Amazon, son fonctionnement me fascine totalement : c’est comme voir tous les concepts que j’ai rencontrés au cours de mes lectures de Science-Fiction devenir réalité (idem pour Google : j’ai beau être persuadée que les I.A. de Google vont un jour devenir conscientes, et décider qu’il est grand temps d’en finir avec l’humanité, je ne peux m’empêcher d’admirer toute l’ingéniosité technique qu’il y a derrière tout ça )

  13. By Wikibuster on août 17, 2014

    @Bitonio : « C’est moi qui suis parano ou bien les gens qui sont trop gentils à placer leur confiance dans les services/produits qu’on leur vend? »
    Les gens ont accepté comme des moutons l’agriculture intensive et ses conséquences incroyables sur la santé (antibiotiques, pesticides, farines animales, etc.) mais il y a au moins une rébellion contre les OGM et l’écologisme est bien développé. Il se passe la même chose au niveau économique sur Internet mais ce n’est pas la génération Wikipédia qui montrera la moindre résistance, au contraire ils se dévouent pour servir les intérêts de Google (les revenus de la pub liée à l’audience de Wikipédia sont captés en amont), ils chient littéralement sur les lois françaises (épisode Wikimedia/DCRI), ils se posent comme des défenseurs de la liberté en s’attaquant au droit d’auteur (qui protège pourtant le droit de travailler) par la bande (liberté de panorama), ils se moquent des libertés individuelles (publication du casier judiciaire et autres données personnelles) et dénoncent le droit à l’oubli (quel paradoxe c’est l’Etat qui cherche à protéger les libertés indiv.), etc. Tous ces moutons ont été formatés par l’Ecole de la République, il n’y a pas à chercher de responsables ailleurs.

  14. By Jean-no on août 17, 2014

    @Sandrine : Amazon fonctionne extrêmement bien, on peut tourner ça dans tous les sens, c’est un service vraiment bien fichu et c’est la première raison de son succès, évidemment.

  15. By Wikibuster on août 18, 2014

    Amazon « fonctionne bien », Google « fonctionne bien », Facebook « fonctionne bien », Twitter « fonctionne bien », Wikimedia Inc. « fonctionne bien », etc. Toutes ces organisations ont en commun de travailler dans le sens d’une conquête hégémonique de l’audience, ils sont la réfutation même des promesses de diversité, de démocratisation et de liberté des débuts d’Internet. Ensuite ils ne subissent plus les règles, ils les font et leurs règles c’est de maximiser leurs profits et/ou leur pouvoir ou leur influence, les gens n’existent pour eux que pour servir leurs intérêts. Moi je ne suis pas admiratif du tout.

  16. By Joël on août 18, 2014

    @Goulwen et @jeanno : j’ai pensé comme Goulwen avant de lire son commentaire. Je pense que si les éditeurs actuels ne s’adaptent pas, des équivalents fonctionnels se développeront. Pourquoi on ne crée pas la première maison d’édition qui ne vendrait QUE sur Amazon ?

  17. By Jean-no on août 18, 2014

    @Joël : ça signifierait qu’on prend Amazon comme un écosystème cohérent et neutre, au point qu’on ait totalement confiance. Or il ne l’est pas (et on l’a toujours su)… Mais bon, le problème est le même que quand une instance qui n’est pas un service public détient un monopole de facto sur un domaine industriel : les messageries de presse, la Sacem pour la collecte des droits, etc.
    Il me semble qu’Amazon favorise (mais je ne me souviens plus si c’est par le pourcentage perçu) les gens qui ne placent leurs e-books que chez eux, j’avais remarqué ça en testant la plate-forme de publication.

  18. By Dr. Goulu on août 18, 2014

    Il existe un plugin WordPress assez bien foutu pour référencer des livres de façon souple et en choisissant les liens permettant de se les procurer : OpenBook Book Data

    Je l’utilise et j’en parle un peu sur Comment gérer sa bibliothèque

  19. By Jean-no on août 18, 2014

    @Dr. Goulu : merci !

  20. By Jean-no on août 18, 2014

    @Dr. Goulu : je viens de tester sur cette page, ça a l’air de bien fonctionner.

  21. By Wikibuster on août 18, 2014

    @Joël : « Pourquoi on ne crée pas la première maison d’édition qui ne vendrait QUE sur Amazon ? »
    Il me semble que ce n’est pas possible, le refus de vente est sanctionné par la loi.

  22. By JiF on août 19, 2014

     » Je ne dis pas que l’optimisation fiscale, a concurrence déloyale ou les conditions de travail désastreuses ne sont pas de vrais problèmes, mais ce sont des problèmes que l’on règle devant les tribunaux ou face aux prud’hommes, les clients d’un service ne sont pas les comptables du respect des lois.  »

    Voilà une phrase que bien des journalistes devraient copie/coller dans leurs papiers afin de remettre citoyens et élus devant leurs responsabilités.

    Et du coup je ne suis pas convaincu par les raisons qui te poussent à cesser d’aiguiller les lecteurs de ton blog vers Amazon :

    Puisque tu condamnes le modèle sans éditeur, est-ce une solution que d’abandonner le terrain ? Ne vaudrait-il pas mieux continuer de soutenir les ouvrages qui le méritent (bien souvent portés par des éditeurs dans ton cas) afin qu’ils continuent de peser dans le chiffre d’affaire d’Amazon ?
    Tu n’abordes pas la question des agents, une autre forme d’intermédiaire appelée à se développer devant la montée des pratiques d’auto-publication. Limiter le modèle sans éditeur à une dé-médiation est un peu rapide.

    Tu reproches surtout la partialité des algorithmes. Mais tu blanchis un peu vite éditeurs et distributeurs : en quoi les pratiques commerciales traditionnelles sont elles moins condamnables ? La matraquage publicitaire autour d’un titre ou d’un auteur, les colisages imposés aux petits libraires (et les retours qui suivent)… Cela ne me semble pas très différent de l’idée de pousser certains résultats plutôt que d’autres.

  23. By Wikibuster on août 19, 2014

    @JiF: Jean-no reconnait qu’un livre est la création d’une équipe qui inclut l’Editeur ce n’est pas si mal. La question que je me pose si on doit alléger le système de création / distribution c’est pourquoi ne pas se passer d’Amazon précisément, pourquoi les éditeurs ne vendraient-ils pas leur production en direct quand c’est du format électronique ? Pour moi Amazon est de trop, ce business appartient naturellement à… La Poste ! ;)

  24. By Jean-no on août 19, 2014

    @Julien : tes objections sont recevables, mais pour ce qui me concerne moi (qui ne me vois pas comme prescripteur, chacun a ses raisons de faire ceci ou cela), les services hégémoniques du web (Google, Amazon, Faceboo, Twitter,…) peuvent être tolérés tout simplement parce que si on en supprime un, ce sera au profit d’un autre. Interdis Google demain et c’est Bing qui prendra sa place. Mais il faut veiller à ce qu’un minimum de confiance persiste, et ce minimum, pour moi, c’est vraiment de ne pas faire passer un processus conscient pour le résultat d’un traitement automatique. Je ne pense pas être le seul à avoir cette vision des choses, même inconsciemment : le succès de Google vient justement de la quasi impartialité du fonctionnement de l’algorithme.
    Derrière Amazon, il y a aussi un service comme IMDB (propriété d’Amazon, hein), qui reste la plus belle base de donnée du cinéma : puisqu’Amazon produit des films et des séries, à présent, est-ce qu’IMDB risque d’être bidouillée pour défavoriser des concurrents ? Amazon possède aussi Box office Modjo, autre site de premier plan pour l’industrie du cinéma.

  25. By sandrine on août 19, 2014

    Il n’y a pas que le cinéma : Amazon possède également Goodreads, et donc contrôle déjà les modalités de curation et de recommandation entre les lecteurs.
    Audible, l’un des premiers sites de vente d’audiolivres, est aussi un site Amazon, avec un catalogue énorme (en anglais surtout). J’écoute beaucoup de podcasts américains et anglo-saxons et la majorité d’entre eux, surtout ceux qui parlent de livres et de cinéma/séries, sont sponsorisés par Audible, ou ont des liens sponsorisés vers Amazon. Et je ne parle même pas des chaînes Youtubes…

    Du coup pour réagir à l’intervention de Wikibuster : peut-on faire sans Amazon ? Difficilement. Je pense qu’Amazon occupe un gros vide, laissé par les éditeurs ou les majors justement. Et qu’il le fait efficacement parce qu’il y a une vraie maitrise technique derrière, que leur base de donnée est immense et centralisée sur un seul site, et qu’ils comprennent parfaitement la façon dont les gens ont envie de consommer (c’est-à-dire : sans se prendre la tête).

    C’est peu connu mais il y a des éditeurs qui commencent déjà à vendre des ebooks (sans DRM !) directement sur leur site, et j’essaie d’acheter chez eux quand je peux.
    Cela dit ça demande de connaître ces sites, de les chercher activement, de créer un compte sur chaque site, etc… Et ils n’ont pas forcément tous les livres qu’on cherche. A côté, Amazon apparait dans les premiers résultats de recherche d’un livre sur Google et on peut finaliser l’achat d’un clic…

    A moins que les éditeurs ne s’entendent pour créer une plateforme commune qui soit aussi efficace qu’Amazon, je ne vois pas comment ils feront le poids. Je connais au moins un exemple dans ce sens : le réseau (français) Axys http://axys.me/ qui rassemble un certain nombre de librairies et d’éditeurs (Spécialisés principalement dans la SF, mais pas que): donc avec un seul compte on peut faire des achats sur tous les sites. Les ebooks sont vendus sans DRM, les livres payés sur le site peuvent être retirés en magasin, etc. Ca marche plutôt bien pour les ebooks, le seul problème que je vois c’est que le réseau est trop petit, donc ils n’ont pas toujours ce qu’on cherche dans leur catalogue. Sinon il n’y a pas de base de données ou de serveurs centralisés non plus, il faut faire les recherches et les achats sur chaque site indépendamment.

  26. By pat3 on août 19, 2014

    Merci pour ce billet qui remet un peu les pendules d’Hachette et des éditeurs à l’heure.
    @wikibuster : les éditeurs français ont essayé d’empêcher l’arrivée du livre électronique: 1) en refusant la proposition d’Apple et ses 30%, 2) en faisant du lobbying d’état, 3) en essayant de monter leur propre plateforme (plantogène et impraticable. Résultat: ils sont tombés de charybde en scylla, en s’offrant à Adobe et son système inique de lecture, puis en acceptant finalement d’apparaître sur la plateforme d’Apple et sur celle d’Amazon. Reste le lobbying d’état, qui leur permet de maintenir un prix élevé et non concurrentiel pour le livre numérique (la dernière loi sur les frais de port est la preuve la plus éclatante du fonctionnement de ce lobbying).

    En tant que lecteur, je ne vais pas prendre parti pour Hachette ou la Fnac, qui, comme le dit Jean-No, se rachète une virginité à bas prix. Mais je suis pragmatique : quand j’achète un produit manufacturé, je suis sûr sur Amazon qu’il me sera remboursé s’il ne me convient pas, que je pourrais le retourner sans frais, qu’il sera livré rapidement et sans frais. Je n’ai cette assurance que pour très peu de site. Les sites français font payer des frais rapidement exorbitants quand on achète souvent (entre 5 et 10 euros), les sites hors France ne livrent pas forcément le bon article, le remboursement est aléatoire, le service inconséquent. Pour ces raisons, ce n’est pas demain la veille que je cesserais d’acheter sur Amazon. En revanche, je sais ce que produit l’hégémonie en termes d’abus de pouvoir (je développe des sites web, et on se tape encore les abus de Microsoft avec Internet Explorer). Du coup, je regarde systématiquement si l’éditeur offre un service d’achat (pour les e-book): si c’est le cas, je regarde si les livres ainsi vendus sont sans DRM (ce qui veut dire que je les conserverais au-delà de la tablette avec lesquels je les lit actuellement), et dans ce cas, je vais sur le site du libraire.
    Pour moi, il n’y a qu’une solution viable: proposer un service au moins équivalent, sinon meilleur, à un prix proche. Sinon, tant pis. Le portefeuille des clients n’est pas élastique, et leur écoute bienveillante des récriminations des éditeurs ne dure qu’un temps. À la fin, c’est le service qui gagne.

  27. By Vanni Fucci on août 19, 2014

    Pour commencer, je tiens à indiquer que j’ai une liseuse sur laquelle je lis en majorité (appartement parisien, peu de place, le numérique me permet d’étoffer ma bibliothèque en me laissant de la place dans mon appartement).
    J’achète tous mes livres, car je déteste l’idée de délester l’auteur des maigres sous qu’il récolte de mon achat.
    Mais… j’achète principalement des livres en anglais, d’auteurs non français.

    Non pas que je n’apprécie pas la production française, loin de là, mais la politique commerciale des éditeurs français quant aux livres numériques me laisse perplexe (et je me suis refusé d’acheter la traduction anglaise d’un livre français). Un livre numérique est un fichier au coûts de production mineurs (mais non nuls) comparé à son ancêtre analogique.

    Acheter ce livre numérique au même prix que son équivalent papier me donne l’impression d’être pris pour un pigeon.
    Donc, pour ne pas me sentir floué, je n’achète pas de livres numériques en français (sauf chez des petits éditeurs qui font des efforts avec des nouveautés à 10/12€, prix que j’accepte de payer pour une nouveauté).

    En cela, je suis donc derrière Amazon : leur combat pour baisser le prix du livre numérique, du moins tel qu’il est en France, me parait justifié. qu’on me détrompe si une nouveauté nuémrique à 10/12€ ne garantit pas les mêmes marges pour les auteurs et éditeurs qu’un livre papier à 20€.

    Je suis pour le bras de fer engagé par Amazon contre les éditeurs… en France. Aux Etats-Unis où la part du numérique est élevée, une auto-régulation du prix du livre numérique est à mon sens possible désormais. Par contre, si personne ne force nos éditeurs, le numérique ne décollera jamais en France. Et je suis persuadé qu’il s’agit d’une piste non négligeable pour la survie de l’édition française (ça, et la diminution de la production : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Disciplines-secteurs/Livre-et-Lecture/Documentation/Chiffres-et-statistiques de plus en plus de livres, de moins en moins de ventes).

    Par contre, les méthodes d’Amazon sont condamnables : une guerre ouverte (refus de vente du livre avec un message expliquant la décision d’Amazon) me parait préférable au report de cette guerre sur le consommateur (délais rallongés pour les livres, etc.)

    Petite note sur le futur pessimiste aux millions d’oeuvres : il me semble que le risque de la chute des éditeurs soit moindre aux Etats-Unis où le rôle des éditeurs est plus souvent limité à sa composante marketing et distribution, le filtrage qualitatif étant effectué en amont par des agents littéraires.

  28. By Jean-no on août 19, 2014

    @Wikibuster : la dernière fois que j’ai acheté un livre chez Amazon – il y a quelques jours -, il n’est pas arrivé par la poste mais par un transporteur privé !
    Amazon rend un service (approvisionnement, gestion, expédition,…) que la Poste peut difficilement rendre. Et ne parlons pas de la partie spécifiquement « 2.0 » d’Amazon, qui a des années-lumière d’avance sur des concurrents. Et comme plate-forme de diffusion, je suis presque étonné que ça ne soit pas un succès si foudroyant que ça quand je vois à quel point la plate-forme fonctionne bien et facilite tout pour les auteurs.
    Parce qu’Amazon n’est pas qu’un « monsieur 30% » qui prélève son pourcentage sur tout ce qui se vend : c’est un service sacrément bien fichu !

  29. By Jean-no on août 19, 2014

    @Sadrine : une autre chose sans doute taboue c’est qu’Amazon est une plate-forme de diffusion très importantes pour les libraires d’occasion/collection et même un peu de neuf !

  30. By Jean-no on août 19, 2014

    @Vanni Fucci : la guerre ouverte serait plus honnête.

  31. By Wikibuster on août 19, 2014

    @PAT : Je ne comprends pas cette accusation de lobbying pour maintenir un prix élevé du livre numérique. Les éditeurs fixent le prix des livres librement (nul besoin de lobbying), ensuite le prix fixe de la distribution ne les regarde pas et privilégie les libraires uniquement, non ?

  32. By Wikibuster on août 19, 2014

    @Jean-no : On ne discute pas la sophistication d’Amazon, et personne n’est dupe qu’une fois un monopole en place l’abus systématique devient la norme. Pour info Amazon utilise massivement les services de Colissimo.

  33. By Wikibuster on août 19, 2014

    @jean-no : « le succès de Google vient justement de la quasi impartialité du fonctionnement de l’algorithme ».
    Google a-t-il pris la place de Yahoo parce que ce dernier manquait de partialité ? De nos jours Bing et Exalead seraient-ils partiaux ? Le récent changement dans le référencement Google des comparateurs de prix (qui en a mis à genoux plus d’un) fait-il partie de ce que tu qualifies d’impartial ?

  34. By Wikibuster on août 19, 2014

    dernier post : lire « manquait d’IMpartialité »

  35. By Jean-no on août 20, 2014

    @Wikibuster : Yahoo n’utilisait pas un algorithme, les liens étaient sélectionnés et catégorisés par des humains. Le concurrent de Google était Altavista, qui reposait sur un algorithme automatique aussi, mais moins intelligent. La position d’autres browsers est difficile parce que Google est là. L’algorithme de google change constamment, soit de manière invisible (astuces pour éconduire les fermes de liens…), soit suivant une politique explicite (encouragement à passer à HTTPS). Il y a beaucoup à dire sur le sujet, bien sûr : l’algorithme s’adapte aussi au public (si on demande « football » depuis Paris ou depuis le Missouri, ce n’est pas le même sport qui arrivera…) et du coup l’enferme peut-être, mais il me semble qu’un certain contrat de confiance non écrit persiste.

  36. By Wikibuster on août 20, 2014

    @Jean-no : « En 2004 Yahoo servait 3 milliards de pages par jour » (Wikipédia !) avec une indexation manuelle, sérieusement ? :)
    Le succès de Google ne vient surement pas de son « algorithme » (complètement bidon) mais du génie de ses promoteurs à faire fructifier le site avec la publicité. Google ne retourne pas des pages « intéressantes » mais des pages qui ont ses liens vers elles, qui sont en pratique les pages les plus consultées car retournées par Google, le système se mord la queue et n’a plus aucun sens mais il fait ce que Google attend de lui : lui rapporter le plus d’argent possible. Voilà comment Internet produit mécaniquement le pire possible mais la bonne nouvelle c’est qu’il y a une place à prendre aujourd’hui exactement comme à l’époque de Yahoo, ça viendra j’en suis à peu près certain.

  37. By Jean-no on août 20, 2014

    @Wikibuster : Pourquoi 2004 ? En 2004, Yahoo, on n’en parlait plus, sa grande époque est bien plus tôt. Face à la concurrence d’Altavista, Yahoo avait fini par intégrer… le moteur d’Altavista.
    L’algorithme de Google établit la pertinence des pages selon plusieurs critères, notamment le nombre de liens qui pointent vers elles, mais pas uniquement, loin de là. Libre à toi de trouver ça « bidon », mais tu n’as pas dû connaître Internet avant, alors ! Maintenant, est-ce que le réseau se mord la queue ? Il y a sans aucun doute des effets pervers, mais en attendant, malgré le nombre de moteurs et de méta-moteurs alternatifs proposés par des chercheurs ou des start-ups, Google tient bon, et il y a quelques raisons à ça, y compris historiques : si on peut facilement imaginer un algorithme qui fouille le net intelligemment, il faut beaucoup d’argent pour indexer autant de page et créer un système aussi sophistiqué de traitement des requêtes. Page et Brin sont arrivés à une époque où une bonne idée pouvait révolutionner le domaine, mais à présent, il faudrait aussi beaucoup d’argent. J’imagine (et c’est peut-être dommage) que la prochaine avancée dans le domaine des moteurs de recherche risque d’émaner de Google soi-même.

  38. By Wikibuster on août 20, 2014

    @Jean-no : Pourquoi 2004 ? je me suis contenté de consulter Wikipédia mais on est d’accord que ce site ne vaut pas un clou.
    Yahoo s’est aussi associé à Google si ma mémoire est bonne, un choix plutôt suicidaire. Je ne m’inquiète pas trop pour l’avenir immédiat de Google, son succès est basé sur le suivisme et l’inertie du public, mais les gens finiront par en avoir marre de la médiocrité et on trouvera quelque chose pour y remédier. Il n’y a pas une certaine organisation aussi boulimique que Google nommée Wikimedia Inc. qui projette de bâtir un site de recherche basé sur l’indexation manuelle (on y revient) grâce au travail gratuit de milliers d’internautes ? :)

  39. By Jean-no on août 20, 2014

    @Wikibuster : là encore, impossible de laisser dire que le succès de Google vient du suivisme, il faut avoir vécu son arrivée pour comprendre, on est dans la révision anachronique complète, là !

  40. By Wikibuster on août 20, 2014

    @Jean-no : Il n’y a aucune différence entre le succès de Google et celui de Facebook, une interface qui plait, quelques gadgets, des cartes et surtout des internautes faignants qui ne comprennent pas grand chose au web. C’est d’autant plus inexcusable pour Yahoo qui a lâché la poule aux œufs d’or. L’intelligence de Google c’est aussi d’avoir su profité de Wikipédia pour combler les lacunes incroyables de son moteur de recherche, les grands succès d’Internet sont faits d’opportunisme.

  41. By pat3 on août 20, 2014

    Le succès de Google a d’abord commencé par la qualité des réponses de son moteur, qu’on peut attribuer à son algorythme (ou à de la divination, ça revient au même : Google, à sa sortie, était plus rapide et meilleur qu’Altavista et Yahoo), pour remettre en cause cette idée il faudrait fournir des arguments vérifiables.
    Après, les résultats de Google n’ont eu de cesse d’être modifié pour avantager son modèle d’affaires. Aujourd’hui, les critères du moteur sont un véritable enchevêtrement de contraintes liées à son modèle économique, ce qui le rend moins crédible. En revanche, Google dispose d’une incommensurable base de données qui lui donne un avantage substantiel sur tous ses concurrents, et a en partie verrouillé tous les leviers qui permettraient à ces derniers de pouvoir collecter des données de manière aussi systématique. Pour cela, Google a utilisé massivement (et, je dois le dire, bien que je déteste le mode de fonctionnement de Google, magistralement) les ressorts de l’économie du gratuit en fournissant à tous les fournisseurs de contenus, individus comme professionnels les outils lui permettant la récolte automatique des données: Gmail n’est rien d’autres qu’une fantastique base de données offerte à Google en échange d’un service de mail (c’est dans les conditions d’utilisation du service), Google Analytics permet à Google de se servir à la source des sites contre promesse de monétisation (anémique, pour la plupart des acteurs du web), et là où le système se mord la queue, à mon sens, c’est au niveau de PageRanks, qui est en sorte une dime de Google sur les mots utilisés par son moteur de recherche… dans les industries du numérique, il y a un nom que j’ai oublié pour les boites qui ont trouvé une source quasi infinie de financements (M$ avec Windows, Intel…). Le PageRank rend Google indéboulonnable pour longtemps, et seul un service concurrent (mais tout aussi inquiétant) proposant un meilleur tarif pour une prestation équivalente pourra lui faire ombrage: mais qui a les reins financiers assez solide pour se lancer dans l’aventure, et pour quel retour sur investissement?

  42. By pat3 on août 20, 2014

    algorithme, modifiés, désolé pour ces erreurs (et pour celles que je n’aurais pas identifiées en relisant – trop tard, juste après avoir cliqué sur le bouton Submit!).

  43. By Wikibuster on août 20, 2014

    @pat3: Je suis persuadé que déboulonner Google n’est pas plus difficile que déboulonner Yahoo à l’époque. Si on veut rester classique on peut se limiter au web national par exemple. Il existe une autre voie plus ambitieuse, à la Bitcoin avec un logiciel public et transparent, des serveurs de recherche indépendants de tailles variables collaboreraient et seraient rémunérés par la publicité captée aujourd’hui sans partage par Google. Il reste à trouver un petit génie de l’informatique pour écrire le logiciel, mais il ne sera pas crédité du concept puisque je viens de le griller. ;)

  44. By Jean-no on août 20, 2014

    @Wikibuster : il existe des moteurs « nationaux », mais par définition, leur succès est local. L’énorme Baidu, par exemple.
    Sur la pub, il est faux de dire que Google la récupère sans partage, il existe des régies concurrentes, mais aucune qui dispose d’un écosystème aussi cohérent.

  45. By Wikibuster on août 20, 2014

    @Jean-no : Les Français ne consultent que des sites français (disons à 95%), un site national a l’avantage de ne pas nécessiter les moyens informatiques colossaux de Google, il reste à séduire les utilisateurs, c’est difficile mais pas impossible. Ensuite oui la pub des recherches Google est captée à 100% par Google ce qui est un peu évident. Un moyen de déboulonner Google consisterait à inclure le nouveau moteur dans le navigateur et de proposer les résultats de recherche de Google en parallèle, cela ferait apparaitre que Google n’apporte rien de plus et cela permettrait une transition dans les habitudes.

  46. By Wikibuster on août 20, 2014

    @pat3 : « Google, à sa sortie, était plus rapide et meilleur qu’Altavista et Yahoo, pour remettre en cause cette idée il faudrait fournir des arguments vérifiables. »
    Ça n’a plus la moindre importance et aujourd’hui il n’est pas difficile de constater que Google ne prend même plus la peine de mettre sa base à jour pour beaucoup de pages ou qu’il met en premier dans les résultats la moindre page de Wikipédia, même si elle ne contient qu’un titre et trois mots. Faut-il d’autres preuves de son indigence ?

  47. By Jean-no on août 20, 2014

    @wikibuster : je pense que tu as une idée un peu théorique de l’évolution d’Internet et de ce que représente Google aujourd’hui en nombre de disques durs et de serveurs. Google est arrivé à un moment où il était encore possible que Google naisse, ça semble idiot de le dire comme ça, mais c’est un fait. Seule la Chine a mis les moyens pour faire un concurrent à Google, mais il n’y a qu’une Chine. La seule chose qui à mon avis puisse faire du mal à Google, c’est la fin du web, qui n’est pas une perspective absurde, malheureusement.
    Google favorise les sites qui jouent le jeu du point de vue de leur contenu (texte, liens vers d’autres sites, code propre, et bientôt, https), et vers lesquels d’autres sites pointent. Le succès de Wikipédia est assez logique, du coup.
    Mais il est erroné de dire que la base de données est peu mise à jour, elle l’est au contraire assez constamment ! Je me souviens de l’époque où il fallait manuellement signaler les sites à Altavista, puis attendre deux mois pour que, peut-être, ça atterrisse dans sa base… Et Google au début ne faisait que rarement des mises à jour, ça a beaucoup changé ensuite.
    En disant que Google (ou Wikipédia, d’ailleurs) ne sont pas parfaits, malgré leur hégémonie temporaire sur un domaine, tu enfonces les portes ouvertes, ne serait-ce que parce que la perfection n’est pas de ce monde. L’un et l’autre service sont arrivés au moment où il y avait besoin d’eux, fonctionnaient plus efficacement que leurs possibles concurrents, et sont devenus des machins énormes qui laissent encore moins de place à des concurrents directs : on ne réinvente pas dix ans d’une évolution en démarrant de rien.

  48. By Wikibuster on août 21, 2014

    @Jean-no : Google n’est pas imparfait, il est catastrophique car à lui seul il prouve qu’on pouvait facilement enrégimenter le web et le rendre médiocre. Tant mieux pour le monde du livre ! Mais je ne suis nullement pessimiste, à la première occasion d’autres géants profiteront de la faille pour émerger. Que Google modifie en permanence son moteur pour maximiser ses gains c’est une évidence, aucun chef d’entreprise ne pourrait résister à une tentation aussi rentable. Wikipédia est bêtement un effet de bord de Google, il est basé sur le mensonge, le pillage, la fainéantise des donateurs qui n’iront jamais y voir de plus près. Mais à présent de nombreuses personnes ne sont plus dupes, l’image du site va de dégrader immanquablement y compris en interne, il suffit de voir les premières réactions autour de la fonctionnalité superprotect en Allemagne, c’est très prometteur.

  49. By Wikibuster on août 22, 2014

    Pour info même les wikipédiens se rendent compte que Google est archi bidonné : « Nouvel article créé sur #Wikipédia, trouvé dans Google 5 minutes plus tard. Google suit-il les modifications récentes ? » https://twitter.com/fredericschutz/status/502719115753439232

  50. By jyrille on août 31, 2014

    Je n’aime pas acheter de livres à Amazon, je préfère passer en librairie. Sauf si je dois acheter des comics en VO, là je n’ai quasiment pas le choix. Par contre, je vais laisser mes liens depuis mon blog (ils ne m’ont rien rapporté jusqu’à maintenant) car ce ne sont que des liens vers des disques, ce qui est presque aussi problématique que les livres, mais moins, car il y a souvent moins d’éditions différentes de disques. Ce que je remarque, c’est que même peu chers, les cds ne se vendent quasiment plus. C’est l’impression que j’ai, en tout cas.

Postez un commentaire


Veuillez noter que l'auteur de ce blog s'autorise à modifier vos commentaires afin d'améliorer leur mise en forme (liens, orthographe) si cela est nécessaire.
En ajoutant un commentaire à cette page, vous acceptez implicitement que celui-ci soit diffusé non seulement ici-même mais aussi sous une autre forme, électronique ou imprimée par exemple.