Profitez-en, après celui là c'est fini

Wonderful world

septembre 17th, 2012 Posted in Non classé

Il y a encore peu de temps on disait « Quand on pense que des enfants meurent de faim en Afrique alors qu’on envoie des hommes sur la Lune ». La malnutrition d’enfants d’Afrique pouvait être remplacée, dans la phrase, par des considérations plus légères telles que : « il existe encore des passages à niveau manuels dans le Morbihan » ou encore « il faut remplir la même fiche de renseignement chaque année pour le collège ».

La mission Apollo 17

J’ai l’impression qu’on entend moins cette « preuve par la Lune », et il devient de plus en plus étrange d’y recourir, si l’on se souvient que la dernière fois qu’un homme a marché sur le satellite de la Terre, c’était en décembre 1972 : on pourra fêter le quarantenaire de la dernière visite de la Lune dans quelques mois. L’évènement est devenu si lointain que plus d’un américain sur quatre est convaincu que les missions Apollo sont une mise-en-scène de la Nasa et se sont en fait déroulées dans un studio de cinéma. C’est un peu la défaite de l’idée de progrès : non seulement le monde ne s’arrange pas alors que l’on envoie des hommes sur la Lune, mais en plus on n’envoie plus d’hommes sur la Lune et on n’est même plus certains de l’avoir jamais fait.

Le jour de la mort de Neil Armstrong, beaucoup de gens se demandaient, sur Twitter, qui était cette personne. Certains se demandaient s’il avait un lien avec le cyclisme.

Je pensais à ça en regardant les nouvelles du moment, complètement navrantes : dans le cadre de l’élection présidentielle américaine, les partisans de la théorie du « choc des civilisations » — néo-conservateurs américains et musulmans salafistes, notamment — se sont entendus (sans se concerter, sans doute, car il n’y en a pas besoin, il suffit pour les uns de créer le prétexte et pour les autres de s’en saisir) pour lancer une opération mondiale : un film s’en prend au prophète Mahomet aux États-Unis, et en réaction, la rue des pays musulmans s’embrase, on brûle des drapeaux américains ou israéliens, on tue, on se fait tuer. Privés de vie démocratique, beaucoup de résidents de pays musulmans pensent même que le film a été commandité par Barack Obama lui-même. Ils ignorent que la liberté d’expression dont jouissent encore les Américains permet à des activistes (plus ou moins les mêmes, d’ailleurs) de diffuser le même genre de films insultants sur le compte du président des États-Unis. Ils l’ignorent parce que’une telle liberté dépasse leur imagination. On peut en revanche s’étonner de voir en France des gens plus informés se mettre à défendre la même vision des choses.

L’histoire du film Innocence of the muslims deviendra sans doute le sujet d’un autre film un jour : un escroc résident aux États-Unis, de religion copte mais qui a d’abord prétendu être juif, soutenu par des capitaux évangélistes, a embauché un réalisateur de films pornographiques pour produire un long-métrage en décors incrustés et censé raconter une aventure dans le désert. Le film, une fois terminé, a été post-synchronisé avec des dialogues complètement différents de ceux qu’avaient dits les acteurs, dialogues qui font du film une version insultante de la vie de Mahomet. Je ne sais pas combien de gens ont vu ce film : ceux qui le combattent au nom de leur foi ne veulent pas le voir, il leur suffit de savoir qu’il existe et ce serait un pêché d’aller le visionner — c’était la même chose avec l’affaire des caricatures —, et le film est si mauvais et si confus que les curieux ou même les militants anti-musulmans n’iront sans doute pas le voir non plus, du moins pas en entier car la bande-annonce, à elle seule, est un supplice d’ennui. À l’heure où j’écris, dix-neuf personnes sont mortes dans le monde pour un film que personne n’a envie de voir.

C’est qu’en matière de religion, on veut croire plutôt que savoir, c’est le principe même de la foi : la conviction du croyant ne naît pas des faits, de leur vérification, de l’analyse et de la compréhension rationnelle, elle vaut pour elle-même, et c’est ce que l’on croit qui devient la vérité plutôt que l’inverse. C’est une position complètement infantile, finalement, de ne pas accepter que la vérité, que les faits, sont différents de ce qu’on voudrait qu’ils soient. Et je trouve lâche de s’abriter derrière des illusions collectives — comme la foi religieuse ou nationaliste — plutôt que d’assumer un point de vue plus personnel.
Il n’est pas très étonnant que la religion soit si souvent l’ennemi de la science, puisque la science, idéalement en tout cas, fait procéder la vérité de sa vérification. Là encore, les dévots sont un peu lâches : ils s’en prennent aux succès les plus spectaculaires de la science, comme l’envoi d’hommes dans l’espace ou la découverte de la rotondité du globe, mais ça ne les embête généralement pas outre mesure d’utiliser des téléphones portables et des GPS, technologies qui n’existeraient justement pas sans la science.
Je m’interroge parfois sur ma hargne à taper sur les croyants — dont 99% sont indubitablement de braves gens, et dont parfois la brave-gent-itude est précisément portée par la religion —, mais finalement, la raison est là : la foi, c’est la bêtise volontaire. Et je trouve que le monde est suffisamment bête pour qu’on ne fasse pas exprès d’en rajouter.

Dans «Things to Come» (Alexander Korda/H.G.Wells, 1936), l’humanité revient au moyen-âge après une guerre terrible et des épidémies ravageuses. Mais des scientifiques et des ingénieurs, cachés en Iraq, créent une nouvelle civilisation, sans nations, basée sur la raison et la science. Quarante ans plus tard, ils se montrent au reste du monde, avec le projet d’y faire régner leur «République des savants»…

Ma rencontre avec la religion a d’ailleurs commencé par là : venu faire mon catéchisme sans encouragements particuliers de mes parents, j’ai tout de suite été frappé par la question de la bêtise. J’avais neuf ans ou dix ans, je ne sais plus, et pourtant je trouvais profondément bêtes les raisonnements des adultes qui m’encadraient — des « dames de caté » sadiques et autoritaires et un curé aussi fondamentalement gentil qu’idiot. Ces gens nous demandaient de célébrer un « message », une « bonne nouvelle », sans jamais se donner la peine de nous dire de quoi il pouvait s’agir, et ils étaient extrêmement évasifs sur des points concrets : vaut-il mieux suivre la morale de Jésus, même sans avoir jamais entendu parler de lui, ou bien lui être fidèle par les sacrements sans forcément respecter sa morale hippie ? Si Dieu a des choses à dire, pourquoi ne les dit-il pas lui-même ? S’il est si fort, pourquoi a-t-il besoin qu’on l’adore ? Pourquoi est-ce que des gens qui vivaient à l’âge du Bronze auraient mieux su la nature de l’univers que les hommes de l’âge spatial ? Si les vieilles religions sont plus proches de Dieu, pourquoi ne pas s’intéresser à celles de nos ancêtres préhistoriques ? Et enfin, alors qu’il existe de nombreuses religions dans le monde, pourquoi serait-ce celle de ses parents, comme par hasard, qui est la bonne ? Il faut dire à ce sujet que mes parents sont issus de deux cultures religieuses différentes : le Luthéranisme rigoriste pour ma mère, le Catholicisme romain pour mon père, deux religions qui, avec un même Dieu et parfois les mêmes prières sont ennemies jurées. Avoir plusieurs religions ou non-religions dans sa « généalogie spirituelle » est sans doute un bon moyen pour oser s’autoriser un peu de libre-arbitre en la matière.

Les Pâques piémontaises (1655) : 40 000 soldats catholiques sont venus chasser les Vaudois – des chrétiens comme eux, mais jugés hérétiques par la papauté quelques siècles plus tôt du fait de leur refus de la richesse – des vallées du Piémont. Ce qu’on sait des massacres et des violences qui ont eu lieu soulève le cœur. La religion donne des forces pour soigner des lépreux, de temps en temps, mais aussi pour exercer un pouvoir temporel, parfois de manière plus que barbare.

J’ai lu dernièrement un article consacré à un sondage qui établissait que 15% des Républicains de l’état de l’Ohio pensent de bonne foi que la mort de Ben Laden est due à leur candidat aux présidentielles, Mitt Romney. Leur cerveau refuse d’admettre que la responsabilité puisse incomber à Barack Obama, puisque pour eux, tout ce qui est Obama est mauvais et tout ce qui est Mitt Romney est bon. Et puisque tuer Ben Laden sans procès leur semble une bonne chose, ça ne peut pas être Barack Obama qui en a donné l’ordre, et si ce n’est pas Barack Obama, alors c’est Mitt Romney, même si ce dernier n’a pas le poste de décision qui l’eût permis (d’autres croient à une conspiration destinée à ce qu’Obama soit vu sous un jour favorable).  Ce raisonnement à la Lewis Caroll illustre encore assez bien la puissance de l’engagement psychologique : une fois que l’on adhère à un système de valeurs, on peut toujours s’arranger avec la réalité et refuser tout ce qui nuit à la cohérence de l’ensemble. Bien sûr, ce problème est loin de se limiter à la religion et nous sommes tous les victimes de nos engagements, de nos investissements psychologiques. Il suffit de voit à quel point on se ferme aux discours qui nous déplaisent chez le candidat que nous avons choisi lors d’une élection, et à quel point on prête les pires arrière-pensées au candidat qui est opposé à notre poulain. Les scientifiques les plus sérieux font parfois preuve de superstitions scientistes, refusant d’examiner certaines hypothèses, ou de naïveté lorsqu’ils sortent de leur domaine.  Gérard Majax expliquait que pour dénoncer un phénomène « paranormal », il ne fallait pas le faire examiner par un scientifique mais par un prestidigitateur, car le prestidigitateur est bien placé pour ne pas croire à la magie, il ne se demande pas « est-ce que c’est vrai ? » mais « quel est le truc ? ».

Certains s’amusent à renvoyer dos-à-dos le croyant et l’athée : l’un et l’autre seraient mus par la foi… Mais pour l’instant, la fondation Richard Dawkins n’a pas proposé 3,3 millions de dollars pour la tête de ceux qui proposent la même somme à celui qui tuerait Salman Rushdie. Parfois je me demande si ce n’est pas le problème. Mais c’est mal de penser ça.

Je ne sais pas pourquoi j’avais envie de parler de tout ça aujourd’hui. Un petit coup de déprime pré-automnale, sans doute. La peur, aussi, de la puissance extraordinaire de la bêtise que j’ai l’impression, à tort ou à raison, de voir progresser dans le monde.

Mais bon, sans aucun rapport, figurez-vous que mon livre Les Fins du Monde, de l’Antiquité à nos jours, est en cours d’impression, en ce moment même, à Augsburg. Il paraîtra aux éditions François Bourin, dans trois semaines ou un mois. Il s’agira d’un « beau livre » de trois-cent et quelques pages, contenant deux cent cinquante illustrations. Il sera vendu au prix public de 45 euros.
Il y a peu de chances que j’oublie d’en reparler.

Lire ailleurs : La science bafouée par la campagne républicaine, par Tom Roud ; USA-Monde arabe, la théorie du complot, par Julie Gommes ; In US, 46% holds creationist view of human origin, par Frank Newport ; Comment raconter les origines de l’islam en respectant (à peu près) les interdits de représentations figuratives ?, par Patrick Peccatte ; Les nouvelles images d’Épinal, par André Gunthert.

  1. 39 Responses to “Wonderful world”

  2. By Wood on Sep 17, 2012

    A propos du film « innocence of muslims », voir le témoignage d’une des actrice, complètement effondrée de la manipulation dont elle a fait l’objet.

  3. By Jean-no on Sep 17, 2012

    @Wood : C’est abominable de faire un truc pareil à quelqu’un… Tu joues dans un petit film indépendant en te disant « c’est pas terrible » et un an après tu deviens Salman Rushdie !

  4. By Jyrille on Sep 17, 2012

    « la foi, c’est la bêtise volontaire »

    Je n’aurai pas mieux trouvé. Je me posais beaucoup la question ces derniers temps, puisque je rencontre des croyants, que j’aime beaucoup. Mais je ne peux fondamentalement pas être d’accord avec eux. Ca me rend triste.

  5. By Jean-no on Sep 17, 2012

    @Jyrille : je pense qu’une partie des gens a besoin de se placer sous l’autorité d’une vérité, d’avoir l’assurance qu’il y a un sens… Mais je pense aussi que d’autres n’en ont pas besoin. Ce ne sont pas forcément les idiots qui ont besoin de croire et les les non-idiots qui n’en ont pas besoin, par contre je pense, comme dit plus haut, qu’il faut sciemment se rendre bête pour croire. C’est peut-être une variante du Willing suspension of disbelief, l’interruption volontaire d’incrédulité, que nous utilisons pour accepter, le temps du film, qu’un dieu nordique, un supersoldat, un milliardaire dans un exosquelette et un géant vert sauvent la terre d’une menace extra-terrestre.

  6. By sylvette on Sep 17, 2012

    Pareil, j’adore cette phrase sur « la bêtise volontaire »… je l’adopte illico! Pour tout le reste: dans mes bras! et toute cette sorte de choses.
    Par ailleurs, et ça n’a pas forcément rien à voir, la couverture de ton livre est splendide. Finalement, ton éditrice est une choc fille qui n’a pas eu le cour de se venger de la mauvaise blague de l’autre jour.

  7. By Philippe on Sep 18, 2012

    Merci.

  8. By Jyrille on Sep 18, 2012

    Oui, tu as raison. Je ne connaissais pas ce terme de Willing suspension of disbelief, mais cela correspond bien à mon état lorsque je me plonge dans une fiction.

    Par contre je ne comprends pas comment, même s’ils ne sont effectivement pas idiots, on puisse encore massacrer des gens au nom d’une croyance qui n’a aucun fondement autre qu’un livre écrit il y a des siècles, et par un anonyme en plus. Cela va au-delà de ma compréhension, puisque ces mêmes livres sont censés prôner l’amour des autres, de la vie, des enfants. Tu rappelles si bien ce que peuvent faire les catholiques post-Moyen-âge…

  9. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Jyrille : au Moyen-âge il y a eu des épisodes gratinés, comme le massacre des Germains (parce que païens) par Charlemagne (ce qui a provoqué, en représailles, que ces paisibles commerçants sont venus dévaliser des abbayes dans leurs drakkars) ou les croisades (ex. Témoignage de Raymond d’Aguilers, chapelain du comte de Toulouse, sur la prise de Jérusalem par les croisés : « certains, et c’était une chance pour eux, étaient décapités, d’autres tombaient des murs criblés de flèches ; beaucoup d’autres enfin brûlaient dans les flammes. A travers les rues et les places, on voyait des têtes amoncelées, des mains et des pieds coupés ; hommes et chevaux couraient parmi les cadavres. Mais cela n’était rien encore : parlons du Temple de Salomon, où les Sarrasins avaient l’habitude de célébrer leurs cérémonies religieuses. Que s’y était-il passé ? Si nous disions la vérité, nous ne serions pas crus : disons seulement que dans le Temple et dans le portique de Salomon, on avançait avec du sang jusqu’à la hauteur des genoux et des mors des chevaux. Et c’était par juste jugement divin que ce lieu qui avait supporté si longtemps les injures contre Dieu, recevait leur sang. »). Mais le bain de sang général, c’est aussi la Renaissance, la période de « l’humanisme » où à côté de Léonard de Vinci et de Galilée, on a le massacre des amérindiens (réduits à 10% de leur population), souvent sous prétexte religieux, et bien sûr les guerres de religion et la persécution des hérétiques de tout poil (dont certains étaient des fous furieux, eux aussi mus par la foi, comme les premiers anabaptistes). Le « bodycount » des armées de Dieu fait froid dans le dos. En me documentant pour mon livre, justement, je suis tombé sur des choses terribles.
    Je pense que le caractère douteux des religions aide : c’est plus facile d’obéir à un Dieu imaginaire qui n’est pas là pour dire « mais qu’est-ce que vous fichez ? Je ne vous ai jamais demandé ça ! ».

  10. By yam on Sep 18, 2012

    En tant que croyant je ne me retrouve absolument pas dans le
    « on veut croire plutôt que savoir, c’est le principe même de la foi : la conviction du croyant ne naît pas des faits, de leur vérification, de l’analyse et de la compréhension rationnelle, elle vaut pour elle-même, et c’est ce que l’on croit qui devient la vérité plutôt que l’inverse.  »
    Ma foi est née d’un fait précis, une expérience spirituelle intérieure à 16 ans. Cette expérience je la vis au quotidien et elle est du même ordre que la conscience de soi, que le cogito, que l’expérience amoureuse ou ce qu’il y a de transformant dans la paternité. Elle est à l’origine de toute ma soif de savoir et d’approfondir. J’utilise ma raison pour analyser et approfondir mon expérience intérieure. Et je me retrouve complètement dans la démarche scientifique qui est un moyen d’avancer dans un language commun avec tous et même ceux qui n’ont pas cette même expérience intérieure.
    Par contre, il m’est très pénible d’échanger avec ceux qui instrumentalisent la science au profit de leur idéologie et qui, à priori, excommunient tout modèle qui ne soit pas réductionniste et matérialiste. Dawkins en est un beau morceau. Et pour ce qui est de récuser les faits, il y aurait autant à dire sur certains scientistes (je te renvoie au travail de Bertrand Meheust par exemple si on veut travailler sur des cas polémiques).
    Je m’étonne donc en lisant ton post tellement il est loin de ce qu’est réellement mon expérience de la foi et la manière dont on peut la vivre aujourd’hui. De très grands scientifiques sont de grands croyants et réciproquement, et le catholicisme est fondé autant sur ses racines juives que sur la pensée grecque avec un rôle central de la raison.
    Bref, heureusement que le web nous permet de nous rencontrer , sinon on pourrait croire que nous n’habitons pas la même planète. Et ce serait fort dommage…

  11. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Yam : On peut être croyant et scientifique mais l’histoire montre qu’il faut bien séparer les choses – un scientifique qui croirait que la juste description de l’univers se trouve dans la Bible est mal barré. Les statistiques prouvent que la foi est abordée différemment selon les sciences : les biologistes seraient les plus athées, tandis que les gens qui sont dans les maths pures ou la physique théorique sont plus facilement croyants. Le scientisme peut contenir sa part de superstition, je l’admets dans le texte et c’est une question qui m’intéresse beaucoup. Et la religion n’est pas toujours l’ennemie de la science : la papauté; depuis près de cent ans, sépare les choses, et on connaît plusieurs moments de l’histoire musulmane où la science a été favorisée par la religion.
    Par contre, l’expérience spirituelle intérieure, je ne vois pas ce que ça peut signifier, on ne peut pas utiliser une preuve de ce genre. Un prestidigitateur, un gourou, un psychotrope ou un gliome peuvent te faire vivre une expérience spirituelle sans problème. Ça ne prouvera rien de particulier, de même que l’existence d’un temple dédié à telle déesse ne prouve rien d’autre que l’existence du temple et de la croyance en la déesse.

  12. By Wood on Sep 18, 2012

    Lectures recommandées sur le sujet : Les annales du Disque-Monde : Les petits dieux de Terry Pratchett, histoire d’un dieu qui réalise que ses fidèles croient plus en ses prêtres qu’en lui-même, et De bons présages coécrit par le même Pratchett et Neil Gaiman, histoire d’un ange et d’un démon qui décident d’aller à l’encontre de leurs hiérarchies pour empêcher l’Armageddon.

    C’est du fantastique et de l’humour, mais ce sont aussi des réflexions extrêmement subtiles sur les rapports entre les hommes et leurs dieux.

  13. By Wood on Sep 18, 2012

    Sinon, le 20ème siècle a prouvé qu’on pouvait commettre les mêmes massacres sans le secours de la religion… A moins qu’on considère la nazisme ou le communisme comme des religions ? En tout cas, cs ont également des idéologies fondées sur un dogme et une doctrine.

  14. By Jerome on Sep 18, 2012

    En tant qu’athée, je vais me faire l’avocat du diable. J’ai justement vu le film Mary and Max hier soir où l’on donne une définition de la religion : « c’est apporter des réponses simples à des questions compliquées ».

    Le sens de la vie, les origines de l’univers, la mort, la science n’y répond pas. Voilà sans doute pourquoi les gens se tournent vers la foi et la religion. Et je ne pense pas que ce soit un comportement forcément bête.

    Tant qu’il reste des choses qui nous dépassent, des choses inexpliquées, croire en une existence supérieure ne me paraît pas idiot. Même si je n’y adhère pas.

  15. By Benoît on Sep 18, 2012

    >> Et je trouve lâche de s’abriter derrière des illusions collectives — comme la foi religieuse ou nationaliste — plutôt que d’assumer un point de vue plus personnel.
    Mon penchant condillaco-bouddhiste m’incline à penser que notre monde n’est qu’une représentation mentale fondée sur nos sensations en relation avec des illusions collectives que nous intégrons, rejetons, produisons ou reproduisons en permanence. Par exemple parmi ces illusions, il en est une que Bourdieu avait analysée dans un texte : l’illusion biographique
    http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/raisons/illusion.html

    Et nous avons besoin de ces illusions tant pour notre équilibre mental que pour nous organiser collectivement. La philosophie des Droits de l’Homme est aussi affaire de foi et j’y adhère volontiers, non parce qu’elle est vraie mais parce qu’elle m’aide à vivre, pour reprendre le bon mot de l’ami Fredo.

  16. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Benoît : Oui bien sûr, on a besoin de se faire des idées sur les choses pour les identifier, les catégoriser, les conceptualiser, les utiliser. Mais il y a des illusions plus ou moins utiles, et être soumis aux illusions d’autres personnes peut être assez pesant.
    Lire aussi, sur des questions proches à mon avis (enfin je vois le rapport mais peut-être est-ce tordu), Comment pensent les institutions, par Mary Douglas, qui raconte assez bien comment les institutions que l’on pense neutres (un État, par exemple) ne le sont pas.

  17. By Wood on Sep 18, 2012

    Tu es sûr de ton coup avec « le massacre des Germains par Charlemagne » ? Quels Germains ?

  18. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Wood : Germains pour nordmen, Vikings, quoi. Je te retrouverai la référence. Charlemagne trouvait anormal que des païens viennent faire du commerce dans les ports du nord de l’Allemagne, il en a converti, déporté, et finalement tué une quantité ahurissante, plusieurs milliers d’un coup. Je te retrouverai la référence.

  19. By Wood on Sep 18, 2012

    Ah ben pas besoin de chercher bien loi, c’est dans l’article Wikipedia sur les Vikings. Et il s’agit des massacres et conversions forcées des Saxons, alliés des Danois :
    D’après de nombreux historiens, le phénomène viking serait principalement dû à une réaction à « la christianisation forcée par le fer et le feu

  20. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Wood : je te disais que je chercherais les références plus tard parce que je me trouvais à la fac, en pleine réunion et donc concentré sur autre chose :-) Mais effectivement, l’histoire est bien connue des historiens, c’est un des premiers gros massacres au nom du Christianismes. Il y en a eu bien d’autres ensuite.
    Pratchett et je crois Neil Gaiman sont des copains de Richard Dawkins, comme l’était Douglas Adams et comme l’est Dave McKean avec qui Dawkins a fait son dernier livre, The Magic of Reality: How We Know What’s Really True. Marrant tous ces anglais mangeurs de bishops.

  21. By Alb on Sep 18, 2012

    Bon, cher Jean-Noël, je ne t’en veux pas.
    Ton article est bien sympa, drôle, bien écrit. Bref, j’ai passé un bon moment.

    Mais alors pour ce qui est de la religion, pardon: soit tes « dames de caté » fumaient le joint avant les cours, soit tu n’as pas écouté. Parce que venir affirmer comme ca, entre un film crétin et deux tweets, que « en matière de religion, on veut croire plutôt que savoir », faut vraiment ne pas avoir été chercher loin. J’aurais été à peine plus étonné si tu avais dis 3 lignes plus loin que le monde était sous la domination de la confrérie de la choucroute géante sioniste.

    C’est vrai, je clashe un peu, mais moi aussi j’en ai marre de voir la bêtise progresser dans le monde. Cette opposition sciences-foi n’a aucune raison d’être, à part pour faire le beurre des penseurs de plateaux TV et des fanatiques à longue barbe.

    Sur le fond, je ne vais pas me lancer dans un long argumentaire de bout d’article, mais je te renvoie vers Latour: http://www.recalcitrance.com/dieu.htm

  22. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @Alb : l’opposition science/foi n’empêche pas des hommes de foi d’être scientifiques et vice-versa, mais croire que la connaissance peut venir de l’intérieur de soi est tellement absurde que ça passe forcément par l’envie que ce soit possible. Bon, à part ça, Bruno Latour, je l’adore, comme tout le monde, je trouve que ses textes ou ses idées peuvent inspirer, vraiment, mais je ne risque pas de le prendre au sérieux sur ce genre de plan-là.

  23. By fhkfdhqkhfdk on Sep 18, 2012

    On peut être athée, et franchement irrité par ce genre de billet : insulter les trois quarts de l’humanité n’est jamais plus qu’un moyen d’évacuer ses propres frustrations.

    L’humanité vous déplaît ? Faites avec ! Ou proposez-lui mieux. Mais traiter les croyants d’idiots ne démontre que sa propre fermeture d’esprit.

    Comme dit plus haut, la foi n’est pas simple fonction de l’intelligence. Elle est aussi philosophie, morale, et soutien psychologique. Elle peut conduire à des excès, tout comme le scientisme, qui selon moi ne doit son casier judiciaire à peu près vierge qu’au fait qu’il n’a (et de très loin) jamais eu autant de pouvoir (et le pouvoir corrompt tout et tout le monde).

    Nier l’irrationnel dans l’humain, c’est profondément inhumain, c’est un bon moyen (parmi d’autres) d’ériger des castes et des dictatures. Il faut certainement viser un idéal de raison, mais il faut aussi faire avec cet irrationnel. L’empathie par exemple est largement irrationnelle, mais elle est compatible avec vos valeurs, et donc vous ne la décriez pas. Et la tolérance, pareil !

    Pour fini, ce petit face à face montre bien ce qui sépare certains athées d’autres athées :
    http://www.youtube.com/watch?v=-_2xGIwQfik

  24. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @fhkfdhqkhfdk : l’humanité me déplaît, en grande partie, oui, parce que le cerveau est un sacré outil et qu’on pourrait en faire autre chose que de se taper dessus au nom d’un machin imaginaire. Je ne méprise personne, ceci dit, je désespère, c’est tout. Que la foi serve à certains, et à des choses positives entre autres, ça me semble évident : si elle ne servait à rien, elle n’aurait pas de pouvoir. Quand je dis que la foi peut servir à soigner des lépreux, c’est ce que je veux exprimer : il y a peut être des choses formidables qu’on ne peut faire que si on est mû non seulement par un idéal mais plus encore par la foi dans quelque chose de plus grand que soi. Et à partir de ce moment, on n’a pas vraiment besoin que ce quelque chose existe, on a juste besoin d’y croire ou de s’y faire croire.
    Je ne sais pas si la science a un casier judiciaire vierge, au fait.
    Faire avec l’irrationnel, c’est comme si vous me disiez « il faut faire avec les pannes d’ordinateur » ou « il faut faire avec la maladie ». Évidemment, qu’il faut, puisque ça existe ! Mais ça ne signifie pas que c’est bien. L’irrationnel n’est pas l’imagination, ni la fantaisie, ni la personnalité – choses que j’adore personnellement -, c’est un problème cognitif. L’empathie n’est pas irrationnelle, elle est facile à analyser et à expliquer.

  25. By sylvette on Sep 18, 2012

    Il m’arrive d’aller à la messe (très rarement, mais ça m’arrive) pour une raison ou une autre, et je suis obligée de dire qu’à chaque fois ce que j’y entends est un ramassis de platitudes et de lieux communs à pleurer. Je dois aussi admettre qu’il m’est arrivé (une fois, mais quand même) d’être touchée aux larmes par les paroles d’un curé (enfin, en l’occurrence un ministre protestant) et d’avoir été passionnée par les propos d’un moine rencontré un jour chez une dame patronnesse de Poitiers, mais à chaque fois c’est sans doute parce que je n’avais pas le sentiment qu’on me parlait de religion mais plutôt de philosophie. Bon. Il n’empêche que globalement, le discours religieux qu’on sert dans les églises actuelles est d’un ennui achevé, et que quand j’additionne cet ennui à la laideur de l’esthétique Vatican II je me demande encore comme l’église à côté de chez moi fait encore salle comble le dimanche.
    Pour en revenir à l’affaire qui occupe tous les journaux, je vois pointer un peu partout l’idée que finalement une institution réputée neutre (mon œil) comme l’ONU, par exemple, devrait interdire le blasphème (notion pourtant totalement floue) ou tout au moins que l’on dise du mal d’une religion (là encore… c’est quoi dire du mal d’une religion?). Ce serait trop long sans doute d’expliquer en quoi une telle idée est loufoque à tout les points de vue mais surtout du point de vue du droit international, mais à chaque fois que j’entends le mot « blasphème » (trop souvent à mon goût en ce moment) je pense au Chevalier de La Barre et je me souviens de quelles monstruosités les religions sont capables au nom d’une offense à géométrie variable. Le pauvre chevalier ne s’était pas découvert devant une procession, il en est mort. Aller dans le sens d’une interdiction du blasphème c’est accepter qu’une fatwa fixe à 3 millions de dollars la tête de Salman Rushdie (et incidemment, ai-je appris, mais pour moins cher quand même parce que ces gens là ont visiblement une sorte de hiérarchie esthétique de leurs priorités, la tête des acteurs du « film »). Par ailleurs et pour finir on peut être athée sans pour autant croire à l’infaillibilité de la science, mais c’est un autre débat.

  26. By yam on Sep 18, 2012

    @jean-no « Par contre, l’expérience spirituelle intérieure, je ne vois pas ce que ça peut signifier, on ne peut pas utiliser une preuve de ce genre »
    Qui a parlé de preuve ? Comment je peux te prouver que j’ai une conscience de moi même ou me prouver que toi aussi tu expérimentes la conscience de toi ? Rien à part croire en ton expérience et son écho avec la mienne. De même mon expérience ne te convaincra de rien, mais elle n’est rien de ce que tu décris de la croyance.
    Je vois bien que tu n’as aucune idée de ce que cela peut signifier, mais faut pas te décourager…

    Si je t’affirme que le Fleurie de chez Chignard a bon rapport qualité prix. Tu peux me croire mais comment va tu vérifier cela ? Tu vas aller chez Chigard, et lui demander de gouter son Fleurie (je te recommande la cuvée spéciale, mais faut le garder au moins 3 ans). Et là tu vas gouter et décider si tu adhère à mon opinion ou si j’ai vraiment pas les mêmes goûts que toi. Mais avant de te faire une opinion tu va vivre une expérience (et si c’est la première fois de ta vie que tu goute du vin, elle risque de ne pas être aussi agréable), où ta raison va faire une pause avant d’analyser l’expérience et en tirer une conclusion.
    C’est la même chose pour l’expérience intérieure, je peux dire ce que j’ai vécu. Et tu ne pourras te faire une opinion qu’à partir de tes propres expériences.
    L’essentiel de l’éducation religieuse est d’aider chacun à s’ouvrir à sa propre dimension intérieure et à vivre sa propre expérience. Dommage que tu aies vécu une caricature d’éducation religieuse…

  27. By Wood on Sep 18, 2012

    Ces histoires de loi contre le blasphème c’est n’importe quoi. On ne peut pas prêcher une religion qui dit « mon dieu est le seul dieu, les autres sont de faux dieux » (et elles le disent tous, d’une façon ou d’une autre) sans insulter de facto toutes les autres religions. Les textes sacrés d’une religion sont blasphématoires pour toutes les autres. Athée ou croyant, il est donc impossible de ne pas blasphémer.

  28. By Jean-no on Sep 18, 2012

    @yam : Le Fleurie de Chignard c’est une affaire tangible. Je peux goûter, me faire mon avis, et je pourrai attester que ce vin existe, et dire si je l’ai aimé ou pas et donc, si je le juge d’un bon rapport qualité/prix en fonction de mes critères en la matière. Subjectif, mais on peut discuter sur une même base et je n’aurais pas besoin de convaincre le reste du monde de ce que j’ai vécu :-)
    Aller chercher la vérité au fond de soi (de ce qu’on veut, de ce qu’on peut), ça me semble relativement absurde.
    Mais je connais un peu le sujet. Je connais beaucoup de croyants, finalement. Ma propre sœur est très croyante, et elle n’est pas bête du tout selon mes critères, du moins ni plus ni moins que moi. Mais elle avait besoin de quelque chose, je suppose, un sens… Pas moi.

  29. By Benoît on Sep 19, 2012

    @Jean-no Merci pour la référence. Il a l’air vraiment passionnant ce livre et tout-à-fait à propos puisque l’ouvrage présente notamment, semble-t-il, une explication fonctionnaliste des représentations collectives.

  30. By Jean-no on Sep 19, 2012

    @Benoît : il faut que je le relise. Je l’avais acheté par hasard, intrigué par le titre, il m’a permis de comprendre des choses mais je suis sûr d’en avoir raté d’autres – non parce que ça n’est pas lisible, au contraire, mais parce que je ne m’intéressait pas à tout ce que ça racontait. J’ai appris depuis que c’est une espèce de classique.

  31. By Kart on Sep 21, 2012

    Faîtes attention aux sondages. Celui que vous citez (http://www.publicpolicypolling.com/pdf/2011/PPP_Release_OH_9912.pdf) est de la sorte des sondages mauvais et nuisibles. 1) La question posée est stupide : Who do you think deserves more credit for the killing of Osama bin Laden: Barack Obama or Mitt Romney? Est-ce que vous auriez une réponse honnête à une question de ce genre? 2) 1 072 personnes ont été interrogées, et vous parlez de « 15% des républicains », soit environ 60 personnes (avec l’hypothèse à la louche qu’une personne sur deux est républicaine, l’autre démocrate).

    Finalement, je pense que le résultat principal est plutôt que 60-70% des interrogés ont répondu Obama, et que 25-35% ont – c’est un soulagement – refusé de répondre.

  32. By Jean-no on Sep 21, 2012

    @Kart : Je ne me suis fié qu’à l’article qui rapportait le sondage, mais je ne comprends pas bien votre objection : « Who do you think deserves more credit for the killing of Osama bin Laden: Barack Obama or Mitt Romney? » est une question assez facile, non ?

  33. By Sophie K. on Sep 21, 2012

    Très bel et bon article.
    Un mien parent me disait jadis que ce n’était pas la bêtise qui augmentait chez les humains, mais la connaissance, et qu’en conséquence, la bêtise n’en devenait que plus flagrante et plus désolante. Je serais plutôt de son avis, hahaha !

  34. By Jean-no on Sep 21, 2012

    Bonjour Sophie. Un rapport avec Olivier Koechlin ? Je l’ai un peu croisé en réalisant un CD-rom avec Hyptique il y a bien longtemps.

  35. By Sophie K. on Sep 21, 2012

    Bonjour Jean-Noël ! Non, je ne pense pas du moins, mais les Koechlin sont très nombreux alors nous sommes peut-être cousins lointains… ;)

  36. By Jean-no on Sep 21, 2012

    @Sophie : ah d’accord. Pour moi ce n’est pas un nom si courant, du coup je me demandais :-)

  37. By Wood on Sep 22, 2012

    Sur le sujet des émeutes, un éditorial dans le New-York Times soulève quelques points intéressants :

    « Remember also that it’s not just Muslims who periodically go berserk, but everybody — particularly in societies with large numbers of poorly educated young men. Upheavals are often more about demography than about religion: the best predictor of civil conflict is the share of a population that is aged 15 to 24. In the 19th century, when the United States brimmed with poorly educated young men, Protestants rioted against Catholics. »

     » A Pakistani imam, Abdul Wahid Qasmi, once told me that President Bill Clinton burned to death scores of Americans for criticizing Jesus. If America can execute blasphemers, he said, why can’t Pakistan?

    I challenged him, and he plucked an Urdu-language book off his shelf, thumbed through it, and began reading triumphantly about the 1993 raid on David Koresh’s cult in Waco, Texas. »

  38. By ianux on Sep 22, 2012

    Personnellement, après avoir été un temps pastafarien, je me suis converti à l’absenthéisme : Je crois en Dieu, mais je pense qu’il n’est pas disponible pour le moment. C’est une religion commode, qui explique beaucoup mieux que les autres le monde dans lequel nous vivons actuellement…

  39. By Avril on Sep 22, 2012

    Je peine très sérieusement à croire que la religion soit vraiment le centre de ces affrontements provoqués par ce film débile. Je me demande si quelque part il ne s’agit pas plutôt d’une opposition frontale entre deux (ou plus) systèmes politiques et économiques. De même qu’en Israël il me semble évident que la question n’est pas mulsumans contre juifs ni arabes contre israéliens. Je m’interroge sur le capitalisme (pardon, le « développement ») versus islam politique, et par islam politique, je ne pense pas au Quatar ou à l’Arabie saoudite. Bref, j’aimerais bien une analyse de ce point de vue là, ça doit bien exister quelque part. Parce que dans le passé, les guerres de religion – comme toutes les guerres – ont toujours été conduites pour des raisons politiques par les gouvernants (les gouvernés fanatisés ont peut-être cru honnêtement qu’ils défendaient Dieu, de même que les engagés en Irak croyaient pour certains qu’ils défendaient leur pays contre le méchant Saddam et ses armes de detruction massive). Bien qu’athée, je suis partisane de ce que disait Levy-Strauss, un truc du genre qu’il était étonnant qu’une belle idée comme celle de Dieu ait pu naître dans l’esprit d’un être aussi frustre et violent que l’homme. Rappelons au passage que plus de 90% de la population mondiale croit en un ou plusieurs « dieux », ça doit donc avoir une utilité (notamment celle de justifier le massacre de milliards d’animaux, car à peu près toutes les religions, y compris animistes, ont pour premier objectif de justifier la mainmise de l’homme sur la planète, comme quoi cela ne va pas de soi…)

  40. By Benoît on Sep 30, 2012

    Écriture (n.) Livres sacrés de notre sainte religion, à ne pas confondre avec les récits profanes et mensongers sur lesquels sont fondées toutes les autres.
    Ambroise Gwinnett Bierce, Dictionnaire du Diable, 1955

    C’est plutôt que la foi, l’interdit de remettre en cause une vérité énoncée qui est bête et possiblement dangereux. Et en ce sens, il est aisé d’opposer démarche scientifique et allégeance mentale au dogme, comme tu l’exprimes : « Il n’est pas très étonnant que la religion soit si souvent l’ennemi de la science ».
    Et les religions qui imposent un credo -je crois- à leurs membres participent en effet d’un asservissement des consciences, qui chez certains peut virer au fanatisme. Un fanatisme, né de l’intolérance face à d’autres vérités.

    Qu’il enseignent, s’il leur plait, que leur Dieu se change en pain, mais qu’ils n’enseignent jamais que l’on doit haïr ou détruire ceux qui refusent de croire ce mystère ineffable.
    Paul Henri Dietrich d’Holbach, Le Christianisme dévoilé, 1767

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