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De la politique-fiction dans Le Nouveau Détective

mars 27th, 2011 Posted in indices, Parano

Sur la banquette d’un train, j’ai trouvé un numéro du Nouveau Détective, hebdomadaire dédié au récit de faits-divers et d’enquêtes criminelles. Je connais ce titre comme tout le monde mais le fait est que je ne l’avais jamais lu, je m’étais contenté d’en imaginer le contenu sur la foi de ses couvertures choc évoquant des affaires judiciaires sordides.

Le Nouveau Détective est la continuation de Détective, fondé en 1928 par Joseph Kessel et Gaston Gallimard. Il a connu d’autres avatars : Qui Détective, Qui Police, et depuis une trentaine d’années, donc, Le Nouveau Détective. La diffusion de ce journal en 2011 est de plus de 270.000 exemplaires chaque mercredi, ce qui me semble considérable pour un journal qui fait finalement peu parler de lui. Un tel tirage est certes inférieur à celui de France Dimanche, Ici Paris et de Voici (450.000 exemplaires chaque), mais il est comparable au tirage de Marianne, du Journal du Dimanche ou de VSD, deux fois supérieur au tirage du quotidien Libération, et cinq fois supérieur au tirage des Inrockuptibles (50.000 exemplaires). C’est donc loin d’être un média négligeable. On ne le trouve pas dans les salles d’attente de cabinets dentaires, on l’achète (1,60€) pour le lire chez soi. Le Nouveau détective n’est plus lié à Gallimard mais est édité par les éditions Nuit et jour, connues aussi pour le titre Horoscope. Nuit et jour, qui appartient à présent au groupe allemand Burda et au groupe italien Rizzoli a été un véritable empire de presse après la seconde guerre mondiale avec des titres tels que Radar, Rêves, mais aussi Galaxie, l’édition française de la revue américaine de science-fiction Galaxy.1

En feuilletant le journal, je n’ai pas été très surpris par son contenu : une maman et son bébé brûlés vifs dans une voiture piégée par le père et époux ; des coups de feu mortels à Rivesaltes ; une femme dont on a retrouvé le tronc dans une valise ; un gourou ; des jumelles disparues ; un haut fonctionnaire devenu SDF et meurtrier ; une femme sauvagement assassinée dont les photos provoquent des malaises au procès… Au dos du magazine, après tous ces exemples macabres de méchanceté humaine, on trouve en pleine page une publicité pour une « convention obsèques » dont les clients recevront en cadeau une station météo électronique. On trouve aussi des pages de variété : dessins d’humour, mots-croisés, horoscope, florilèges de bons mots, nouvelles légères diverses, et même une biographie d’Annie Girardot dont il est sous-entendu que François Mitterrand a été l’amant d’un soir. Outre la publicité pour la « convention obsèques », le journal contient une vingtaine de réclames, réparties sur deux pages : rencontres, astrologie, voyance, et puis un cours par correspondance qui promet à ses souscripteurs de pouvoir en faire des détectives professionnels en six mois seulement. Parmi les articles légers, on en trouve un qui raconte les malheurs d’un homme persécuté par la justice au motif qu’il a jeté un magazine sur lequel se trouvait son nom dans une poubelle qui n’était pas faite pour ça. L’article, intitulé Pas de tri sélectif dans la connerie, se conclut par ces mots : « Vous voilà avertis : si vous vous aventurez à jeter vos détritus à la poubelle, prenez soin de supprimer toutes les traces qui permettraient de remonter jusqu’à vous. Car sans le savoir, vous pourriez être poursuivi pendant que chaque jour, on découvre que de vrais voyous et même des assassins sont laissés en liberté ».

Parmi tous ces sujets, un article m’a franchement étonné. Intitulé Et si ça arrivait vraiment ?, le papier raconte la trame d’un roman publié il y a près de quarante ans par Jean Raspail2, le Camp des saints, récit d’anticipation au succès important en son temps semble-t-il, qui raconte le débarquement d’un million d’indiens affamés sur la plage de Nice. Déferlant comme des grillons, ils piétinent sans la moindre reconnaissance les « gauchistes et les intellectuels » qui étaient venus les accueillir. Le gouvernement, que la compassion rend lâche, envoie l’armée, mais autorise les militaires à ne pas suivre l’ordre de refouler cette marée humaine de souffreteux. Un vieux professeur de lettres, profondément épris de son arrière-pays niçois, prend l’initiative de résister, bientôt rejoint par « quelques hommes de sang froid dont un colonel et un ministre ». Il refuse d’abandonner sa maison vieille de trois siècles au débarquement de misère qui déferle sur le Var. Mais cette résistance déplaît à l’Assemblée populaire multiraciale de la commune de Paris, qui gouverne le pays et qui décide de choisir le lundi de pâques pour bombarder le mas provençal de ce bon catholique.

L’auteur de l’article, anonyme, prétend qu’un tel roman est trop subversif pour notre époque et affirme qu’aucun éditeur n’oserait prendre le risque de le rééditer en 2011 du fait de « nouvelles lois qui limitent la liberté d’expression en France » et font que le livre contient, selon des avocats, « 87 motifs de poursuites pénales ». Le lecteur un tant soit peu attentif sourira de cette évocation d’un livre « maudit », « interdit », alors même que l’article annonce… sa très récente réédition par Robert Laffont.

Ce rêve mouillé national-masochiste a de quoi faire pouffer de rire, mais Le Nouveau Détective le place dans la rubrique « Prémonition » et mélange le résumé du roman avec des citations politiques (« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde »), des considérations générales un peu cliché qui ne signifient pas grand chose dans la pratique (« Immigration : des vides juridiques à combler ») et des énonciations fantaisistes de « faits » en rapport avec l’immigration clandestine, à grand renfort de cartes d’état-major qui présentent les flux migratoires comme une bataille stratégique dont toutes les directions semblent pointer vers l’Europe occidentale et même, vers la France, présenté comme un désirable pays de cocagne dont les habitants n’ont été que trop accueillants et trop bons.
La conclusion qu’essaie de vendre l’article est que le roman de Jean Raspail, fiction quarantenaire, n’a fait que décrire une situation qui, mutatis mutandis, se serait vérifiée depuis, ou serait en passe de l’être. La démonstration est confuse, sans logique, bête, ignorante des faits, fantasmatique et comique. Mais c’est pourtant ce genre d’article, peut-être, qui motive certains bulletins de vote3.

Je me sens presque vexé ou honteux de réaliser que je n’ai jamais eu la curiosité de jeter un œil sur ce type de presse, car au fond, c’est sans doute dans des « lieux » de ce genre que se forge une partie de la conscience politique du public4 et il serait sans doute imprudent de négliger leur existence.

  1. Lire : Nuit et jour, un empire de presse de l’après-guerre, par Charles Moreau / Fantastik Blog. []
  2. Ancien consul de France en Patagonie, Jean Raspail a manqué de peu l’Académie Française en 2000. Je n’ai jamais rien lu de lui à vrai dire, pas même sa sulfureuse tribune La patrie trahie par la République, publiée en 2004 dans le Figaro. Sur la photographie publiée par Le Nouveau Détective, l’écrivain n’a pas l’air commode. []
  3. Pas sans rapport, on lira avec intérêt (mais peut-être pas avec étonnement) l’article Comment les métaphores programment notre esprit, par Rémi Sussan sur InternetActu, qui évoque des études tendant à prouver que l’appréhension que le public peut avoir d’un fait dépend des métaphores qu’on emploie pour le présenter — j’en tire pour ma part comme conclusion qu’il est très important d’être exigeant en matière d’art, de littérature et de fiction. Si nous réfléchissons pour partie par le biais de storytelling, autant que ce storytelling soit de qualité, non ? []
  4. Entendre le mot « le public » au sens de « tout le monde » ou « les gens », sans connotation péjorative ou sans lien direct avec l’idée de spectacle. Quand à la locution « conscience politique », je m’en explique en commentaire : ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec certaines idées qu’elles ne relèvent pas de la « conscience politique ». []
  1. 45 Responses to “De la politique-fiction dans Le Nouveau Détective”

  2. By Thierry on Mar 27, 2011

    Oui, ce qui est effrayant en effet, c’est que ce soit ce genre de torchon qui façonne les idées d’un nombre non négligeable de nos contemporains. Dans le même genre, une relecture de Nostradamus expliquait il y a une trentaine d’années que l’Europe serait envahie par des légions islamiques. Ce qu’il y a de plus permanent, ce sont les fantasmes. Ils traversent les siècles.

  3. By troiscarres on Mar 27, 2011

    Bonjour Jean Noêl,

    Bravo pour cet article qui montre bien comment d’autres médias participent à la radicalisation des opinions. Afin de conforter tes observations il serait souhaitable d’avoir le taux de circulation du journal Détective.
    Car son impact peut être facilement placé à la hausse… C’est amusant car nous ne voyons jamais apparaître ce journal dans nos activités pédagogiques…

    bien à toi

    s

  4. By Jean-no on Mar 27, 2011

    @troiscarrés : c’est vrai, les étudiants ne sortent rien avec ce genre de presse (tandis que le magazine en papier glacé peut venir sur le tapis), alors qu’il y aurait sans doute matière.

  5. By cpolitic on Mar 27, 2011

    Une manipulation sournoise des opinions…par des journaux normalement « anodins » ou presque.
    bel Article oui

  6. By nitzer70 on Mar 27, 2011

    Article très intéressant, Merci!

    Quand j’étais enfant durant les années 70 ce type de presse traînait toujours chez ma nourrisse en compagnie de quelques numéros du crapouillot….la messe était dite.

  7. By Jean-no on Mar 27, 2011

    @nitzer70 : Le Crapouillot, encore un média assez étonnant. C’est un peu le Canard enchaîné qui serait passé du côté obscur. Les deux journaux avaient démarré ensemble, pendant la guerre de 14-18, c’étaient en ce temps deux des rares journaux libres et soucieux de diffuser une information exempte de propagande. Au fil des décennies, leur évolution a divergé… Le Canard est devenu une institution au poids politique important (le vrai journal de référence finalement) et reste drôle à lire tandis que le Crapouillot s’est enfermé dans des sous-entendus complotistes paranoïaques…

  8. By Level on Mar 27, 2011

    Article marrant, même si cette « presse » a toujours existée (y a aussi Le Crapouillot dans le genre).

    Par rapport à l’article de votre note n°3 (les metaphores…) je l’ai lu attentivement et je dois dire que ces chercheurs ont un peu redécouvert l’eau mouillée quand même… Ce qu’ils décrivent c’est le principe de propagande qui est utilisé, même dans sa forme moderne, depuis longtemps.

    Relisez donc les ouvrages de Normand Baillargeon qui décrivent tout ça bien mieux et sans faire de la psychologisation sociale de bas étage…

  9. By Jean-no on Mar 27, 2011

    @Level : c’est pour ça que je spécifiais que l’article n’était pas spécialement surprenant – je l’ai mentionné parce qu’il est récent mais on peut bien sûr citer foule d’autres références, y compris parmi les sciences expérimentales (psychologie sociale, sciences cognitives), mais aussi chez les philosophes (Baillargeon bien sûr), ou encore les gens qui ont étudié la langue de manière scientifique (Chomsky) ou littéraire (Barthes, Foucault,…). On peut aussi se rappeler de la description de l’inconscient que faisait Henri Laborit : une espèce de mer agitée de motivation neuro-chimiques dont on ne retient que l’écume (ou quelque chose du genre).
    Reste que l’approche évoquée par l’article, qui donne aux métaphores une priorité sur les faits décrits, me semble intéressante et je prendrai certainement le temps d’aller lire les papiers des auteurs de l’étude qui a motivé cet article.

  10. By Nary on Mar 27, 2011

    Bonjour,
    Arrêt sur image a consacré un article à la réédition du Camp des Saints le premier mars 2011 :
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3789
    Je crois que ce n’est visible qu’aux abonnés par contre.
    « Le livre se classe parmi les meilleures ventes de la semaine du 7 au 14 février, selon TopIpsos, cité par le blog du Monde.fr Droites Extrêmes. La semaine dernière, il est monté à la 15e place, selon des chiffres de Livres Hebdo à paraitre ce vendredi, avec 4699 exemplaires vendus au total depuis le 3 février. » Au 1er mars. L’article tente ensuite de savoir pourquoi un tel succès.

  11. By Jean-no on Mar 27, 2011

    @Nary : article très intéressant que j’avais manqué (bien qu’étant abonné)

  12. By Jean Robin on Mar 27, 2011

    Excellent article, que je relaie: http://www.enquete-debat.fr

  13. By Mirabo on Mar 28, 2011

    C’est en effet assez inhabituel (du moins je suppose) de trouver cela dans ce journal ; mais, au fond, l’étalement de la pire criminalité qu’on y voit généralement par ailleurs est-il si anodin politiquement ?
    Dans le genre « le monde est plein de méchants juste à côté de chez vous, et toutes ces horreurs auraient pu vous arriver », on sait vers quelles rives électorales pousse ce type de vent mauvais…

  14. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Mirabo : Vous avez évidemment raison mais ce contenu-là est, au moins, annoncé d’emblée par les « unes » du journal, elles n’ont rien de surprenant.

  15. By Bert on Mar 28, 2011

    « que se forge une partie de la conscience politique du public »

    Ce n’est pas de la conscience politique, c’est de l’ignorance, et ces mecs vendent du papier en manipulant la bétise, l’absence d’éducation, et l’ignorance.
    Mais ca n’a rien à voir avec une « conscience politique ». Juste un raisonnement simpliste et réactionnaire.
    Ils votent, ensuite, bien sur, mais ce n’est pas non plus de la politique, ce n’en est plus, ou ne l’a jamais été, juste une foire à la manipulation.

  16. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Bert : il me semble un peu paradoxal de vouloir définir la locution « conscience politique » tout en distinguant les opinions qui ont le droit de cité sous ce nom des autres, de même que je ne vois pas de démocratie légitime sans la liberté de ses opinions. Personnellement, les idées de Jean Raspail et du Nouveau Détective me semblent extrêmement malsaines mais il me semble qu’il s’agit bien d’une forme de conscience politique – comme les « états modifiés de la conscience » provoqués par le LSD sont bel et bien une forme de conscience finalement.

  17. By Jojo on Mar 28, 2011

    C’est logique que l’on ne se penche guère sur la presse de faits divers. C’est un « mauvais genre », comme le sont les « romans sentimentaux » pour la littérature ou les films d’horreur pour le cinéma. C’est une niche, presque une sous-niche.

    C’est assez trash comme presse. Je me suis souvent demandé qui était le lectorat de ce genre de magazines.
    Qui est fasciné par les faits divers, des histoires plus glauques les unes que les autres ?

    J’ai cru pendant un moment qu’il s’agissait d’un public pas très instruit.

    Mais je pense plus maintenant, que comme pour beaucoup d’autres sujets, l’explication serait plus à chercher du côté de la psychanalyse.

    Ne serait-ce que le mépris qui existe vis à vis de cette presse et de ce lectorat.

    Comme si c’était toujours la même rengaine : la face cachée des choses, ce que l’on ne veut pas voir, le refoulé, les pulsions qui dérangent et qu’on rejette immédiatement.

    J’ai lu quelques articles de Detective. Et le malaise à la vue des titres de ce magazine n’a fait que se confirmer à la lecture des articles.
    Sous couvert de dénoncer des choses condamnables, il est clair que les articles sont rédigés de sorte à insister le plus possible sur tous les détails macabres.

    En gros, comme si hypocritement les lecteurs achetaient Detective parce qu’en lisant les articles ils peuvent fantasmer. Le sadisme des crimes racontés dans le détail leur excite l’inconscient au niveau des pulsions de mort, de destruction.
    De la branlette pour refoulé.

    L’article de Detective sur les invasions de barbares joue lui sur les peurs, comme le fait le racisme : peur de l’autre (et donc peur de « l’autre » qui est en soi).

    Je ne sais pas si c’est nouveau ce genre d’articles dans Detective (les articles qui titillent le racisme).

    Mais c’est clair que l’air du temps est à la peur, au repli (depuis un certain temps il est vrai) et peut-être Detective essaie t-il de jouer sur cette vague lui aussi.

    A surveiller si la prochaine tendance dans Detective ne serait pas l’apocalypse (ultra tendance cette année)

  18. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Jojo : comme c’est la première fois que j’ouvre ce journal je ne sais pas du tout s’il a déjà traité ce genre de sujet spéculatif, paranoïaque et (au sens strict) xénophobe. C’est bien ce que je me demande en fait !

  19. By Incertain on Mar 28, 2011

    Bonsoir,
    on se demande bien pourquoi « ce bas peuple » qui lit de telles inepties a le droit de vote. Votre article reflète une sorte de mépris aristocratique qui appartient, en principe, à un temps révolu quand on est démocrate.

  20. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Incertain : je n’ai pas parlé de « bas peuple » il me semble. Je n’ai pas de mépris pour les passions ou pour les pratiques culturelles, même un peu ridicules ou étranges. Sur la démocratie, ma position est très claire : aucun autre système n’est légitime, mais il n’en reste pas moins vrai que nombre de gens ont le droit de vote tout en ayant une capacité d’analyse politique objectivement faible, ce qui rend la démocratie bien périlleuse dans un monde où l’éducation est si souvent confondue avec une forme imbécile de dressage et où la stupidité est flattée et encouragée par tous ceux qui ont quelque chose à vendre aux ânes, aux chiens ou aux rats, et ils sont pléthore. La démocratie est légitime, mais la multitude n’est pas bonne ou belle en elle-même.

  21. By Altshift on Mar 28, 2011

    Il existe probablement plusieurs raisons qui motivent les acheteurs de ce genre de publication, qui, autant que je puisse le savoir, fait son beurre sur des faits divers sordides réels et/ou romancés, lance ou alimentent des « rumeurs » telle que celle dite « d’Orléans » (cf. E.Morin) et les délires sécuritaires.
    De même que certains publics semblent adorer les films d’horreur, les séries qui se déroulent dans des hôpitaux, certains sont friands de ces émissions présentant les « grandes affaires criminelles » qui semblent se multiplier sur les canaux de télévision. Dans bien des cas, l’horreur, la maladie, la mort, le meurtre montrés comme spectacles peuvent être un moyen pour le spectateur d’exorciser ses peurs les plus profondes, ou de flirter avec les comportements humains extrêmes, avec les interdits sociaux et moraux.
    Les mangas japonais que vous évoquiez dans un autre article et qui mettent en scène la fin du monde, les tsunamis ou les accidents nucléaires, les nombreux films présentant un invasion d’extraterrestres ou de communistes fonctionnent aussi sur les mêmes ressorts et les mêmes fantasmes, suivant l’époque ou la culture qui les alimente.

    Ce que « qui police » ou détective » ont, ou pourraient avoir de particulier, est qu’ils jouent sur une ambiguité entre la narration romancée et l’information objective. Il est toutefois difficile de mesurer jusqu’à quel point les lecteurs ou feuilleteurs de ces publications sont dupes, crédules ou donnent un certain crédit à ce qu’ils lisent. Mais cette ambiguité est alimentée par les media de masse dits sérieux, lesquels ne peuvent s’empêcher de donner systématiquement au consommateur d’informations une dose plus ou moins forte de fait divers sordide, comme une récréation entre les cataclysmes dans le monde et le retour du beau temps avec les hirondelles pour finir sur une note heureuse.
    On se souvient pourtant qu’en 2001/2002, tous les media de masse avaient, d’une façon beaucoup plus efficace que « détective » diffusé des informations supposées être objectives, sur des faits divers, des meutres, des violences impliquant des français d’origine maghrébine qui s’étaient révélés fausses, pipotées ou montés de toutes pièces pour faire frissonner le chaland… et éventuellement diriger l’opinion publique vers des attitudes de panique ou de repli sécuritaire.
    Tout se passe donc comme si la plupart des media calquait leur contenu et leur fonctionnement narratif sur les images qu’on peut encore lire en bas relief sur les porches de certains édifices religieux catholiques qui enjoignent de choisir le « bon » côté par la menace et la promesse, lesquels n’ont jamais empêché les bons chrétiens d’être fascinés par l’horreur.

    Quant au roman que vous décrivez et dont parle ce torchon que vous avez accidentellement lu, il semble se nourrir / alimenter de plusieurs de ces peurs. Celle du communisme, puisque c’est un gouvernement communard qui accueille les migrants à bras ouverts, et celle de l’invasion presque extraterrestre -pour les bons chrétiens bien français, le droit du sol implique que les humains nés ailleurs sont extra-terrestres-.

    Pas plus que « la planète des singes » n’a mis fin aux armes atomique ou au goût pour les animaux de compagnie, ce roman ou même « détective » quel que soit leur côté nauséabond ou aussi bas que soient les ressorts sur lesquels ils jouent et auxquels ils doivent leur succès, ne peuvent indépendamment d’autres media ou d’un inconscient fortement ancré modifier les conceptions collectives du monde.

  22. By Incertain on Mar 28, 2011

    Bonjour Jean-No et merci d’avoir répondu à mon message, qui était un peu piquant.
    Mais vous me semblez dans une contradiction insoluble :
    – soit on donne le droit de vote aux gens, et de facto on considère qu’ils ont un « niveau d’analyse politique » suffisant ;
    – soit, si, comme vous, on considère leur « niveau d’analyse politique » comme faible, on ne leur donne pas le droit de vote.
    Vous avez le droit d’être contre la démocratie, comme Platon. Ce n’est pas grave, vous savez, n’ayez pas peur de tirer les conséquences de vos propres pensées.

  23. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Incertain : je m’accommode très bien de cette contradiction personnellement, en n’espérant pas de système parfait ! La légitimité démocratique ne vient pas de la sagesse du peuple mais du fait que les systèmes non-démocratiques sont encore moins légitimes. Par conséquent je suis extrêmement attaché à la démocratie, je pense juste qu’il faut améliorer le niveau de compréhension des enjeux qu’ont ceux qui votent… et même ceux pour qui on vote, qui ne sont pas toujours franchement des flèches eux-mêmes. Je crois à l’éducation (au sens de Comenius, Rousseau, Montessori : éveiller, instruire, mais pas dresser) comme moyen de rendre la légitimité de la démocratie encore plus légitime. Je n’aime pas trop Platon, ce dominateur prétentieux.

  24. By bert on Mar 28, 2011

    Aaaah, je n’ai pas dit qu’une opinion n’avait pas le droit de cité, sous le nom de conscience politique ou autre! Je me suis mal expliqué. Je voulais dire que jouer sur le goût pour le macabre et le sensationnalisme, ou exprimer des idées racistes ou xénophobes ne pouvait pas créer une conscience politique. Il existe évidemment une conscience politique basée sur le racisme et la xénophobie (je m’en aperçois tous les jours…), mais elle n’est pas due aux jeux de la presse caniveau qui ne fait qu’exploiter les sentiments et les peurs d’un lectorat peu informé par ailleurs.
    Plutôt que le parallèle avec le LSD, je préfère celui de la religion: Exploiter la croyance en dieu à des fins « personnelles » (politiques, financières, sexuelles…) n’est pas un éveil de la conscience religieuse.

  25. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @bert : drogue, religion… un peu pareil : des gens pensent accéder à un autre niveau de conscience tout en se faisant vider les poches.
    Bien sûr, ce que diffuse le Nouveau Détective n’est pas de l’information politique (et lorsque c’est le cas, ce n’est pas fait très franchement), mais je réalise que ce genre de presse a peut-être un poids politique.

  26. By Armand on Mar 28, 2011

    Raspail (avec toute la bande du Figaro : Druon, Dutourd, d’Ormesson) était un con, mais Détective reste la source d’inspiration de plusieurs chefs-d’oeuvre de Jean-Luc Godard.

  27. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @Armand : en fait Raspail (comme d’Ormesson, dont j’ai toujours apprécié la suavité mondaine je l’avoue) est toujours en activité !

  28. By abonné à détective on Mar 28, 2011

    Si je comprends bien les bonnes âmes qui hantent ce fil, il est de mauvais goût d’exposer les méfaits des assassins et criminels et les abus divers dont notre société est coutumiére (y compris les abus de pouvoir et la délinquance en col blanc) comme le fait, avec talent, « Détective ».
    Vous préféreriez que tous ces faits restent cachés, drôle de conception de la démocratie et de la liberté d’information et d’expression!

  29. By Jean-no on Mar 28, 2011

    @abonné à détective : les fais divers, les assassinats, c’est la spécialité du Nouveau Détective, ok. On peut trouver ça de mauvais goût (ça l’est) mais effectivement, il n’est question que d’histoires vraies et on sait la délectation et l’effroi que ce genre d’histoires provoque chez chacun de nous (ça a été étudié en psychologie, cf. 150 petites expériences de psychologie des médias : Pour mieux comprendre comment on vous manipule de Sébastien Bohler.
    Mais que répondez-vous à mon billet ? L’article dont je parle ne traite pas de faits mais laisse entendre qu’un roman de politique fiction paranoïaque nationaliste constituerait une prédiction, un avertissement… Que répondez-vous sur ce point ? On est plus dans la propagande que dans l’information, non ?

  30. By Altshift on Mar 29, 2011

    Êtes-vous vraiment sûr que ce « nouveau détective » étale dans ses pages des histoires vraies ? Si les faits divers qui sont à l’origine des articles, de même qu’ils inspirent parfois des romanciers, sont potentiellement réels, la narration et les prolongements sont par nature romancés, et, éventuellement idéologiquement et intentionnellement dirigés.
    Que fait la police face à un crime ? Habituellement, elle cherche à l’élucider et dans ce but croise des faisceaux d’indices pour reconstituer les événements. A cette fin, les limiers sont bien obligés de suivre des fausses pistes, faire des suppositions dans diverses directions afin d’éliminer une à une les pistes erronées.
    Conan Doyle ne fait-il pas dire à son héros : « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité » ?.
    Dans ce sens, l’enquêteur serait par nature un romancier… si bien que l’auteur des textes de Détective, d’autant plus qu’il s’occupe de narration et est bien contraint, pour son lectorat, de simplifier les choses ou de les diriger, fabrique de la fiction. Idée que semble confirmer ici ( http://www.cahiersdujournalisme.net/cdj/pdf/14/05_Deleu.pdf ) Monsieur Deleu.

    Contrairement à ce que prétend l’abonné (réel ou fictif) à détective, ce genre de publication n’a pas pour fonction de révéler au public les abus et violations de la morale en tous genre, mais bien d’en faire un spectacle destiné à vendre du papier à certains amateurs de sensations fortes ou certaines vieilles dames indignes qui ont déjà lu tout Agatha Christie dix fois.

    Quelle que soit la nature de l’idéologie qu’il promeut, »Le camp des saints » est, tout comme l’apocalypse de Jean, un roman, et n’est pas supposé être condamnable en tant que tel. En revanche, sa promotion par le nouveau détective semble d’autant plus idéologique que « nuit et jour » (groupe rizzoli) qui édite Détective et « Robert Laffont » (groupe Editis) qui publie le roman, ne semblent pas être liés par des intérêts commerciaux communs.

    Si le roman de raspail que je n’ai pas lu, peut sembler porteur d’une idéologie chrétienne, conservatrice, raciste, le lecteur peut tout aussi bien en élargissant le contexte historique, comprendre que l’immigration d’indiens vers la France, prophétique ou non, ne fait que révéler que nous pratiquons tous des langues indoeuropéennes et que pour leur grande majorité, la population de l’europe et ses cultures proviennent de l’orient.
    Dans le même ordre d’idées, j’ai visionné récemment un film long métrage d’Afrique du Sud (il me semble) intitulé “district 9″ dont j’ai cru jusqu’à la fin qu’il était un plaidoyer contre l’apatheid. Or, si je me souviens bien, les réfugiés ghettoïsés, quoique pacifiques, incarnés dans le film par des extra-terrestres, finissent par trouver un moyen pour réparer leur vaisseau en panne et regagner leur galaxie… ce qui montre aussi une certaine idéologie quant à l’intégration et au mélange des cultures. Pour compenser, le héros au départ bien humain se transforme en métis extraterrestre…

  31. By Altshift on Mar 29, 2011

    Je pensais soudain, dans un tout autre genre à « Quand la Chine s’éveillera » de Alain Peyrefitte, après vérification, il a été publié la même année que « le camp des saints ».

  32. By Jean-no on Mar 29, 2011

    @Altshift : Le Nouveau Détective s’appuie sur des faits-divers authentiques mais leur récit est brodé, sans aucun doute : c’est bel et bien de la spectacularisation, du théâtre de grand-guignol, quoi, tout sauf de l’information – une exception (et les meurtres affreux relèvent heureusement de l’exception) ne porte que peu de caractère informatif a priori, même si la « micro-histoire » a prouvé qu’on pouvait trouver des indices de la grande histoire dans les récits singuliers et anecdotiques.

    District 9 est un film un peu désespéré mais il ne fait pas que parler de l’apartheid par une métaphore lourdaude, il en parle aussi en montrant une Afrique du sud où blancs et noirs vivent bien ensemble, en règle générale, et où les problèmes sont ailleurs : pègre nigériane, sociétés d’armement, et bien sûr, extra-terrestres.
    Ce n’est pas un film aux conclusions très claires, mais il est assez ouvert à la réflexion de chacun, finalement. Je l’ai trouvé plutôt réussi. Il commence à exister des films de science-fiction venus de pays inattendus : Kenya, Mexique (Sleep Dealer), et Afrique du sud. J’espère que ça va continuer.

  33. By Benoît on Mar 30, 2011

    La presse des faits divers criminels est ancienne et avait au XIXe beaucoup de succès (http://www.histoire-image.org/anlsye.php?i=1091).
    Ces récits mêlent les destins ordinaires auxquels tout le monde peut s’identifier aux grands drames de la vie et catalyse les angoisses individuelles et sociales. Parmi ces dernières la peur du horsain y a bien sûr une place centrale et la dimension xénophobe de ce type de presse n’a rien d’étonnant, a toujours existé et en est même un des piliers.
    Cela peut certes fabriquer des opinions et conditionner des choix politiques. Mais c’est vrai pour aujourd’hui comme pour hier. AMHA, ce qui « donne le la » et fabrique encore l’opinion ce sont les grand-messes du 13 h et du 20h. Certes c’est en train de changer (en France le référendum de 2005 en était un signe) mais ça reste encore déterminant et pour un moment encore (là j’ai cherché une vidéo de « La grand messe du 20h » de TVN 595 des Nuls mais je n’ai malheureusement pas trouvé).

    Enfin à propos du Nouveau détective, un journaliste-écrivain spécialisé dans le crime et le banditisme m’avait raconté que le lectorat de ce journal était composé quasiment exclusivement deux publics : les vieux et les immigrés.

  34. By Benoît on Mar 30, 2011

    [edit]
    http://www.histoire-image.org/analyse.php?i=1091

  35. By Martin T. on Mar 30, 2011

    Très bon article en effet.
    Détective a vu le jour le 1er novembre 1928 (Jour de la fête des morts !) à l’initiative de Joseph Kessel et Gaston Gallimard (Il semble que Kessel cherchait avant tout à caser son frère Georges.) Le magazine accueillait alors des grandes signatures : J. Kessel bien sûr, mais aussi Mac Orlan, Maurice Garçon ou Francis Carco par exemple. Malgré ces « plumes », et des « Unes » imprimées en sépia absolument magnifiques (Vues de Chicago, du bagne de Cayenne, portraits de Violette Nozières, ou encore des soeurs Papin) Détective a, déjà, mauvaise presse. Accusé de créer des vocations criminelles en exposant les « exploits » des malfaiteurs, J. Kessel se défend : « pour combattre le crime, il faut le dénoncer. »
    Le magazine cesse de paraître au début de la Seconde guerre mondiale. A la Libération, malgré l’insistance des journalistes, Gaston Gallimard qui a des soucis avec la NRF et Drieu La Rochelle préfère ne pas relancer le titre, jugé scandaleux. Les éditions Nuit et Jour rachètent Détective.
    C’est alors sans aucun doute l’âge d’or du magazine, d’un point de vue qualitatif. Ses journalistes Marius Larique, Henri Danjou, ou encore Harry Grey sont de tous les combats : contre la peine de la peine de mort, contre le bagne, contre la misère (qui engendre le crime), pour l’innocence des accusés à tort (Affaire Mis et Tiennot, Affaire Seznec).
    Dans les années 60, le magazine dérive. Les articles (qui paraissent parfois bidonnés) et les titres ont systématiquement une connotation sexuelle. Des pin-up illustrent les unes aux côtés de titres tapageurs. On a tous en mémoire une affiche de Détective vue en devanture d’un marchand de journaux, du genre : « Elle s’offre à des inconnus le soir des ses noces ».
    Aujourd’hui, le magazine (qui appartient désormais au groupe allemand Burda) continuerait à vendre entre 200 et 250 exemplaires par semaines.
    On voit dans l’histoire de Détective (ou des ses nombreux avatars Qui Détective, Qui ? Police, Le Nouveau Détective) que le journal a le don de surfer sur l’air du temps. Des années 60-70, au moment de la libération sexuelle, où les cinémas pornos ont pignon sur rue, Détective fait du cul. Aujourd’hui, au moment où Mme Le Pen fait des scores, Détective fait de la peur de l’étranger, de l’invasion barbare… Ce n’est pas lui qui fait naître ces manifestations, il les exploite. En cela, il est davantage manipulé par ses lecteurs (qu’ils cherchent peut-être à contenter) plus qu’il ne les manipule. Ce qu’il faut constater, c’est que Détective est en prise directe avec la réalité sociale. En dénonçant cet article de politique-fiction scandaleux (et il fallait le faire), il ne faut pourtant pas se tromper, tomber dans le fameux piège de la lune et du doigt… Détective est un doigt (un doigt bien coupable cependant à mon avis) mais c’est la lune qui est effrayante…
    Imaginez un journal comme Détective, qui exposerait la réalité sociale, celle des immigrés, des clandestins, de la misère… Celles des femmes battues, des enfants martyr… Un Détective comme le souhaitait Kessel qui combattent le crime en le dénonçant sans désigner de boucs émissaire… Tout cela sans haine, sans colère, sans invectives… sans parti pris. Cela serait un beau journal non ?

  36. By Jean-no on Mar 30, 2011

    @Martin T. : merci pour ces précisions érudites. Sur la lune et le doigt, ma théorie personnelle en termes de culture de masse c’est que l’influence n’est pas dans un sens ou dans l’autre mais dans les deux sens à la fois : les lecteurs influent sur détective qui influe sur ses lecteurs, et savoir qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier n’a pas tellement d’importance (je parle un peu de ça en intro à l’article Bohemian Rhapsody).

  37. By Martin T. on Mai 17, 2011

    Pour information : Le mensuel Horoscope, qui appartient aux Editions Nuit et Jour, groupe Burda, qui éditent aussi Le Nouveau Détective, publie ce mois-ci un article consacré aux « prophéties » de Jean Raspail. C’est le visage de l’écrivain à la une du magazine qui m’a alertée. Le titre est : La terrifiante prophétie de l’homme au regard de glace. Au dessus on peut lire : 1973, il a vu des milliers de cadavres flotter sur l’eau, le sang, la guerre et la mort… 2011 Tout s’est réalisé !
    Je m’interroge sur cette nouvelle publication : s’agit-il d’un « recyclage économique (moins cher de repasser les mêmes papiers ?) », de paresse journalistique (moins fatigant de recopier le papier de la rédaction de l’étage du dessous ?) ou d’une vraie campagne éditoriale ?

  38. By Jean-no on Mai 18, 2011

    @Martin T. : ou bien tout ça à la fois !

  39. By Martin T. on Mai 21, 2011

    @ Jean-no : mais alors, ce serait… terrifiant ! Pour info : depuis votre article, j’ai acheté trois semaines de suite Le Nouveau Détective. C’est un journal incroyablement agressif et vulgaire (beaucoup de titres comportant les mots « cons », « salaud », « racaille », « niquer », « salope », « pipe » (dans le sens fellation)). Les articles sont souvent « à charge », en tous jamais contradictoires comme je crois que c’est la règle en matière de journalisme d’investigation. Très éditorialisés en tous cas. Un exemple frappant : l’hebdomadaire a publié un article pour dénoncer la procureure qui poursuit Silvio Berlusconi : la magistrate est soupçonné d’acharnement par jalousie : elle est môche (selon le journaliste) et Berlusconi ne la pas invitée à ses soirée Bunga Bunga.
    Autres curiosité relevée à la lecture du Nouveau Détective : les nombreux articles signés « de Notre Correspondant » (sans nom). Les journalsites ne sont-ils pas obligés de signé leurs écrits ? S’agit-il de gens qui ne veulent pas qu’on sache qu’il écrivent pour ce magazine ?

  40. By Jean-no on Mai 21, 2011

    @Martin : c’est vrai, la grossièreté des articles est très inhabituelle. Je n’ai pas eu le courage de suivre plusieurs semaines de suite le journal, je dois l’avouer. Je me demande comment ils couvriront l’affaire DSK. La mention évasive de « notre correspondant » est étrange, surtout pour signer des articles d’opinion pure comme ces pages sur le roman de Jean Raspail.
    Depuis mon article, j’ai été assez attentif, je remarque que dans le train ou dans le métro, il est courant de voir des gens lire Le Nouveau Détective, plus courant, peut-être même, que des magazines aux tirages plus élevés comme Paris Match, l’Express ou Marianne.

  41. By Jeff on Juil 31, 2011

    Je ne l’avais pas encore lu votre article.

    Il est éloquent. On en apprend.

    Oui, c’est d’autant plus sinistre que c’est l’ OTAN et les USA qui envahissent ces pays, les bombardent, massacrent les populations civiles et ruinent ces nations. Quand ils n’y mettent pas des dictateurs pour un siècle qui font le boulot pour lequel ils ont été mandatés. Soumettre autoritairement les populations.

    Un jour, dans un siècle dans 10 000 ans, le dictionnaire de l’infamie humaine répertoriera ce jeu de miroir imaginaire au XXI ° siècle où les meutes de bourreaux aux armes hyper-sophistiquées s’imaginent victimes tout en fantasmant que les victimes sont les envahisseurs. Quelle pitié ! Et nous n’en sommes pas encore sorti de cette saloperie. Le bushisme international n’a pas encore rendu l’âme. Il mute dangereusement.

  42. By puccio stéphane on Fév 19, 2012

    bonjour les gens,

    étant lecteur du ND depuis quasiment toujours, je tiens à apporter des précisions quant aux propos tenus dans cette feuille de chou.

    Je pense sincèrement qu’il faille prendre les avis émanant de cette publication avec du recul, plutôt comme un reflet sociologique qu’une réelle velléité de nuire à la démocratie.

    Le ND est aussi le porte-parole des familles des victimes. Alors que les criminels en prennent pour leur grade en les réduisant souvent aux mêmes dénominateurs communs : croyances exacerbées, addictions drogue + alcool… Ce magazine est le lieu du ressentiment, pas de la revendication politique. Il existe de bien plus sérieuses publications pour cela… D’ailleurs ces journaux qui sont éminemment partisans, n’hésitent pas à stigmatiser les adversaires politiques avec bien plus de mauvaise foi que ne le ferait le ND.

    Dans les affaires criminelles, l’accusé dispose au moins d’un droit d’expression (les circonstances atténuantes) dont nos politiciens ne profitent certainement pas !

  43. By Martin T. on Mai 4, 2012

    Un an plus tard…
    Ce n’est plus de la politique fiction dans ce journal, mais bien de la politique. L’édito du 2 mai 2012, habile et pernicieux, explique aux lecteurs que voter c’est faire un choix. Présentant les avantages et les inconvénients des deux programmes présents au secours tour de l’élection présidentielle, l’article précise que l’option François Hollande permettra à des mollahs d’être élus maires de certaines ville. Signé « Détective », cet édito aurait été co-écrit par le couple Nemo.

  44. By Martin T. on Mai 4, 2012

    Précision : pour comprendre la dernière phrase de ma réaction ci-dessus, lire ici :
    http://www.paperblog.fr/2499615/les-nouveaux-entrepreneurs-associatifs/

  45. By Pierre on Mai 14, 2012

    Bonjour Martin.
    Je suis un lecteur du ND et j’ai bien lu le même édito que vous. On est effectivement loin du magazine « libre » comme le ND l’affiche en 1ère page. Libre au sens apolitique j’entends.
    En tout cas c’est ce qui m’a fait prendre conscience que j’étais un lecteur à influencer.
    Et merci pour cet article, j’ai probablement zappé cet article sur Raspail à l’époque, mais ça confirme ce que je pense du magazine aujourd’hui.

  46. By Daniel on Jan 22, 2014

    Je suis un lecteur habituel de Detective et je fait tout pour décrocher. Je trouve votre article en effet très pertinent.

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